Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 45 : Le marché de Noël

3603 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 24/01/2026 09:38

Chapitre 45 : Le marché de Noël

A la fin du repas, les discussions sont plus calmes alors que nos digestions commencent et que nous sommes tous un peu étourdis par le vin. Les fondues sont terminées et personne ne se sent d’attaque pour un dessert dans l’immédiat, alors les premières interrogations sur notre départ pour le marché de Noël émergent.

J’écoute paresseusement la conversation d’Alma et Hunter, ce dernier essayant de lui donner des astuces pour les commentaires d’arrêts qui lui posent problème. Il est interrompu par son portable qui vibre dans sa poche, et lorsqu’il le sort et que j’aperçois le nom de « Winston », je me tortille déjà pour le laisser passer.

-         Il faut que je réponde, je suis navré, s’excuse-t-il en s’extirpant.

Il file de la salle pour passer son appel et Alma me demande ce qu’il se passe. Je lui explique donc à voix basse les faits, qu’il refuse de me dire son travail et qu’il travaille pratiquement constamment. Elle fronce les sourcils en trouvant ça extrêmement bizarre et je ne peux que lui donner raison, mais puisqu’il est irréprochable à part à ce niveau-là, elle décide de faire comme moi et de laisser tomber la chose.

Nos camarades réussissent enfin à se motiver et nous quittons donc la salle pour retourner dans la pièce principale où nous formons une queue pour payer. Alma me ressemblant décidemment beaucoup, nous nous glissons en bout de file puisque nous ne sommes pas du genre à jouer des coudes pour passer en priorité et sortir plus vite. Nous discutons tranquillement en patientant et Eden nous rejoint :

-         Alors les filles ? C’était bon ? demande-t-il.

-         Délicieux, répond Alma.

Je ne réponds même pas, préférant simplement sourire puisque j’essaie au maximum de les faire interagir entre eux.

-         Je suis désolé de ne pas avoir été plus avec vous, j’étais à l’autre bout de la table…, dit-il.

-         Ne t’inquiète pas, il n’y a pas de soucis, tu étais avec tes amis, répond-elle.

-         Vous êtes mes amies aussi, réplique-t-il.

C’est le moment de placer un pion :

-         Tu te rattraperas ce soir Eden, tu passeras du temps avec nous pendant le nouvel an, glisse-je.

Alma me lance un regard en coin heureux et Eden rentre les deux pieds en avant dans le piège qui se referme sur lui :

-         Absolument ! Je ne vous quitterai pas d’une semelle ! répond-il joyeusement.

-         Réserve-nous une danse chacune, continue-je.

-         Mais avec plaisir, confirme-t-il.

-         C’est une promesse ? ose Alma en rougissant.

-         Bien sûr que c’en est une, répond-il en lui souriant.

Un de ses amis l’appelle et il s’excuse en nous laissant.

-         Tu es mon alliée la plus précieuse Hestia ! glousse Alma.

-         Nous sommes une équipe, réponds-je en souriant.

Une main se pose dans mon dos et je tressaille avant de me rassurer en trouvant Hunter et pas un des idiots avec lesquels nous avons mangé. Il affiche d’ailleurs une tête hésitante et je m’angoisse qu’il doive partir en urgence.

-         Ça va ? m’inquiète-je.

-         Oui… mais ne m’arrache pas la tête, commence-t-il.

-         Quoi… ? Tu dois partir ? demande-je avec déception.

-         Non… mais j’ai déjà payé.

-         Il n’y a pas de soucis, attends-nous dehors, réponds-je.

Il me sort ses yeux de chiens battus et je perds mon sourire en m’indignant :

-         Hunter ?!

-         J’ai payé nos repas en téléphonant, avoue-t-il.

Je soupire en détournant la tête et il se tourne vers Alma :

-         Je me suis permis de payer le tien aussi, lui précise-t-il.

-         Quoi ?! s’exclame-t-elle. Merci Hunter ! Bon sang, c’est tellement gentil de ta part !

Il lui offre un sourire heureux et ça me laisse muette alors qu’elle le remercie encore. Elle a l’air ravie, elle ne discute pas et ne fait pas de scandale… Serait-ce moi qui aurais des réactions étranges ? Qui pose des difficultés aberrantes au lieu de simplement le remercier comme vient de le faire Alma ? Nos camarades n’ont pas fait de difficultés non plus après tout, alors qu’Hunter a littéralement payé quatre bouteilles hors de prix pour la tablée… Et si je le rendais plus malheureux qu’heureux en lui donnant toujours l’impression qu’il ne devrait pas faire ce genre de choses… ? Il vient littéralement d’arriver avec des yeux hésitants et coupables alors qu’il m’a payé mon repas…

C’est comme un choc électrique qui me remet les pieds sur terre et je tourne la tête vers lui lentement. Il m’observe avec une petite crainte au fond des yeux et je m’en veux à mourir de mes réactions excessives jusqu’à maintenant.

Je pars du principe qu’un jour, je gâterai Hunter autant qu’il me gâte actuellement, que je lui rembourserai tout ce que je lui dois … et s’il me posait les mêmes difficultés ? Et s’il s’énervait après moi en me faisant me sentir mal à chaque fois que je voudrais l’inviter au restaurant ou lui offrir un petit cadeau ?

Alma me lance un regard ahuri en voyant que je ne le remercie pas et elle bafouille :

-         Je vous attends dehors, je vais rejoindre les autres…

Quelle horreur, j’ai l’impression d’être une sorcière alors que je ferais juste mieux d’être reconnaissante et gentille avec cet homme généreux qui me regarde comme si j’allais l’incendier. Il est simplement en avance sur moi, il a déjà des revenus, il peut se permettre d’agir comme j’aimerais agir un jour avec lui… C’est une énorme remise en question et je lâche enfin prise.

-         Hunter…, commence-je.

-         Ne t’énerve pas, ça me fait plaisir… Et puis…

Mais j’ai déjà vérifié que nous étions les derniers dans le restaurant et je pose donc mes doigts sur ses lèvres pour l’arrêter avant de me coller contre lui en le dévorant du regard. Il penche la tête sur le côté, visiblement abasourdi et je glisse mes mains derrière sa nuque :

-         Pardonne-moi Hunter, je ne te remercie définitivement pas assez…, murmure-je en fronçant les sourcils. Je te remercie sincèrement pour ce repas, pour tout en fait.

Je me hisse sur la pointe des pieds pour viser sa joue mais il se fend d’un magnifique sourire en attrapant ma tête pour me guider sur ses lèvres. Les papillons explosent au creux de mon ventre et nous nous embrassons avec tendresse alors que son sourire ne fane pas. Je me perds complétement dans notre baiser, je m’y jette corps et âme alors que son deuxième bras encercle doucement ma taille et que je savoure le goût du vin qui s’attarde sur ses lèvres. Il me serre un peu plus contre lui, en glissant la pointe de sa langue sur mes lèvres furtivement, avant de rompre notre étreinte pour me regarder de ses beaux yeux étourdis en caressant ma joue doucement.

-         On rejoint les autres ? murmure-t-il.

-         Oui…, souffle-je en lui souriant.

Il lance un coup d’œil gêné au personnel du restaurant qui nous observe avec des yeux attendris et je rougis un peu en me mettant en marche.

Lorsque nous sortons, je vole sur un petit nuage.

Le groupe de nos camarades est déjà en train de s’enfiler dans le marché de Noël et je repère Eden et Alma qui marchent tous les deux un peu en arrière du groupe. Je me colle au plus près d’Hunter qui glisse naturellement un bras sur mes épaules :

-         Il se passe quelque chose entre Alma et Eden ? demande-t-il.

-         Pour l’instant non, mais ce serait chouette…, réponds-je en souriant.

-         Oui, elle est sympa… Vous vous entendez vraiment bien non ?

-         Oui, je l’adore, confirme-je.

-         J’aimais bien suivre vos petites aventures par messages, ça me rendait heureux de savoir que tu t’amusais.

-         Je préfère que tu sois là, souligne-je en lui lançant un regard.

-         Moi aussi, répond-il en me tirant vers lui pour embrasser ma tempe.

Je passe un bras autour de sa taille, puisqu’il n’a pas l’air de vouloir plus que ça cacher notre proximité, et nous nous enfilons dans le marché de Noël en marchant tranquillement.

Alma et Eden nous lancent un petit regard et je suis toute heureuse de voir Eden afficher un sourire rayonnant en nous apercevant aussi proches. Nous les suivons en observant les stands colorés autour de nous. Je suis au paradis, nous marchons en silence mais nous sommes calés l’un contre l’autre, comme isolés de tout dans notre bulle alors qu’il caresse ma clavicule du bout des doigts et que j’appuie ma tête au creux de son épaule.

*

Je m’arrête devant un stand de bijoux absolument féériques, qui attirent toute mon attention. Ce sont des bijoux en or, ornés d’insectes de toutes les couleurs, comme des objets de curiosité, c’est indescriptible de beauté et je louche sur des boucles d’oreilles.

-         Ce sont de vrais insectes, annonce le vendeur. Ils étaient déjà morts rassurez-vous, nous les collectons avec attention pour les honorer dans des bijoux qui les mettent en valeur.

-         C’est magnifique…, souffle-je.

-         Chaque bijou est unique, fait main avec amour, continue-t-il en me souriant.

-         C’est sublime…, glisse Hunter.

Il attrape la paire de boucles d’oreilles sur laquelle je louchais sans qu’il le sache, pour les observer avec un visage subjugué. Ce sont de beaux losanges aux arrêtes en or et l’intérieur en verre, où trônent deux petits papillons monarques identiques aux ailes pleines de reflets.

-         Tu serais magnifique avec celles-là…, commente-t-il à voix basse.

-         Je les adore…, murmure-je en caressant les délicats bijoux.

Hunter me tourne vers le miroir du stand en plaçant l’une des boucles devant mon oreille. Je vois le regard qu’il pose sur moi et j’en rougis tant ses yeux crient l’admiration. Nous échangeons un sourire lorsque nos regards se croisent dans la glace et il se penche vers moi :

-         Elles te vont à ravir Hestia, je n’ai même pas les mots… des papillons… des bijoux aussi délicats pour ta beauté aussi pure…, murmure-t-il.

Même le vendeur est renversé par le compliment d’Hunter, il affiche un sourire aussi niais que le mien, plus qu’attendri par la scène qui vient de se dérouler sur son stand.

-         Combien coûtent-elles ? demande-je.

-         Quatre-vingt-dix euros, mais votre mari a tellement bien souligné à quel point vous devriez les prendre que je vous les faits à quatre-vingts, répond-il en souriant avec tendresse.

-         Elles sont un peu chères pour une étudiante…, m’excuse-je tristement.

-         Je te les offre, chuchote immédiatement Hunter.

Je me tourne vers lui en souriant :

-         C’est adorable Hunter, vraiment, mais permets-moi de refuser cette fois, dis-je avec douceur.

-         S’il te plait, insiste-t-il. Elles sont faites pour toi…

-         Non, murmure-je gentiment.

Il affiche une moue triste adorable avant de se pencher vers moi :

-         S’il te plait, insiste-t-il à voix basse.

-         Non, je ne suis pas une princesse, chuchote-je en embrassant chastement ses lèvres.

-         Tu es la mienne, réplique-t-il en m’embrassant tendrement à son tour.

Je lui souris mais j’attrape les boucles dans ses mains pour les reposer et le vendeur nous sourit :

-         Si vous changez d’avis, n’hésitez pas.

-         Gardez-les de côté…, répond Hunter d’une voix plaintive.

-         Non ! tranche-je en riant.

Je reprends sa taille dans mon bras et je l’entraine en avant alors qu’il garde la tête fixée en arrière. Au bout de quelques mètres, il soupire bruyamment en posant sa joue au sommet de ma tête :

-         Elles sont faites pour toi…, gémit-il.

-         Je ne t’embêterai plus comme avant Hunter, mais s’il-te-plait, ne m’en demande pas trop, réponds-je en souriant. Ce n’est pas mon anniversaire, ce n’est pas Noël, il n’y a aucune raison particulière de me les offrir.

-         Je ne savais pas qu’il fallait une raison pour faire plaisir à quelqu’un à qui on tient, ronchonne-t-il.

-         Ta présence me comble déjà.

Il geint encore mais nous reprenons notre marche câline. Notre prochain arrêt arrive devant des bracelets en tissu, où Eden et Alma sont en train d’en faire créer. La petite dame qui les fait sur une machine à tisser est efficace et concentrée sur sa tâche, pour être rapide.

-         Ce sont des bracelets à souhait ! s’exclame Eden en nous lançant un regard excité.

-         Comment ça ? demande Hunter.

-         On crée son bracelet unique, on fait un vœu en l’accrochant et il se réalise lorsqu’il se détache ! explique-t-il avec entrain.

-         Et s’il se détache au bout de deux heures ? s’amuse Hunter.

La petite dame relève des yeux rieurs :

-         Alors le vœux se réalise au bout de deux heures !

-         Mais nous n’avons déjà plus notre beau bracelet au bout de seulement deux heures…, pouffe-je.

Elle rit :

-         Si vous vous rendez compte que vous l’avez perdu, vous pouvez toujours le raccrocher à votre poignet en souvenir, le vœux se réalise au moment où on le perd alors il n’y a pas de problème à le remettre ensuite.

-         C’est trop chouette ! piaille Alma.

-         Qu’avez-vous choisi comme personnalisation ? demande-je.

-         On a mis des prénoms, c’est ce que font la plupart des gens sans imagination, plaisante Eden en nous montrant le sien.

Il arbore un bracelet rouge où est inscrit en blanc le prénom de Calyouk et je souris en le touchant du bout des doigts. La femme termine celui d’Alma, qui est rose avec son propre prénom.

-         Le principe est chouette ! m’enthousiasme-je en l’observant.

-         Ça coûte à peine trois euros… pour un vœux ça vaut le coup, dit-elle en me faisant un clin d’œil.

Je rougis et Eden se dévisse la tête sur la droite :

-         Ça vous dit des gaufres ? propose-t-il.

-         Oui ! répond Alma. Allons faire la queue Eden, on vous y attend au cas où vous vous laisseriez tenter par des petits vœux !

Ils s’éloignent et Hunter se penche vers moi :

-         Suis-je autorisé à te payer ce bijou moins onéreux ? s’amuse-t-il.

-         Uniquement si je paye le tien, réplique-je.

-         Ça me va.

Je me penche donc vers la dame :

-         J’aimerais un bracelet noir avec « Hunter » écrit en rouge s’il vous plait, annonce-je.

Elle se lance déjà et Hunter fronce les sourcils :

-         Je crois qu’il est important de faire le sien pour que ça marche, souligne-t-il.

-         Mais c’est le mien, réponds-je en rougissant. J’ai simplement envie d’avoir ton prénom dessus…

Il m’offre un sourire éblouissant et ses joues rosissent légèrement, le rendant beau à croquer, comme d’habitude. Lorsque la femme me tend mon bracelet, il se penche vers elle :

-         J’aimerais un bracelet noir intitulé « Hestia ».

-         En rouge aussi ? demande-t-elle.

-         Non, en orange.

Je rougis comme une dingue lorsqu’elle lui propose plusieurs tons d’orange et qu’il choisit celui qu’il veut en mettant le fil à côté de mes yeux. Quelques minutes plus tard, après avoir payé mutuellement l’un pour l’autre, nous les accrochons en faisant nos vœux. Je souhaite plus fort que jamais dans ma vie, je supplie l’univers mentalement de faire de toute ma vie le conte de fée qu’elle est actuellement.

« Faites qu’Hunter tombe amoureux de moi, que nous soyons ensemble et heureux pour toujours ! »

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