Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 46 : Les résultats
Nous rattrapons le groupe de nos amis et nous découvrons qu’une drôle d’ambiance y règne. Certains rient et sont heureux tandis que d’autres soupirent et ont l’air au bord des larmes. Je me détache d’Hunter pour me jeter en avant sur l’une des filles du groupe puisque je crois deviner ce qu’il se passe et mon cœur palpite.
- Ce sont les résultats des partiels ?! couine-je.
- Oui ! répond-elle. Oh bon sang mon père va me tuer !
Je recule de deux pas, les mains sur les lèvres et je bute dans Hunter.
- Que se passe-t-il ? s’inquiète-t-il.
Je lui lance un regard stressé :
- Il y a les résultats en ligne ! couine-je.
- Regarde ! s’excite-t-il immédiatement.
- Non ! J’ai trop peur ! angoisse-je.
- Titi, tu sais que tu as des bonnes notes, qu’est-ce que tu nous fais ? s’impatiente Eden.
Mais Hunter lève les yeux au ciel :
- Elle n’a pas peur d’avoir raté ses exam crétin, elle est toute stressée parce qu’elle aimerait être major ! réplique-t-il sur un ton évident.
Je glousse un peu en le regardant :
- Tu me connais bien, souligne-je.
- Je commence je crois, répond-il joyeusement. Allez ! Regarde !
- Je n’ose pas !
Nos amis sont déjà sur leurs téléphones et Alma manque de s’écrouler de soulagement en constatant qu’elle a son semestre. Elle me saute dans les bras en riant et je la serre contre moi pour la féliciter alors qu’Eden saute sur Hunter en beuglant parce qu’il a eu quatorze de moyenne. Ce dernier le félicite en riant et j’attrape mon téléphone sans réussir à me connecter pour autant.
Eden et Alma rejoignent ensuite la troupe des étudiants qui s’est déplacée jusqu’au stand de gaufres pour fêter leurs résultats ou se réconforter, mais je reste toujours figée sur place.
- Allez, regarde ! insiste Hunter.
- Non, regarde d’abord les tiens !
- Si tu veux.
Il sort son téléphone et une minute plus tard, il m’offre un sourire éblouissant en me présentant son bulletin sous le nez. J’ouvre des yeux ronds face à ses notes ahurissantes et le classement à côté est sans appel, il est premier partout.
- Félicitations ! couine-je en lui sautant au cou.
Il me réceptionne d’un bras sous mes fesses pour me porter contre lui tandis que je le serre dans mes bras.
- Allez ! Regarde ! me presse-t-il d’une voix plus ferme.
Je me retire à contre-cœur de son cou et je libère mes bras pour me connecter. Il me garde perchée dans ses bras alors que je tape mes identifiants devant lui et que nos joues sont collées l’une contre l’autre.
- Oh non je ne peux pas ! couine-je en apercevant le pdf sur lequel je dois cliquer.
- Clique !
- Regarde pour moi, gémis-je.
Je clique sur le pdf en fermant les yeux et j’attends quelques longues secondes pendant qu’Hunter découvre mes résultats. Il m’embrasse alors la joue tendrement :
- Félicitations, chuchote-t-il d’une voix heureuse.
J’ouvre les yeux en grands pour découvrir que je suis effectivement première de ma promotion dans toutes les matières et je tourne la tête pour lui lancer un regard rayonnant. Sans autre forme de procès, il fond sur mes lèvres pour m’embrasser et j’enroule mes bras autour de sa nuque pour lui rendre son baiser en irradiant de fierté et de bonheur. Nous nous embrassons longuement, bien plus longtemps que dans le restaurant, nous n’arrivons plus à nous arrêter. Notre baiser dévie doucement et nos langues se cherchent alors que nous tombons dans la passion. Les lumières colorées des stands dansent sur mes paupières, le goût divin des lèvres d’Hunter m’enivre et les papillons se muent en désir au creux de mon ventre. Quelle douce fin de journée…
Nous sommes interrompus par son portable qui vibre – ce qui n’est sans doute pas plus mal pour calmer nos ardeurs. Il baisse des yeux complétement déphasés sur son téléphone dans sa main et me repose au sol doucement :
- Tu connais la chanson…, soupire-t-il.
- Oui, réponds-je en embrassant une dernière fois ses lèvres parfaites.
Il glisse ses mains sur ma mâchoire en me souriant avant de s’éloigner pour répondre et je me mets à la recherche d’Eden et Alma en sautillant de bonheur pour aller leur annoncer ma bonne nouvelle.
*
Hunter nous retrouve une bonne demi-heure plus tard. J’ai déjà englouti ma gaufre et il entame la sienne sur le chemin du retour alors que nous discutons joyeusement tous les quatre. Un sujet en entrainant un autre, Alma et moi nous vantons de notre vie de princesse depuis deux jours et elle signale à Hunter qu’elle aurait largement préféré lui verser les deux cent cinquante euros à lui plutôt qu’à l’hôtel. Il lève les yeux au ciel pour toute réponse et je me tourne vers lui avec mon air le plus indigné :
- Je trouve ça ridicule qu’elle perde bêtement son argent alors qu’elle dort avec moi… Elle n’aura même pas mis un pied dans sa chambre ! Mais l’hôtel est catégorique, ils ne veulent rien savoir et elle n’a pas pu se faire rembourser malgré notre demande !
Hunter hausse les sourcils et Alma soupire en essayant de me calmer :
- Oui, c’est vraiment dommage mais bon, j’avais de toute façon prévu de dépenser cet argent alors ce n’est pas grave…
- Mais c’est ridicule ! m’enflamme-je. Tu imagines tout ce que tu aurais pu t’acheter avec cet argent… mais non, ça part dans une fichue chambre qui ne sert même pas, ça me rend dingue !
- Je t’aurais très clairement invité à un petit week-end à la place, pour te remercier de m’avoir accueillie dans ta chambre de princesse ! pouffe-t-elle.
Eden rigole :
- Vous auriez pu vous faire un week-end entre filles dans la campagne. J’ai une amie qui a loué un genre de petit chalet dans les bois pour son anniversaire, elle m’a dit que c’était super.
- On aurait été bien ! s’offusque Alma.
- Ça m’agace encore plus, ronchonne-je.
- J’irai voir ce que je peux faire, annonce alors Hunter.
- C’est gentil mais nous avons tout essayé, ne t’embête pas, répond Alma.
Lorsque nous arrivons devant le restaurant, il se dirige vers sa voiture et le retour d’Ursula ne se fait pas attendre puisqu’elle lui saute pratiquement dessus après l’avoir perdu de vue pendant deux heures :
- Hunter ! Je porte des talons hauts, tu veux bien me ramener en voiture ? J’ai les pieds en miettes !
- Si tu veux, accepte-t-il.
Elle file vers sa voiture l’attendre et une autre fille du groupe qui vient de voir la scène en profite :
- Moi aussi ! Je ne peux plus marcher, ça t’embêterait ? minaude-t-elle.
- Euh… Non…
Une troisième ne tarde pas à se greffer aux deux autres près de sa voiture alors qu’une quatrième était visiblement en train d’hésiter à lui poser la question puisqu’elle lance un regard meurtrier à celle qui s’est invitée sans demander. En observant tout ça, je me rends compte que la moitié des femmes de la bande ont les yeux rivés sur lui, ça m’énerve au plus haut point et je détourne rageusement les talons pour repartir. Il doit sentir que je suis en colère parce qu’il m’arrête avec un regard inquiet :
- Tu voulais que je te ramène ? demande-t-il.
- Non, siffle-je avec mauvaise humeur.
Il comprend bien qu’il est inutile de discuter avec moi et échange un coup d’œil avec Alma avant de reprendre :
- Vous voulez que je vous ramène ? insiste-t-il en lui posant la question à elle.
Ça m’énerve encore plus et je réponds à sa place :
- Il y a quatre places dans ta voiture Hunter et je te laisse constater qu’elles sont toutes prises ! réplique-je venimeusement en désignant les trois filles qui attendent avec des têtes satisfaites qu’il la déverrouille.
Il a l’air tout hésitant mais ma colère ne fond pas, alors je me détourne vivement en attrapant le bras d’Alma pour remonter la rue la tête haute. Il est hors de question que je me batte contre ces filles, absolument hors de question.
- Bon sang, ce type les fait tomber comme des mouches, quel talent ! commente Eden en nous rejoignant.
Je ne réponds pas, j’ai plutôt envie de lui enfoncer mon poing dans la tête et Alma me lance un regard peiné sans commenter alors que nous marchons d’un pas vif. La voiture d’Hunter nous dépasse et je serre les dents pour m’empêcher de pleurer en le voyant conduire une voiture pleine à craquer de filles qui doivent être en train de lui faire les yeux doux.
Mais c’est le jeu, je ne peux pas faire celle qui n’est pas au courant… Hunter ne recherche pas de copine, je n’ai pas une place garantie malgré nos baisers… En tout cas pas tant que ce maudit bracelet ne s’arrachera pas de mon poignet… Je lance un regard mauvais au bout de tissu, hésitant presque à l’arracher moi-même mais je sais bien que ça ne fonctionne pas comme ça.
*
Une dizaine de minutes plus tard, lorsque nous débarquons dans le hall, Hunter est au téléphone dans un coin et il se dirige vers nous en mettant visiblement son interlocuteur en attente. Bien décidée à lui faire la tête comme une gamine, je me dirige vers les ascenseurs mais lorsque je constate qu’il va vers Alma, ma curiosité me pique et je m’arrête pour écouter ce qu’il lui dit.
- J’ai réglé cette histoire de chambre Alma, tu seras remboursée sous quelques jours, déclare-t-il.
Elle ouvre des yeux aussi ronds que les miens :
- Quoi ?! Sérieusement ?! Je ne sais pas comment te remercier Hunter… à part peut-être en te les donnant à toi… ? demande-t-elle avec espoir.
- Mais non, garde les ! réplique-t-il en levant les yeux au ciel.
- Non vraiment, je profite tout autant qu’Hestia de la chambre, ça me parait normal de te les donner, j’insiste.
- C’est hors de question Alma, j’ai payé ce séjour à Hestia, point final. Peu importe que tu l’aies rejointe dans la chambre ou non !
- Mais…, commence-t-elle.
- Mais rien ! s’exclame-t-il en riant. Tu emmèneras Hestia faire votre petit weekend entre filles au chalet et je serai comblé.
- Je l’emmènerai ! répond Alma en lui souriant de toutes ses dents.
Ils échangent un regard amical et il se tourne vers moi. Je croise les bras immédiatement en quittant mon air hébété puisque j’ai décidé de le bouder, mais il désigne son téléphone avec un air désolé :
- Je dois…, commence-t-il.
- Tu viens Alma ? le coupe-je. Nous devons nous préparer !
Elle me rejoint sans discuter et nous gagnons notre chambre en maudissant les trois filles qui sont montées avec lui en voiture. Alma me rassure en me disant qu’elles se sont clairement invitées et qu’Hunter n’a rien à voir là-dedans… Elle a franchement raison et elle me calme jusqu’à ce que je me trouve bête d’avoir été aussi sèche avec lui.