Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 47 : Les boucles d'oreilles

4137 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 28/01/2026 10:58

Chapitre 47 : Les boucles d’oreilles


Une fois dans notre chambre, il est dix-huit heures trente, heure de la préparation.

Nous rassemblons tout notre attirail de beauté devant le grand miroir avant de poser nos sacs sur le lit à la recherche de nos tenues les plus habillées. Je sors deux robes, ma longue noire fendue en satin et une plus courte bleu roi, mais dès que je les tire de mon sac, une petite boule en dentelle roule sur le lit.

-         Non mais je rêve ! s’exclame Alma. Qu’est-ce que tu fiches avec ton body alors que tu ne savais pas qu’il viendrait ?!

-         Non mais qu’est-ce que tu sous-entends ?! J’ai simplement lavé mon body avec ma tenue de neige et j’ai fourré le contenu de mon sèche-linge précipitamment en faisant mes affaires ! me défends-je.

Elle glousse et je l’assomme avec une de mes robes avant de lever le nez pour garder la face :

-         Bon, la courte ou la longue ? demande-je.

-         Je ne sais pas, mais le body en dessous pour sûr ! réplique-t-elle.

-         N’importe quoi…, soupire-je.

-         Je ne rigole pas… Il est Hestia… tu ne sais pas ce que la soirée te réserve mais ton « ami » avec lequel tu avais prévu de faire des choses le premier janvier est là le trente et un…

Je rougis un peu en laissant retomber mes bras qui montraient les robes.

-         Mais c’est le nouvel an… comment veux-tu… ? bafouille-je.

-         C’est peut-être le nouvel an mais il a une chambre ici…, souligne-t-elle. Si les événements de ce soir te conduisent dans sa chambre, alors tu seras bien contente de porter ton body pour lui faire la surprise non ? Et si ça n’arrive pas, alors tu le mettras demain soir comme c’était originellement prévu…

-         Tu penses… ? Avec toutes les filles qui lui tournent autour dans la bande ? demande-je timidement.

-         Mais oui ! Nous avons toute la soirée pour régler ce problème… Si nous la jouons fine alors tu finiras dans sa chambre…

Nous sommes interrompues par des coups sur la porte qui me font sursauter au vu de notre sujet de conversation.

-         Je te parie que c’est le prince charmant…, murmure-t-elle en haussant un sourcil.

Je m’y rends à petit pas pour ouvrir et c’est bien Hunter.

-         Je voulais passer te voir, comme tu es partie un peu précipitamment…, dit-il.

-         Oui pardon… j’avais hâte de me préparer, invente-je.

-         D’accord, je voulais aussi te dire que j’allais devoir bosser. Je ne sais pas exactement à quelle heure je vais pouvoir me libérer mais c’est obligatoire…

-         Oui je comprends. Après tout, s’ils t’ont laissé les « planter », je suppose bien que c’était sous réserve de télétravail…, souligne-je.

-         Exactement, répond-il en souriant.

-         Le rendez-vous est à vingt et une heure alors ça va, tu ne manqueras peut-être pas grand-chose, dis-je avec espoir.

-         Ah oui ? Ça me laisse de quoi faire effectivement… j’essaierai d’être à l’heure pour passer te prendre ici, répond-il d’une voix séductrice en attrapant ma main.

-         Parfait, murmure-je.

-         Parfait, répond-il avant de poser un long baiser sur ma main.

Il repart et lorsque je ferme la porte, Alma est appuyée contre le mur avec une tête attendrie :

-         Je suis jalouse ! geint-elle pour la énième fois.

-         Tu peux ! glousse-je.

-         Sérieusement… Hunter est …

Elle fait un mouvement de main à côté de sa tête pour faire mine qu’elle explose et je souris :

-         Tu ne l’appelles plus mon « crush » ? m’amuse-je.

-         Tu plaisantes ? Après une journée avec vous, je le renomme « le prince charmant » directement !

Nous rions avant de nous installer en tailleur devant le miroir pour appliquer nos derniers masques de soins, ceux qui promettent une peau fraiche et rayonnante en vingt minutes.

-         Sérieux, c’est le prince charmant, reprend-elle. Le vrai, l’originel, celui qui t’ouvre les portes et t’offre des foutues fleurs en débarquant pour te faire la surprise… qui te paye une chambre de luxe et ton repas à chaque fois que vous sortez…

-         La chambre de luxe est un hasard, souligne-je en riant. Mais oui, il est mon prince charmant, c’est clair.

Elle me lance un regard en coin peu dupe en soupirant :

-         Parce que tu crois toujours à cette histoire de « surclassage » ? demande-t-elle.

-         Et bien oui, c’est ce que la femme de l’accueil a dit…, réponds-je sans comprendre.

-         Non Hestia, elle a regardé son registre qui indiquait que tu étais dans cette chambre et elle en a déduit que tu avais été surclassée puisque tu n’avais pas l’air au courant, c’est différent.

-         Impossible…, commence-je.

-         Possible. Je l’ai compris au cours de la journée, quand j’ai vu comment il se comportait avec toi… Je te jure que quand il te regarde, on dirait il veut t’offrir le monde sur un plateau d’argent… Alors j’ai vite commencé à me dire que cette histoire de chambre luxueuse avec toutes les options cochées comme par miracle pour deux cent cinquante euros était un peu dure à avaler. Comme si l’hôtel ne se serait pas rendu compte d’une erreur pareille…

-         Mais… non, nous ne sommes même pas ensemble, il ne cherche même pas de copine… alors pourquoi irait-il « m’offrir le monde » ?! m’exclame-je d’une voix aiguë.

-         Je n’en sais rien ! C’est ce que je me suis demandé toute la journée mais j’ai fini par me dire qu’il était juste comme ça ! Il a même payé mon repas Hestia, mon repas ! Alors que je l’avais vu trois minutes dans ma vie ! Eden m’a confié qu’il avait payé le sien et qui sait, il a peut-être bien payé celui de la moitié de notre table !

-         Voire de cette fichue rousse… ils sont amis je crois, ils étaient ensemble en licence… ils sont peut-être même un peu plus…, murmure-je tristement.

Elle affiche une mine embêtée :

-         Ça, nous n’en savons rien, dit-elle doucement.

-         Pourquoi irait-il payer ton repas et pas celui d’une amie à lui ? Il l’a forcément fait… tu l’as vue payer ? demande-je.

-         Je ne faisais pas attention à qui payait ou non, nous discutions…

-         Moi non plus, soupire-je.

-         Mais il ne lui a pas payé une chambre de princesse ! souligne-t-elle.

Je croise les bras vivement, complétement perdue dans mes pensées qui s’agitent dans tous les sens.

-         Mais qu’est-ce que nous en savons Alma ? On ne sait déjà pas pour qui il a réglé la note du restaurant, on ne peut donc pas savoir pour qui il a payé la chambre non plus !

-         Tu imagines le prix que ça lui coûterait Hestia… ? Remarque… vu sa bagnole…, réalise-t-elle alors.

Je me lève pour faire les cents pas dans la chambre, contrariée et malheureuse :

-         Je suis en train de trop m’attacher à lui, ou plutôt de trop imaginer qu’il s’attache à moi… Je rêve d’être spéciale pour lui, j’ai parfois l’impression que c’est le cas mais après tout, qu’est-ce que j’en sais Alma ? Il est généreux, très généreux… Imaginons qu’il m’ait vraiment offert cette chambre hors de prix, alors on ne saura jamais s’il ne l’a pas fait pour Ana ou je ne sais quelle autre fille… Je ne sais pas ! Je ne sais pas si Anabelle est son amie ou son ex petite-amie, je ne sais pas s’il n’a jamais voulu de relation de couple ou s’il n’en veut plus après s’être fait briser le cœur ! Je ne sais pas s’il considère que nos flirts sont exclusifs ou s’il fait le coup à d’autres femmes en même temps ! Sur le plan des relations amoureuses, je ne le connais pas du tout, il ne m’en a jamais parlé ! Et puis je ne connais même pas son travail ! Au final, qu’est-ce que nous connaissons d’Hunter ?!

Alma m’observe avec de grands yeux en hochant la tête depuis le sol tandis que je continue de faire les cents pas et elle finit par se relever pour poser ses mains sur mes épaules.

-         Et bien nous allons le découvrir ! Ce soir, coûte que coûte, nous aurons ces informations ! déclare-t-elle.

-         Comment veux-tu faire ?

-         Je n’en sais rien, je me débrouillerai pour lui poser des questions… Vous êtes dans une drôle de relation ambiguë alors je comprends que tu n’oses pas demander … mais moi ? Qu’est-ce que j’ai à y perdre ? Au pire je l’agace ? Il me trouve trop intrusive ? Et bien tant pis, je m’en moque !

-         Tu ferais ça pour moi ? demande-je d’une petite voix.

-         Mais évidemment, on va essayer de la jouer fine, d’y aller en douceur pour ne pas le braquer et on lui tirera les vers du nez Hestia.

Nous hochons la tête, plus déterminées que jamais.

*

Après une douche chacune, nous sommes de retour devant notre miroir, dans nos peignoirs du spa. Nous prenons le temps de nous coiffer puis Alma me maquille pendant un long moment et je ne me reconnais presque pas en me voyant dans le miroir à la fin. Elle a réalisé un fondu noir pailleté magistral autour de mes yeux, qui ressortent avec une telle intensité et paraissent si grands que j’ai l’impression d’être un chat.

-         Alors là… Si Hunter ne tombe pas à la renverse en te voyant, je démissionne ! plaisante-t-elle.

-         C’est sublime Alma, merci beaucoup ! m’enthousiasme-je en observant de près les paillettes sur mes paupières.

-         Tu devrais faire un look complétement noir, avec juste tes yeux « orange » qui ressortent pour la couleur, ce serait sublime !

-         Tu crois ? Oui peut-être…, acquiesce-je en admirant le rendu de mes yeux qui est vraiment incroyable.

-         J’en suis sûre.

Après qu’elle s’est maquillée, je m’enferme à la salle de bain pour me débattre avec mon body que j’enfile. Le résultat est ahurissant. J’ai l’impression d’être une diablesse ou une succube, une drôle de créature libidineuse qui attend son prochain repas de pied ferme. Je mets rapidement ma robe pour m’enlever cette drôle d’image de moi, mais je dois bien admettre que j’aimerais énormément qu’Hunter la voie, lui.

J’enfile mes chaussures à talons cinq minutes avant neuf heures, alors qu’Alma termine de se maquiller. Une fois de plus, des coups résonnent sur la porte et nous échangeons un regard amusé.

-         Eden ou Hunter ? glousse-je.

-         Le prince charmant pour sûr, réplique-t-elle.

Elle s’enfile dans la salle de bain pour s’habiller et j’ouvre la porte sur Hunter en chemise, nœud papillon et pantalon de costume. Il est tellement beau que mon cœur vacille alors qu’il ouvre des yeux ahuris.

-         Hestia, tu es absolument magnifique, souffle-t-il en me détaillant des pieds à la tête.

-         Toi aussi, je t’adore en costume, réponds-je timidement.

Il continue de me reluquer sans un mot.

-         Pardonne-moi, j’ai un peu de mal à quitter ma contemplation...

-         C’est bienvenu ! pouffe-je.

Je fais un petit tour sur moi-même et il attrape ma main lorsque je lui refais face pour l’embrasser :

-         Tu es presque aussi belle que le matin où je me suis réveillé chez toi.

Il arrive à me dire que je suis très belle ce soir apprêtée tout en me signalant que je suis plus jolie encore au réveil. Cet homme a trop de talent.

-         Arrête ! glousse-je bêtement.

-         J’arrête, mais je n’en pense pas moins.

-         Alma n’est pas prête…, précise-je en attrapant sa main qui tient la mienne pour le faire entrer afin de refermer la porte.

-         Je sais, je suis en avance, mais j’avais quelque chose pour toi et j’ai pensé qu’il était peut-être judicieux de te le donner avant la soirée…

-         Quelque chose pour moi ? m’étonne-je.

Il ne répond pas et lève le bras pour me faire tourner sur moi-même en prenant le temps de m’admirer un peu plus.

-         Tu es toute en noir…, commence-t-il.

-         Mes yeux maquillés ressortent encore plus selon Alma, explique-je en souriant.

-         Pas que, ça va être… parfait, souffle-t-il avec une drôle d’émotion.

-         Ça va Hunter ? m’amuse-je.

-         Mh…, confirme-t-il tranquillement.

Il me refait un peu pivoter sur moi-même pour me retourner devant lui, avant de caler mon dos contre son torse. Il pose nos mains enlacées sur mon ventre pour me serrer contre lui avant coller sa joue à la mienne pour me câliner.

-         Mais qu’est-ce que tu fais ?! glousse-je un peu plus.

-         Tends la main, murmure-t-il en posant un baiser sur ma joue.

J’obéis et je tends ma main libre devant nous en riant un peu. Il pose alors un bel écrin ouvert sur ma paume, où trônent les magnifiques boucles d’oreilles papillons du marché de Noël. J’en reste complétement muette alors que les bijoux me happent comme plus tôt dans la journée. Je suis hypnotisée, ce sont les plus belles boucles que j’ai vues de ma vie et je ne peux pas croire qu’elles soient dans ma main.

-         Pour ma défense…, reprend-il d’une voix douce. Tu m’as dit qu’il fallait une bonne raison pour t’offrir ce cadeau… j’ai estimé qu’avoir une moyenne qui frôle la perfection et être major de ta promotion en était une, tu ne peux guère me contredire.

Je récupère ma main qui était accrochée à la sienne simplement pour la poser sur ma bouche grande ouverte avant de tourner lentement la tête sur le côté pour le regarder alors que des petites larmes chatouillent le coin de mes yeux. Il décale sa tête pour me regarder en face en m’offrant ses si belles fossettes, et je suis à deux doigts de me pincer pour être sûre que je ne rêve pas.

-         Hunter…, couine-je d’une voix plus aiguë que jamais.

-         Félicitations pour tes résultats extraordinaires, répond-il.

Il approche pour m’embrasser et cette fois, je ne sais vraiment plus comment je m’appelle lorsque nos lèvres se retrouvent. Je serre fort mon écrin pour être sûre de ne pas le lâcher et je pose ma main libre sur sa joue alors que nous nous embrassons avec une douceur folle et qu’une petite larme glisse sur mon visage.  

Nous nous embrassons longuement, un beau baiser lent mais passionné. Je le savoure avec toute ma force, tous mes sentiments pour lui. Je prends le temps d’inspirer sa peau pour me remplir de sa fragrance, de marquer dans mon esprit la caresse de ses lèvres et le goût de sa langue qui frôle les miennes doucement… je veux marquer ce jour, ce moment, ce garçon dans mon cœur pour toujours.

Lorsque nous rompons notre baiser et que nous nous regardons avec toute la douceur du monde, qu’il essuie du bout de son doigt la petite larme qui a roulée sur ma joue, je n’ai même pas envie de lui dire qu’il n’aurait pas dû. Je veux juste profiter de ce moment parfait avec cet homme parfait.

-         Tu es mon prince charmant Hunter, et je te remercie du fond du cœur pour ce magnifique cadeau…, murmure-je avec émotion.

Il attrape ma tête avant de replonger sur mes lèvres avec le sourire le plus radieux que je ne lui ai jamais vu. Si radieux que je sens ses dents et que ça me fait sourire à mon tour alors que je me retourne pour me mettre face à lui. Il glisse ses bras derrière mon dos et ma nuque pour me serrer comme j’aime qu’il le fasse et nous nous embrassons jusqu’à ce qu’Eden toque. Ça interrompt notre baiser, mais nous n’en faisons même pas plus cas que ça.

-         Tu vas les mettre ? demande-t-il doucement.

-         Bien sûr !

Je file devant le miroir pour remplacer mes anneaux par mes nouvelles boucles et nous m’admirons tous les deux.

-         Tu es parfaite maintenant, je t’avais dit que ces boucles étaient faites pour toi, soupire-t-il.

-         Oui… je ne m’en étais pas assez rendu compte sur place il faut croire… il aura fallu que tu me les offres pour que je le comprenne, rayonne-je.

-         Elles te rappelleront pour toujours à quel point tu as excellé pour tes premiers partiels, souligne-t-il.

-         Elles me rappelleront surtout pour toujours à quel point ma vie est belle quand tu es dedans.

Il rougit légèrement et je ne suis donc pas étonnée de le voir se diriger vers la porte pour ouvrir à Eden, histoire de me cacher son trouble. Ils se chamaillent gentiment en fond à propos du « retard » d’Eden alors que je reste plantée devant le miroir pour admirer mes boucles. C’est le plus beau cadeau que je n’ai jamais reçu, mon préféré de loin. J’ai adoré mon pyjama ourson pour le clin d’œil, je suis enchantée qu’il m’ait offert ce séjour bien plus onéreux que mes boucles…mais ça n’a rien à voir.

Je sais que ces boucles d’oreilles sont le cadeau le plus parfait, un cadeau que je peux admirer, porter, qui me rappellera ce séjour onirique, cet homme stupéfiant, ce moment de ma vie où je suis si heureuse que je pourrais m’envoler dans les nuages… Il pourrait me laisser tomber, ce séjour pourrait s’effacer peu à peu dans mon esprit, mon pyjama s’abimera sans doute… mais ces boucles me paraissent éternelles.

Alma sort de la salle de bain et Eden la complimente avant qu’ils se dirigent tous les trois vers la porte. Je leur emboite le pas en m’arrachant à la contemplation de mes boucles et nous nous enfilons dans l’ascenseur.

-         La vache Hestia ! s’exclame Alma. Tes boucles d’oreilles sont absolument magnifiques !

-         Ça alors, c’est vrai Titi ! confirme Eden en se penchant pour les regarder à son tour.

-         Sublimes, commente Hunter en me souriant.

-         Un beau prince charmant est passé me les offrir, réponds-je en haussant les épaules.

Eden éclate de rire comme si je disais n’importe quoi, Hunter sourit largement en baissant le nez et je sais qu’Alma comprendra.

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