Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 69 : TOME 3 : LE RETOUR DE KAI
4744 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 06/03/2026 16:52
TOME 3 : LE RETOUR DE KAI
Dans ce tome : Le retour de Kai vient bouleverser la vie d’Hestia, qui se débat entre ses mensonges, la violence du quotidien de Kai et son histoire naissante avec Hunter.
Chapitre 69 : L’histoire de Kai
Je n’ai pas serré Kai dans mes bras depuis quatre ans.
C’est étrange, c’est familier tout en étant complétement inconnu. Il fait la même taille mais il est beaucoup plus musclé, je reconnais son odeur de cigarette mais elle est désormais mêlée à celle de l’alcool, sa voix est ressemblante et pourtant beaucoup plus rauque.
Lorsqu’il me relâche de ses bras, il cale ses mains sur mes joues pour les serrer et je plonge dans ses yeux, la seule chose qui n’a pas changé d’un pouce, que j’ai reconnu entre mille et qui me couve de l’exact même regard qu’ils l’ont fait toute ma vie.
- Bébé, je suis désolé d’avoir pointé mon flingue sur toi. Tu sais que je ne t’aurais jamais fait de mal ? Tu le sais n’est-ce pas ?! demande-t-il avec force.
- Je le sais mais je… pourquoi as-tu fais une chose pareille ? souffle-je en atterrissant.
Il redresse la tête pour observer les rues sombres autour de nous avec un air aussi inquiet qu’hostile :
- Monte dans la bagnole, c’est plus prudent, ordonne-t-il.
Je suis complétement chamboulée alors je ne réagis pas lorsqu’il prend mes clés et me tire par le bras en direction de la portière passager. Une fois que nous sommes dedans, il démarre en trombe et m’emmène je ne sais où alors que je suis incapable de détourner mes yeux de son visage marqué par sa vie difficile.
- Plus prudent ? demande-je simplement d’une petite voix.
- Ouai… je ne sais pas s’ils m’ont suivi je… tu m’as mis dans la merde ! s’exclame-t-il.
- Moi ? couine-je.
- Bien sûr que oui ! Mais qu’est-ce qu’il t’a pris de venir vers moi ?! Qu’est-ce que tu foutais dans le quartier chaud ?! Qu’est-ce qu’il t’est passé par la tête pour t’approcher d’un groupe de dégénérés pareil bébé ?!
Ses accusations me hérissent :
- Non mais tu te fiches de moi Kai ! Je venais de te voir pour la première fois en quatre ans ! Tu imagines que j’allais passer droit devant en faisant semblant de ne pas te voir ?! crie-je.
- Bien sûr que oui ! Et surtout pas restée plantée devant ces salops une fois que je n’ai pas réagi à ta présence ! Tu te rends compte du danger dans lequel tu t’es fourrée ?! Seule face à un groupe d’homme pareil ?! Et avec ton sac à main bordel !
Il se gare en trombe sur le bas-côté, alors que nous sommes entourés de terrains vides où se trouvent simplement les compteurs électriques du futur lotissement qui prendra place ici. Il n’y a pas âme qui vivent à un kilomètre à la ronde et il sort de la voiture avec perte et fracas.
Je le rejoins en trottinant à l’extérieur, alors qu’il passe ses mains sur son visage avec nervosité, l’air complétement à bout de mes bêtises et je m’enflamme :
- Je rêve ! J’imaginais que tu serais un peu plus heureux de me retrouver plutôt qu’enclin à me critiquer comme ça ! A me dire que j’ai osé faire l’affront incommensurable de me présenter devant toi avec mon sac à main !
C’est comme à l’époque, nous revoilà en train de nous crier dessus à cause de son sale caractère. Il se retourne lentement face à moi, en ouvrant des yeux complétement fous :
- Parce que tu prends ça à la légère en plus ?! Tu es folle ou quoi ?! Tu sais ce que ces mecs font aux filles comme toi ?! Tu pensais vraiment pouvoir débarquer avec ton sac à main sans qu’ils ne te volent ? Et qu’est-ce que tu imagines qu’ils t’auraient fait après t’avoir volée ?! Qu’ils t’auraient tranquillement laissé repartir sans te coincer dans une ruelle pour te souiller ?! hurle-t-il en shootant de toutes ses forces dans un compteur électrique.
Je fais un bond en arrière, bien plus choquée par ce qu’il vient de dire que par son geste qui ne m’étonne pas une seconde. Je me sens immédiatement terriblement mal, j’en ai des frissons et je croise les bras pour me protéger de cette réalité infâme, qui heureusement pour moi, n’a pas eu lieu.
- Et oui Hestia ! Oui ! crie-t-il. Tu t’es mise dans une merde noire ! J’étais complétement fou ! J’avais envie de te hurler de dégager mais je savais que ça attirerait trop l’attention des gars ! Heureusement que ta pote t’a fait remonter dans sa caisse bordel ! Mais il a fallu que tu reviennes !!
Il continue de m’engueuler pour mes actions téméraires et je fixe le sol en serrant les bras contre ma poitrine. J’ai l’impression d’être revenue dans le temps, je ne compte même plus le nombre de leçons du genre que m’a faites Kai, pour tout et n’importe quoi. Mais ce soir, ça me semble plus justifié que jamais alors qu’il me crie dessus en m’expliquant dans un langage cru tout ce que ces hommes auraient pu me faire s’il n’avait pas eu la brillante idée de pointer son arme sur mon front pour leur signaler qu’il serait le seul à décider de ce qu’il allait faire de moi.
Toute cette violence me monte déjà à la tête, son caractère a toujours été dans ce genre-là mais j’ai l’impression qu’il est encore pire qu’avant, ce qui ne serait pas étonnant après ses années difficiles et j’adopte donc la même stratégie qu’à l’orphelinat pour le calmer en un temps record : Je fonds en larmes.
Immédiatement, il se tait et me saute dessus pour me prendre dans ses bras avec la petite douceur qu’il cache au fond de lui :
- Pardon bébé, pardon. Je crie parce que j’ai eu peur, tu me rends fou, ça n’a pas changé…
Il me serre contre lui et je me laisse sangloter. J’ai tant adopté cette stratégie avec lui, c’est comme ça que je calmais sa violence à chaque fois qu’elle était trop intense et c’est devenu un automatisme il faut croire, à moins que ce ne soit simplement la violence de la situation qui me bouleverse. Après des mois aussi doux en compagnie d’Eden et d’Hunter, j’ai l’impression que c’est un choc thermique de me retrouver face à Kai.
- Ce n’est rien bébé... Mais il faut que tu comprennes que je t’ai sauvé la vie en pointant cette arme sur toi, c’est comme une façon de leur montrer que tu es à moi, que ça ne les concerne pas et qu’ils n’avaient qu’à être plus rapides s’ils te voulaient... Tu veux savoir la première chose qu’ils ont dit quand tu es partie en courant ?
- Non.
- Et bien je vais te la dire quand même : « On lui court après tout de suite ou on lui laisse un peu d’avance ? ». Tu imagines un peu Hestia ?!
Mes sanglots redoublent et il me serre un peu plus fort contre lui jusqu’à ce que je me calme et que je me retire de ses bras pour essuyer les larmes qui maculent mes joues en reniflant :
- Mais pourquoi es-tu ami avec des hommes pareils… ? demande-je d’une petite voix cassée.
- Tu imaginais quoi ? Qu’après avoir fait de la taule, j’allais trainer avec des avocats et des médecins ? raille-t-il.
Je secoue la tête négativement en reprenant mon souffle à travers les restes de mes sanglots, jusqu’à ce qu’un détail me titille :
- Mais… ils n’ont pas compris que je te connaissais puisque je t’ai appelé par ton prénom ? demande-je d’une voix tremblante.
- Heureusement que non, ils ne savent pas comment je m’appelle. Ils pensent tous que « Doka » est mon prénom.
J’hoche simplement la tête en relevant le nez et je retrouve enfin un peu de douceur dans ses traits alors qu’il m’observe en calmant sa colère peu à peu. Il finit même par afficher un visage tendre :
- Et toi alors mon petit bébé ? Tu es à l’université ? Bien sûr que tu es à l’université, tu es la fille la plus intelligente du monde ! dit-il avec affection.
- Oui, je suis en première année de droit, renifle-je. Je viens d’avoir mes résultats et d’apprendre que je suis la première de ma promotion.
- De ta promotion ?
- De tous les étudiants en première année de droit, explique-je.
Il éclate de rire alors que la fierté envahit ses traits :
- Bordel c’était sûr ! Tu es un génie bébé, tu l’as toujours été ! s’exclame-t-il en me soulevant pour me faire tourner autour de lui.
Je ris un peu en séchant mes dernières larmes et lorsqu’il me relâche, il s’assoit sur le capot en tapotant à côté de lui pour que je le rejoigne, ce que je fais.
- Alors la prison ? demande-je doucement.
- On ne parle pas de ça, on s’en fou. C’était de la merde, tu t’en doutes.
Son ton est sans appel et je sais qu’il ne m’en dira pas plus alors je passe à autre chose, toutes les questions qui envahissent mon esprit :
- Et qu’est-ce que tu fais maintenant ? Tu as un travail ? Tu as un appartement ?
- Ouai, je suis dans le commerce, ça paye les factures. J’ai un appartement dans le quartier chaud… c’est le seul endroit où les proprio acceptent de louer à des types qui sortent de taule.
- Le commerce ? Tu travailles dans une boutique ? m’enthousiasme-je.
- Ouai c’est ça... Une boutique dans mon quartier…, répond-il évasivement.
- Qu’est-ce que tu y vends ?
- On s’en fou Hestia, tranche-t-il. Parle-moi de toi, raconte-moi tout ce que j’ai manqué ? Je veux tout savoir mon petit bébé.
C’est drôle de l’entendre m’appeler ainsi comme si rien n’avait changé après ces quatre ans. Kai s’est mis à m’appeler « bébé » durant notre adolescence, tout le monde trouvait ça bizarre mais il s’en fichait, il me disait que c’était parce que je pleurais tout le temps et que ça ne regardait pas les autres. Il défigurait de toute façon quiconque osait dire la moindre chose sur notre relation.
- Et bien, j’ai passé mon bac…, commence-je.
- Scientifique ? demande-t-il.
- Oui, confirme-je.
Il rit encore en secouant la tête :
- Tu es un foutu génie bébé… Spécialité Maths je suppose ? demande-t-il en me couvant du regard.
- Evidemment…
Il secoue encore la tête avec un immense sourire et je continue :
- J’ai terminé le lycée et j’ai obtenu une bourse pour l’université. J’ai finalement choisi le droit, pour essayer de rendre la justice un peu meilleure…
- La justice…, commente-t-il avec un air mauvais.
- Arrête Kai, tu as fait des bêtises, beaucoup de bêtises. Ne remets pas ça sur le dos de la justice ! le rabroue-je.
Il me lance un petit regard en coin aussi agacé qu’attendri et il ne répond pas, puisqu’il sait que j’ai raison. Je reprends donc :
- Grâce à ma bourse, j’ai une chambre étudiante, j’ai même une colocataire, elle est très gentille. Je me suis fait des amis d’ailleurs…
- Des amis ? demande-t-il en tournant la tête vers moi.
- Oui, ma colocataire, Julia, ma meilleure amie Alma, et deux garçons très gentils, Eden et Hunter…
Il se tend immédiatement à la mention des garçons, ce qui était totalement prévisible.
- Des mecs ? Tu traines avec des mecs toi ?
- Oui, ils sont adorables, très gentils et respectueux, précise-je vite.
Mais il ricane en affichant un air vraiment mauvais cette fois :
- Ouai c’est ça… Ils sont gentils et respectueux jusqu’au jour où… Il suffit que je te laisse quatre ans et te voilà qui traine avec deux connards … Bordel il était temps que je sorte de taule.
- Arrête, ce sont mes amis et il n’est pas question que tu interfères Kai ! tonne-je.
- Ouai, ouai…, ronchonne-t-il. Il vaudra mieux pas me les présenter…
Je lui lance mes yeux les plus dissuasifs et ça le fait rire un peu alors qu’un petit blanc tombe. Nous observons les terrains vides face à nous et Kai prend la parole :
- Je suis sorti de taule il y a quelques mois… je suis allé à l’orphelinat, ils n’ont jamais voulu me donner de quoi te contacter, ni me dire où tu étais… Bordel, même quand j’ai retourné le bureau de la dirlo elle n’a rien voulu me lâcher ! s’énerve-t-il.
- Kai ! m’offusque-je.
- C’est rien, elle me connait bébé, elle n’a rien dit… Simplement qu’elle ne voulait pas me lâcher l’information au cas où tu sois heureuse, débarrassée de moi…, dit-il d’un ton mauvais. Enfin, elle n’a pas tort non plus, je ne suis qu’un boulet qui te traine vers le bas depuis toujours… Je me doutais que tu serais à la fac, ça m’est arrivé de me promener sur le campus pour te chercher, mais avec mon allure, je suppose que les étudiants me signalaient parce que les flics débarquaient comme par miracle à chaque fois …
J’hoche la tête en le regardant avec peine mais je peux comprendre. Il est tatoué des pieds à la tête, ajoutons à ça ses piercings, son style très rebelle et son attitude mauvaise… Il y a pourtant beaucoup de gens tatoués et percés à l’université, mais Kai dégage une aura plus que louche, si je ne le connaissais pas, j’aurais une peur bleue de lui.
- Tu es très tatoué maintenant. Je ne te reconnais presque plus ! plaisante-je.
- Ça passe le temps en taule. Tu veux voir le premier que je me suis fait ? répond-il en souriant avec des yeux heureux.
- Si tu veux… ?
Il retire sa veste et me présente son avant-bras, où je constate qu’il a écrit mon prénom en lettres un peu étrange, comme un tag douteux aux lignes tremblantes. J’éclate de rire et nous rions tous les deux quelques minutes en admirant ce tatouage qui est loin d’être un chef d’œuvre.
- Tu n’aurais pas dû mettre mon prénom ! glousse-je.
- Tu plaisantes ? Tu es ma vie bébé, bien sûr que tu es la première chose que j’avais envie d’avoir pour toujours sur ma peau !
Nous nous sourions gentiment et maintenant qu’il est calme, je suis enfin complétement comblée de l’avoir retrouvé :
- Tu m’as manqué Kai, chuchote-je.
- Oh toi aussi, si tu savais… Je pensais que je te tomberais dessus au campus, mais c’est immense bordel… sans oublier les flics qui me faisaient fuir.
- Tu n’as pourtant rien fait de mal, tu as effectué ta peine, souligne-je.
- Ouai… je préfère rester loin d’eux, répond-il d’un ton évasif en agitant la main. En tout cas, je savais qu’on se retrouverait un jour. Quand je t’ai revu dans la rue… J’ai fait comme si je ne te connaissais pas pour te sauver la peau mais tu n’imagines pas comme j’étais frustré et enragé de te voir filer entre mes doigts… La deuxième fois, quand tu m’as dit que tu avais laissé de quoi te contacter… j’ai cru que je rêvais. Mais le… la bande te soupçonnait d’être flic, je ne voulais pas risquer qu’il me fasse suivre pour voir si je venais te voir ou ce genre de choses… alors j’ai laissé une bonne semaine et demie avant de te contacter, c’était plus sûr.
- Mais comment ça ? Qu’as-tu à craindre ? Qu’est-ce que tu pourrais bien me raconter sur tes copains même si j’étais de la police ? m’étonne-je.
- Laisse tomber bébé. Garde juste en tête que je traine avec des gens qui craignent. Je suis quelqu’un qui craint moi aussi d’ailleurs, on ne veut pas de flic, fin de l’histoire.
- D’accord, murmure-je en ouvrant de grands yeux inquiets.
- On s’en fou, maintenant nous pouvons nous parler, on ne se perdra plus jamais de de vue…
Son portable vibre dans sa poche et il le sort alors qu’un certain « Hatcher » l’appelle.
- Bordel, c’est mon patron, il faut que je réponde ! s’exclame-t-il d’une voix blanche.
- Ton patron ?! A cette heure-ci ?! m’outre-je.
- Il faut que je réponde ! Monte dans la bagnole ! Dépêche-toi bordel ! crie-t-il avec autorité.
Je ne bouge pas d’un poil en vrillant mes yeux les plus mauvais sur lui et il manque de s’arracher les cheveux face à mon « insolence ».
- S’il te plait ! ajoute-t-il d’une voix exaspérée.
Je me lève donc et je me glisse dans la voiture rapidement alors qu’il décroche.
- Allô patron ?
Je suis curieuse et je meurs d’envie d’écouter, mais il s’éloigne à grands pas alors je ferme la portière pour l’attendre. Lorsqu’il termine, il me rejoint en reprenant le volant :
- Il faut que j’y aille, j’ai du boulot bébé.
- Quoi ?! Je croyais que tu bossais dans un magasin ?! Tu ne vas pas me dire qu’il est ouvert à bientôt 23h ?! m’exclame-je.
- Laisse tomber ! s’énerve-t-il en repartant comme un diable sur la route.
- Non ! Explique-toi !
- Je suis dans le commerce mais pas vraiment dans un magasin, laisse tomber, j’ai des horaires de merde !
- Explique-toi ! répète-je plus vivement.
- Non Hestia, lâche-moi le dos, ça ne te concerne pas ! aboie-t-il.
Je suis vexée comme un pou et je fixe l’extérieur en boudant alors qu’il file sur les voies. Au bout de quelques minutes, il pose sa main sur ma cuisse :
- Arrête de faire la gueule…, rit-il.
- Je déteste quand tu me caches des choses. C’est toujours lorsque ce sont des choses dangereuses ou illégales, tu fais ça depuis que nous sommes enfants, m’agace-je.
- Pour te protéger ! Alors arrête ton délire maintenant. J’ai un boulot de merde, un patron auquel je dois répondre à toutes les heures du jour et de la nuit et des responsabilités de merde auxquelles je ne peux pas échapper. C’est tout ce que tu as besoin de savoir et c’est tout ce que tu sauras. Fin de la conversation à ce sujet.
Je lève les yeux au ciel et il reprend une minute plus tard :
- Je vais avoir beaucoup de boulot dans les quelques jours qui arrivent alors ne t’inquiète pas si tu n’as pas de nouvelles.
- D’accord, de toute façon je ne peux pas passer mon temps à te voir non plus, j’ai du boulot et une vie sociale, dis-je en levant le nez.
Je sais pertinemment que ça va le rendre dingue, c’est bas de ma part mais ça marche, puisqu’il redevient mauvais en un claquement de doigts :
- Ah oui, tu as tes mecs à aller voir sans doute…, gronde-t-il.
- Exactement, le défie-je.
- Ne m’énerves pas Hestia, tu sais que ce n’est pas beau à voir.
- Je sais surtout que tu ne me feras jamais de mal, réplique-je.
- Alors inquiète-toi pour ces deux débiles que tu fréquentes.
J’ai un petit rire et il tourne une tête à faire peur sur moi :
- Quoi ? demande-t-il avec tension.
J’imagine Kai face à Hunter et je ne peux m’empêcher de rire encore. Kai a beau être grand et un peu bâti maintenant, il est bien loin de mon dieu grec, qui doit lui mettre une tête facilement, avoir deux fois plus de muscles et surtout, des techniques de combats qui ficherait Kai par terre en dix secondes. Non, je ne suis vraiment pas inquiète pour mon « petit » chaton d’amour.
- Oh rien… laisse tomber Kai. Tu es tellement belliqueux…, soupire-je.
Il fait clairement la tête jusqu’à ce qu’il se gare dans le quartier chaud, sans doute à proximité de chez lui et il lance des coups d’œil très inquiets autour de nous :
- Bon, rentre vite chez toi. Pas d’arrêts, et je te tiens au courant. Pas de messages non plus, tu attends que je t’en envoie pour répondre, on ne sait pas avec qui je pourrais me trouver.
- Quel cirque…
Il me lance un regard désolé avant d’attraper ma tête pour embrasser ma joue longuement :
- Bordel tu m’as tellement manqué bébé…, chuchote-t-il contre ma peau avant de m’embrasser encore plus fermement.
- Toi aussi, même si tu es un con, réplique-je en lui lançant un petit regard rieur.
Il rit et sort de la voiture en me faisant un clin d’œil avant de partir d’un pas rapide, les mains dans les poches et les épaules tendues à craquer.