Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 71 : L’urgence de Kai
Après quelques boutiques supplémentaires, Alma et moi nous installons au restaurant pour diner toutes les deux et nous bavardons de choses et d’autres en mangeant. Lorsque nous terminons notre dessert, nous restons assises pour discuter un peu plus longtemps, comme la première fois que nous avions mangé ici toutes les deux avant le séjour à la neige.
- Qu’est-ce que tu fais de beau ce week-end ? demande-t-elle.
- Rien de particulier, je suppose que je trainerai avec Eden, comme d’habitude… tu voulais le voir ?
- Pas du tout, c’était pour savoir si tu voyais ton beau prince charmant à l’origine ! répond-elle en riant.
- Et non, je te laisse imaginer qu’il travaille…, ronchonne-je.
- Toujours pas d’informations à ce sujet ? Il serait peut-être temps que nous commencions sérieusement cette enquête, souligne-t-elle.
Je lui partage les nouvelles informations que j’ai reçues lorsque je l’ai questionné à ce sujet, en éliminant sa vie privée et notamment le fait qu’il ait dormi dans la rue puisque je ne sais pas trop ce que j’ai le droit de révéler ou non.
Elle m’écoute attentivement en hochant la tête avec sérieux :
- Et pour ta chambre à la neige ? Tu lui as demandé si tu avais été surclassée ou si c’était lui qui avait payé la chambre avec les options ? demande-t-elle.
- Je lui ai simplement demandé s’il avait payé deux cent cinquante euros… il m’a répondu que oui, affirme-je.
Elle m’observe silencieusement pendant une minute avant de se pencher vers moi :
- Je crois que tu ferais bien de lui poser plus sérieusement la question Hestia… J’ai… j’ai commencé un petit bout d’enquête pour être honnête...
- Comment ça ? m’étonne-je.
- Quand il m’a dit qu’il avait réglé cette histoire de chambre, j’étais très contente bien sûr mais disons que… Je ne le croyais pas à cent pour cent… Je n’arrivais pas à imaginer qu’il puisse me faire rembourser par l’hôtel alors qu’ils avaient été catégoriques lorsque nous leur avons demandé, explique-t-elle.
- Et ? demande-je en fronçant les sourcils.
- Et figure-toi que j’ai bel et bien été remboursée ! Malgré le cirque que nous avons fait pour que je le sois… mais Hunter leur parle trois minutes chrono et ils acceptent comme par magie… c’est tout de même très bizarre…
- Honnêtement oui, je te l’accorde… mais si tu as été remboursée, nous pouvons difficilement remettre ça en cause, souligne-je.
- Et bien… pour être un peu plus honnête, je ne me suis pas arrêtée là… Mais si je te le dis, tu dois me promettre de ne rien dire à Hunter. Surtout à la lueur de ce que j’ai découvert, je ne veux sous aucun prétexte qu’il apprenne que j’ai eu l’audace de fouiner pour avoir des informations.
- Quoi… ? souffle-je.
- C’est à prendre ou à laisser. J’ai une sacrée info mais je veux que tu me donnes ta parole si tu veux la savoir.
Après quelques minutes à nous chamailler, elle ne lâche pas le morceau et j’accepte donc de promettre de ne rien dire à Hunter, même si ça me coûte puisque je ne sais pas ce qu’elle va me dire.
Elle se penche encore plus vers moi et je l’imite alors qu’elle chuchote :
- J’étais tellement étonnée que j’ai… j’ai décidé d’appeler l’hôtel au culot. J’ai dit que j’avais bien été remboursée pour la chambre 118 mais que… je ne l’avais pas été sur le bon compte.
- Quoi ?! Tu as plusieurs comptes ?! m’exclame-je.
- Absolument pas, je voulais essayer de gratter des informations Hestia, je ne savais même pas où j’allais en disant ça… Je ne sais pas ce qu’il m’a pris. En tout cas, ils se sont confondus en excuses, en me disant que ça avait été versé sur le compte du premier paiement et que maintenant que c’était remboursé, ils ne pouvaient plus faire grand-chose…
- Forcément, dis-je en hochant la tête.
- Oui… il n’y a rien qui te choque ?
Je l’observe une seconde et ça percute enfin dans ma tête :
- Le premier paiement ? souffle-je.
- Exactement. J’ai donc répondu qu’il n’y avait pas de problème, que mon copain avait dû mal s’exprimer quand il leur avait parlé. D’ailleurs désolée, j’ai dit que c’était mon copain.
Je balaie ses excuses d’un geste pour la pousser à continuer, ce qu’elle fait :
- Elle m’a répondu qu’Hunter n’avait rien précisé, que c’était eux, l’hôtel quoi, qui étaient partis du principe qu’ils devaient rembourser le compte initial de paiement et qu’ils s’excusaient platement d’avoir pris la décision sans nous poser la question.
- Et donc ? demande-je hâtivement.
- Et donc cette fois, j’’ai prêché le faux pour avoir le vrai. Ils m’avaient parlé de « premier paiement », ils voyaient qui était Hunter quand j’ai parlé de lui… je me suis dit que je préférais poser la question franchement pour avoir les infos, quitte à passer pour une idiote si je me plantais…
- Et ? la presse-je encore.
- Et j’ai demandé s’ils me confirmaient qu’Hunter avait bien payé ma chambre, histoire d’être sûre que tout ça était réglé. Accroche ta ceinture, parce que bien que la femme ait trouvé ma question extrêmement bizarre je suppose, elle m’a confirmé l’information.
- Hunter a payé ta chambre…, murmure-je.
Elle hoche la tête avec un air grave et je m’adosse à mon siège en croisant les bras pour réfléchir à cette nouvelle information, que je trouve lunaire. Elle secoue la tête doucement en rattroupant quelques miettes sur la table :
- S’il en est à payer ma chambre en secret simplement pour que je sois remboursée… Ecoute, maintenant je suis vraiment sûre à cent pour cent que c’est lui qui t’a pris cette chambre hors de prix, ton mec n’a pas l’air proche de ses sous… Je ne sais même pas comment on peut être aussi généreux tout en restant dans l’ombre… et puis il me connait à peine… Tu imagines ce que ça révèle de lui ? Tu imagines l’homme profondément bien qu’il est ? Je n’arrive même pas à y croire et le pire, c’est que maintenant que j’ai cette information, je ne peux même pas lui sauter au cou pour le remercier…, conclut-elle d’une voix profondément déçue.
Mais mon esprit tourne à mille à l’heure. Je fais les comptes, les comptes ahurissants puisque ça voudrait dire qu’il a déboursé pas loin de mille euros pour payer ma chambre et ses options, plus celle d’Alma…
- C’est du délire…, murmure-je.
- Un peu… je ne sais pas si tu étais sérieuse, mais je serais curieuse qu’on mène l’enquête sur son travail pour de bon. Je ne vois pas comment c’est possible, entre sa bagnole et ça… Alors d’accord, il a visiblement eu une belle opportunité de travail sur un hasard, mais sérieusement… ? Qu’est-ce qui peut lui rapporter autant, sans aucune qualification, et recruté en pleine rue par un inconnu … ?
- Je ne sais pas, et je ne sais même pas si je me sens de vraiment le suivre en voiture au travail… J’aurais l’impression de dépasser les bornes alors qu’il s’ouvre enfin à moi à ce sujet. Et puis il a peur que ça nous éloigne, je n’ai pas envie de perdre ma relation avec lui… j’y réfléchirai Alma.
- Je comprends, moi je te suis de toute façon. C’est ton mec, ta décision.
- Ce n’est pas vraiment mon mec, tempère-je.
- C’est tout comme ! réplique-t-elle en levant les yeux au ciel.
Je suis encore plus chamboulée, déjà d’apprendre qu’Hunter m’a menti, mais toutes ces informations ne font que rajouter du mystère à une situation étrange. Je crois que mon esprit n’est plus capable d’encaisser les informations depuis mes retrouvailles avec Kai et je préfère donc rester dans le déni, en enterrant tout ça dans un coin de ma tête.
Je préfère profiter de ma relation avec lui sans me prendre la tête, de ma soirée avec Alma sans me creuser les méninges et j’oriente donc la conversation sur des choses plus légères.
*
Après une soirée pizza et film avec Eden le jeudi soir, nous sommes enfin vendredi.
La journée de cours est plus longue que jamais, j’ai l’impression que chaque amphithéâtre s’étire à l’infini alors que la perspective de voir Hunter ce soir me remplit de bonheur. Je sors des cours avec énergie et je rentre me préparer jusqu’au bout des ongles.
Puisque je sais que je dors avec lui, je fais la totale. Entre masque capillaire, vernis et gommage, je n’épargne aucune zone de mon corps pour tenter de le sublimer tout en me passant le temps avant mon cours d’auto-défense. Je pense à prendre des rechanges cette fois, pour pouvoir m’habiller convenablement après la douche que j’imagine que je prendrai chez lui, voire avec lui… Cette pensée réveille les papillons dans mon ventre, qui n’ont décidemment plus assez l’occasion de voleter depuis la rentrée de janvier.
Hu : « Je viens d’arriver au gymnase Mademoiselle. Etes-vous prête pour améliorer vos techniques de combat ? »
He : « Absolument ! »
Hu : « Tu veux que je vienne te chercher après ma boxe ? »
He : « Mais non, je te rejoins sur place, inutile de prendre la voiture pour rien. Et puis, tu sais que j’aime venir te rejoindre un peu en avance… Ça me permet de te voir boxer et ça me plait … 😊 »
He : « Ça me permettra surtout de pouvoir t’embrasser avant notre cours. »
Mes papillons s’agitent encore, plus vivement, c’est comme si mon corps sentait que nos retrouvailles approchaient.
He : « A bientôt petit ours bagarreur. »
Hu : « A très vite petit papillon guerrier ♡ »
Je suis toute contente et j’enfile ma tenue de sport bordeaux que nous avant acheté ensemble, avant d’embarquer mes nouveaux gants de boxes. Après tout, pourquoi pas lui faire la surprise de le rejoindre vraiment en avance ? Je pourrais profiter d’un petit cours de boxe, j’imagine qu’il en serait heureux…
Julia sort de la salle de bain en tenue de yoga et me lance un regard appuyé :
- Tu es ravissante Hestia, dis-moi… ton instructeur ne t’aurait-il pas tapé dans l’œil ? rit-elle.
- Peut-être un peu ! réponds-je joyeusement.
- Tu salueras chouchounet de ma part… Et je ne sais pas si tu as vu, mais on annonce du gel pour cette nuit, alors n’hésite pas à prendre ma voiture… ton cours est tout de même loin du campus.
- Je n’en aurai pas besoin … il me ramène en général…
- N’hésite pas au cas où, Gia passe me prendre au yoga et nous filons en soirée, je n’en aurai pas besoin. A tout à l’heure !
- Attends, je … je crois que je ne dors pas ici ce soir, tu ne t’inquièteras pas si tu rentres dans la nuit…, avoue-je.
Elle lève les yeux au ciel en souriant puis passe la porte sans m’embêter, ce que j’apprécie. Alors que j’attrape mon sac dans une main et mon téléphone dans l’autre, il se met à sonner. C’est un numéro inconnu, je ne réponds en général pas, mais depuis Kai…
- Allô… ?
- « Bébé, je suis vraiment dans la merde. Il faut absolument que tu m’aides. »
Mon sang ne fait qu’un tour alors que j’entends un brouahah assourdissant autour de Kai et que sa voix me parait complétement différente de d’habitude.
- Tu as un problème ?! couine-je.
- « Ouai… je suis… Je suis complétement bourré et il y a… il faut que tu viennes me chercher ou ça pourrait vraiment très mal finir pour moi. J’ai besoin de toi bébé, rapplique tout de suite ! Je t’envoie l’adresse par message. »
- Mais comment ça mal finir ?! couine-je.
Il ne répond pas et raccroche. Je suis tellement inquiète pour lui que j’en ai mal au ventre et lorsque je reçois l’adresse, j’attrape les clés de Julia avant de partir en trombe.
*
Je me retrouve évidemment dans le quartier chaud et je ne suis pas du tout à l’aise.
Mais bon, je suis au volant d’une voiture alors je suppose que je n’ai rien à craindre. En revanche, dès que j’atteins la destination, je suis tellement affolée que je ne m’arrête pas et que je continue tout droit en voyant une espèce de parking au bout d’une ruelle, où j’aperçois une foule de gens autour d’espèces de feux qui les illuminent.
Heureusement pour moi, je repère Kai sur le bord de la route et il saute dans l’habitacle dès que je m’arrête.
- Ça va ? m’inquiète-je.
- Roule ! crie-t-il.
Je m’exécute sans discuter et il s’affale sur le siège passager en frottant son visage dans ses mains :
- Putain tu viens de me sauver la vie, littéralement, soupire-t-il de sa voix trainante alcoolisée.
- Mais qu’est-ce qu’il se passe à la fin ?! Qu’est-ce que c’était ? Une fête ?! Pourquoi es-tu dans cet état ?! Il est encore tôt Kai ! crie-je avec nervosité.
- Tu me casses la tête bébé… hurle moins fort…, soupire-t-il encore.
- Kai ! J’avais un cours, un programme, alors si tu ne me dis pas pourquoi je suis venue te chercher, ça va mal aller ! le menace-je.
- Je devais de l’argent à un mec… beaucoup d’argent, et je ne l’ai pas… j’allais me faire éventrer, littéralement, lâche-t-il.
- Mais tu n’étais même pas à cette soirée ! Tu étais déjà dans la rue… pourquoi n’es-tu pas rentré chez toi ? Te faire éventrer ?! Je ne comprends rien, couine-je d’une voix de plus en plus aiguë.
- Les types m’attendent en chemin, c’est compliqué.
J’hausse les sourcils alors que la panique me glace le sang, et je suis les indications silencieuses de sa main.
- Il y a des types qui t’attendent pour t’éventrer, quelque part entre ici et chez toi ? Ce n’est pas une façon de parler ? résume-je d’une voix blanche.
- Ouai…
- Oh mon dieu ! Mais pourquoi tu n’appelles pas la police ?! hurle-je.
Mon cœur est en train de partir en sprint alors qu’il éclate d’un rire aussi sombre qu’alcoolisé :
- La police ? Tu es sérieuse Hestia ?
- Mais enfin ! Tu te rends compte de ce que tu me dis !! Combien dois-tu à ces gens ?! Je peux peut-être t’aider ?! Qu’est-ce que c’est que ces histoires ?!
- Tu as cinq mille euros en liquide sur toi ? se marre-t-il en me lançant un regard sombre.
- Cinq mille euros ?! Mais pourquoi leur dois-tu une somme pareille ?!
- C’est compliqué, gare-toi là.
Je m’exécute en me garant au pied d’un bâtiment qui ne m’inspire pas confiance. C’est un bâtiment sur deux étages, avec des dizaines de portes et un parking avec quelques voitures cassées voir des épaves pour certaines. Il y a quelques hommes qui fument devant leur porte, ainsi qu’un petit groupe qui discute proche d’une voiture ouverte, dont s’échappe de la musique très forte. Ils nous lancent des regards hostiles, des regards vitreux qui me font un peu plus froid dans le dos.
Je suis déjà complétement dépassée, j’ai le pouls d’une souris et mes mains tremblent comme des feuilles alors que Kai a l’air plutôt calme pour un type qui devait se faire tuer au coin d’une rue et qui s’apprête à sortir d’une voiture au milieu d’un gang de voyou.
- Mais où sommes-nous ? souffle-je d’une voix blanche.
- Chez moi.
Je lui lance un regard inquiet, trop apeurée pour dire quoi que ce soit et il sort de la voiture. Puisque je n’arrive pas à esquisser un geste, il vient me chercher et me prend par la taille pour me coller contre lui dès que je suis sur mes deux pieds.
Mon pouls grimpe encore plus, j’ai pratiquement peur de faire un arrêt cardiaque alors que Kai lance aux hommes sur notre droite des regards extrêmement dissuasifs, sans la moindre once de peur au fond des yeux.
Le bâtiment est franchement délabré, il y a des portes cabossées, des vitres cassées rafistolés avec des planches de bois et je ne pourrais même pas compter le nombre de bouteilles d’alcool qui sont abandonnées ici et là.
- Tu habites vraiment ici ? murmure-je.
- Quoi ? Tu t’attendais à un palace peut-être ? Grosse info, je sors de taule bébé, personne ne m’aurait loué mieux que ça, répond-il durement.
Je me serre contre lui, de plus en plus effrayée alors que nous approchons un escalier en fer où est assis un homme qui me fixe en fumant. Son regard est horrible, j’ai l’impression d’être un bout de viande et mes poils se dressent sur ma peau à mesure que nous approchons de lui alors que mon frère fixe toujours les voyous du parking. Je tire un peu sur la veste de Kai, que j’agrippais déjà comme une cinglée pour me raccrocher à lui et ça attire finalement son attention, lui permettant de voir le regard terrifiant que l’homme pose sur moi.
- Qu’est-ce que tu regardes toi ?! vocifère-t-il immédiatement avec toute sa colère.
Kai me lâche pour foncer à grandes enjambées vers l’homme, en affichant ses yeux les plus meurtriers, ceux qui annoncent qu’il est prêt à se battre jusqu’à ce que mort s’en suive et j’ouvre la bouche pour crier, mais je suis tellement stressée qu’aucun son n’en sort. Dès qu’il arrive au niveau de l’homme, ce dernier se lève d’un bond en l’assassinant du regard lui aussi et ils se retrouvent pratiquement nez contre nez.
- Je regarde où j’ai envie de regarder ! crie l’autre homme.
- Tu reposes tes yeux sur elle une seule fois et tu es un putain d’homme mort ! hurle Kai avec toute sa violence.
Il sort une arme de sa ceinture pour la pointer sur l’homme et cette fois je crie vraiment, attirant évidemment l’attention de tous les hommes autour de nous. Je suis tellement angoissée que j’ai l’impression que je vais tomber dans les pommes, alors que pas un seul des gens ici présents ne réagit face à l’arme de Kai. Même l’homme qu’il pointe crache simplement par terre, avant de s’éloigner lentement jusqu’à sa porte quelques mètres plus loin. Kai le fixe jusqu’à ce que la porte se referme puis il revient me prendre par la taille alors que je suis complétement sidérée, les mains plaquées sur les lèvres.
- Panique pas bébé…, dit-il simplement.
Il m’attrape par la taille pour me trainer en avant, me forçant clairement à bouger alors que mon corps ne me répond plus.
- Je ne me sens pas bien, je ne veux pas rester ici…, croasse-je.
- Arrête. Puisque je te dis que tout baigne, tranche-t-il durement.
Je me laisse entrainer malgré la peur aiguë qui me secoue, puisque je ne peux de toute façon pas réagir et que je serais bien plus terrifiée de faire le chemin toute seule jusqu’à la voiture plutôt que de rester calée dans le bras de Kai.
Il déverrouille sa porte, au premier étage, par laquelle je m’enfile plus rapidement qu’un courant d’air pour me mettre à l’abri, avant même qu’il n’y soit entré. Il referme à clé derrière nous et lorsqu’il allume, je sursaute en portant encore une main à mes lèvres lorsque je découvre les lieux, comme si ce cauchemar n’allait jamais cesser.