Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 82 : Un chalet sous la neige

3071 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 26/03/2026 11:35

Chapitre 82 : Un chalet sous la neige


Je me réveille seule mais d’une humeur radieuse après la jolie nuit dans les bras d’Hunter que je viens de passer. Je me m’habille, préférant enfiler un jeans et un gros pull plutôt qu’une robe, au souvenir de la neige qui tombait drûment hier soir, puis je gagne la pièce principale.

Alma est à table, en train de prendre un petit déjeuner copieux à base de viennoiseries et je devine donc qu’Hunter y est déjà allé.

-         Salut la belle au bois dormant ! m’accueille-t-elle en souriant.

-         Salut, où sont les garçons ? demande-je en m’asseyant avec elle.

-         Ton prince charmant est en train de téléphoner dehors, il avait du boulot apparemment. Eden promène rapidement Cal dans les bois pour voir s’il nous trouve un chemin sympa pour aller marcher tous ensemble. Donc… nous sommes seules, conclut-elle avec un sourire malicieux.

-         Raconte ! piaille-je en attrapant un croissant.

Elle glousse avant de se pencher en avant vers moi :

-         J’ai passé la plus belle nuit de ma vie sérieusement. On l’a passé à discuter, de plein de choses, de nous et de notre enfance, de ce qu’on aimait faire, de ce qu’on aimerait faire… C’était incroyable. C’est la première fois de ma vie qu’un garçon veut passer la nuit avec moi pour apprendre à me connaitre et discuter sans jamais me donner l’impression qu’il est venu pour autre chose ! rayonne-t-elle.

-         Eden est formidable Alma, ce n’est pas faute de te l’avoir dit. Et … il ne s’est vraiment rien passé ? m’étonne-je tout de même.

Elle rougit un peu en affichant un sourire encore plus rayonnant :

-         Si… il m’a embrassé pour me dire bonne nuit. Un beau baiser romantique et les câlins tendres qui vont avec …, soupire-t-elle. Et c’est tout, je crois qu’il avait envie de me montrer qu’il n’était pas venu dans ma chambre pour ça, ça se voyait dans son comportement.

-         Bien sûr, c’était tout de même un peu douteux de proposer de dormir avec toi sur le papier, alors je pense bien qu’il a eu à cœur de te prouver que ce n’était vraiment pas ce qu’il venait chercher mais quelque chose de plus profond, acquiesce-je.

-         Honnêtement, je l’adore Hestia, je m’attache tellement à lui que ça me fait un peu peur.

-         Il n’y a pas de raison, c’est au contraire merveilleux si votre histoire débouchait sur quelque chose de sérieux ! réplique-je avec sincérité.

Elle m’observe avec des yeux aussi heureux que tristes, ça me brise le cœur et je la rassure :

-         Il ne te trompera pas Alma, ce n’est pas son genre. Je pense vraiment que tu peux lui faire confiance, que tu peux croire à ce qu’il est en train de t’arriver… Et puis c’est peut-être le bon…

-         Mais nous sommes tellement jeunes, il veut devenir pro ! S’il y arrive, il sera sans cesse sur les routes, à droite et à gauche, dans d’autre pays… et moi j’aimerais voyager, rejoindre les juristes sans frontières… Comment veux-tu que ça marche ? Nous serons toujours ici et là à travers le monde…, s’inquiète-t-elle.

-         Au contraire, c’est peut-être juste l’idéal Alma ! Vous vous comprendrez mutuellement, vous saurez que voyager est important… il n’y en aura pas un coincé à la maison à attendre l’autre désespérément ! m’exclame-je.

-         Peut-être… Mais nous ne nous verrons pas beaucoup, chuchote-t-elle.

-         C’est finalement ce pour quoi vous signez tous les deux, souligne-je. Vous ne pourrez proposer que des relations à distance à des personnes qui resterons ici à vous attendre. Je ne vois pas le problème, si vous vous aimez sincèrement alors vous vous arrangerez pour être ici plus ou moins en même temps et tout ira bien.

Elle m’observe quelques secondes en souriant et Hunter passe la porte en terminant son appel. Elle lui lance un regard mais reprend, visiblement pas dérangée par le fait qu’il entende notre conversation :

-         J’espère… Tu as raison, je verrai bien où tout ça nous mène, après tout si nous nous aimons, rien n’est impossible. Il faudra juste qu’on se ruine en hôtel lorsque nous serons dans le coin ! se marre-t-elle.

-         Vous viendrez chez moi ! J’aurai une grande maison pleine de chambres d’amis et vous pourrez y loger lors de vos retours ! déclare-je.

-         Hestia…, s’amuse-t-elle.

Hunter s’installe à côté de moi et je lui tends la joue qu’il venait embrasser, avant de répondre :

-         Je ne plaisante pas Alma. Depuis que je suis jeune, je rêve d’une grande maison, je rêve d’y accueillir les amis que j’imaginais me faire plus tard… organiser des grands repas autour desquels nous pourrions nous réunir… Je serais enchantée de vous avoir à la maison lors de vos retours, que ce soit ensemble ou séparément et puis… il faudra bien que quelqu’un garde Calyouk quand Eden voyagera à travers le monde ! pouffe-je.

Hunter tourne la tête vers moi en affichant un faux air scandalisé :

-         Et qui te dit que ce n’est pas moi qui garderai Cal ?!

Je lui lance un regard rieur :

-         Tu sais très bien qu’il me préfère ! Et puis tu seras dans ton petit appartement en ville… il préférera assurément ma grande maison à la campagne ! glousse-je.

-         Je ne peux effectivement pas lutter contre un beau jardin, admet-il en riant.

Il se penche pour m’embrasser gentiment et je ronronne de bonheur contre ses lèvres.

-         Et merci pour le petit déjeuner, chuchote-je.

-         Mais de rien mon petit cœur, régale-toi.

Alma nous observe, la tête posée dans les mains et les sourcils crispés d’émotion :

-         Oh… Je sais que je me répète, mais vous êtes vraiment adorables, geint-elle. Vous êtes tout ce que je me souhaite avec Eden finalement.  

J’attrape un deuxième croissant pour masquer mes joues rougissantes tandis qu’Hunter nous sert du jus d’orange fraichement pressé.

-         Ce n’est quand même pas toi qui as fait ça ? demande-je.

-         Si, répond-il en me lançant un regard interrogatif.

-         Mais à quelle heure t’es-tu levé ?! m’inquiète-je.

-         Vers huit heures, Winston m’a réveillé en m’appelant et puisque tu m’avais l’air bien partie pour dormir comme un loir, j’ai pris le temps de vous faire tout ça.

-         Et c’était très gentil de ta part, intervient Alma. Je me régale, nous n’aurions pas dû acheter toutes ces bêtises pour le petit déjeuner… je ferais bien de me lever demain matin pour vous offrir les croissants …

-         Et avec quelle voiture ? m’amuse-je.

-         Celle d’Hunter cela va sans dire, plaisante-t-elle.

-         Tu peux la prendre si ça te fait plaisir, répond tranquillement Hunter.

-         Arrête ! Ne me tente pas ! couine-t-elle.

-         Je ne plaisante pas, j’ai toute confiance en toi. Je laisse mes clés à côté de la porte pour information.

Elle rougit jusqu’aux oreilles de plaisir et je me tourne vers lui :

-         A sa place, je piquerais ta voiture pour me sauver avec ! pouffe-je.

-         Sans doute parce que tu es un petit être malfaisant… ce n’est d’ailleurs pas la première fois que tu menaces de me voler, réplique-t-il en plissant les yeux avec humour.

-         Méfie-toi donc ! fanfaronne-je. Et ne laisse pas trop trainer ta carte bancaire, sait-on jamais !

-         Pfff…, soupire-t-il en riant.

Eden passe la porte à ce moment-là, avec un sourire jusqu’aux oreilles et de la neige plein les cheveux :

-         J’ai trouvé un sentier de randonnée qui grimpe dans les bois, il a l’air de mener en haut de la colline sur laquelle nous sommes si ça intéresse quelqu’un !

D’un commun accord, nous décidons de passer notre matinée à randonner dans la neige et je suis ravie du programme.

*

Une demi-heure plus tard, notre petit convoi est prêt et j’attends dehors avec Alma tandis que les garçons vont chercher Cal. Dès qu’il passe la porte, il pose des yeux agacés sur cette dernière.

-         Calyouk ! m’offusque-je.

Il me lance un coup d’œil en s’éloignant, la queue entre les jambes tandis qu’un débat naît entre les garçons pour savoir s’il le détache ou non puisqu’il a l’air moins agressif.

-         Tu crois qu’il va me sauter dessus ? s’inquiète-t-elle en le regardant.

-         Je ne pense pas, répond-il prudemment. Mais je peux le garder en laisse, ce n’est pas un problème.

J’attrape le bras d’Alma pour m’y accrocher :

-         Lâche-le, s’il s’approche trop d’elle je l’arrêterai mais je suppose qu’il ne le fera pas puisque je la tiens… ? propose-je.

Nouveau débat et Alma est ok pour essayer puisqu’il devient plus ou moins évident qu’elle risque de passer du temps avec Eden désormais. Dès qu’il le lâche, il nous lance un coup d’œil, analysant rapidement que sa tatie en chocolat est pendue au bras de notre intruse, ce qui lui donne de quoi réfléchir.

Nous entamons ensuite notre longue ascension durant laquelle nous habituons notre loup à Alma petit à petit. Je reste collée à elle dans un premier temps, puis je la lâche en restant à ses côtés et au bout d’une bonne heure, elle peut tranquillement marcher comme elle en a envie sans que ça ne le perturbe. Ce n’est que lorsqu’il commence à comprendre qu’Eden est plutôt proche d’elle qu’il adopte une attitude boudeuse qui ne disparait pas, mais nous ne cherchions de toute façon qu’à ce qu’il la tolère, ce qui est réussi.

Alors que nous arrivons au sommet, la vue est absolument spectaculaire. Nous avons une visibilité dingue sur des kilomètres à la ronde et nous sommes en admiration totale pour les plaines enneigées qui s’étendent à l’infini autour de nous.

Eden et Alma se lancent rapidement dans une petite bataille de boule de neige pour se taquiner mais je reste absolument scotchée sur la vue, comme hier soir. Hunter me rejoint :

-         C’est magnifique, commente-t-il en passant un bras sur mes épaules.

-         Oui, soupire-je. Ça n’a vraiment rien à voir avec la ville… c’est… tellement plus apaisant…

-         C’est clair, je m’imagine bien travailler depuis là… Je serais drôlement plus au calme que dans mon salon ! dit-il en riant.

-         C’est sûr… imagine si tu avais un jardin au moins, tu pourrais t’installer dehors et profiter de l’extérieur… les pieds dans l’herbe, le chant des oiseaux… tu n’as jamais envisagé de déménager ? Si j’avais de quoi louer un appartement comme le tien, j’en aurais pris un avec un jardin !

Il grimace un peu :

-         Je passe mon temps au téléphone, avec le bruit des voitures et les klaxons incessants… pas sûr que j’aurais cette quiétude dans un jardin en ville, répond-il doucement.

J’hoche la tête, admettant qu’il a raison sur ce point avant de soupirer :

-         J’ai tellement hâte de terminer mes études… de partir de la ville…, murmure-je en tournant la tête vers lui.

-         Dans une grande maison avec un grand jardin…, répond-il à voix basse en me souriant.

-         Oui…

Nous nous observons avec tendresse lorsque je reçois une boule de neige dans la tête. Hunter plisse immédiatement les yeux en nous retournant lentement pour fusiller du regard nos camarades qui s’accusent mutuellement en riant comme des bossus. A partir de là, la guerre est déclarée et nous formons naturellement deux équipes. Calyouk finit même par jouer avec nous sans se préoccuper d’Alma, essayant d’intercepter les boules qui fusent dans tous les sens en faisant des bonds impressionnants.

Il est déjà midi lorsque nous nous décidons à prendre le chemin du retour après nos jeux enfantins. Nous sommes tous trempés mais nous avons tellement rit et couru que le froid est loin de nous atteindre alors nous nous élançons joyeusement sur le chemin pour redescendre.

Alors qu’il avait passé la montée avec Eden, Hunter en a suffisamment assez d’être loin de moi et je suis toute heureuse lorsqu’il attrape ma main naturellement en continuant sa conversation avec son colocataire. Ce dernier ne commente pas, mais je vois la petite surprise dans ses yeux alors qu’il observe nos mains enlacées et je lui souris simplement lorsqu’il relève le regard sur moi. Il me fait un petit clin d’œil et nous l’inspirons visiblement, puisqu’il ne tarde pas à prendre la main d’Alma, qui rayonne de bonheur jusqu’à ce qu’elle croise le regard assassin de Cal.

-         Je crois qu’il ne m’appréciera jamais ! pouffe-t-elle.

Je glousse un peu en lui lançant un regard désolé :

-         Si tu t’accapares son papa d’amour, il y a effectivement des risques que tu ne sois pas dans le top trois… Mais ça ne veut pas dire qu’il ne te tolèrera pas, il fera simplement son jaloux dans son coin je suppose.

-         Ça me va ! répond-elle joyeusement. Tant qu’il ne m’empêche pas d’être avec vous, je prends !

Eden lui lance un regard heureux :

-         Je le connais par cœur tu sais, et je crois que c’est bon, qu’on pourra le laisser dans le salon en rentrant… il ne te fera sans doute pas de câlin mais… il sera cool, assure-t-il.

-         Alors c’est parfait, conclut-elle.

Il lui embrasse la joue et nous rentrons en discutant de la future portée de Calyouk puisque j’essaie de convaincre Eden d’attendre que je puisse avoir un chien avant de la faire. Alma se moque gentiment de nous en ne comprenant pas pourquoi nous tenons à avoir des chiots de ce « monstre », et nous passons donc une bonne heure à la convaincre de toutes ses qualités malgré ses vilains petits défauts.

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