VIRELLIA - Livre 1

Chapitre 2 : La Faille sous les Cendres

440 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 19/03/2026 21:36

Le vent racle le Désert des Cendres. Il soulève des lambeaux gris, restes de mémoires effacées, secrets qu’aucune bouche n’ose plus prononcer. Au fond d’un gouffre fossilisé, un autel de basalte dort sous la voûte brisée d’un dôme antique. Nul ne vient ici. Le lieu n’existe sur aucune carte. Sa simple mention est un blasphème. Et pourtant, quelque chose respire...


Un homme veille. Son nom s’est effacé depuis vingt ans. On l’appelle seulement le Gardien du Premier Sceau. Pas choisi pour sa puissance, mais pour sa capacité à attendre, endurer et oublier jusqu’à sa propre existence. Il fixe la dalle, yeux mi-clos. La pierre bouge. Non… elle pulse. Une lueur pourpre s’insinue sous la surface, trace des veines éclatées, comme une main géante qui cherche à s’arracher au sol.


Le gardien se redresse, les lèvres tremblantes. Des mots anciens roulent entre ses dents... Prières, ou peut-être incantations. Mais sa voix s’étrangle : la fissure s’ouvre, dans un craquement sec et obscène. Le Sceau se brise. Les lanternes s’éteignent d’un souffle invisible. Un gémissement abyssal monte du sol, si profond qu’il écrase la poitrine. Le gardien hurle, mais aucun son ne passe.


Et alors il voit, ce qu’aucun vivant ne devrait voir. Une entité se dresse dans la brume. Sans forme, sans visage. Fragment arraché à l’Ombre originelle. La noirceur suinte d’elle, tachée de reflets rouges, et chaque pulsation arrache au monde un peu de sa lumière.

La voix ne vient pas d’elle. Elle vient de partout. D’un dedans qu’il ne savait pas avoir.


Nous revoilà.


Puis plus rien. Le silence retombe, épais, inhumain. Le gardien s’effondre. Ses yeux restent ouverts, figés dans une terreur absolue. Son âme, elle, est déjà partie.



Temple de Kael’Mar – Nuit noire



Dans la salle des offrandes, Seraphis sursaute comme frappée au cœur. Ses yeux blancs se tournent vers le Sud - Est. Les glyphes du plafond s’animent d’eux-mêmes, rouges et fracturés. Les murs tremblent d’un souffle que personne n’a entendu.


Non… pas encore…


Elle descend les marches en titubant, bras serrés contre elle. L’air se déchire, fragile, comme si le monde venait de glisser hors de son axe.


Il était trop tôt… bien trop tôt…


Des novices accourent, l’un tente de la soutenir. Elle le repousse doucement.


— Préparez un messager. Je dois voir le Roi. Immédiatement.




La suite samedi entre 19h et 21h...

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