Détective Kisaragi

Chapitre 2 : Ryo Nakamura

676 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 11/06/2026 16:29

CHAPITRE 2


Deux jours avaient passé. Deux jours pendant lesquels je n'avais pensé presque qu'à cette affaire.

Mes notes s'accumulaient sur la table. Des articles s'empilaient les uns sur les autres.

Je relisais les mêmes articles encore et encore.

Quand je ne lisais pas, je regardais les informations à la télévision. Les chaînes locales parlaient parfois du "suicide" pendant quelques secondes avant de passer à autre chose.

La victime s'appelait Ryo Nakamura. Il avait 30 ans. C'était un employé dans une société de gestion immobilière. Un poste administratif. Rien de remarquable.

Je l'avais retrouvé dans quelques articles locaux et dans les brèves publiées après la découverte du corps.

J'avais complété avec ce que j'avais pu trouver en ligne.

Je m'étais rendu au commissariat de Tokyo avec mes notes. J'avais pris ma voiture pour m'y rendre.

Ce bâtiment n'avait rien de particulier dans le paysage de la ville. Il se fondait entre les autres immeubles.

J'étais entré dans le hall. La porte automatique s'était ouverte sans bruit derrière moi.

Il y avait quelques personnes à l'intérieur. Des gens assis sur des bancs, d'autre debout, en attente.

On m'avait fait attendre longtemps dans le hall.

Puis on m'avait appelé.

Dans une petite salle fermée, on m'avait fait asseoir face à deux inspecteurs. Une table nous séparait.

Je n'avais pas eu vraiment le temps de vraiment m'installer que l'un des deux inspecteurs avait déjà ouvert mon dossier.


- Vous étiez sur la scène ? avait demandé l'un d'eux.


- Oui.


Il avait hoché la tête, sans lever les yeux de mes notes.


- Et vous concluez à un meurtre ?


- Je dis juste que la scène ne correspond pas à un suicide.


- Monsieur Kisaragi... la scène a été examinée. Tout converge vers un suicide. Et rien dans vos observations ne suffit à remettre ça en cause.


Je m'étais attendu à une discussion. Pas à une fermeture rapide.


- Vous n'avez pas remarqué l'absence de traces de lutte ?


- Ce n'est pas rare dans les cas de pendaison volontaire.


- Et la position de la corde ?


- Rien d’inhabituel.


L'inspecteur avait refermé le dossier. Comme si tout était terminé.

Je me levai furieux.

Et je sortis de la salle en claquant la porte.

Dans le couloir, le silence était presque plus lourd que leurs réponses.

Je serrais les dents en marchant, les notes dans ma main.

Je sortis du commissariat sans un mot.

Quand j'arrivais chez moi, je refermai la porte derrière moi d'un coup sec.

Je jetai le dossier à travers la pièce.

Puis je balayai la table d'un coup violent. Les feuilles volèrent. Les notes tombèrent au sol.

Je me penchai pour les attraper. Puis je les jetai à nouveau. Encore et encore.


- Vous ne voyez rien ! Vous avez fermé le dossier sans même essayer de le comprendre !


Je frappai la table. Une fois. Puis une deuxième fois. Mon téléphone était tombé plus loin.

Je le fixai quelques secondes. Puis je le pris.

J'appelai Misaki Nakamura, la femme qui m'avait appelé pour son frère Ryo Nakamura.

Elle répondit presque immédiatement.

- ...Kisaragi-san ?


Je ne savais pas par où commencer.


- La police n'a pas rouvert le dossier.

Un silence.


- Ah...


Sa voix était très faible.


- Je suis désolé.


- Ce n'est pas de votre faute, Kisaragi-san.


- Ils ont refusé ?


- Oui.


- J'ai essayé. J'ai présenté tout ce que j'avais. Ils n'ont rien voulu entendre.


Un nouveau silence.


- Je ne sais pas si je vais pouvoir aller plus loin.


Elle resta silencieuse quelques secondes.


- Mon frère...


Sa voix trembla.


- Je ne comprends pas. Ce n'était pas le genre de personne à se tuer...


Je n'avais plus rien à dire.


- Merci... Kisaragi-san.


Puis elle ajouta :


- Bonne soirée.


- Bonne soirée.


L'appel s'était coupé.

Puis mes mains se mirent à trembler.

Et je ne pus plus retenir mes larmes.

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