🍁 Someone called Adam 🍁

Chapitre 5 : Pas une Ă©tincelle d’intelligence !

3276 mots, Catégorie: M

DerniĂšre mise Ă  jour 19/12/2025 15:58

chapitre 5 : Pas une Ă©tincelle d’intelligence ! 


TW : Ce chapitre est le plus difficile de la fic ! Victor est au sommet de son art
 Violence importante Ă  l’encontre du chien (un peu) et de la crĂ©ature (beaucoup) ⚠. N’hĂ©sitez pas Ă  skipper, je ferai un rĂ©sumĂ© en dĂ©but de chapitre suivant. Prenez soin de vous đŸ«¶




— Bon. Essayons encore ! 


S’exhortant Ă  la patience - une qualitĂ© qui lui Ă©tait Ă©trangĂšre - Victor passa une main dans ses cheveux en s’asseyant lourdement dans le fauteuil devant la cheminĂ©e. La crĂ©ature portait Hunter dans ses bras et fixait le baron avec circonspection. 


— Il a mangĂ©. Il a bu. Il a dormi, rĂ©suma Victor, avant de claquer des doigts. Il ne rĂ©pond pas aux ordres simples parce qu’ils sont trop simples ! ajouta-t-il triomphalement. Ce qu’il veut, c’est ĂȘtre mis Ă  l’épreuve, je le sens ! Pose-le ! 


Le monstre obĂ©it et posa dĂ©licatement le chien par terre, qui se mit aussitĂŽt Ă  lui tourner joyeusement autour, en tirant sur les bandelettes de tissus autour de ses chevilles. Victor ramassa un bout de bĂąton sur le tas de bĂ»ches, prĂšs du feu, et le secoua devant lui. 


— Hunter ! appela-t-il. 


Le chien relĂącha immĂ©diatement les guenilles du monstre et aboya joyeusement. 


— Va chercher ! ordonna Victor, en lançant le bĂąton dans le laboratoire en dĂ©sordre. 


Hunter observa le bĂąton sans bouger, avant de venir se rouler sur le tapis, Ă  ses pieds. 


Le baron saisit alors un autre morceau de bois et lui lança rageusement dessus : 


— Rapporte, espùce de bñtard galeux ! s’agaça-t-il.


Le chien saisit le bout de bois au vol dans sa mĂąchoire et le rĂ©duisit en miettes, avant de venir renifler les jambes du baron en remuant la queue. Loin de se soucier davantage de ce qui restait du bĂąton, il leva alors maladroitement sa patte arriĂšre pour se soulager sur la botte du scientifique. 


— Tu te fous de moi ? tempĂȘta Victor, en se levant d’un bond et en mettant un coup de pied dans les cĂŽtes du pauvre chien, qui partit se rĂ©fugier aux pieds de la crĂ©ature. 

— Il
 A peut-ĂȘtre besoin de temps, CrĂ©ateur ? tenta de le dĂ©fendre le monstre, en soulevant Hunter pour le serrer contre lui. 

— Non. Il est censĂ© ĂȘtre intelligent et mature, pas se comporter comme un chiot attardĂ© ! Allons relever mes piĂšges
 AprĂšs tout, c’est un chien de chasse, il va peut-ĂȘtre se rĂ©vĂ©ler une fois dans son Ă©lĂ©ment ! ajouta Victor, avec une dĂ©termination farouche.

— Dois-je prendre un m
 morceau de pain, CrĂ©ateur ? demanda le monstre, en reposant Hunter au sol.

— Pourquoi faire ? T’as faim Ă  ce point-lĂ  ? 

— Pas
 Pas pour moi
 Pour ré  rĂ©compenser Hunter ! 

— Le rĂ©compenser ? rĂ©pĂ©ta Victor, interdit.

— Peut-ĂȘtre que ça pourrait l’encourager Ă  progresser
 


Victor plaqua une main sur son visage pour tenter de garder son calme, avant de pousser un gloussement nerveux. 


— Ce qui va l’encourager, c’est mon pied au cul ! C’est pas avec des bouts de pain que tu as appris Ă  parler correctement, c’est Ă  grands coups de canne ! Donne-moi mon fusil et mes cartouches au lieu de dire n’importe quoi
 Des fois, je me demande d’oĂč tu sors des idĂ©es pareilles
 soupira Victor, en enfilant son manteau. 


La crĂ©ature alla chercher le fusil de chasse et les cartouches demandĂ©es, et aprĂšs un regard Ă  la dĂ©robĂ©e envers le baron, il mit quelques morceaux de pain dans ses poches avant de le rejoindre. 



Ils parcoururent leur ronde habituelle dans la forĂȘt pour relever les piĂšges posĂ©s par Victor, Hunter courant et aboyant fĂ©brilement autour d’eux. Une pluie, d’abord fine, mais qui s’épaississait Ă  vue d'Ɠil, se mit bientĂŽt Ă  tomber alors qu’ils s’enfonçaient sous le couvert des pins de montagne et des aulnes verts, les premiers piĂšges Ă©tant dĂ©sespĂ©rĂ©ment vides. Victor s’éloignait en pestant, le fusil Ă  l’épaule et sa canne dans l’autre main, maudissant tout Ă  la fois les inondations, la boue, les ronces, les lapins et le Liechtenstein, ne prĂȘtant plus attention ni Ă  la crĂ©ature, ni au chien. 


Le suivant Ă  une distance respectable afin de ne pas s’exposer Ă  sa mauvaise humeur, le monstre s’arrĂȘtait parfois pour apprendre Ă  Hunter quelques ordres simples, comme s’asseoir. Au bout d’une bonne dizaine de tentatives et Ă  force de patience et de douceur, le chien parvint Ă  s’asseoir devant lui et le monstre le fĂ©licita et lui donna un bout de pain. Ravi, Hunter se percha sur ses pattes arriĂšres pour lui faire la fĂȘte et le monstre caressa longuement sa tĂȘte toute mouillĂ©e.


— Amis, rĂ©pĂ©tait-il sans cesse, tandis que le chien lĂ©chait son visage. 


Ils rejoignirent ensuite Victor et, tandis qu’ils s’approchaient de lui, un jeune cerf bondit d’un Ă©pais buisson et se mit Ă  dĂ©taler juste Ă  cĂŽtĂ© d’eux. Le baron tenta de lancer Hunter Ă  la poursuite de l’animal pendant qu’il Ă©paulait son fusil, mais le chien l’ignora royalement et vint s’asseoir devant lui en remuant la queue. 


— Mais qu’il est con ! se lamenta Victor en baissant son arme, le cerf Ă©tant dĂ©sormais hors de portĂ©e. 



Le petit groupe poursuivit son chemin, Victor souhaitant vĂ©rifier tous ses piĂšges avant que la nuit ne tombe et ils se sĂ©parĂšrent Ă  nouveau pour gagner du temps, la crĂ©ature ayant reçu l’ordre strict de se contenter d’appeler Victor si, par chance, un animal s’était pris dans un piĂšge. Lapin, liĂšvre, loir, Ă©cureuil ou marmotte, n’importe quoi ferait l’affaire aux yeux de Victor, qui boitait davantage Ă  mesure que les heures passaient
 


De leur cĂŽtĂ©, le monstre et le chien progressaient avec une facilitĂ© dĂ©concertante, aidĂ©s par leurs longs membres et leur robustesse surnaturelle. Hunter gambadait loin devant, mais jamais hors de vue cependant, et revenait rĂ©guliĂšrement s’assurer de la prĂ©sence du monstre. Tandis que la crĂ©ature s’était arrĂȘtĂ©e pour cueillir et manger des feuilles de hĂȘtre, elle sursauta en entendant l’aboiement aigu de Hunter, Ă  quelques dizaines de mĂštres. Le rejoignant Ă  grands pas, le monstre le trouva en train de pousser des jappements excitĂ©s devant un des piĂšges de Victor, dans lequel un jeune lapin se dĂ©battait avec force, s’étranglant peu Ă  peu avec le nƓud coulant du collet. A la vue du monstre, le chien releva la tĂȘte et aboya de plus belle pour lui signaler sa trouvaille. Alors que la crĂ©ature s’accroupissait hĂątivement pour fĂ©liciter le chien, elle saisit avec prĂ©caution le petit animal Ă©puisĂ© et le libĂ©ra avec difficultĂ© de la funeste ficelle. Par chance, le lapin n’était pas blessĂ© et, aidĂ© par l’adrĂ©naline, il se dĂ©gagea rapidement des mains maladroites du monstre, qui le laissa s’échapper avec plaisir. L’observant dĂ©taler tandis qu’il se redressait, un coup de feu retentit juste devant le monstre. 


Victor Ă©tait lĂ , Ă  quelques mĂštres, et maintenait son arme braquĂ©e vers le buisson dans lequel venait de disparaĂźtre le lapin, Ă©chappant Ă  la balle qui lui Ă©tait destinĂ©e. La dĂ©tonation, qui rĂ©sonna longuement dans la forĂȘt silencieuse, effraya Hunter, qui s’enfuit en courant et, alors que le monstre s’apprĂȘtait Ă  lui courir aprĂšs, un second coup de feu retentit et le chien s’effondra en poussant un jappement dĂ©chirant
  


— NON ! cria la crĂ©ature, en se prĂ©cipitant vers Hunter.


DĂ©rapant dans la boue, le monstre s’accroupit devant le corps encore secouĂ© de spasmes du chien. Impuissant face Ă  une sensation nouvelle qui lui brisait le cƓur, le monstre promena ses mains sur le pelage poisseux et observa le sang rĂ©pandu sur ses mains. 


Hunter s’immobilisa soudain, emportĂ© par la mort.  


Les yeux baignĂ©s de larmes qu’elle ne pouvait contenir, la crĂ©ature leva un regard implorant vers Victor, qui s’approchait en claudiquant. 


— J’ai perdu mon sang froid, se dĂ©douana Frankenstein, en cassant son fusil. 


Toujours accroupi, la crĂ©ature sanglotait silencieusement, incapable de dĂ©tacher son regard de Hunter. 


— Ça va, fais pas cette tĂȘte, le rabroua Victor, qui le dominait de toute sa hauteur. Dans un quart d’heure il sera ressuscitĂ©. Et s’il pouvait ĂȘtre moins con en revenant Ă  la vie ce serait pas mal ! Ramasse-le, on rentre, ordonna-t-il, sans s’émouvoir du chagrin Ă©vident du monstre.   


La crĂ©ature souleva avec prĂ©caution la dĂ©pouille du chien et la serra contre elle : 


— Je vais m’occ
 occuper de toi, lui murmura-t-elle Ă  l’oreille, en se relevant. 


Effectivement, la blessure de Hunter guĂ©rissait Ă  vue d'Ɠil et promettait d’ĂȘtre refermĂ©e sous peu lorsqu’ils regagnĂšrent la tour. Las et Ă©nervĂ©, Victor remarqua une enveloppe dĂ©posĂ©e devant l’imposante porte et la ramassa avec curiositĂ©. Une ombre passa sur son visage tandis qu’il reconnut l’écriture appliquĂ©e et fĂ©minine ayant tracĂ© son nom et son adresse.


Elizabeth


Il hĂąta le pas dans les escaliers et se dĂ©barrassa de son fusil et de son manteau une fois dans le laboratoire, sans prĂȘter attention au monstre qui dĂ©posait soigneusement Hunter sur le tapis, devant la cheminĂ©e. Tandis que la crĂ©ature allait chercher un baquet d’eau chaude et un linge pour nettoyer le sang coagulĂ© dans les poils du chien, Victor, lui, s’était emparĂ© d’une bouteille de brandy. Il s’assit Ă  la table Ă  manger avec la lettre qu’il tenait dans sa main crispĂ©e et but au goulot une quantitĂ© importante d’alcool avant d’arracher fĂ©brilement l’enveloppe et de commencer Ă  lire Ă  voix haute : 


“Victor,


Si je vous ai autrefois tenu en estime pour votre ouverture d’esprit, soyez assurĂ© que de cette estime, il ne demeure aujourd’hui plus rien et que j’avais fait le deuil des sentiments que j’ai briĂšvement ressentis pour vous avant mĂȘme d’ĂȘtre repartie Ă  Vienne. Si le dĂ©cĂšs de mon oncle reprĂ©sente un autre deuil supportable Ă  mes yeux (je n’ai jamais ignorĂ© qu’il m’ait toujours considĂ©rĂ©e comme une valeur interchangeable), celui de votre crĂ©ature, en revanche, m’est impossible ! 

De sa courte existence, il n’aura connu comme dĂ©cor que cette cave insalubre et expĂ©rimentĂ©, comme seuls contacts, que ceux de vos coups. Cette Ăąme pure n’avait pas demandĂ© Ă  vivre, pas plus qu’elle n’a demandĂ© Ă  mourir. Vous n’avez su, ni lui offrir une existence digne, ni lui Ă©viter une mort douloureuse. Pour quelqu’un qui prĂ©tend vaincre la mort, votre mĂ©pris pour la vie n’a d’égal que votre singuliĂšre, mais nĂ©anmoins exceptionnelle compĂ©tence Ă  ne porter attention qu’à vos propres envies. Rien d’autre ne compte Ă  vos yeux que votre petite personne, vous devriez donc apprĂ©cier votre retraite au moins autant que j’apprĂ©cierai votre absence Ă  mon mariage ! 


Sachez que je ne vous pardonnerai jamais et que je vous oublierai vite, contrairement Ă  votre crĂ©ature, dont le souvenir m’accompagnera jusqu’à mon dernier souffle.


Elizabeth Harlander”    



Victor lut la lettre plusieurs fois, s’interrompant de temps Ă  autre pour boire toujours plus et jeter un Ɠil vers cette “ñme pure” qui accompagnait Hunter dans sa nouvelle naissance. AprĂšs un long gĂ©missement, le chien se mit Ă  remuer faiblement sa queue Ă  la vue du monstre penchĂ© sur lui, qui le caressait. 


Aussi incroyable que cela paraisse, Elizabeth semblait avoir ressenti de l’affection pour ce monstre difforme ! Elle l’avait cĂŽtoyĂ© moins de quarante-huit heures et pourtant, il lui avait laissĂ© une meilleure impression que lui, Victor Frankenstein, chirurgien renommĂ© et scientifique hors pair, qui avait créé un puzzle d’homme bien vivant, Ă  partir de cadavres


Qu’est-ce qui ne tournait pas rond chez cette femelle ? Son frĂšre savait-il seulement dans quoi il s’embarquait en Ă©pousant une mĂ©gĂšre pareille ? 


Il chiffonna la lettre avec rage et saisit sa canne pour se diriger vers la cheminĂ©e et jeter le papier dans le feu. Le monstre s’écarta rapidement de son passage en rampant par terre, suivi par Hunter, qui titubait un peu, encore groggy de son bref sĂ©jour dans la mort. 

“Je ne vous pardonnerai jamais”, maugrĂ©ait le baron, en fixant les flammes. “Il n’aura connu comme seuls contacts, que ceux de vos coups”, rĂ©citait-il avec force. 


Victor tourna alors son visage aux yeux injectĂ©s de sang vers le monstre : 


— La souffrance est une preuve d’intelligence, gronda-t-il, en s’approchant avec une lenteur mesurĂ©e. 


La crĂ©ature connaissait bien ce regard, aussi se recroquevilla-t-elle contre le mur, en tentant d’écarter le chien, pressĂ© contre elle. 


— DĂ©gage de lĂ , cria Victor, en s’adressant Ă  Hunter. 


Le chien l’observait sans comprendre et surtout, sans bouger
 


— TrĂšs bien ! On va tester cette thĂ©orie sur toi aussi, sale clĂ©bard ! 


Victor leva sa canne, mais avant que le coup ne s’abatte, le monstre s’interposa, recevant le coup Ă  la place du chien. 


— Comment oses-tu ? tonna le baron, entre ses mĂąchoires serrĂ©es. 


Le monstre tenta de repousser le chien avec des gestes maladroits avant que Victor ne le chasse d’un coup de pied dans les cîtes, qui l’envoya deux mùtres plus loin.


— NON, hurla la crĂ©ature, tandis que le chien se remettait sur ses pattes en gĂ©missant.


Le baron abatti alors sa canne avec force sur le monstre, mais alors que celui-ci essayait de se protĂ©ger avec ses bras, Hunter revint vers eux en courant et planta ses crocs dans la botte de Victor, tirant de toutes ses forces dessus, cherchant Ă  l’éloigner du monstre. Le chien reçut plusieurs coups de canne, mais ne lĂącha pas la botte, bien dĂ©cidĂ© Ă  aider son ami. 


Victor tenta alors de saisir son pistolet, posĂ© sur une console non loin, devant les yeux horrifiĂ©s de la crĂ©ature qui se redressa pour courir jusqu’à la porte menant aux escaliers : 


— Hunter ! appela-t-elle, de sa voix puissante. 


Le chien lĂącha aussitĂŽt la botte et courut vers elle en remuant la queue. Le monstre sortit alors un bout de pain de la poche de son pantalon, et le lança dans les escaliers : 


— Va chercher, ordonna-t-il, avant de refermer rapidement la porte derriĂšre le chien. 


Une dĂ©tonation retentit aussitĂŽt et le monstre ressenti une douleur cuisante Ă  l’arriĂšre de son mollet droit. Victor venait de lui tirer dessus. Ce n’était pas la premiĂšre fois, mais la douleur, bien que toujours la mĂȘme, n'en Ă©tait pas moins atroce Ă  chaque fois
 Il s’effondra Ă  cĂŽtĂ© de la porte en hurlant, conscient des bruits de griffures du chien, qui s’acharnait contre la porte, de l’autre cĂŽtĂ©. Roulant sur lui-mĂȘme, il aperçu Victor se dĂ©barrasser de son arme et saisir le tisonnier, prĂšs de la cheminĂ©e. 


Le baron s’approcha ensuite, ivre de colĂšre, en passant sa main libre dans ses cheveux :  


— Tu n’aurais pas dĂ» faire ça, sale bĂȘte ! gronda-t-il, enragĂ©. Une Ăąme pure, toi ? gloussa-t-il, en arrivant devant lui. Mais tu n’as pas d’ñme ! J’en sais quelque chose, je t’ai fabriquĂ© ! 


Il se mit alors Ă  parler, en ponctuant presque chaque mot avec un coup portĂ© avec force sur le corps du monstre, prostrĂ© Ă  ses pieds : 


— Je
 suis
 ton Seigneur
 et MaĂźtre
 et toi
 tu me dĂ©fies ? j’ai droit
 de vie
 et de mort
 sur toi
 et ce chien
 c’est compris ? demanda-t-il, en suspendant ses coups.


Sous son bras encore levĂ©, le trou laissĂ© par la balle dans la jambe du monstre se refermait dĂ©jĂ , contrairement aux blessures infligĂ©es par le tisonnier, dont le sang s’échappait et imbibait lentement sa fine chemise. Victor l’avait dĂ©jĂ  constatĂ© auparavant. L’organisme de la crĂ©ature guĂ©rissait plus rapidement les blessures “vitales” que les autres, qui avaient tendance Ă  cicatriser Ă  une allure normale. Lorsqu’il le battait, le monstre conservait Ă©corchures et ecchymoses aussi longtemps ou presque qu’un humain lambda, Ă  l’inverse de ses os brisĂ©s par exemple, qui se consolidaient en principe dans la demi-heure. Les blessures par balles ou les coups de couteau Ă©taient les plus rapides Ă  guĂ©rir
 


La crĂ©ature ne rĂ©pondit pas, ne faisant qu’émettre de faibles gĂ©missements de douleur et de peur, entrecoupĂ©s par une respiration laborieuse. 


Impitoyable, Victor abattu Ă  nouveau le tisonnier sur elle en hurlant : 


— TU N’ES QU’UN MONSTRE ! Un monstre sans Ăąme, une expĂ©rience qui a mal tournĂ© ! Un ANIMAL ! Dis-le ! Dis ce que tu es ! ordonna-t-il, fou de rage. DIS-LE ! 


Le monstre protĂ©gea son visage, tandis qu’il rĂ©pondait faiblement, la bouche pleine de sang : 


— Un
 un monstre ! Je suis un monstre
  

— DIS-LE PLUS FORT ! intima Victor, en levant le tisonnier.  

— JE SUIS UN MONSTRE
 VOTRE CRÉATURE !  


Victor le frappa encore et encore, chaque coup rĂ©sonnant avec force dans le silence lugubre du laboratoire : 


— DIS-LE
 ENCORE, BÊTE ! QU’EST-CE
 QUE
 TU
 ES ?

— VOTRE FILS, fini par hurler la crĂ©ature Ă  bout de forces, avant de fondre en larmes.  


Victor suspendit son geste, le tisonnier semblant soudain peser plusieurs tonnes. TassĂ© Ă  ses pieds, le monstre pleurait silencieusement, sa chemise en lambeaux partout oĂč le tisonnier l’avait dĂ©chirĂ©e pour entamer sa peau. Les bandelettes de tissu enroulĂ©es autour de ses pieds et de ses chevilles s’étaient en partie dĂ©faites et teintĂ©es de rouge, elles aussi. Ses longs cheveux lui masquaient en grande partie le visage, mais ses sanglots se frayĂšrent sans peine un chemin au travers des mĂšches dĂ©pareillĂ©es. Des sanglots qui glacĂšrent le sang du baron. 


Victor jeta le tisonnier et ferma les yeux
       


     


NDA : Bon
 Je vous avais prĂ©venu
 Je suis dĂ©solĂ©e de vous laisser sur cette fin-lĂ  (ce n’était pas prĂ©mĂ©ditĂ©), mais je dĂ©crĂšte une pause pour les fĂȘtes 🎄. Je souhaite un trĂšs joyeux Noel Ă  tous ceux qui le cĂ©lĂšbre et sinon, une bonne fin d’annĂ©e Ă  tous đŸ«¶ !  

Merci encore Ă  tous ceux qui laissent un petit ❀ et/ou un commentaire sur cette humble histoire, vous ĂȘtes gĂ©niaux ! 

Je vous promets que les choses vont s’arranger maintenant
 



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