Mad Love (Jerome Valeska) par

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Préquelle / Drame / Amitié

16 Les loups

Catégorie: T , 2019 mots
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Ils ne reparlèrent pas du baiser. Il n’y avait rien à en redire. Jérôme aimait Kaysha, mais il ne pouvait pas l’obliger à avoir les mêmes sentiments à son égard. Alors, ils faisaient semblant de rien. Kaysha n’avait en rien changé son comportement avec lui, leur complicité était restée intacte. C’est ce qu’ils avaient pu remarquer, lorsque Cole avait été emmené à l’hôpital en urgence le soir même.

Jérôme lui avait littéralement éclaté la mâchoire. Kaysha était venue toquer à sa porte le lendemain, dans la fin d’après-midi.

-         Il faut qu’on parle, dit-elle.

Il fronça les sourcils, et la rejoignit à l’extérieur. Il eut d’abord peur qu’elle lui annonce qu’elle ne voulait plus jamais le voir. Elle passa une main dans ses cheveux de garçon, les yeux rivés au sol, n’arrivant d’abord pas à regarder Jérôme.

-         Cole peut pas rester à l’hôpital, ses parents ont refusé. Il est chez lui en ce moment, et tu l’as salement amoché. Il n’arrive plus à ouvrir la bouche sans avoir mal, dit-elle en scrutant la caravane et ce qu’il y avait autour. La famille à décidé de pas appeler la police, à cause du Directeur. Mais ils vont pas te laisser partir comme ça. Cole leur à raconté que tu étais seul lorsque tu l’as frappé.

Elle envoya son regard sur lui soudainement, comme si elle avait fait le tour de ce qu’il y avait à voir, et qu’elle était désormais obligée de le regarder lui.

-         Mais je vais pas le laisser dire. Voilà ce qu’on va faire : on va raconter ce qui s’est passé au début, Cole et moi, on a commencé à se taper dessus. Tu es venu prendre ma défense, et je t’ai aidé à lui fracasser la gueule, c’est compris ? Si tu restes seul face à ces gens là, ils vont te tuer.

Jérôme sourit très légèrement en regardant la jeune femme.

-         Tu te prendrais les sales coups avec moi ?

Elle hocha sa tête de droite à gauche en souriant, comme si la réponse à cette question avait été évidente.

-         Te laisser tomber au milieu des loups, Valeska ? C’est toi et moi, non ?

Elle leva sa main à la verticale, de profil, et les doigts légèrement pliés, pour la poser entre eux deux. Il fit de même avec la sienne, et ils se serrèrent la main, leurs deux avant-bras se rencontrant.

-         Qu’est-ce qu’on fait ? demanda Jérôme lorsqu’ils relâchèrent leurs mains.

-         On va au chapiteau, dit-elle avec conviction.

Il était désormais bien trop grand, mais en cet instant, elle lui aurait enroulé un bras autour de ses épaules d’homme. Elle se contenta de passer devant, en enfonçant ses mains dans les poches arrières de son jean. Jérôme prit le temps de détailler son corps qui se déplaçait avec un balancement contrôlé. Il la suivit. Le directeur était au chapiteau, avec la famille de Cole, et semblaient débattre vigoureusement. Kaysha s’approcha d’un pas assuré, alors que Jérôme diminuait peu à peu sa cadence. Il enfonça sa tête dans ses épaules, et courba légèrement son dos.

En les voyant arriver, les visages se tournèrent vers eux. Les parents de Cole allaient s’élancer sur les deux adolescents, mais le directeur les en empêcha.

-         C’est lui ! dirent-ils en désignant Jérôme avec rage.

Jérôme se cacha un peu plus, mais Kaysha leva le menton, se montrant plus grande.

-         Il faut qu’il paye pour ce qu’il a fait !

-         Ce qu’il a fait ? reprit Kaysha d’une voix dure et forte.

-         Te mêle pas de ça, Wade, lança la mère de Cole.

-         Si, justement ! répondit-elle. S’il doit payer, tout le monde paye aussi, dit-elle en glissant son regard vers le père de Cole.

Elle s’arrêta devant eux, et Jérôme finit par la rejoindre.

-         Regardez, dit Kaysha en désignant son visage.

Elle montra le bleu sous son œil, son nez souffrant, et leva son t-shirt pour découvrir l’énorme hématome qu’elle avait sur le flanc.

-         C’est pas Jérôme qui m’a fait ça ! s’enflamma-t-elle.

Ce dernier eux un élan intérieur de haine contre Cole, voyant les blessures de Kaysha. Le directeur observa Kaysha et se tourna vers les parents de Cole, pour voir leur réaction. Ceux-ci étaient défaits, et ne savaient plus quoi répondre.

-         Heureusement que Jérôme était la pour me défendre, continua-t-elle.

-         Et essayer de tuer mon fils ! hurla le père.

-         Avant qu’il ne me tue ! hurla encore plus fort Kaysha. Jérôme à donné les premiers coups, mais je me suis levée pour me défendre aussi ! Demandez aux autres garçons !

Elle s’affectait d’un risque en plus en prenant pour témoin le groupe d’amis de Cole. Mais après qu’ils aient vu Jérôme fracasser ainsi le jeune homme, ils n’oseraient sûrement pas la contre dire. Jérôme se taisait, et admirait l’aplomb de Kaysha.

-         Je ne vous permettrai pas d’accuser Jérôme sans preuve. Si Cole est dans cet état, j’aurais très bien pu l’être aussi, si Jérôme n’avait pas été là.

Elle tourna son regard vers le rouquin, et l’observa avec beaucoup de gratitude sans s’en rendre compte. Celui-ci regardait le sol, craintif. Elle lui prit brusquement la main. Surpris il releva la tête, et elle la tendit vers le directeur. Il avait les phalanges violacées, et les mains souffrantes. Il grimaça quand elle la pressa légèrement.

-         On est tous un peu… blessés, dit-elle sur un ton plus tranquille, en regardant le père de Cole dans les yeux.

Jérôme cru sentir une autre tension à ce moment-là, éloignée de la bagarre qui avait eut lieu la veille. Une tension qu’il ne comprenait pas, et qui s’exerçait entre Kaysha et le père de Cole uniquement.

Le directeur observa rapidement les quatre.

-         Bon… si je comprends bien, tout le monde à sa faute dans l’histoire. Je vous conseil de ne plus vous approcher de Cole, dit-il à l’intention de Kaysha et Jérôme.

-         Et c’est tout ?! s’indigna la mère de Cole.

-         Je vous en prie, vous avez vu la même chose que moi, ne compliquez pas la situation. C’est une bagarre qui a mal tourné, rien de plus.

Jérôme comprenait la lâcheté du directeur. Etrangement, le père de Cole n’ajouta rien, et baissa même le regard un court instant. Jérôme ne dit rien pour autant, laissant Kaysha mener la discussion pour eux deux. Il vit un léger sourire triomphant se dessiner rapidement sur son visage, avant de s’effacer aussitôt.

-         On se tiendra à l’écart, dit-elle avec une fausse humilité. Mais il faudra dire à Cole d’en faire tout autant. Je veux dire, lorsqu’il pourra se tenir debout.

Elle lança son regard sur les parents de Cole avant de reprendre immédiatement.

-         Nous lui souhaitons d’ailleurs une rapide convalescence. N’est-ce pas, Jérôme ?

Celui-ci hocha la tête, le regard embarrassé. Les deux s’en allèrent alors, sans en attendre plus de quiconque, entendant les parents de Cole s’énerver encore un peu. Kaysha souriait en leur tournant le dos. Lorsqu’ils furent à l’abri des regards, elle ricana doucement.

-         Ils ont rien compris à ce qui leur arrivait ! se réjouit-elle.

-         Tu as été parfaite, dit-il en souriant à son tour.

-         Tu es vraiment un garçon bizarre, Jérôme Valeska.

Il la regarda avec surprise.

-         Tu es prêt à démolir une personne, mais t’arrives toujours pas à te tenir fier et droit devant les autres.

Il ne répondit rien, ne sachant finalement que répondre, et s’empressa de mettre ses mains dans ses poches, ce qui lui rappelait rapidement la douleur fulgurante qui lui traversait les os. Elle lui sortit tout doucement une main, et l’observa.

-         T’as dû le cogner sacrément fort, dit-elle en touchant ses bleus du bout des doigts qu’elle avait froid.

Elle ajouta un claquement de langue, qui traduisait sa réflexion.

-         T’aurais dû garder les bandes, comme je t’avais dit. Allez viens, on va repasser un coup la dessus.

Il la suivit, satisfait. Il la fit entrer dans sa caravane, sa mère n’étant pas présente. Elle fouilla dans la pharmacie, et en sortit un tube de crème. Elle en mit une noisette sur son index et lui posa sa main sur la sienne. Elle en massa le dessus avec la crème, en s’appliquant pour ne pas lui faire mal, suivant le tracé de ses os puissants, sur ses longs doigts fins. Il n’avait décidément pas des mains de travailleur. Les mains de son père étaient tellement épaisses et rugueuses. Appliquée, elle ne remarqua pas le regard insistant de Jérôme.

Il détaillait chacune partie de son visage concentré, les sourcils très légèrement froncés, le nez plissé, et la bouche délicatement ouverte. Bien entendu, il fallut que les désirs de la veille refassent surface. Il ne dit rien pourtant, et ne voulut pas gâcher ce moment agréable. Alors il se contentait d’apprécier les doigts adroits et aériens de Kaysha qui s’appliquait à la tâche.

Elle voulait sûrement montrer par là que rien ne changerait entre eux deux, et qu’elle avait besoin de lui autant qu’il avait besoin d’elle.

Mais bon sang, qu’il aurait aimé sentir son corps contre le sien.


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