Dramione : le Feu et la Glace par

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Deviation / Romance / Lemon

9 On ne guéri pas Granger

Catégorie: M , 6912 mots
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Dans le chapitre précédent : Ginny averti Hermione sur les dangers de jouer à ces petits jeux avec Malfoy et lui somme d’arrêter immédiatement, tandis que Drago, lui, semble perdu quant à comment il est censé réagir de ce que lui a fait subir Hermione.


POV HERMIONE


Nous entrons aujourd’hui dans le mois de décembre, ce qui a toujours le don de me mettre d’excellente humeur parce que je sais que je vais passer un excellent moment à fêter Noël avec mes amis mais aussi et surtout avec ma famille qui me manque tant. Je pars toujours une semaine pendant les vacances pour les retrouver et profiter de leur amour et leur simplicité qui m’apporte repos et sérénité, c’est une pause qui m’est nécessaire tous les ans. Le monde des sorciers est incroyable mais il est aussi très compliqué, parfois très sombre, tordu même, et arrive à pervertir même les plus honnêtes d’entre nous. Une pause dans le monde des moldus est toujours bénéfique, le plus gros problème pour eux étant l’argent. C’est donc encouragée par ce si joli mois que je me prépare pour une nouvelle journée, bien décidée à apprendre de nouvelles choses passionnantes. Malheureusement pour moi, mon cours de divination fut interrompu par Dumbledore lui-même, qui vint me chercher en classe, me demandant de le suivre. Je l’avoue, c’est très intimidant quand le directeur de l’école vous récupère en plein cours, vous réfléchissez à tout ce que vous avez pu faire de mal, et je dois dire que ces derniers temps concernant Malfoy ma liste est plutôt longue…


-         Asseyez-vous, je vous en prie miss Granger.

-         Que se passe-t-il professeur ?

-         Voulez-vous une tasse de thé ?


Quand le directeur de Poudlard vous propose une tasse de thé, vous l’acceptez.


-         Avec grand plaisir !

-         J’ai eu des échos disant que vous vous en sortiez très bien classe, comme d’habitude, les études vous plaisent toujours autant cette année ?

-         Oh oui, énormément ! Les cours de potions, de défense contre les forces du mal et d’arithmancie sont particulièrement passionnants cette année !

-         Votre professeur d’arithmancie, mademoiselle Vector, a fait parvenir à mes oreilles que vous étiez la seule de la classe à comprendre son cours.

-         Prédire l’avenir en se basant sur des nombres n’est pas quelque chose de facile, cela demande beaucoup de connaissances et de concentration, et… certains élèves en manquent.

-         Voilà des qualités qu’on ne peut pas vous enlever.

Il marqua une pause après ces mots et changea étrangement de visage, clairement je n’étais pas là pour discuter de mes cours ni pour prendre une tasse de thé. Il continue :

-         Je vous ai convoquée miss Granger, parce que j’ai malheureusement un message à vous faire passer de la part de vos parents. Votre grand-père maternel, Edgar, est décédé cette nuit d’une crise cardiaque, je suis désolé.

-         Oh.


Mon papi, le papa de ma maman, ce moldu qui était si fier que sa petite fille soit une sorcière ! La seule de la famille, et lui, hormis mes parents, était le seul à être dans le secret. Il a toujours été là pour moi dès mes premiers pas, nous avions une belle relation, c’est lui qui a commencé à repérer que j’étais une enfant particulière avec des capacités particulières. A chaque fois que je le vois, qu’est-ce que je dis, que je le voyais désormais, il me sommait de lui apprendre quelques tours et se refusait à être un moldu, il était persuadé d’être un sorcier au fond, que c’était dans nos gênes. Il a toujours eu le cœur fragile, on le savait depuis quelques temps, il prenait de l’âge, rationnellement je veux dire Hermione tout de même il avait 92 ans, c’est une belle vie ! Il a bien vécu et… Non, raté, me voilà en larmes dans le bureau du directeur de mon école.


-         Il n’a pas souffert…


Je ne trouvais rien à lui répondre, même si une partie de moi me criait qu’il s’agissait de mon directeur et qu’il fallait absolument que je me reprenne mais ça m’était réellement impossible, je n’arrêtais pas de pleurer.


-         Si vous souhaitez retourner avec vos parents avant les vacances, je vous laisserai manquer la classe pour un moment sans aucun problème, je sais parfaitement que vous n’aurez aucun mal à rattraper les cours que vous aurez manqué. Je vous laisse y réfléchir, et… Je suis désolée miss Granger. Si vous souhaitez en discuter vous savez que moi-même et les autres professeurs sommes à votre disposition. Vous êtes évidemment dispensée des cours aujourd’hui si vous avez besoin de temps.

-         Merci professeur. Puis-je m’en aller ?

-         Je vous en prie.


Je rejoignis ma chambre pour pleurer sur mon lit, me donnant une heure avant de retourner en cours. Mon chagrin est terrible, en vérité, je ne crois pas avoir déjà souffert de la sorte, mon papi est parti, il est mort, je ne le reverrais jamais. Plus jamais je n’entendrais sa voix. Je ne pourrais jamais plus écouter son rire. Plus jamais je n’entendrais les histoires qu’il ressasse sans cesse, je les connais par cœur mais il m’est impossible de m’en lasser, et pourtant la vie a décidé que je devais les laisser aller désormais. C’est particulier, la mort. Quand on perd quelqu’un, par exemple un ancien amoureux j’imagine ou un ancien ami, on s’est disputés, on ne veut plus le voir et beaucoup disent « il est mort pour moi ». Mais la vraie mort est tellement différente, parce que quand quelqu’un est toujours en vie il y a toujours une possibilité : une possibilité de croiser la personne un jour par hasard, une possibilité de dire des choses que nous ne nous étions pas avoués, la possibilité de régler ses comptes et d’arranger les choses ou ne serait-ce que la possibilité de se dire que la personne est probablement plus heureuse maintenant. Mais avec la mort, cela est impossible. Il n’y a plus de possibilités, et c’est là le plus déchirant pour moi. Plus jamais, plus jamais de papi, plus jamais, plus rien, rien que des souvenirs qui finiront par s’effacer. Mais je ne veux pas oublier, je refuse d’oublier. Je veux me souvenir de tout, de la couleur de ses yeux, la forme de ses sourcils, les fossettes au creux de ses joues, la façon qu’il avait de remettre ses cheveux en ordre avec un geste fin mais pourtant pas si discret, la douceur de son rire, ses blagues, le ton de sa voix quand il était énervé, triste ou heureux, chaque histoire et leçon de vie qu’il m’a apprise, chaque discussion que nous avons pu avoir que je n’ai pas su chérir comme j’aurais du le faire, modifier toutes les fois ou je me suis énervée contre lui parce que je me rebellais. Je voudrais qu’il soit la mais plus jamais je ne pourrais le voir l’entendre ou le serrer dans mes bras, plus rien de tout ça. Il n’est juste plus. Il n’existe plus, et je n’aurais plus jamais la possibilité de lui dire que je l’aime. A cet instant précis, c’est comme si une petite partie de mon âme était morte, je la sens partir avec lui et ce n’est pas une image.


-         Hermione ?!


Ginny rentra en trombe dans ma chambre, visiblement au courant de la nouvelle :


-         Oh Hermione je suis tellement désolée…


Elle resta quelques minutes, me serrant dans ses bras pendant que je pleurais, ne disant rien, mais c’est ce dont j’avais besoin. Une fois que je commençais à me ressaisir et à être en capacité de parler elle me demanda :


-         Qu’est-ce qui te ferait du bien ?

-         Je n’en sais absolument rien Ginny…

-         Est-ce que tu veux en parler ? Tu veux que j’aille chercher Harry ? Ron ?

-         Non ils ont cours… Et d’ailleurs toi aussi normalement ?

-         J’ai bien plus important à faire aujourd’hui Hermione…

-         Non tu ne devrais pas rater des cours pour moi, je ne…

-         … Je ne te demande pas ta permission.

-         Merci.

-         Je t’invite aux 3 balais !

-         L’alcool ne me réussis pas et je ne…

-         … Hermione, il y a parfois des situations dans la vie ou un verre d’alcool ne fait pas de mal, et où il faut savoir se laisser aller. Je sais que ce n’est pas ton genre, mais ni toi ni moi ne savons comment faire un deuil, alors je t’invite et nous n’avons qu’à essayer.

-         Si tu le dis…


Je n’étais clairement pas en état de décider quoi que ce soit, mais plus à me laisser guider. Si Ginny pense que l’alcool me fera du bien, alors peut-être que ce sera le cas. Je n’en sais rien, je m’en fiche même, mais à ce stade, je ne dis pas non à un coup de main amical. Nous voilà donc toutes les deux parties en direction des 3 balais à 11heures du matin, totalement irresponsable, mais peu m’importe.


Ginny buvait au moins trois fois plus rapidement que moi, elle avait le temps de boire trois bières que j’en étais toujours à ma première, on dirait bien qu’elle noie son chagrin elle aussi. En réalité, je crois que je n’avais pas envie d’être en public, il est 11heures30, les élèves boivent du café ou commandent à manger, mais Ginny et moi sommes accoudées au bar, telles de véritables catins enchagrinées qui n’ont rien de mieux à faire de leur journée à part picoler. Mes cheveux ne sont plus coiffés étant donné le temps que j’ai passé sur l’oreiller, mes yeux sont gonflés suite aux lourdes larmes qui les encombrent, bref je suis triste, moche et prochainement ivre. Rien de tout cela ne me ressemble, mais je me demande qui est lui-même lorsqu’il est en deuil, je ne crois en réalité pas que ce soit possible. Le deuil ne me semble pas être ni quelque chose de normal ni quelque chose de rationnel, on ne nous l’enseigne pas à l’école. On nous apprend la vie, mais pas la mort. Alors comment suis-je censée savoir ce que je dois faire maintenant ? Je n’ai jamais été aussi triste et perdue de ma vie, et je ne sais même pas ce qu’il est convenable de faire en de telles circonstances, il me semble donc que ce n’est pas de ma faute si je me retrouve dans un bar à boire de l’alcool une matinée de semaine.


-         Tu sais Hermione…


Commence une Ginny qui n’a sans visiblement plus toute sa tête.


-         Je sais que ton papi n’est plus là mais je veux que tu saches que moi… Je serais toujours là. Et si tu as besoin de moi, et en fait… Même si c’est pas le cas, eh bien je prendrais soin de toi, parce que tu es mon amie et c’est ce que font les amis. Trinquons aux amies !


Et nous trinquions, pour la troisième fois de la matinée déjà. Les serveurs nous dévisageaient l’air de dire « mais que font ces élèves à boire dès le matin ? » mais nous payions, alors peu leur importait. Et puis, deux filles seules, tristes et bientôt ivres seraient probablement divertissantes et ils auraient sûrement pleins d’histoires dégradantes à raconter aux gens après cette journée maudite, et là encore, je m’en fichais.


Au bout de la troisième bière on aurait dit que ma peine était un soupçon moins intense et douloureuse, alors je continuais à boire en compagnie de ma meilleure amie, qui elle était pleinement ivre. Elle me proposait des jeux, elle marchait partout dans le bar et parlait à des inconnus, puis revenait me raconter qui elle avait rencontré et ce qu’elle avait apprit en m’expliquant que je devrais essayer de rencontrer plus de gens et me sociabiliser un peu plus, puis elle me parlait de Dean et d’à quel point elle était triste mais en colère également, ensuite elle tentait de me remonter le moral comme elle le pouvait, me faisait des blagues ou me racontait de drôles d’histoires, me commandait d’autres bières jusqu’à ce qu’à mon tour, vers 13heures, je sois ivre.


Tout était soudainement bien plus risible, je ne pensais plus à la mort de mon papi, je m’amusais avec Ginny, nous nous racontions des histoires qui n’avaient ni queue ni tête, nous nous donnions respectivement de très mauvais conseils et nous continuions de boire jusqu’à ce que la tête nous tourne. Nous nous amusions comme des folles, je ne me savais moi-même pas si rigolote, ni si bon public d’ailleurs. Harry et Ron passèrent en coup de vent vers 15heures grâce aux échos qu’ils ont eu sur les deux folles ivres :


-         Hermione, tu vas bien ?


Me demande un Harry visiblement inquiet pour mon état psychique, pendant que Ron essaye de contrôler Ginny qui est dans un état pire que le mien :


-         Je m’amuse comme une folle ! Qui veut une bière ? C’est moi qui paye !

-         Tu ne veux pas en parler ?

-         Je ne vois pas de quoi tu parles. Bière !

-         Hermione…

-         Si tu es venu pour faire le moralisateur Harry tu peux repartir, BIERE !

-         Bien, j’ai le temps d’en prendre une avec vous mais nous on doit retourner en classe après, sauf si…

-         … Non on est très bien entre filles ! Restez pour une bière et pfiou !


Ils sont donc restés en notre compagnie le temps d’une pinte, Ron tentant de faire le moralisateur d’abord avec Ginny, sans succès, puis avec moi, sans succès non plus, pendant qu’Harry, lui, parlait de tout ce qu’il pouvait avec Ginny, probablement entrain d’essayer de lui avouer ses sentiments pour elle temps que l’alcool embrouille son cerveau.


-         Tu sais Hermione, je m’inquiète pour toi en ce moment…


Commence un Ron qui me semble gêné aux vues des rougeurs apparaissant sur ses joues.


-         Tu fais des choses que par exemple tu n’aurais peut-être pas fait avant…

-         Ron, mon grand-père vient de mourir. Tu me feras des reproches un autre jour si ça ne te dérange pas.


C’est incroyable ! Je suis là à boire en pleine journée parce que je suis dévastée de la mort de mon grand-père et cet idiot de Ronald Weasley se dit que c’est le moment de me faire des reproches sur mon comportement ! Niveau compréhension amicale on repassera, je rêve ! Heureusement pour mes nerfs, les garçons sont repartis aussi vite qu’ils sont arrivés, et Ginny et moi nous sommes retrouvées seules de nouveau, libres de recommencer à faire des bêtises sans être jugées.


Il est maintenant 17 heures, Ginny est rentrée au château se coucher accompagnée par Neville, quant à moi la tristesse remonte à une vitesse relativement incroyable. Il semblerait que l’euphorie de l’alcool me soit passée, pourtant je suis bien plus ivre que je ne l’étais quelques heures avant. Je fus alors accostée par Theodore Nott, un Serpentard connu pour faire bande à part :


-         Hermione Granger, seule et ivre. Voilà un spectacle bien surprenant.


Au début de notre scolarité, Theodore ressemblait à un lapin, mais pas le genre de lapin mignon. Aujourd’hui, on peut aisément dire que la puberté lui a rendu justice, cependant il a toujours été, et sera probablement toujours une de ces personnes qui aime montrer qu’il est mieux et plus intelligent que tout le monde.


-         Theodore Nott, seul et bientôt ivre. Voilà un spectacle on ne peut plus banal.


Il est effectivement connu en tant que jeune riche qui a une passion un peu trop prononcée pour l’alcool, comme son mange-mort de père depuis que sa mère est décédée.


-         Je te paye un verre ?

-         Après tout, qu’ai-je de plus à perdre ?


Il commande deux whiskys, ce qui, au goût que cela a, est bien plus fort que la bière au beurre, et tout à fait immonde par la même occasion.


-         Quelle peine noies-tu ?

-         Mon grand-père est mort.

-         Je vois. Trinquons à cet homme.


Je bu mon verre cul-sec, ce que je regretterais sans doute plus tard.


-         Souhaites-tu en parler ?

-         Je n’ai rien à en dire.

-         Depuis quand es-tu là, veux-tu prendre l’air ?


J’acquiesçais sans dire mot et je le suivais à l’extérieur, sentant que je ne devrais pas le faire, pourtant je le faisais tout de même. Il m’entraînait vers un coin tranquille, peut-être un peu trop tranquille. C’est à ce moment-là que je me rendais compte que je ne tenais pas sur mes pieds, il était obligé de me tenir pour que je ne m’écroule pas dans la neige :


-         Eh bien, voilà quelqu’un qui a abusé de l’alcool.

-         Qu’est-ce que tu me veux Theodore, pourquoi me parles-tu ?

-         Tu es quelqu’un d’intéressant. Tu es profondément intelligente et cultivée, peu de gens ont ces qualités dans ces lieux.

-         Tu es entrain de me draguer ?


Voilà quelque chose que je n’aurais jamais osé dire sans l’aide de l’alcool. Il esquissa un rire malsain.


-         Appelle cela comme tu veux. Je souligne seulement que ton cerveau tout comme le mien, est supérieur à ceux des autres.

-         Je ne sais même pas pourquoi je te parle.

-         Parce que tu sais comme moi que nous avons beaucoup en commun, même si tu ne te l’avoues pas.


Il se rapprocha dangereusement de moi, passa une main dans mes cheveux emmêlés, pourtant je ne trouvais pas la force de le repousser :


-         Je crois qu’on pourrait faire de grandes choses ensemble.


Il chuchotait désormais à mon oreille, ce qui me donna des frissons dû à la peur.


-         Qu’est-ce que tu fais ?

-         Voyons Hermione, tu sais que tu le veux aussi. Tu es triste, je suis triste, soyons triste ensemble.

-         Je ne…


Il m’embrassa de force, ce qui était dégoûtant mais d’autant plus terrorisant. J’en étais donc arrivée là, j’étais ivre et entrain de me faire abuser par un idiot de fils à papa. Mon cœur battait à cent à l’heure, j’étais d’autant plus apeurée que je n’étais pas en pleine possession de mes moyens, et je savais pertinemment que s’il décidait qu’il voulait me forcer à faire quoi que ce soit, il n’en aurait aucune peine. Je tournais la tête, tentant de le repousser :


-         Ça va pas la tête ! Ne t’approche pas de moi !

-         Tu sais que tu en as envie…


Il plaça une main bien trop ferme au niveau de ma poitrine qu’il broya violemment. Tout à coup, c’était comme si j’étais en plein brouillard. Je me mis à pleurer, et probablement à hurler en utilisant le peu de force que j’avais pour me débattre, inutilement bien sûr. Au contraire, lui avait l’air de s’amuser d’autant plus. Je regardais au loin, les yeux pleins de larmes, priant pour Harry, Ron, un professeur, Neville, qui que ce soit, quelqu’un, quelque chose, que je ne finisse pas cette journée de l’horreur par un viol. Pitié.


-         Eh ! Nott !

Par Merlin, je n’y crois pas mes oreilles. Je suis sauvée. Merlin, je suis sauvée. Mon cœur battait la chamade, mon agresseur s’éloigna aussitôt de moi, ce qui me valut de tomber au sol, les fesses dans la neige froide. Je levais les yeux pour découvrir Malfoy, seul, faire face à Theodore.


-         Drago. Je peux savoir ce que tu viens faire ici ?


Malfoy lança un regard en ma direction, je ne peux pas croire que c’est encore lui qui me sort de ce cauchemar. Mon regard plein de larmes lui fit clairement comprendre ce qu’il se passait ici. Je n’eu le temps de réaliser ce qu’il se passait que Drago avait déjà envoyé son poing dans la figure de Theodore.


-         Putain ! Ça va pas la tête Malfoy ?!


Malfoy souleva Nott par la chemise qu’il portait, le regard meurtrier :


-         C’est ça ce qui t’excite Nott ?! Les filles ivres sans défense ?!

-         Je te conseille de me lâcher avant de faire quelque chose que tu vas regretter Malfoy.

-         Si tu l’approches encore une fois, je te tuerais de mes propres mains, tu m’entends ?!


Il le relâcha quelques secondes après avoir prononcé ces mots. Theodore passa une main rapide sur ses vêtements pour qu’ils retombent proprement, avant de passer cette même main qu’il m’a imposée dans ses cheveux, puis reparti comme si de rien n’était. Malfoy s’approcha de moi, me tendit une main bizarrement amicale, que je saisis.


-         La dernière fois ne t’as pas suffi Granger ? Tu devais absolument remettre ça ?


Je ne trouvais rien à dire, en partie parce qu’il avait complétement raison, mais aussi parce que mon état de choc mélangé à mon état d’alcoolémie ne me permettait pas de sortir un quelconque son de ma bouche salie par l’autre Serpentard. A la place, je pleurais de plus belle. Dans un soupir, il m’aida à m’assoir contre quelques pierres à quelques centimètres de là où je me tenais, et prit place à mes côtés.


-         Tu devrais rentrer te coucher avant qu’on te voie avec moi.

-         Merci…

-         Ouais.

-         Mon papi est mort aujourd’hui. Et je… Je ne savais pas quoi faire je… J’étais très triste et je… On ne m’a pas appris ce qu’on fait dans ces cas-là et je… Ginny et moi on…

-         Je suis désolé.


Je relevais la tête pour rencontrer ses yeux. Il venait de me dire qu’il était désolé de ma perte ? Après m’avoir littéralement sauvé la vie pour la deuxième fois ? Il enfonça son regard glacial, pourtant quelque peu chaud, dans le mien.


-         Tu es désolé ?

-         Je sais ce que c’est. J’ai perdu ma dernière grand-mère l’année dernière.

-         Je suis désolée.

-         On pourrait peut-être arrêter de s’excuser maintenant.

-         C’était un homme bon, tu sais. Il m’a un peu élevée. Mes parents sont dentistes, les dentistes ont beaucoup de travail, et parfois peu de temps à consacrer à leur famille. Pendant mes plus jeunes années, j’ai passé le plus clair de mon temps avec lui. C’est le premier de ma famille à avoir remarqué que j’avais des capacités particulières… Il n’en croyait pas ses yeux au début, il n’en parlait à personne, il avait peur de passer pour un fou. Quand j’avais 5 ans, nous jouions aux cartes, nous faisions des pyramides. Le faire de mes propres mains était trop compliqué pour moi, alors je me suis concentrée malgré moi sur les cartes, et elles ont formées une pyramide parfaite sans que je les touche. Il était ébahi. Oh il était si fier de moi… La petite sorcière de la famille, avant même de savoir que de telles personnes existaient. Bien sûr, toi tu ne peux pas comprendre ça. Mais il était si fier ! Il voulait toujours que je lui apprenne, il me disait « Mionie, tu ne peux pas garder de tels talents pour toi ! Je t’ai appris à jouer aux cartes, maintenant tu dois m’apprendre à les ensorceler ! ». Il était merveilleux. Il vantait mes mérites auprès de toute ma famille, « Mionie ci, Mionie ça », j’étais la meilleure et la plus précieuse des créatures à ces yeux. Quand j’ai reçu ma lettre pour Poudlard il a invité tout le quartier chez lui, bien sûr il ne disait pas la vérité, il disait que j’intégrais l’école la plus prestigieuse du pays, que j’allais devenir quelqu’un de grand et que je serais la meilleure de ma classe. Quand je rentrais pendant les vacances, on passait des heures à travailler mes cours ensemble, il prenait ma baguette et tentait de lancer des sorts, sans succès bien sûr, et il disait que lui était un homme ordinaire pour que moi je puisse être une femme extraordinaire. Il m’achetait tous les livres qu’il trouvait parlant de sorciers, des créations moldues bien sûr qui n’avaient rien à voir avec la réalité, et me demandait de les lire pour que je puisse lui dire ce qui était vrai et ce qui était faux. Je lui ramenais des journaux de La Gazette pour qu’il ait en sa possession quelques objets magiques. Il avait encadré la première plume que j’avais faite voler. Il m’écrivait à l’école au moins une fois par mois, et je lui racontais tout ce que j’apprenais et ce que mes amis sorciers et moi faisions. Bien sûr je ne lui parlais jamais de nos aventures avec Vold… Enfin tu sais. Il m’a toujours fait me sentir exceptionnelle. Il m’a toujours soutenue. Je ne peux pas croire qu’il soit parti… Il est mort de sa vieillesse, son cœur l’a lâché mais je… Je suis tellement triste… Il me manque tellement…


Je pleurais de nouveau, pensant que Malfoy s’était probablement enfuit au début de mon monologue, avant de relever la tête et de le trouver pendu à mes lèvres comme s’il attendait la suite de mon histoire.


-         Comment as-tu guéri de ta grand-mère ?

-         On ne guéri pas Granger. Le temps apaise la peine, c’est tout. Il te manquera toujours. Je ne connaissais pas ce monsieur, mais je ne crois pas qu’il aurait voulu que sa petite fille parte en vrille en apprenant son décès. Je crois qu’il voudrait que tu retournes en cours demain, et que tu montres à tout le monde que tu es la meilleure.


Je me demandais sérieusement si je n’étais pas entrain d’halluciner ce qu’il était entrain de se passer. Malfoy venait-il vraiment de me dire ça ? Était-il vraiment aussi compatissant ? Envers moi ? Je choisis de ne pas poser la question, parce que je ne voulais pas gâcher ce moment. Ah, trop tard, j’étais en train de vomir à ses pieds.


-         Oh super Granger !


Il manifesta ainsi son agacement, cependant, je sentie une main récupérer mes cheveux pour les réunir dans mon dos et ainsi éviter que mon vomi ne s’emmêle en eux. Cependant, une fois que j’eu finis, cette sensation s’évanouie, et sans que je ne le contrôle, ma tête épuisée trouva du repos sur son épaule. Quelques secondes, peut-être même des minutes passèrent sans qu’il ne dise rien pendant que je m’enfonçais dans cet épais brouillard que créé mon esprit imbibé d’alcool avant qu’il ne dise :


-         Aller Granger, debout. Je te raccompagne.


Et c’est ce qu’il fit. Sur le chemin, il dût parfois me soutenir pour éviter que je trébuche sur des pierres imaginaires sous quelques yeux curieux de certains élèves intrigués par ce spectacle dérangeant qu’on offrait. La dernière fois, il m’avait laissée à la porte des Gryffondor. Cette fois, il pénétra à l’intérieur en ma compagnie. Peu d’élèves étaient présents dans la salle commune, ce qui facilita notre montée jusqu’à mon dortoir. Une fois arrivés vers mon lit sur lequel je m’écroulais, je le sentis m’enlever mes chaussures, puis entre deux battements de cils fatigués, je le vis repartir vers la sortie.


Je me réveillais aux alentours de 3heures du matin pour vomir de nouveau, ce qui n’avait rien de glorieux, surtout en sachant que j’avais ainsi dessaouler. Je ne suis pas sûre de m’être déjà sentie aussi mal de ma vie. Premièrement, mon papi est mort. Deuxièmement, j’ai bu pour oublier ma peine. Troisièmement, je me suis faite sexuellement agressée. Quatrièmement, c’est Malfoy qui a dû me sortir de cette situation, et n’oublions pas ce que je lui ai récemment fait vivre. J’ai ensuite vomi à ses pieds, et j’étais dans un état tellement pitoyable qu’il a dû me raccompagner jusqu’à mon lit. Il me semble approprié de dire que j’ai fait absolument n’importe quoi. Je me convaincs de finir ma nuit pour être le plus en forme possible le lendemain et reprendre mes esprits. J’ai déraillé, maintenant il est temps d’aller de l’avant.

Je parviens donc à faire malgré tout une nuit convenable, et suis décidée à affronter cette journée telle qu’elle sera. Je déjeune avec Ginny qui s’inquiète :


-         Alors, tu as décidé de rentrer chez toi avant les vacances ?

-         Non, je vais rester en cours.

-         Tu es sûre ?

-         Tout à fait sûre, on m’a rappelé hier que mon grand-père n’aurait pas voulu que je me mette dans tous mes états, il aurait voulu que je montre à tout le monde que je suis la meilleure.


Elle respecta mon point de vue, puis s’empressa de me demander comment j’ai terminé hier soir :


-         Il se trouve que j’ai eu beaucoup de chance, Malfoy passait dans le coin, et je dois l’avouer, m’a été d’une aide utile.

-         Quoi ? Malfoy ? C’est sérieux ?

-         Oui. J’avais des problèmes avec un Serpentard, et il les a réglés.

-         Quels problèmes ?

-         Oh rien de préoccupant, j’étais ivre alors j’avais les nerfs vifs.


Non, je ne me voyais pas lui raconter la réalité des évènements, parce que la vérité c’est que je me sens honteuse et sale. Je sais parfaitement que ce n’est pas de ma faute ce qu’il s’est passé, que certes j’avais bu bien trop d’alcool mais que cela ne justifie en aucun cas qu’on m’agresse sexuellement. Cependant, je ne peux en parler, je me sens minuscule et impuissante, une petite chose fragile qui a été trop abusée, par elle-même aussi, hier soir, mais rien de tout ça ne peut sortir de ma bouche. Je ne suis pas particulièrement de celles qui le disent dès qu’elles sont contrariées ou triste, je partage bien des choses avec mes amis, mais je pense avoir un rapport délicat avec mes émotions. Comme avec les cours, j’aime tout savoir et ainsi avoir le contrôle, j’aime savoir que je gère la situation. Le problème c’est qu’hier, je ne contrôlais pas la moindre parcelle de mon cerveau ou même de mon corps, et il est hors de question pour moi d’assumer une telle chose.


-         Et donc Malfoy ? Avec ce qu’il s’est passé dans sa chambre ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

-         Je ne sais pas Ginny, il a dû avoir une poussée de bonté, ça arrive même aux pires.


Ça non plus, je ne souhaitais pas particulièrement en parler, en partie car je me pose moi-même des questions auxquelles je n’ai pas de réponses. J’ai torturé Malfoy et lui me sauve la vie et s’occupe littéralement de moi quand je suis au plus mal. Je me dis qu’il a probablement pensé que j’oublierais tout avec ce que j’avais avalé, le problème c’est que je n’ai pas oublié, et je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi serait-il aussi gentil avec moi soudainement. Ce serait-il assagi ? Je n’y crois pas beaucoup. Je n’ai en fait aucune explication, il s’agit d’une situation qui ne peut rien lui apporter. Sans compter que je considère que je lui dois une fière chandelle donc je me sens encore plus stupide par rapport à mon Legilimens maintenant.


Je profite donc de mon premier cours pour en parler discrètement avec lui alors que je prends place à ses côtés :


-         Merci pour hier.


Je chuchote aussi doucement que possible, c’est déjà assez compliqué à dire comme ça.


-         Ouais.

-         Et je… Est-ce que… Est-ce qu’on pourrait parler après les cours ?


Il ne répondit pas tout de suite et tourna la tête dans ma direction pour rencontrer mon regard. Il hésita un moment avant de me répondre en regardant de nouveau devant lui :


-         Ecoute Granger, je t’ai rendu service, ce n’est pas une affaire d’état. Je ne vois pas ce qu’il y a à dire.

-         Très bien, dans ce cas. Je voulais juste te dire que je suis reconnaissante, surprise, mais reconnaissante. Et aussi que je me sens… Que c’était… Je n’aurais pas dû, le legilimens.


Il jeta un regard en coin en ma direction, puis se recentra sur le cours et ne m’adressa plus un mot de la journée. De ce côté-là, finalement je suppose qu’il n’y a rien de nouveau.



J'espère que ce chapitre vous aura plu! Si c'est le cas où non je vous invite à me le dire dans les commentaires,ça encourage et permet de s'améliorer ! Merci à Kitsune-aux-amandes pour la correction, bonne journée ! LivStivrig


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