Dramione : le Feu et la Glace par

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Deviation / Romance / Lemon

18 Nouvelle Année

Catégorie: M , 5464 mots
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Dans le chapitre précédent Drago et Hermione se sont vus une nouvelle fois en dehors de l’école, Pansy a envoyé une lettre d’excuses à Drago, et ce dernier nous a livré une partie de l’histoire de la vie de son meilleur ami Blaise Zabini.

 

Maman ;


Je te réponds un peu tard, j’ai été assez occupé comme tu le sais. Je ne sais pas trop quoi te dire, j’espère juste que tu vas bien. Je me débrouille de mon côté, tu n’as pas à t’inquiéter pour moi. Je gère. J’avance vite et j’ai des solutions. Je n’ai pas besoin d’aide. Fais-moi confiance, et arrête de fumer. C’est tout ce que tu as à faire. Crois-moi. Je t’aime.


Drago.


Je me suis ensuite habillé pour la soirée, comme à mon habitude, un costume noir, simple et diablement efficace. Je n’avais pas encore croisé Pansy depuis son arrivée, mais je ne doutais pas que ce moment approchait à grand pas. Astoria, elle, était venue me trouver dans ma chambre à peine avait-elle posé un pied au château. Nous avions baisé, et puis elle était repartie à ses affaires, et moi aux miennes, comme d’habitude.


Les élèves de sixième et septième année s’étaient chargés de l’organisation de la soirée : ils avaient (parce que je n’avais pas de temps à perdre pour ces conneries-là moi) décorer la salle commune avec des guirlandes, des tapis, des lampes à ambiance froide, bref, c’était de seconde main mais c’était un minimum. Ils n’avaient cependant pas oublié de s’occuper de l’alcool, là-dessus il n’y avait aucun doute. Plusieurs dizaines de bouteilles étaient regroupées sur une table dressée au centre de la pièce alors que des fauteuils, des chaises et d’autres guéridons et tabourets étaient disposés un peu partout autour, prêtés par l’école. Les filles portaient toutes des robes soit vertes, soit argentées, se montrant dignes du blason de notre maison. La plupart des garçons avaient également fait des efforts vestimentaires, venant généralement de familles favorisées, les Serpentard savent quand ils se doivent d’être apprêtés. Je peux affirmer sans prendre de risques que nous sommes l’élite de Poudlard, ça se voit jusque dans nos placards.


Alors que je buvais un verre de whiskey dans le plus confortable canapé de notre salle commune, discutant avec une fille dont j’ignorais totalement le prénom, j’aperçu Pansy, se tenant à quelques mètres de moi, soutenant mon regard avec un petit sourire au coin des lèvres. Elle portait une robe argentée qui, je l’avoue, la mettais plutôt en valeur. Je suppose qu’elle a dû passer beaucoup de temps à la choisir pour être parfaite pour ce soir. Ses cheveux étaient relevés en un élégant chignon sans pour autant qu’il ne soit trop conventionnel grâce à quelques mèches qui retombaient sur son visage, et le léger maquillage qu’elle portait la rendait assez charmante. Elle était en fait plutôt jolie, là, devant moi. Je repensais machinalement aux photos que j’avais caché dans ma chambre, et à mon tour, je lui rendis son sourire. Une agréable sensation dans ma poitrine me surprit alors : j’étais plutôt content de la voir. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’elle m’a manqué parce que ce serait mentir, mais la revoir ne me déplaisait en tout cas pas. Elle s’avança jusqu’à moi, et la fille qui me parlait se leva alors de son fauteuil, sachant qu’elle n’avait plus rien à faire là maintenant que Pansy venait réclamer sa place. Gourmande, mademoiselle Parkinson ne se satisfît pas de s’assoir en face de moi. Non, à la place, elle s’assit sur mes genoux avec une audace que je ne lui connaissais pas publiquement, et m’embrassa langoureusement devant les autres élèves. Je n’étais ni particulièrement ravi ni particulièrement dérangé par ce geste : nous sommes dans la salle commune des Serpentard et tout le monde sait ce qu’il se passe entre elle et moi. Elle murmura à mon oreille que je lui avais manqué, et de toute évidence, je ne lui répondis pas.


La fête a ensuite sérieusement commencé, tout le monde buvait beaucoup, excepté Blaise qui ne touche pas à l’alcool à cause de son passé familial. Son père était un alcoolique et ça ne lui dit en rien de lui ressembler sur un quelconque point. J’étais d’ailleurs en sa compagnie, toujours à ma place, et lui était en face de moi, avec à ses côtés la jolie Daphné Greengrass, toute de vert vêtue. Avec ses cheveux blonds, le résultat n’était pas désagréable à regarder. J’observais maintenant différemment la femme que j’avais sous les yeux : mon ami était en train de tomber amoureux d’elle, mon plus vieux et cher ami. Il est évidemment hors de question qu’elle lui fasse du mal, qu’elle ne soit pas ce qu’elle prétend être, ou qu’elle lui fasse un coup à l’envers. Je m’assurerais d’ailleurs que ce ne soit pas le cas, en temps et en heure. En attendant, j’observais qu’ils étaient un plutôt sacré beau couple : lui étant noir et, ne nous mentons pas, plutôt beau gosse, et elle, la peau blanche et les cheveux blonds, sans compter qu’elle n’est vraiment pas mal non plus – après tout c’est une Greengrass – ils s’accordaient très bien. Blaise avait discrètement déposé sa main au creux du dos de Daphné, qui elle, n’arrêtait pas de parler :


-         Vous vous rendez compte ? Le choc que ça doit être quand tu es élu Premier Ministre moldu, et que dans ton bureau, un tableau te parle et te raconte qu’il existe des sorciers et toute une sorte de… De monde parallèle pour eux !


Je comprenais maintenant ce qu’Astoria m’avait raconté sur sa sœur, pourquoi elles s’étaient éloignées. Daphné semblait réellement s’intéresser aux moldus, ce qui est dérangeant, pour les gens comme nous. Ce n’est pas normal, parce qu’ils n’ont rien d’intéressant. Les gens intéressants, c’est nous.


-         C’est dire à quel point leur vie est ennuyante : être étonné d’un tableau qui parle, répliquai-je.

-         Je ne sais pas si l’on peut dire que leur vie est ennuyante, c’est juste quelque chose qu’ils ne connaissent pas. Est-ce qu’ils doivent être tenus responsables du fait de ne pas être nés sorciers ? Je n’en suis pas si sûre. Ils sont différents, voilà tout, ajouta-t-elle en sirotant son cocktail alcoolisé couleur rubis.

-         Imaginez la tronche que les parents moldus doivent tirer quand leur gosse reçoit une lettre de Poudlard : putain, enfin quelque chose d’intéressant à raconter dans les réunions de famille ! Enfin quelqu’un d’exceptionnel ! renchéri un Blaise amusé.

-         Blaise… soupira sa petite-amie.

-         C’est vrai, ajouta-t-il, pense aux parents de Granger par exemple. Une sang-de-bourbe chiante qui sait tout sur tout, qui passe sa vie dans les bouquins et qui n’a rien d’intéressant, et d’un coup : putain, c’est une sorcière la gamine ! Amen ! 


Le fait d’entendre quelqu’un d’autre que moi-même, et de plus mon meilleur ami, appeler Granger une sang-de-bourbe me raidit. Ouais, ses parents ont dû avoir un putain de choc, et effectivement, ça devait être la nouvelle du siècle. Mais que Merlin en soit témoin, je ne peux pas avaler une seule seconde qu’elle soit, où qu’elle ait un jour été, aux yeux des gens qui la connaissait le mieux, ses parents, une gamine chiante et inintéressante. Soudain, je me mis à penser à elle, au jour où elle a appris qu’elle était une sorcière. Je ne sais pas comment ça s’est passé – même si je me doute effectivement que c’était en recevant sa lettre – mais elle ne m’a pas raconté comment elle avait réagi, ce qu’elle avait ressenti. Cette information me manquait, et sans que je ne comprenne vraiment pourquoi, je voulais la connaître.


-         Je suis persuadée que ses parents n’ont pas pensé une seule seconde que cette information était la clé du succès à une réunion de famille, s’énerva Daphné. Je pense plutôt qu’ils étaient infiniment fiers d’elle, et fiers d’eux. Sans que ça ait besoin d’être divulgué au monde. Comme vous le faite si bien remarquer, les moldus n’ont rien à voir avec nous, et certain d’entre eux, même si vous avez l’air d’avoir du mal à le comprendre, sont de bonnes personnes. Et parfois, tout aussi bonnes que nous, finit-elle alors qu’elle se levait pour quitter notre cercle d’un pas un tantinet énervé.


Blaise, confus, me regarda l’air de dire « n’y prête pas attention », mais en vérité, j’y prêtais profondément attention, parce qu’une petite part de moi me disait qu’elle n’avait peut-être pas entièrement tort. Après tout, ce sont bien deux moldus qui ont créé Miss Hermione Granger.


Les heures passaient et les gens buvaient, moi y compris bien sûr. Astoria était de la partie mais restait majoritairement avec ses copines immatures, bien qu’elle m’adressât parfois quelques mots accompagnés de regards provocateurs. Pansy, elle, était souvent à mon crochet, réclamant mon attention d’une façon pas si discrète, et à la longue, un peu ennuyante. Crabbe et Goyle buvaient comme des trous et étaient ivres avant tout le monde, accompagnés par les minettes de quatrième et cinquième année qui goûtaient à l’alcool pour la première fois. A certaines tables l’on faisait des jeux d’alcool, à d’autres les filles partageaient les derniers ragots, et souvent à la mienne, des discussions plus intellectuelles prenaient place. Pour une fois, je décidais qu’un jeu d’alcool qui me permettrait de me changer les idées était le bienvenu. Des « action ou vérité » eurent alors lieu, quelques personnes s’embrassèrent, d’autres préférèrent boire, certaines dansèrent sur les tables, quelques garçons enlevèrent leurs chemises, la musique semblait plus forte et la pièce tournait, bref, la fête battait son plein. Théodora, une cinquième année dont je venais de faire la rencontre, me raconta quelques trucs sur elle et sur sa vie que je n’écoutais pas, mais elle voulait coucher, ça se voyait très clairement dans ses yeux, et quand je lui proposai de s’éclipser quelques instants dans ma chambre, elle se pressa d’accepter. Notre affaire fut rapidement terminée, elle n’était pas particulièrement douée et de toute façon je n’avais pas plus de temps à perdre avec elle, alors je suis rapidement retourné boire en compagnie de mes camarades qui ne semblaient pas avoir remarquer mon petit moment d’absence.


POV HERMIONE.


La salle commune était joyeuse, pleine de vie et de rires, les Gryffondor s’amusaient en toute simplicité avec d’agréables discussions, un peu de musique, et pour certains même un peu d’alcool. Moi-même, je sirotais un cocktail fait par Seamus, il a de véritables talents de barman ! Ni trop alcoolisé, ni trop sucré, un parfait mélange qui se buvait comme du petit lait ! J’y faisais cependant attention, même si c’était particulièrement bon et que j’étais en toute sécurité entourée par mes amis les plus proches, je ne souhaitais pas me sentir mal demain pour la reprise des cours. Harry, Ron, Ginny et moi, étions assis autour d’une table excentrée des autres, et ainsi ils en profitèrent pour me raconter leurs vacances de Noël et à quel point Molly Weasley avait mit les petits plats dans les grands pour l’occasion :


-         Il ne manquait que toi Hermione, finit Harry. Molly était désolée que tu ne puisses pas te joindre à nous et que tu sois rentrée à Poudlard au dernier moment, même si ça se comprend…


Je n’avais effectivement pas dit à mes amis que j’étais rentrée avant, parce qu’ils n’auraient sans doute pas compris. J’aurais pu passer les voir, après tout, je n’étais en rien obligée d’être « seule » à Poudlard. Et puis surtout, je ne souhaitais pas éveiller la curiosité de qui que ce soit.


-         Papa a envoyé une lettre à tes parents, pour leur souhaiter un joyeux noël malgré tout. Ils l’ont bien reçue ? demanda Ron.

-         Oh oui, c’était adorable… Ils ont été très touchés. Ils leur ont répondu, mais ils n’ont pas de hiboux, alors la poste met plus de temps à faire parvenir la réponse, répondis-je.

-         La poste ? Questionna le rouquin.

-         Ce sont les gens qui s’occupent du courrier chez les moldus, ajoutai-je, c’est tout un système.


Ron acquiesça d’un air un peu dépassé sans être offensant pour autant. Alors que je demandais à Seamus un nouveau et dernier cocktail, Harry vint me rejoindre, à l’écart de tous, et commença :


-         Comment ça s’est vraiment passé, dans ta famille ?


Je rencontrais ses yeux verts en me demandant s’il soupçonnait ma… peu importe ce que c’était avec Malfoy, mais il semblait réellement concerné par ma situation familiale, et comment cela pouvait m’affecter. C’était assez logique en vérité, mon meilleur ami en connaissait un rayon sur le deuil…


-         Tu sais… Ce n’était pas aussi joyeux qu’avant… C’était même plutôt triste en fait…

-         Je suis désolé…

-         Tu n’y es pour rien, je répliquais alors qu’on s’éloignait vers une petite table libre à l’abris des oreilles indiscrètes. Et toi, comment ça s’est passé, avec Ginny ?

-         On n’est pas obligés de changer de sujet Hermione, si tu as besoin de parler je suis là pour toi assura-t-il.

-         Je sais Harry. Mais… Je n’ai pas grand-chose à en dire. C’était triste et mon papi nous manque… C’est assez bien résumé comme ça. Rien de ce que je pourrais faire ou dire ne le fera revenir alors… Parle-moi plutôt de tes vacances, et de Ginny… ajoutai-je avec un clin d’œil raté.


Il esquissa un petit sourire tout à fait adorable, qui suggérait qu’il y avait un peu de nouveau, et j’avais terriblement hâte de l’entendre.


-         On était chez eux, je n’ai pas osé m’avancer vers elle, et puis avec toute cette histoire de Dean… Je ne veux pas la brusquer. Et puis Ron… Bref, je n’ai rien fais vers elle, mais je crois bien qu’un soir nous avons… Je crois que nous avons failli nous embrasser.

-         QUOI ?! criai-je bien plus fort que ce que je ne l’aurais voulu.


En me faisant signe de me taire à l’aide de sa main, il continua :


-         Tout le monde était couché et nous y allions aussi, et j’avais juste un lacet défait que j’allais refaire. Elle s’est baissée pour me le refaire et quand elle s’est relevée… Je ne sais pas, comment elle me regardait, je crois qu’elle aussi, elle en avait envie…

-         Oh mon dieu Harry mais c’est génial !!! Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

-         Ron a appelé après moi parce qu’il ne trouvait pas le dentifrice… Alors, je suis monté le retrouver, et il ne s’est plus rien passé, finit-il, la mine triste.


Je le rassurais en lui expliquant à quel point c’était déjà énorme et que j’étais ravie pour lui, et lui aussi semblait ravi, bien que déçu de ne pas être aller jusqu’au bout. Nous avons ensuite rejoint les autres, certains commençaient à être ivres, ils riaient bien plus fort qu’habituellement, dansaient librement et certains même chantaient à tue-tête. L’ambiance était chaleureuse et je me rendais compte, en observant ce bruyant spectacle, que mes amis m’avaient profondément manqué. Les entendre rire, les voir sourire, connaître les moindres détails de leur vie, tout ça m’avait atrocement manqué.


A l’apparente surprise de Ron – mais de personne d’autre – Lavande Brown, ivre, commençait à le coller et à le chercher. Nous en riions beaucoup, parce que nous ne pensions pas que Ron était intéressé, mais au fur et à mesure de la soirée, notre ami semblait se laisser charmer. En fait, il se laissa tellement charmer, qu’au moment où tout le monde s’embrasse et hurle « BONNE ANNEE », Lavande et lui s’embrassèrent sur la bouche, sous les acclamations de tous ceux qui les observaient. Ron Weasley et Lavande Brown, en voilà, une nouvelle aventure ! Sa première petite-amie ! Ginny, elle, était totalement ivre et apparaissait et disparaissait de la pièce comme par magie aux côtés de Luna. Parfois, je tentais de la suivre, mais je n’y parvenais pas, elle est étonnement rapide cette fille-là ! Elle me trouva, elle cependant, vers 1 heure du matin, alors que j’allais partir me coucher et laisser les plus téméraires continuer leur soirée de leur côté :


-         Hermione, chuchota-t-elle l’haleine puant l’alcool, il y a quelqu’un dehors qui veut te voir…

-         Quoi ? demandais-je, intriguée.

-         Va voir ! Je te dis qu’il y a quelqu’un pour toi dehors !


Pensant que c’était probablement une blague de bourrée, je répliquais :


-         Je vais me coucher, cette personne, qui qu’elle soit, peut bien attendre.

-         Oooh, je ne pense pas non…

-         Qu’est-ce que tu racontes Ginny ? je commençais à perdre patience.

-         Va voir dehors je te dis ! Tu me remercieras plus tard…

-         Mais où ça dehors ?!

-         Sors de la salle commune, tu ne pourras pas le rater… insista-t-elle.


J’avais un peu peur d’avoir compris. Mais elle, comment avait-elle comprit ? Malgré l’heure et ma fatigue, je me risquai à aller jeter un coup d’œil à l’extérieur. La Grosse Dame me laissa sortir alors que les festivités continuaient de battre leur plein à l’intérieur, et en avançant quelques petits mètres dans le couloir du château, je le trouvai là, appuyé contre un mur, la tête basse, fixant le sol.


-         Malfoy ?


Il leva précipitamment la tête et rencontra mes yeux : il était ivre, je pouvais le lire sur son visage. Habillé de son habituel costume noir, toujours aussi proprement coiffé et insupportablement séduisant, il se retira du mur, tangua un peu et prononça d’une voix hésitante :


-         Comment tu as su que j’étais là ?

-         Ginny m’a… me rappelant les antécédents entre Malfoy et Ginny, ainsi que l’importance que personne ne sache quoi que ce soit, je me repris : peu importe. Qu’est-ce que tu fais là ? Est-ce que tu vas bien ?

-         Je devais te demander quelque chose.

-         Je t’écoute ? demandais-je intriguée.


Il hésita et regarda autour de lui. Quelques Gryffondor étaient dans les parages, certes ivres, mais ils étaient tout de même là, à chanter et danser dans les couloirs. Moins hésitant cette fois, il proposa :


-         Tu ne veux pas aller ailleurs ?


C’est moi qui hésitais à présent. Ou voulait-il m’emmener à une heure du matin, alors que les cours reprennent demain ?


-         Où ça ?

-         Suis-moi.


Il me tendit une main tremblante que j’observai quelques instants. Je n’étais pas sûre de moi, mais je regardais cette fine main, et elle me semblait tout à fait digne de confiance malgré l’alcool qui coulait dans son sang. Alors, je la saisi, et d’un geste doux bien que ferme, elle m’entraîna dans les profondeurs du château d’un pas rapide et décidé jusqu’au sommet de la tour d’astronomie, où nous étions seuls. Il s’assit au bord, les jambes dans le vide, m’invitant à l’aide d’un regard à faire de même, ce que je fis sans le faire patienter davantage. Le vent glacial caressait mon visage et sous nos pieds, la neige recouvrait le parc de l’école de la façon la plus magnifique qu’il soit. Je tournai la tête et observa celui qui se tenait si près de moi, et qui pourtant me semblait si éloigné. Il semblait profondément triste, voir vulnérable. Il finit par demander :


-         Comment c’était, quand tu as su que tu étais une sorcière ?

-         Pardon ? Je n’étais pas sûre d’avoir bien entendu la question, que voulait-il savoir exactement ?

-         Je veux savoir comment c’était, alors que tu étais… normale, que tu n’avais pas de pouvoirs, que tu ne connaissais encore rien à Poudlard… Et que tu as su que tu étais une sorcière, comment c’était ?


Les larmes me montèrent aux yeux. Premièrement, il m’avait appelée « normale » lorsque je ne savais pas que j’étais une sorcière. Et deuxièmement, il semblait réellement se languir de connaître l’histoire de ma vie, celle de ma vie de nouvelle sorcière.  


-         Je… Eh bien, me repris-je, il y avait eu quelques signes, quand je n’arrivais pas à faire quelque chose ou bien quand j’étais triste, ou en colère…


Ses yeux me fixaient, il me regardait comme s’il buvait chacune de mes paroles, et je savais, en le regardant en retour, qu’il prêtait une réelle attention et pire même, beaucoup d’importance, au récit que je m’apprêtais à lui livrer.


-         Une fois, un garçon m’embêtait alors que j’étais dans un parc devant chez mes parents, en train de lire. Il m’insultait, disait que j’étais ennuyante et laide, que jamais personne ne m’aimerait à part mon taré de grand-père. Sans que je ne le contrôle, mon livre s’est retrouvé dans sa figure, et j’étais persuadée de ne pas l’avoir lancé. Une autre fois, je jouais aux cartes avec mon grand-père justement, je… Oh je crois que je te l’ai déjà raconté ça…

-         Raconte-le-moi encore, répondit-il avec une voix si douce que je l’aurais à peine entendu.

-         Eh bien je… Nous faisons des pyramides de cartes, il y arrivait parfaitement bien, mais moi non, et là encore, sans que je ne m’en rende compte, les cartes formèrent une parfaite pyramide sans que je ne les touche. Je ne pensais évidemment pas que j’étais une sorcière, je pensais que j’imaginais beaucoup de choses, à cause de tous les livres que je lisais… J’en lisais déjà beaucoup. Et puis… Ma lettre est arrivée. Elle expliquait que j’étais reçue à Poudlard, école de magie, et que j’étais une sorcière. Ma mère était ravie, au fond d’elle, nous en avons reparlé plus tard, elle le savait. Mon père, lui pensait que c’était une blague de mauvais goût. Nous nous sommes rendus au Chemin de Traverse, en ne sachant pas très bien ce que nous allions y trouver. J’étais une enfant rationnelle, je ne croyais pas encore à toutes ces histoires. Et puis j’ai vu tout ces enfants, et toutes ces choses… Les chaudrons, les hiboux, les baguettes magiques… Et je me suis rendue à l’évidence : j’étais bel et bien une sorcière. Je ne l’ai intégré que lorsque ma baguette m’a choisie, chez Ollivander. Je me suis assise par terre dans son magasin, et j’ai pleuré. Je n’étais plus la petite fille ordinaire qui passait son temps dans les livres. J’étais une sorcière. Je n’ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie… Ensuite mes parents m’ont acheté tous les livres que je réclamais sur Poudlard, sur tous les sorciers célèbres, sur l’histoire de la magie, et j’ai tout lu d’une traite. C’était devenu mon monde, et… J’avais plus que hâte d’y entrer, de toute apprendre, de tout connaître ! Je m’étais entraînée à jeter quelques petits sortilèges, oh certains n’étaient pas une si bonne idée, ajoutai-je en riant. J’ai fait brûler plus d’une chose chez mes parents ! Mais j’étais si heureuse… Tu ne peux pas imaginer. Mes parents aussi étaient ravis, c’est eux qui avaient fait ça ! Ils me répétaient que j’avais toujours été extraordinaire, alors le fait que je sois une sorcière n’était finalement pas si étonnant. C’était mon grand-père le plus ravi, mais nous en avons déjà parlé de ça.


POV DRAGO.


Elle acheva ainsi son monologue alors que je continuais de me noyer désespérément dans la douceur de ses yeux. Je pouvais la voir, petite fille, assise par terre chez Ollivander, la baguette à la main, pleurant de joie. Oui, elle était bel et bien extraordinaire, et je trouvais son histoire particulièrement triste, parce qu’il a fallut qu’elle attende de savoir qu’elle était une sorcière pour se rendre compte qu’elle l’était. Granger gamine était une vraie plaie (elle l’est toujours bien entendu, elle l’est juste différemment), mais tout ce qu’elle a aujourd’hui en elle, elle l’avait déjà à l’époque. Elle a toujours été passionnée, on a toujours pu admirer tout le savoir qu’elle accumule jour après jour dans ses yeux, on peut y voir la vie, on peut y voir l’amour, parfois même le désir. Ses cheveux ont toujours été aussi désordonnés, emmêlés et rebelles. Elle a toujours eu cette attitude exaspérante de miss-je-sais-tout et elle a toujours été une faillote avec les profs. Elle a aussi toujours été aussi sensible, aussi profonde et attentionnée. Et puis, elle a toujours été aussi courageuse. Elle en a fait des choses, avec ses copains les deux idiots putain... Mais surtout, elle a toujours eu les mêmes principes, les mêmes priorités, les mêmes valeurs, et jamais, pour quoi ou qui que ce soit, elle ne les a mises de côté. En fait, et ça aussi c’était triste, je me suis moi-même rendu compte bien tard que la fille que j’insultais depuis des années, était tout simplement incroyablement exceptionnelle.


Je ne la lâchais pas des yeux, ses longs cheveux bruns étaient détachés et retombaient sur ses épaules de la façon la plus sauvagement séduisante qu’il soit. Elle portait, il me semble, (l’alcool n’aidait pas à ce que je vois très clairement) un rouge à lèvres rose subtilement boisé et s’était vêtue d’un nouvel immonde pull de noël qui ne la rendait que plus attachante. Bien que ce fût surprenant à quel point c’était naturel pour mon corps alcoolisé, je me penchai vers elle, passai une main délicate dans ses cheveux, et approchai son visage du mien pour y déposer un langoureux baiser. Pour la première fois de ma vie, je donnais à une femme un baiser qui n’avait strictement rien de sexuel, et qui n’espérait aucune suite de cet ordre non plus. Je voulais simplement lui faire ressentir à quel point je la trouvais incroyable, et je sentais dans ses lèvres que le message était passé. Nos langues s’entremêlèrent avec une douceur et une vulnérabilité sans égale, le baiser était long et délicat, et pourtant, aucun de mes gestes n’était ni calculés ni réfléchis. C’était tout simplement naturel, et définitivement délicieux. Je lâchais péniblement ses lèvres et reprit possession de ma main avant de lui murmurer :


-         Bonne année Granger.


Elle se noyait à son tour dans mes yeux, me permettant d’observer à quel point elle était touchée, rendue vulnérable et profondément attendrie par mes faits et gestes. Elle me semblait quelque peu confuse, mais surtout, et il me paraissait alors que c’était là le plus important, elle me semblait heureuse.


-         Bonne année Malfoy, chuchota-t-elle à son tour. 


J'adorerais savoir si ce chapitre et ma fic en général vous plaît, du coup j'vous prie de m'en dire des nouvelles dans les commentaires, vous pouvez aussi me trouver sur twitter @livstivrig, j'vous attend ! :) Merci à Kitsune-aux-amandes pour la correction ! A très vite !

LivStivrig


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