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Continuation / Romance / Lemon

12 Chapitre Douze

Catégorie: M , 5477 mots
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Harry était assis, gigotant nerveusement au bord de son lit. Il n'était pas sûr de combien de temps il devait donner à Snape avant de redescendre en Chat. Il était arrivé à la Tour depuis dix minutes maintenant. Il baissa les yeux vers sa montre. Peut-être devrait-il encore attendre cinq minutes. Le couvre-feu arriverait dans seulement une heure, cependant, et il ne voulait pas perdre de temps dans son dortoir. Il fit un compromis et décida d'attendre encore deux minutes supplémentaires, avant de se changer en chat, et de retourner aux cachots.

Une fois qu'il fut arrivé au bureau de Snape, il s'assit et fixa la porte. Qu'était-il supposé faire ? Il ne pouvait pas frapper. Il avait essayé de poser ses pattes contre la porte avant, mais ça n'avait pas vraiment bien marché, non ? Il supposa qu'il pouvait aussi bien essayer ça, puisqu'il n'avait pas d'autres idées. Il donna trois petites tapes, et la porte s'ouvrit. Il leva les yeux pour voir que Snape le fixait.

« Sûrement, vous devez savoir que je peux apposer des sorts qui me préviennent si quelqu'un est devant ma porte ? fit le professeur avec incrédulité en faisant un pas en arrière pour laisser Harry entrer. »

Harry suivit Snape jusqu'à ses quartiers privés et manqua de percuter les jambes de l'homme quand celui-ci s'arrêta abruptement et se retourna.

« Est-ce que tu as faim ? demanda-t-il. » Il regardait Harry de haut depuis ses bras croisés. Et puis Snape se mit à rire. « Tu as dix-huit ans. Bien sûr que tu as faim ! » Il se retourna et alla jusqu'à la cuisine pour aller chercher un plat. Quand il revint, Harry remarqua que c'était celui qu'il avait déjà utilisé, les dernières fois. Il avait l'étrange impression que le Chat avait "son" propre plat. C'était du thon.

« Mrowr, fit Harry. » Sa queue se mit à battre l'air quand Snape arriva pour poser le plat sur le coussin du canapé.

« Je t'ai dit que je n'avais plus de saumon, lui rappela Snape. Il faut faire avec ce qu'on a. » Le Serpentard fixait Harry alors qu'il mangeait, le rendant mal-à-l'aise. Une fois qu'il eut terminé, Snape fit un geste de la main et le plat disparut, tintant un instant plus tard contre l'évier. Il n'eut qu'un autre mouvement à faire ensuite, et un air doux de musique classique, qu'il semblait tant apprécier, commença. Il traça le contour de ses lèvres avec ses doigts, fixant Harry d'un regard contemplatif. Celui-ci était prêt à sauter du canapé, et à demander à partir quand Snape laissa s'échapper un souffle et qu'un sourire en coin apparut sur son visage. « Est-ce que tu comptes passer la nuit entière assis là, ou est-ce que tu comptes venir ici ? fit-il en tapotant ses cuisses. » Harry fit une pause, incertain de ce qu'il devait faire. Il pensa que c'était un peu étrange, de savoir que Snape savait qu'il était le Chat, mais qu'il voulait quand même qu'il se roule en boule sur ses genoux. « J'avais cru comprendre que tu aimais nos interactions avec le Chat ? fit-il en arquant un sourcil. » Harry concéda que c'était vrai, alors il fit quelques pas vers lui et monta doucement sur ses genoux.

Les mains de Snape commencèrent immédiatement à frotter la tête d'Harry, ainsi que son dos, et il se mit à ronronner, pelotonné profondément dans sa chaleur corporelle. Il se sentait étrange, bien que cette fois ce n'était pas le fait que Snape puisse le faire ronronner, mais plutôt qu'il le caressait consciemment, et ne semblait pas perturbé le moins du monde par ce fait, alors même qu'il avait clairement dit qu'une relation physique entre eux était quelque chose qui ne pouvait pas se produire – pour l'instant, du moins. Après quelques minutes de caresses silencieuses, à écouter le feu, Snape fit venir à lui un périodique qu'il lisait souvent, et un verre de vin. Il but une gorgée de son verre, et le reposa, avant d'ouvrir le magazine.

Harry entendit le sourire dans la voix de Snape quand celui-ci parla. « Je pense que je pourrais te préférer en chat. »

Harry grogna, mais son agacement était tempéré par le rire léger de l'homme, et la main qui lui ébouriffait la fourrure.

Harry somnolait et se réveillait de temps en temps pendant que Snape lisait. Il finit par perdre le fil du temps, et faillit sursauter quand il entendit la voix de Snape à nouveau alors qu'il refermait son magazine. « C'est presque le couvre-feu. »

Harry se redressa sur les cuisses du professeur et s'étira langoureusement. « Rrrrrowrrrrrr, fit-il doucement.

— Viens. » Snape lui fit signe de quitter ses genoux. « Il est l'heure pour toi de partir. »

Harry, qui avait été forcé d'atterrir sur le sol, sauta à nouveau sur le canapé. Il ne voyait pas pourquoi il devrait retourner à son dortoir. C'était les vacances, et il ne manquerait à personne s'il restait toute la nuit ici, avec Snape. Il décida qu'il aimait bien l'idée de rester toute la nuit-là, dans ses appartements.

Snape était allé jusqu'à la porte qui menait à son bureau. « Chat, appela-t-il en se retournant, lançant un regard exaspéré à Harry par la même occasion, qui ne bougeait pas du sofa. Harry, il faut que tu retournes à ton dortoir maintenant. »

Harry secoua sa tête de gauche à droite une fois, et puis commença à se lécher les coussinets.

« Dehors ! » Snape revint vers le canapé et l'attrapa.

« Rowr ! s'écria Harry, et il se tordit dans tous les sens jusqu'à ce que Snape le lâche, après quoi il sauta à nouveau sur le sofa.

— Tu ne peux pas rester ici, refusa Snape. Tu vas retourner à ton dortoir dès maintenant. » Il croisa les bras sur son torse et tapa du pied, ressemblant à un petit enfant grognon.

« Mrowr, miaula doucement Harry. » Il descendit du canapé et se frotta contre les jambes de Snape, frottant son visage et ses moustaches contre ses bottes. « Mrowrrrrr, supplia-t-il.

— J'ai des examens à noter, argumenta le professeur, mais Harry pouvait sentir que sa volonté vacillait. »

Il sauta à nouveau vers le fauteuil et s'assit, reposant son menton contre le bras du fauteuil, faisant de son mieux pour susciter la pitié de Snape, et étant à la limite de supplier.

Le Serpentard se passa une main sur le front, ferma les yeux et prit une inspiration profonde. « Merlin, aidez-moi, murmura-t-il. Tu finiras par avoir ma mort… » Il fixait Harry et le pointa du doigt comme pour lui faire une remontrance. « Tu peux me tenir compagnie pendant que je corrige mes copies, mais tu ne sauteras pas sur les parchemins, tu ne renverseras pas d'encre ou essaieras de jouer avec ma plume. Et puisque, quand j'aurais fini, le couvre-feu sera passé depuis longtemps, tu dormiras sur le canapé ou bien directement devant la cheminée. Et tu ne reprendras pas ta forme humaine, à part pour utiliser les toilettes. » Snape attrapa Harry et le souleva jusqu'à pouvoir le fixer droit dans les yeux. « Et si tu pisses sur sol, il n'y aura personne pour retrouver ton cadavre. »

Harry était sûr que les chats ne pouvaient pas ricaner, mais il essaya quand même.

« Je n'arrive pas à croire que je donne mon accord pour ça. » Snape secoua la tête, incrédule, alors qu'il posait Harry sur le sol. Il s'avança jusqu'à la porte de son bureau et s'installa pour travailler. Le chat lui suivit, sautant sur le coin du bureau et se tenant parfaitement immobile, il ne restait que sa queue qui remuait et les mouvements occasionnels de ses oreilles. Il remarqua que Snape était en train de noter les copies des troisièmes années.

« Mrowr ? » Harry vocalisa ce qu'il espérait être une question évidente quant au progrès de la correction des examens de sa classe.

« Les tiens ont déjà été notés, lui dit Snape, ne levant même pas les yeux du parchemin en face de lui. Non, je ne te dirais pas quelle note tu as eu. Tu le découvriras par hibou la semaine prochaine, tout comme le reste de tes camarades. »

Harry renifla à ces mots, mais n'osa pas montrer davantage son déplaisir, de peur d'être contraint à quitter la pièce. Il s'allongea finalement dans un coin du bureau et observa Snape alors que celui-ci notait ses copies. C'était silencieux, à l'exception du grattement de la plume et de la musique qui flottait depuis les appartements. Harry suspecta qu'après un moment, Snape avait même oublié qu'il était là. Il pouvait donc l'observer ouvertement. Il remarqua que Snape était assez vocal quand il corrigerait, émettant des grognements ou des soupirs faces aux bêtises diverses que les étudiants avaient écrites. Parfois, il commentait même à voix haute ce qu'il lisait. Ça ne surprenait pas Harry, cependant, connaissant à quel point Snape aimait parler au Chat quand ils avaient été seuls. Harry suspectait même que s'il n'y avait rien ni personne autour, Snape se parlerait à lui-même.

Harry continua de l'observer. Ses cheveux étaient très fins, ce qui expliquait pourquoi ils semblaient si gras de loin. Mais, de près, Harry pouvait voir qu'ils étaient propres en réalité, et semblaient doux. À un moment, Snape leva une main pour coincer une mèche de cheveux derrière une oreille, l'écartant de son visage. C'était un geste tellement humain, tellement ordinaire, que Harry aurait souri s'il avait été lui-même.

Les yeux de Snape étaient très sombres. D'où il se tenait, Harry ne pouvait apercevoir que du noir. Il avait été plus proche lors des quelques fois où ils s'étaient embrassés, mais déterminer de quelle couleur exactement ils étaient n'était pas la première de ses priorités dans ces moments-là.

Le teint de Snape ne semblait plus avoir cette pâleur jaune, maladive. Il ne ressemblait plus à vampire depuis la fin de Voldemort. Sa peau était assez propre, ni graisseuse, ni trop sèche, mais étonnement normale. Harry pouvait voir les lignes qui se dessinaient autour des yeux et de la bouche du professeur, quand il les plissait ou bien souriait alors qu'il faisait des découvertes diverses dans la lecture des examens.

Snape avait des lèvres fines. Elles étaient pressées l'une contre l'autre dans sa concentration. Parfois, un doigt venait se presser contre elles. Et de temps à autre, sa langue pointait pour venir les humidifier.

Harry pensa que le physique de Snape allait parfaitement avec sa personnalité. De loin, il semblait dur, même laid, avec les angles droits formés par ses pommettes et son nez, et ses robes qui tournoyaient autour de lui, laissant les contours de son corps être un mystère. C'était tout comme il avait dit : dur, laid et droit. Mais derrière tout cela, quand il était seul, il était plus doux. Il écoutait de la musique classique. Il veillait sur les personnes auxquelles il tenait. Il aimait les chats. Il aimait Harry. Ses caractéristiques physiques étaient comme ça aussi. De près, il n'était plus si sévère. Harry pouvait voir de la douceur dans les courbes de ses joues, la rondeur de son nez, et lorsqu'il ne portait plus ses robes, son corps souple était la preuve d'une certaine discipline témoignant que l'homme faisait très attention à son apparence.

Harry était confus. Il avait passé sept ans à recevoir rien de plus que du vitriol de cet homme. Il avait tout fait pour être sûr que Harry pense qu'il le détestait. Maintenant, après seulement quelques courts mois, le Gryffondor avait appris que c'était unique pour couvrir les sentiments que Snape avait pour lui.

Et c'était sans compter sur ce que Harry avait appris de Snape, dans les souvenirs qu'il avait reçus lors de la Bataille Finale. Harry avait déjà commencé à respecter sincèrement et à grandement apprécier qui il était grâce à ces seules informations. Et maintenant, à ces sentiments se mêlaient d'autres des sentiments qu'Harry n'était pas sûr d'être en mesure d'identifier. Il avait embrassé Snape. Il l'avait embrassé par deux fois, et ça lui avait semblé être la chose la plus naturelle au monde. Mais il ne parvenait pas à oublier qu'il avait pensé avoir ces mêmes sentiments pour Ginny un an et demi plus tôt. Pourquoi est-ce qu'il ressentait ça pour Snape maintenant ? Il savait qu'il avait besoin de cet homme dans sa vie parce qu'il le comprenait mieux que personne. Mais pouvait-il vraiment y avoir quelque chose de romantique entre eux ? Est-ce qu'il était en train de mélanger le respect et la gratitude qu'il ressentait, avec ce qu'il avait découvert des sentiments que Snape avait pour lui ? Harry se sentait totalement dépassé. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il tenait à lui. Que cet homme l'avait protégé pendant toutes les années qu'il avait passés à Poudlard, et qu'il s'était sacrifié pour être sûr que Harry puisse mener à son terme la prophétie. Snape avait pardonné à Harry d'être un Animagus non déclaré. Il s'inquiétait pour Harry au point de l'aider à se trouver une nouvelle orientation dans la vie. Et Harry aimait passer du temps avec lui. Il y avait beaucoup de choses qu'il aimait chez lui aussi. Il soupira. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il faisait.

Harry fut tiré de ses pensées par le son de Snape écartant sa chaise du bureau.

« J'ai fini, lui annonça-t-il. » Le professeur retourna dans ses quartiers. « Est-ce que tu as besoin d'aller aux toilettes avant de te retirer ?

— Mmmmrowr, admit Harry.

— De l'autre côté de ma chambre. » Snape lui indiqua la direction à prendre. « La porte sur la droite. »

Harry traversa la chambre et alla directement dans la salle de bains, refermant la porte en appuyant avec sa tête. Une fois qu'il fut certain que la poignée était enclenchée, il se retransforma en lui-même. Il lança un sortilège sans baguette pour se laver les dents, avant de se soulager aux toilettes. Il se passa la tête sous l'eau après s'être lavé les mains, et puis tourna la poignée de la porte juste assez pour être capable de sortir sous sa forme de chat, en quoi il se retransforma immédiatement, pour retourner ensuite dans le salon.

Snape l'attendait avec un regard austère sur le visage. « Tu resteras ici, ordonna-t-il. Tu dormiras soit sur le sofa soit sur le sol, face à la cheminée. » Il fit un simple geste de sa baguette, et une couverture épaisse apparut devant l'âtre. « Je vais lancer un sortilège de confinement sur le feu, pour que tu n'aies pas froid. »

Harry sauta sur le sofa et essaya de prendre l'air le plus sombre qui lui était permis, montrant à Snape qu'il comprenait ses indications.

Celui-ci lança un sort sur le feu avant d'éteindre toutes les autres lumières de l'appartement. Avec les ombres du feu dansant sur son visage, Harry crut voir une certaine incertitude sur ses traits. Mais l'instant d'instant d'après, c'était parti, et Snape lui donnait un bref hochement de tête.

« Bonne nuit. » Il fit une pause avant d'ajouter : « Harry. » Et puis Snape retourna dans sa chambre et Harry entendit la porte se fermer derrière lui.

— O —

Harry n'était pas certain de ce qui l'avait réveillé, mais il s'étira dans les ténèbres et se redressa sur le sofa, fixant le feu, qui était toujours aussi enjoué que quand il s'était endormi – il jeta un coup d'œil à l'horloge – quatre heures plus tôt. Tout à coup, il entendit un cri étouffé provenant de la chambre de Snape, dont la porte était fermée. Harry sauta en bas du canapé et avança jusqu'à la porte, essayant d'entendre ce qui se passait de l'autre côté. Il n'y eut que le silence pendant quelques instants, et Harry pensa qu'il avait imaginé le son qu'il avait entendu, quand un autre gémissement traversa l'air. Il ne savait pas quoi faire. Est-ce que Snape avait des ennuis ? Est-ce qu'il devait aller l'aider ? Il allait probablement déclencher les protections. Et en plus, il devrait peut-être avoir à expliquer à la personne qu'il pourrait y trouver comment et pourquoi il se trouvait dans les quartiers de son professeur à trois heures du matin. Mais ledit professeur laissa s'échapper un autre cri étranglé.

Et merde, pensa Harry. Snape allait le tuer, mais il ne pouvait pas juste le laisser crier pendant le reste de la nuit. Il se transforma à nouveau en lui-même et essaya la poignée de la porte, qui était fermée, tout comme il l'avait craint en entendant le claquement un peu plus tôt ce soir-là. Il pria pour qu'un simple alohomora suffise. Suivant le mouvement de sa baguette, le loquet glissa hors de sa place, et Harry poussa la porte pour l'ouvrir doucement.

Dans les ténèbres, il pouvait voir la forme de Snape lutter sur le lit, ses bras et ses jambes emmêlés dans les draps. Il comprit que l'homme était en train de faire un cauchemar, mais il ne savait pas ce qu'il pouvait faire pour l'aider.

« Euh, Snape ? chuchota-t-il doucement. » Cela n'eut aucun effet sur la forme qui se débattait sauvagement. Harry soupira et se passa une main dans les cheveux. Il allait devoir réveiller Snape. Espérons qu'il n'était pas le genre de sorcier à dormir avec sa baguette sous l'oreiller. Harry était certain qu'il allait finir à l'infirmerie après ça.

Il ne portait qu'un jean et un tee-shirt, mais il avait toujours ses chaussures aux pieds. Il les quitta rapidement, se disant que le Serpentard serait encore plus en colère s'il savait qu'Harry était monté sur son lit avec ses baskets. Il grimpa avec précautions à côté de lui (enfin, essayant de rester à côté de lui alors que Snape tournait dans tous les sens) et rampa à quatre pattes sur le matelas.

« Snape, essaya-t-il encore à voix basse. » Ça n'aida pas le moins du monde. Harry mit une main sur son bras, mais il fut repoussé alors que Snape criait à nouveau, se tournant vers lui. Il s'approcha du professeur et s'installa à califourchon sur lui, posant ses mains sur ses épaules. Une fois que Snape tourna sur son dos, Harry appuya, pressant son buste contre le lit en appuyant fermement juste sous ses épaules.

« Snape ! fit-il d'une voix forte. Vous êtes en train de rêver ! Réveillez-vous ! » Il le secoua doucement. « Tout va bien. C'est juste un rêve, ajouta-t-il en s'approchant un peu plus. »

Et tout à coup, Snape ouvrit les yeux et fixa Harry, aveugle, toujours pris dans son cauchemar.

« Tout va bien, répéta-t-il, commençant à relâcher un peu de pression. Vous allez bien. »

Le regard de Snape s'éclaira et se fixa sur son visage.

En voyant que le professeur s'était enfin réveillé, il retira ses mains de ses bras et les plaça de chaque côté de lui, se préparant à se relever pour se faire sermonner.

Il fut complètement pris par surprise, cependant, quand Snape leva les bras pour l'attirer vers lui, de manière à ce qu'il soit à moitié allongé contre le corps de l'autre homme. Le Serpentard se releva légèrement et attrapa les lèvres d'Harry, et commença à en demander l'entrée avec sa langue. Harry laissa s'échapper un Oh de surprise, et ce fut l'occasion pour Snape de se glisser en lui, et de l'embrasser si sauvagement qu'il crut que son cœur allait essayer de s'échapper de sa poitrine. Snape passa un bras dans le bas de son dos, le serrant contre lui. Son autre main se glissa dans les cheveux d'Harry et guida doucement son visage alors qu'ils s'embrassaient.

Il ne fallut pas longtemps avant que Snape ne retire lui retire ses lunettes pour les poser sur la table de nuit, à côté du lit. Il repoussa Harry sur le côté, et se glissa sur lui, rompant à peine leur baiser. Ce fut à cet instant que ses mains voyagèrent sous le tee-shirt du Gryffondor, se faisant légèrement caressantes, avant de descendre jusqu'à ses hanches. À un moment, ses doigts s'arrêtèrent sur les tétons de Harry, faisant haleter le jeune homme, qui rompit le baiser. Il entendit Snape murmurer quelque chose près de son oreille, et sentit tout à coup l'air frais contre son corps nu. Il n'eut pas le temps de prendre conscience qu'il était nu pour la première fois devant un autre homme, en dehors de l'équipe de Quidditch. La sensation des mains de Snape et de sa bouche étaient irrésistible, et Harry s'entendit gémir et haleter alors qu'il s'agrippait au dos de son amant.

Le Serpentard fut bientôt partout au-dessus de lui, et l'esprit d'Harry enregistra le fait que, lui aussi, était nu. Il sentit quelque chose de dur se presser contre sa hanche, et il se cambra quand le bassin de Snape vint rencontrer le sien, et créer un frottement contre son sexe douloureusement excité. Il laissa sa tête retomber contre l'oreiller, et la bouche de l'autre homme descendit pour déposer des baisers le long de son cou. Il passa une main derrière son genou pour le relever, de telle sorte à ce qu'il se tienne entre ses cuisses. Le visage de Snape revint à sa hauteur, et leurs bouches se rencontrèrent à nouveau. Il remua ensuite ses hanches contre les siennes, et Harry ne parvenait plus à contrôler les sons qui sortaient de sa bouche.

« Mon Dieu, Snape, encore… chuchota-t-il entre deux baisers.

— Harry. » Sa langue frôla son oreille. « Appelle-moi Severus. » Leur baiser reprit de plus belle.

Bientôt, Harry plaça ses deux jambes autour du corps de Severus, et ses mains se crispèrent sur son dos. Il pouvait sentir la chaleur monter dans son ventre, et ses bourses se contracter. Il vint avec un cri, le nom de Severus sur ses lèvres. Il explosa avec tant de force qu'il pensa qu'il allait en perdre conscience. Il sentit le même soubresaut agiter Severus et celui-ci se répandit sur leurs ventres. Son nom fut lui aussi prononcé quand Severus eut un orgasme, et ils reprirent leur souffle, tous les deux l'un contre l'autre, Severus posant sa tête contre le torse d'Harry.

Severus chuchota à nouveau quelque chose et Harry sentit le liquide collant disparaître. Il s'écarta ensuite de lui et parvint d'une manière ou d'une autre à remonter la couverture sur eux deux. Severus repoussa Harry jusqu'à ce qu'il soit allongé sur le côté, lui tournant le dos. Harry sentit Severus blottir son corps contre le sien, et passer un bras par-dessus ses hanches, trouvant ensuite la main d'Harry pour entrelacer leurs doigts. Il sentit le front de Severus se frotter contre ses omoplates, et un baiser être déposé sur son épaule.

Harry essayait de comprendre ce qui venait de se passer, et comment il se sentait à propos de tout ça, mais il était trop fatigué, et manquait de force pour y réfléchir trop longtemps. La dernière chose qu'il pensa entendre avant de sombrer dans le sommeil fut un chuchotement contre son cou :

« …t'aime, Harry… »

— O —

Harry s'éveilla lentement du sommeil. Il savait qu'il était au chaud. Et il était dans un lit très confortable. Il n'avait pas aussi bien dormi depuis un siècle. Il sentait aussi quelque chose qui soufflait dans ses cheveux. Il ouvrit un œil. Ses premières pensées le laissèrent dans la confusion, alors qu'il voyait son bras posé en travers d'un corps nu. Puis, les évènements de la nuit précédente lui revinrent en mémoire, et il sourit en se rappelant de la passion qu'il avait partagée avec Snape – non, il lui avait dit d'utiliser Severus. Son sourire ne fit que s'agrandir quand il réalisa que le souffle était celui de la respiration de Severus contre ses cheveux. Il sentit le bras qui était passé dans son dos, et leurs jambes emmêlées. Et puis il y avait sa timide érection matinale pressée contre la cuisse de Severus, et il pouvait jeter un coup d'œil suffisamment bas pour se rendre compte qu'il n'était pas seul dans cette situation, les draps étant légèrement tendus au niveau de son bas-ventre. Il laissa sa main descendre sous les draps, jusqu'à ce qu'il puisse refermer sa paume sur le sexe de Severus, et commencer à le caresser doucement.

Severus grogna sous lui. « Harry. » Ce n'était qu'un lent soupir, qui traînait dans l'air.

Il tourna la tête juste assez pour pouvoir presser ses lèvres contre le torse de Severus, et l'embrasser tendrement. Instantanément, il sentit tout le corps de son amant se figer, alors qu'il prenait une brusque inspiration au-dessus de sa tête. Severus crapahuta sans grâce de dessous Harry, et attrapa les draps alors qu'il sortait du lit.

« J'avais – non – c'était – je faisais un rêve – et c'était – je pensais… » La main qui ne servait pas à tenir les draps pour couvrir son corps s'emmêla dans ses cheveux. « Oh Merlin, qu'est-ce que j'ai fait ? »

Harry fronça les sourcils. Severus avait pensé que la nuit dernière n'était qu'un rêve ? Ça expliquait beaucoup de choses, pensa Harry. Il s'assit, tirant le reste des couvertures jusqu'à sa taille. « On n'a pas couché ensemble, souligna-t-il. » Il se sentait moins embarrassé qu'il l'avait pensé en formulant la pensée dans sa tête.

Severus leva les yeux rapidement et planta son regard dans celui d'Harry en entendant cela, son soulagement était évident.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui était réel ? implora Severus.

— J'étais sur le canapé – sous ma forme de chat, comme je l'ai promis, commença à se défendre Harry. Tu criais et ça m'a réveillé. Tu étais en train de faire un cauchemar. Je n'étais pas sûr de ce que je devais faire, alors je me suis retransformé en humain, et j'ai déverrouillé la porte. J'ai essayé de te réveiller, en appelant ton prénom, mais ça n'a pas marché. Je suis monté sur le lit, et je t'ai secoué pour te réveiller. Et ensuite… » Harry laissa sa phrase en suspens, sentant soudainement la chaleur dans ses joues rougissantes, la réalité de ce qui s'était passé le frappant. Il avait fait une séance de pelotage express avec Severus Snape. Nu. Dans un lit. Et ils avaient tous les deux joui. Il était presque sûr qu'il n'avait pas besoin de l'aide d'Hermione pour confirmer qu'il était au moins bisexuel, voire possiblement complètement gay.

« Je t'ai attaqué ! termina Severus d'une voix rauque, son visage devenant pâle.

— Non ! protesta Harry. Ce n'est pas ce qui s'est passé ! Je – J'ai aimé ça. C'était – c'était bon.

— Je ne peux pas croire – comment j'ai pu – tu n'aurais jamais dû être là, accusa-t-il.

— Mais je ne regrette pas d'avoir été là, répondit Harry doucement.

— Pourquoi ? souffla Severus, comme s'il ne pouvait pas y avoir d'explication possible.

— Eh bien. » Harry fixa ses genoux. « J'ai pu arrêter ton cauchemar, déjà. » Il fit une pause. « Et j'ai pu être avec toi. Comme ça. Je me suis senti… » Il s'arrêta subitement.

Il entendit Severus prendre une vive inspiration et leva les yeux. L'expression sur le visage du Serpentard était de pure terreur et d'espoir mêlé.

« Je me sentais aimé, termina Harry. » Il n'osa pas rapporter ce qu'il pensait avoir entendu Severus dire avant qu'ils ne s'endorment tous les deux.

Severus soupira longuement, et s'assit sur le côté du lit, mettant sa tête dans ses mains.

« Harry, ce n'est pas bien ça ne peut pas se reproduire. J'ai abusé de ma position. Je dois – Minerva va… » Il secoua la tête.

« Non ! » Harry saisit Severus par le bras, forçant l'homme à lui faire face. « Tu ne diras rien à personne de ce qui s'est passé. C'est ma faute d'être resté là la nuit dernière, et ma faute d'être entré dans ta chambre. Tu pensais que tu rêvais. J'aurais dû t'arrêter, mais je ne l'ai pas fait. J'ai l'âge légal. Je suis adulte. Et si je n'avais pas passé l'année dernière à fuir dans la campagne, je ne serais déjà plus à Poudlard.

— Mais tu– essaya d'interrompre Severus. » Il semblait peiné.

« Non, toi, rétorqua Harry. Je sais ce que tu ressens pour moi, d'accord ? Tu ne peux plus me le cacher ! Et je sais ce que je ressens pour toi ! Et je m'en fous si rien d'autre n'arrive pour le restant de l'année. Je sais ce que je ressens, et je sais que je ne vais pas partir ! » Et tout à coup, la vérité de ce qu'il venait de dire touchait son cœur. Il comprenait enfin ce dont voulait parler Hermione quand ils avaient eu leur discussion à propos de trouver quelqu'un et d'être avec la bonne personne. « J'ai besoin de toi, fit-il d'une voix plaintive. Je tiens à toi.

— Tu ne devrais pas, répondit durement Severus, n'osant pas rencontrer son regard.

— Pourquoi, parce que tu as fait des erreurs ? » Harry tira doucement sur son bras. « N'ai-je pas le droit de te pardonner ? Si tout le monde ne gardait en mémoire que les erreurs que j'ai faites, je serais plutôt seul.

— Je ne suis pas – fait – pour les relations, argumenta faiblement Severus.

— Je crains probablement pour ça aussi, sourit Harry. Mais on peut être nuls ensemble.

— Ça ne pourra pas se reproduire, tu comprends ? » Severus se tourna finalement vers lui pour le regarder dans les yeux, avec tant d'espoir que c'en était presque douloureux. « Jusqu'à ce que tu aies passé tes ASPICs.

— Alors, je ne demanderai plus à passer la nuit avec toi, promit Harry. Et j'essaierai de t'éviter pendant la journée, aussi. On ne va probablement plus se voir, de toute manière, puisque je doute de rester dans ton cours de potions. »

Le visage de Snape se marqua d'un air coupable. « Tu y retourneras, lâcha-t-il. Tu as obtenu un 'Optimal'. »

Harry eut un énorme sourire. Il se dressa sur ses genoux et se pencha vers Severus pour le serrer dans ses bras, et il finit par les tirer tous les deux vers le lit. Severus était incapable de se retenir de ricaner, et il leva la tête pour regarder Harry, dont les doigts caressaient ses joues et son cou.

Severus grogna de frustration. « Je pensais avoir été clair en disant qu'il fallait qu'on arrête.

— Mais je n'ai pas envie, bouda Harry. » Il se redressa pour mordiller la joue de Severus. « Il ne me reste qu'aujourd'hui à passer ici. Je vais rentrer au Terrier demain. »

Il remarqua que Severus avait fermé les yeux, et que ses joues étaient rouges. « Personne n'en saura jamais rien. Et je promets de rester sage pour le reste de l'année scolaire. » Il chuchota ces derniers mots à l'oreille de son amant, avant de lui mordiller légèrement le lobe, le faisant gémir.

Severus manœuvra jusqu'à ce qu'il soit complètement au-dessus d'Harry, même s'il restait un drap pour les séparer. Il glissa une main entre eux et frôla d'un doigt le téton d'Harry, le faisant se tortiller et gémir. Severus captura ses lèvres pour un baiser bref, avant de glisser à son oreille :

« Eh bien, s'il ne nous reste plus qu'aujourd'hui… » Sa voix de velours fit frissonner Harry. « …il se pourrait que je ne te quitte pas des yeux. »

Harry vit la main de Snape faire un mouvement à côté d'eux, et instantanément, les draps disparurent. Il se sentit fondre sous la chaleur et la fermeté du corps de Severus, perdu dans les baisers qu'ils partageaient.

« Et cette fois, je sais que tu es réveillé, souffla Harry chaudement. »

Severus laissa s'échapper un rire alors que sa langue traçait le contour de l'oreille du jeune homme. « Tu ferais mieux de te méfier de tes désirs. » Il suçota un point juste derrière l'oreille d'Harry, et celui-ci laissa s'échapper un halètement. « La réalité peut être tellement plus qu'un rêve. »

Et sur ce, Severus ramena sa bouche contre celle d'Harry, et ils commencèrent à profiter du dernier jour de leurs vacances au château.

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