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Continuation / Romance / Lemon

13 Chapitre Treize

Catégorie: T , 5599 mots
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« Harry ! » Molly s'avançait vers lui avant même qu'il n'ait eu le temps d'atteindre la porte du Terrier. « Comment est-ce que tu vas ? On t'attendait !

— Coucou Harry ! » George lui donna une petite tape sur l'épaule, une fois qu'il fut à l'intérieur, traçant son chemin jusqu'à la cuisine – Mrs. Weasley le poussant dans cette direction avec une main dans son dos.

« Harry ! » Le visage de Ron s'éclaira quand il vit son ami entrer dans la cuisine. Ron était assis à la table, un large sandwich dans la main, et la bouche pleine.

« Hey, George. » Harry regarda par-dessus son épaule. « Ron. » Son sourire se fit encore plus grand quand il retint un rire à la face de Ron, qui avait de la laitue et de la mayonnaise dégoulinant du menton.

« Assieds-toi, assieds-toi ! » Mrs. Weasley conduisit Harry jusqu'à un siège. « Qu'est-ce que tu voudrais pour ton déjeuner, mon chéri ? »

Harry n'avait pas vraiment faim, il avait pris un gros petit-déjeuner, assez tard, mais il savait qu'il valait mieux ne pas refuser l'offre de Mrs. Weasley, qui avait toujours eu à cœur de combattre la malnutrition d'Harry pendant son temps avec les Dursley. « Un sandwich, comme Ron, ce serait top, merci.

— Des chips ? demanda-t-elle alors qu'elle s'affairait pour trouver une assiette.

— Non, merci, déclina-t-il. »

Il s'installa juste à côté de Ron, et prit le sandwich qui apparut dans l'assiette juste en face de lui.

« Comment c'était, à Poudlard ? demanda Ron aussitôt qu'il eut pris sa première bouchée. »

Harry manqua de s'étouffer alors qu'il essayait d'avaler sans avoir suffisamment mâché. « Oh, tu sais… » Il haussa les épaules. « …ennuyant. Beaucoup d'études. Un peu de vol. Un peu de sommeil.

— Ça ressemble à mes vacances, acquiesça Ron. À l'exception des études, taquina-t-il.

— Tu sais qu'Hermione va t'arracher la tête si tu n'as pas préparé tes devoirs, et fait tes lectures. » Harry haussa un sourcil d'un air entendu.

« Tout comme ta mère, avertit Mrs. Weasley, qui revenait tout juste dans la cuisine. »

Ron grimaça. « Tu veux monter dans ma chambre ? demanda-t-il, essayant de changer de sujet.

— Ouais, certainement. » Harry posa son sandwich à moitié mangé, soulagé d'avoir une excuse pour s'arrêter là.

Les garçons quittèrent la table et montèrent à l'étage, la voix de Mrs. Weasley traînant derrière eux. « Maintenant serait le bon moment pour travailler sur certains de ces devoirs ! »

Harry vit Ron secouer la tête, et était presque sûr qu'il levait les yeux au ciel. Une fois que les garçons furent en sécurité dans la chambre de Ron, la porte fut bien fermée et tous les deux s'installèrent, Harry sur la chaise près de la table de nuit, et le rouquin sur le lit.

« Donc, fit Ron sur un ton de conspirateur, est-ce que tu as été à toutes ces retenues ? Tu sais ? avec Snape ? »

Harry essaya de contrôler la rougeur gagnant ses joues, et de ne pas écarquiller les yeux. « Eh bien, euh, ouais, je les ai faites, admit-il. » Il faillit dire à Ron qu'il n'en avait eu que deux, mais ensuite, il se dit que son ami voudrait sûrement savoir pourquoi, et Harry devrait donner une explication. Qui était le baiser à la fin de la première retenue des vacances. Et il ne voulait PAS faire ça.

« Pas de bol, mec. » Ron secoua la tête avec sympathie. « Est-ce qu'il t'a au moins laissé étudier un peu ?

— En fait, non, commença Harry. » Ron semblait être sur le point de l'interrompre, mais Harry continua. « Il a été vraiment sympa. Il m'a aidé à me décider pour mon orientation. »

Ron écarquilla immédiatement les yeux, l'air parfaitement surpris.

Merde, pensa Harry. Il n'avait encore rien dit à Ron à propos de sa décision pour le programme d'Aurors. Ron allait – eh bien, Harry n'était pas sûr de ce qu'il allait faire, mais ça ne serait certainement pas plaisant.

« De quoi ?! » La voix de Ron était juste en dessous du cri strident. « Qu'est-ce que tu veux dire par "me décider pour mon orientation" ? Tu ne vas pas entrer dans le programme d'entraînement des Aurors avec moi ? À supposer qu'on reste dans le cours de Snape, c'est-à-dire, ajouta-t-il. »

Harry remua inconfortablement, et il commença à jouer avec ses doigts, sur ses genoux. « Eh bien, commença-t-il. J'y ai pas mal pensé, et – je ne suis pas sûr qu'être un Auror est toujours ce que je veux. »

Ron, qui était allongé jusqu'à maintenant se rassit et posa ses coudes sur ses genoux. « Comment ça, ce n'est pas ce que tu veux ? On en parle ensemble depuis notre cinquième année !

— Je sais, accorda doucement Harry. C'est juste que – depuis que tout s'est calmé, je ne suis plus si sûr. » Il fit une pause, essayant de comprendre comment formuler ses doutes. « Je ne suis pas sûr de vouloir encore faire la course aux méchants sorciers. »

Assez curieusement, Ron resta silencieux, sentant qu'Harry avait encore des choses à dire.

Il leva les yeux pour croiser le regard de Ron, qui était à la fois interrogateur et inquiet. « Tu sais, j'ai passé toute ma vie à me battre contre Voldemort. J'ai passé toute ma vie à sauver d'autres personnes et à garder le monde en sécurité. C'est épuisant. Je ne suis pas sûr de vouloir continuer pendant toute ma vie. »

Ron hocha légèrement la tête. « Je pense que je comprends, fit-il sérieusement. Je pense que j'aimerai faire une pause, aussi. »

Harry leva rapidement les yeux, surpris. « Une pause ?

— Ouais, fit-il avec un sourire. Tu sais, prendre des vacances pour vivre un peu. Voyager. Voir le monde. Dormir, rit-il. »

Harry n'avait jamais considéré ça.

« Je veux dire, personne n'a jamais dit qu'on devait tout de suite faire quelque chose après Poudlard. Beaucoup de personnes prennent du temps, justement quand c'est en lien avec le domaine qui les intéresse. Je veux dire, Bill s'est pris toute une année pour voyager beaucoup, pour pouvoir découvrir des communautés sorcières étrangères qu'il aurait à rencontrer dans son travail de briseur de sortilèges. Et Charlie a pris au moins aussi longtemps pour faire le tour du monde des établissements pour les dragons avant de décider dans quoi s'engager.

« Tu vas prendre une pause ? demanda Harry.

— Je n'en suis pas vraiment sûr, songea Ron. Ça serait bien de voyager, mais il faut… » Il laissa sa phrase en suspens.

Harry baissa les yeux sur ses genoux. Il savait déjà ce que Ron allait dire. Il faut de l'argent. Et Ron n'avait pas cet argent.

« Mais, comment ils ont fait Bill et Charlie alors ? se demanda Harry.

— Ils ont fait des petits boulots là où ils allaient. Histoire d'avoir assez d'argent pour ce dont ils avaient besoin, expliqua-t-il.

— Eh bien, tu pourrais en faire autant, souligna Harry. »

Ron rougit. « Oui, je suppose. » Il murmura quelque chose qu'Harry ne parvenait pas à comprendre.

« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il en se penchant vers son ami.

— Je – J'avais pensé que je pourrais peut-être emmener Hermione avec moi, tu sais, pour voyager ensemble, répéta-t-il, visiblement embarrassé.

— Je pense que c'est très attentionné, Ron, mais est-ce que tu penses honnêtement qu'Hermione est le genre de fille qui voudrait prendre une pause dans ses études pour voyager ? Ou faire quoi que ce soit qui n'inclut pas, eh bien, d'étudier ?

— Si ça pouvait avoir un lien avec sa carrière, elle pourrait, argumenta Ron.

— Ouais, je suppose. Est-ce que tu lui en as parlé ? »

Ron secoua la tête, les joues rouges.

« Peut-être qu'elle voudrait bien faire une petite pause, quelques semaines. Et peut-être qu'elle aura aussi quelques idées pour financer – » Harry fit attention aux mots qu'il choisissait. « – le voyage. »

Ron rougit encore. « C'est une bonne idée, mec, merci ! »

Harry secoua la tête et rigola. « Pas de problèmes. » Il pensa à quelque chose. « Par ailleurs, quand est-ce que Hermione va venir ?

— Eh bien, Noël n'est pas avant vendredi, et elle le passe en Australie avec ses parents, donc elle ne viendra pas ici avant le lundi d'après, le vingt-huit.

— En Australie. » Harry eut un sourire en coin. « Ça a l'air cool.

— Ouais. » Ron lui rendit son sourire. « Apparemment, ils ont vraiment aimé passer du temps là-bas, même s'ils ne se rappelaient plus d'elle, ni de rien.

— Eh bien, je suis vraiment content qu'ils aient été heureux là-bas, fit Harry. Hey ! » Il fit un signe de tête à Ron. « Merci pour l'idée de la pause. Je pense que ça va m'aider.

— Bien sûr. Est-ce que tu veux monter tes affaires, pour les ranger et tout, et qu'on sorte pour aller voler un peu ensuite ? » Ron se leva et essuya ses mains sur son pantalon.

« Ouais, ça a l'air bien. » Harry se leva à son tour, souriant en ouvrant la porte.

— O —

« Joyeux Noël, Harry ! » Le visage de Ron était seulement à quelques centimètres du sien quand il le réveilla au matin de Noël.

« Mrfphl, grogna Harry. » Il se retourna pour remonter les couvertures sur sa tête, sur son lit de camp.

« Allez, viens ! Je parie qu'on a reçu plein de cadeaux ! » Ron voulait tirer les couvertures loin de sa tête, mais il y mit un peu trop de forces et elles furent complètement retirées à Harry, laissant son corps exposé.

« Oi ! geignit-il. C'est froid !

— Lève-toi et habille-toi, alors, flemmard ! » Ron tira aussi l'oreiller de sous sa tête, et le lui lança à la figure. « Tout le monde vient aujourd'hui. »

Harry grogna, et se releva finalement, frottant ses yeux avant de mettre ses lunettes. « Accio tee-shirt, murmura-t-il, et un tee-shirt gris vola jusqu'à sa main tendue.

— Woah ! » Ron se retourna pour le fixer, son propre tee-shirt seulement sur ses bras. « Est-ce que t'as fait ça sans baguette ?

— Oh, bégaya Harry, ouais, je suppose.

— Ça alors ! » Ron avait un immense sourire. « Depuis quand est-ce que tu peux faire ça ?

— Euh. » Harry tira son tee-shirt sur sa tête. « Je ne suis pas sûr. C'est juste arrivé un jour.

— Je ne peux pas attendre qu'Hermione apprenne ça ! » La voix de Ron était légèrement étouffée, alors qu'il parlait tout en enfilant son propre tee-shirt.

« Est-ce que c'est… » Harry se prit dans ses propres mots, ne voulant pas gâcher la bonne humeur de Ron. « Je veux dire, combien de personnes peuvent faire ça ?

— Oh, je sais pas, fit Ron en haussant les épaules. Beaucoup, probablement, mais c'est quelque chose qui demande de travailler assez sérieusement. Certains sorciers n'y parviennent jamais. Ça demande d'avoir beaucoup de puissance brute.

— Huh, réfléchit Harry. » Il n'avait pas dit à Ron qu'il faisait de la magie sans baguette avant même d'aller à Poudlard.

Après un petit moment, les deux garçons descendirent pour aller dans la cuisine, qui avait été remplie avec un assortiment de plats incroyable.

« C'est comme le petit-déjeuner de Noël à Poudlard ! s'exclama Harry. »

Mrs. Weasley lui sourit tendrement. « Oh, ce n'est rien comparé à ça. » Elle fit un vague signe de main. « Asseyez-vous ! Et mangez !

— Mais pas trop, ajouta George en un chuchotement. Il faut que tu gardes de la place pour le dîner, y aura pas moyen de jouer les tire-au-flanc ! »

Mrs. Weasley donna un léger coup à l'arrière du crâne de Georges. « Tu manges autant que tu le veux, mon cher. » Elle continua à sourire tandis que Harry s'asseyait et remplissait une assiette de bacon, d'œufs et d'autres mets délicieux.

« Bonjour Harry, fit Ginny en descendant des escaliers, s'asseyant en face de lui.

— Salut Gin. » Il lui sourit par-dessus la pile de nourriture.

Mrs. Weasley les détailla du regard, mais ne dit rien de plus avant de s'être assise et d'avoir commencé à manger elle aussi.

— O —

« Les cadeaux ! appela Mrs. Weasley, criant assez fort pour que tout le monde dans la maison l'entende. » Ils avaient tous passé la journée à se préparer, et à préparer la maison pour accueillir la famille qui allait venir. Maintenant que tout le monde était présent, ils allaient ouvrir leurs cadeaux devant l'arbre, prendre quelques photos, et profiter pleinement de leur fête de Noël.

Tout le monde s'entassa dans le salon. Mr. et Mrs. Weasley, Bill et Fleur – qui était bien enceinte, pour le plus grand plaisir de Mrs. Weasley, Charlie et un jeune homme prénommé Avin, Percy et sa copine Audrey, George et Angelina, Ron, Ginny et bien sûr, Harry. Apparemment, Bill, Charlie, Percy et George avaient tous passé le réveillon avec la famille de leurs compagnes – ou compagnon, ou bien iraient les voir plus tard dans la journée.

Ils commencèrent tous à se déchaîner sur leurs cadeaux, et bientôt, le sol était recouvert de bouts de papier coloré, et des piles d'objets divers s'accumulaient à côté de chaque personne ou de chaque couple.

Harry avait reçu toute sorte de cadeaux. Il avait obtenu un abonnement à Quidditch Mensuel de la part de Ron.

« Est-ce que tu réalises, Ron ? » Harry se pencha à son oreille pour chuchoter. « Que tu m'as plus ou moins offert douze livres pour Noël ? Hermione va être tellement contente ! »

Ron pâlit à ces mots, et murmura même un « Je suis désolé », avant que Harry ne lui donne un coup de coude, et ne se mette à rire.

Harry et Ron avaient tous les deux reçu un livre (grand, et lourd) bien sûr, d'Hermione. Une Étude des Cultures Sorcières du Monde, en était le titre. Apparemment, passer du temps en Australie lui avait donné le goût de découvrir d'autres traditions et d'autres personnes.

Il avait reçu le pull habituel tricoté par Mrs. Weasley – celui de cette année étant d'un profond rouge Gryffondor, avec un balai brun au centre. George lui avait offert toute sorte de produits de son magasin, beaucoup d'entre eux le faisaient rire, et les autres le rendaient méfiant à l'idée de les manger ou de les essayer. Il avait obtenu encore bien d'autres choses des Weasley, et de ses autres amis. (Il avait même ricané au Guide du voyageur de la Faune et de la Flore des Lacs d'Europe Centrale offert par Neville.)

Il ne restait plus que quelques paquets à ouvrir, quand des coups de becs se firent entendre à la fenêtre, malgré le chahut. C'était un magnifique hibou fauve, aux yeux dorés brillants, et qui avait un parchemin attaché à sa patte. Il vola jusqu'à Harry, qui le laissa s'installer sur son genou alors qu'il détachait et déroulait le parchemin.

Cher Harry,

Je sai t que tu a perdu Hedwige cette anné e et je me s ans te r rriblement désolé pour toi. Je sais que s'est peut-être trop taut. J e comprendrais que tu refu z es, mais je pense que tu a besoin d'un nou velle animal. Joyeux Noël !

Hagrid

Harry sentit ses yeux commencer à lui piquer alors qu'il roulait à nouveau le parchemin et caressait la tête de l'oiseau.

« Tout va bien ? demanda Ron quand il vit le visage du Gryffondor. » Tous les yeux se tournèrent vers lui.

Il prit une grande inspiration et papillonna pour faire partir les larmes. « Ouais, tout va bien. Hagrid m'a offert un nouveau hibou.

— Wow ! » Ron tendit la main pour caresser lui aussi l'animal. « Comment est-ce que tu vas l'appeler ? »

Harry y pensa pendant un instant. « Boleslav, il décida finalement. C'était le nom d'un des fils de la véritable Hedwige.

— Ça a l'air bien. » Ron hocha la tête avec sagesse, et fit une tape dans le dos d'Harry pour le soutenir.

« Pourquoi est-ce que tu ne le laisserais pas aller avec Errol et Coq ? suggéra Ginny.

— Ce serait adorable, fit Mrs. Weasley. » Et elle tendit son bras pour que le hibou y vole, avant de sortir par la porte d'entrée.

Tout le monde en était à son dernier cadeau, et les genoux d'Harry étaient vides. Pas que ça importait ce Noël avait été merveilleux pour lui.

« Harry, celui-là est pour toi. » George lui lança un petit paquet, et Harry, qui était un attrapeur exceptionnel, s'en saisit facilement.

« George ! le réprimanda Mrs. Weasley, alors qu'elle revenait. Ça aurait pu être fragile.

— Tout va bien, Mrs. Weasley, la rassura Harry. » Et il commença à ouvrir son dernier cadeau. Il était enveloppé dans du papier uni, du vert de Noël – presque parfaitement. À l'intérieur, il y avait une petite boîte, avec un couvercle, qui était d'un rouge sombre et brillant, comme si des fils d'or y étaient mêlés. C'était petit, juste à peine plus grand que la paume d'Harry. Il souleva le couvercle, et ce qu'il vit à l'intérieur lui fit retenir son souffle.

Il y avait une note, posée avec attention à côté du cadeau, et Harry la prit pour la lire en premier.

À Chat, qui me manque ici, pendant les vacances. Je te souhaite un joyeux Noël.

Il n'y avait pas de signature, mais il n'y en avait pas besoin. Harry sortit l'objet de la boîte. C'était un petit chat noir miniature, animé, un peu comme l'avaient été les dragons miniatures pour le Tournoi des Trois Sorciers. Il miaula dans la main d'Harry et s'assit, se mettant à faire sa toilette. Harry regarda de plus près et put voir un collier autour de son cou, avec un petit vif d'or accroché.

« …vas bien ? Harry ? » La voix de Ron semblait lui venir de derrière un brouillard cotonneux.

« De – de quoi ? bégaya finalement Harry.

— Est-ce que tu vas bien ? On dirait que tu viens de voir un fantôme ! » Ron semblait inquiet, et tout le reste de la famille avait la même expression, tous les regardaient aussi.

« Qu'est-ce que tu as là, Harry ? demanda Ginny depuis l'autre bout de la pièce.

— Un – c'est un chat, répondit Harry.

— Comment un chat peut te retourner à ce point ? » La curiosité de Ron transparaissait dans sa voix.

Harry déglutit. Il fallait qu'il se ressaisisse. « Rien, c'est juste – C'est juste que je ne m'y attendais pas.

— Et de qui ça vient ? demanda Charlie. »

Harry ne pouvait vraiment pas répondre à cette question. « Aucune idée, fit-il en haussant les épaules. Le mot n'est pas signé.

— C'est bizarre. » Mr. Weasley fronça les sourcils. « C'était vraiment adressé à toi.

— Oh, tout va bien. » Harry essaya d'afficher un grand sourire, mais il avait peur de rater lamentablement. Il remit le chat noir dans la boîte, l'entendant miauler de contestation. Il voulait que tout le monde oublie ce qui venait de se passer. Mais il ne pouvait pas l'oublier. Manque. C'était le mot que Severus avait employé. Harry lui manquait. Ou du moins, Chat-Harry. Mais Harry était presque sûr que c'était le vrai Harry qui manquait à Snape. Et soudainement, au lieu d'être pâle, son visage se mit à rougir. Il pouvait sentir le sang chauffer de son nez à ses oreilles. Son estomac se noua et il repensa involontairement à la semaine précédente au vendredi avant qu'il ne quitte Poudlard. Au vendredi où il avait passé plusieurs heures dans les quartiers de Severus. Nu. Dans un lit. Avec Severus. À faire des choses avec Severus qui, six mois plus tôt, l'auraient sûrement fait vomir. Maintenant, tout ce qu'il ressentait était une tendresse écrasante et chaleureuse en lui. Il manquait à Severus. Et maintenant qu'il y pensait, Severus lui manquait aussi. Harry aimait pouvoir lui parler le soir, le voir dans la Grande Salle, et même suivre ses cours de Potions.

Il se mit à grogner imperceptiblement. Il était tellement dans le pétrin. Il était tombé amoureux de Severus Snape. Son visage se fit une teinte plus foncée. Au moins, Severus ressentait la même chose à son égard. Harry l'avait entendu dire qu'il l'aimait, et Severus lui avait envoyé un cadeau de Noël. Il ne connaissait pas aussi bien le professeur qu'il l'aurait aimé, mais il était presque certain qu'il n'était pas dans les habitudes du potionniste d'envoyer des cadeaux pour Noël. Et maintenant, il se sentait mal de ne rien avoir pris pour lui.

« Harry ? » Ron secoua son épaule, le sortant de sa transe.

« Mm ? » Harry leva les yeux vers lui.

« Qu'est-ce qui t'arrive ? » Ron eut un sourire et secoua la tête. « Mettons ça de côté, et allons aider à nettoyer, et ensuite, on pourra se faire une partie de Quidditch. »

Harry hocha la tête. « Oui, bien sûr. Ça a l'air cool. » Et avec un sourire, il prit tous ses cadeaux et suivit Ron, remontant les escaliers pour tout ranger dans sa malle.

— O —

« Harry ! » Hermione l'enserra dans ses bras aussitôt qu'elle posa les yeux sur lui. « Oh, comment est-ce que tu vas ? »

Harry rit, rendant son étreinte à Hermione. « Génial, lui assura-t-il. Excellent, même. » Elle le relâcha. « Et toi ? Comment c'était l'Australie ? »

Tout son visage s'éclaira d'un coup.

« Attendez ! appela Ron. Avant que vous ne commenciez… » Il fit quelques pas vers Hermione, et enroula ses bras autour de ses épaules, se penchant pour lui donner un bisou sur la joue. « Je suis vraiment content que tu sois là, dit-il doucement. Tu m'as manqué. »

Harry ne pensait pas avoir déjà vu le visage d'Hermione aussi rouge. Ni ses yeux aussi brillants. Ni son sourire aussi grand.

« Maintenant. » Ron se recula d'Hermione mais prit sa main, et la guida jusqu'aux escaliers. « Si tu dois nous raconter tes deux semaines en Australie, je veux m'installer confortablement. »

Cela faisait presque une heure qu'ils étaient à l'étage, dans la chambre de Ron, à écouter le récit du voyage d'Hermione avec ses parents. Ils lui avaient posé une avalanche de questions – et l'avaient aussi remerciée pour son cadeau de Noël. Et puis finalement, elle avait terminé. Ils restèrent assis en silence, tous les trois, pendant un petit moment avant que Harry ne s'éclaircisse la gorge.

« Donc, je, euh… » Harry se frotta la nuque inconfortablement. « Il y a quelque chose qu'il faut que je vous dise à tous les deux. »

Le regard d'Hermione se fit inquiet, tandis que Ron était plus curieux.

« Est-ce que c'est à propos de ce chat ? demanda Ron.

— Un chat ? Quel chat ? » Hermione regarda Ron et Harry, puis la pièce autour d'eux, comme si elle s'attendait à voir arriver un chat.

« Non ! fit rapidement Harry. » Il ne voulait pas qu'Hermione soit au courant à propos du chat. Il avait bien trop peur qu'elle puisse comprendre quelque chose. Soit qu'il était devenu Animagus, soit à propos du fait que Severus et lui étaient – eh bien, il supposait qu'ils étaient ensemble en quelque sorte, même s'ils ne pouvaient pas vraiment être ensemble pendant encore quelques mois. Il espérait certainement que ce qui se passait entre eux comptait comme un "ensemble", avec tout ce qu'ils avaient fait pendant le dernier jour qu'il avait passé à Poudlard.

Harry avait été très nerveux à la perspective d'annoncer à Ron son orientation sexuelle, incertain de comment il allait le prendre. Ron pouvait être assez susceptible sur certaines choses. Mais voir Charlie ramener un mec à la maison pour Noël l'avait un peu rassuré avec tout ça. Et il n'était pas nerveux pour Hermione. Elle devait sans doute déjà savoir, de toute manière.

« Je suis… commença-t-il, prenant une grande inspiration – il ne l'avait jamais dit à voix haute avant – gay. »

Hermione eut un immense sourire.

« Ou peut-être bi, ajouta-t-il. Mais j'ai définitivement un truc pour les mecs. »

Ron plissa les sourcils. « Est-ce que c'est la raison pour laquelle Ginny a rompu avec toi ?

— Euh. » Harry prit le temps d'y penser. « En quelque sorte. Je ne savais pas que je l'étais, à l'époque, mais je pense qu'elle l'avait compris. »

Ron prit un sourire conspirateur. « C'est vraiment trop dommage que Charlie soit en couple. » Il se pencha et tapota le genou d'Harry. « Tu pourrais toujours faire partie de la famille si tu sortais avec lui.

— Erk, grimaça Harry. Pas de garçons Weasley ! Ce sont des frères.

— S'il te plaît, ne dis plus jamais un truc comme ça. » Hermione essayait, en vain, de garder une mine sérieuse.

« Donc, est-ce que tu vois quelqu'un ? » Ron semblait désespérément intéressé.

« Eh bien, je – euh… » Harry jeta un rapide coup d'œil à Hermione. « Il y a quelque que j'aime, en quelque sorte.

— Oh ! » Ron se balança un peu sur le lit. « Est-ce qu'il t'aime aussi ? Est-ce qu'il sait que tu l'aimes ? »

Hermione haussa très légèrement un sourcil.

« Ouais, je veux dire, ouais, il m'aime aussi. » Il fit une pause. « Et je suis presque sûr qu'il sait que je l'aime.

— Alors, pourquoi est-ce que vous ne sortez pas ensemble ? » Ron semblait confus.

Harry aurait souhaité qu'Hermione prenne le relais dans la conversation, ou au moins réprimande Ron de poser autant de questions trop personnelles. Mais elle était juste assise là, calmement, à attendre ce qu'Harry allait dire. Il pouvait presque voir les petits engrenages tourner dans son esprit.

« Ce n'est pas – ce n'est pas le bon moment, hésita Harry. Aucun de nous n'est vraiment disponible pour l'autre, maintenant. »

Cette réponse sembla rendre Ron encore plus confus.

« Je veux dire, essaya Harry encore une fois, ce n'est pas une bonne idée que nous soyons ensemble maintenant. »

Ron ne semblait toujours pas comprendre, et Harry était de plus en plus désespéré. Il supplia Hermione du regard.

Finalement, elle se décida à le sauver. « Eh bien, je pense personnellement que c'est vraiment très mature de votre part d'attendre de passer vos ASPICs pour commencer une relation. » Elle hocha la tête, sachant clairement que ce n'était pas du tout la véritable histoire.

Un air entendu apparut sur le visage de Ron. « Oh, ouais, mec. Je sais qu'on veut tous bien faire. C'est bien qu'il soit studieux lui aussi. »

Harry dut s'empêcher d'avoir un sourire en coin. Il regarda Hermione et essaya de lui envoyer un sourire de remerciement. Elle lui rendit un regard qui signifiait clairement qu'elle aurait une conversation privée avec lui plus tard. Il essaya de ne pas grogner.

« Attendez ! » Ron se tourna vers Hermione. « Tu penses qu'il est mature parce qu'il ne s'engage pas dans une relation avant les ASPICs ? Est-ce que ça veut dire que tu veux, tu sais, arrêter avec – tu sais. » Ron commença à faire un signe de main entre lui et Hermione.

Elle rigola. « Non, Ron. Je suis presque certaine qu'avec moi, tu ne seras pas distrait de tes études. Je suis persuadée de parvenir à t'en empêcher. »

Ron se détendit. « Oh, oui, bien sûr. »

Harry était content que le sujet de sa vie amoureuse ait été écarté, mais aussi soulagé d'avoir pu faire son coming-out auprès de ses amis, et se joignit à la conversation pour savoir ce qu'Hermione avait reçu à Noël.

— O —

« On a quelques instants, fit Hermione doucement alors qu'elle avançait lentement vers la chambre de Ron où Harry avait sa valise. « Je pense qu'on devrait parler, maintenant.

— À propos de quoi ? demanda Harry de manière délibérément obtuse.

— Eh bien, de ce chat, pour commencer. Qu'est-ce que c'était ? » Elle s'assit sur le lit.

Harry ferma sa valise et s'assit sur elle. Il soupira. « Oh, rien. Quelqu'un m'a juste envoyé un chat miniature, mais n'a pas signé sa carte. »

Hermione avait l'air intrigué. « Est-ce que je peux le voir ? »

Harry voulait lui dire que non, mais il savait que ça la rendrait juste encore plus suspicieuse. Il se leva de sa valise et l'ouvrit à nouveau, cherchant la petite boîte. Il en ouvrit le couvercle et sortit le petit chat, s'assurant qu'elle ne puisse pas voir la note.

« Oh ! fit-elle en s'extasiant et en prenant le chat dans ses mains. Il est magnifique ! Et est-ce que – c'est un vif d'or sur son collier ?

— Ouais. » Harry triturait la petite boîte dans ses mains.

« Et tu n'as pas la moindre idée de qui te l'a envoyé ? » Elle leva les yeux vers lui. « Il n'y avait pas une note ou quelque chose comme ça ? »

Mince. Il fallait qu'elle pose cette question. Il ne pouvait pas lui mentir – elle le découvrirait probablement seule plus tard. Toute la famille Weasley l'avait vu lire la note, de toute manière.

« Ouais, mais elle n'était pas signée. » Harry pria pour qu'elle ne demande pas à la voir. Bien sûr, il savait que c'était en vain.

« Est-ce que je peux la voir ? demanda-t-elle. »

Il soupira encore une fois. « Oui, bien sûr » Il sortit le petit carré de papier de la boîte et la lui tendit. Elle la prit dans sa main gauche, la main droite tenant toujours le chat, qui s'était assis calmement et se léchait les pattes.

« Qu'est-ce que tu penses que ça veut dire ? se demanda-t-elle à voix haute, relisant la note encore et encore.

— Pas la moindre idée, mentit Harry.

— Hmmm. » Elle regarda une dernière fois la carte avant de la rendre à Harry. « Eh bien, il est adorable dans tous les cas. Comment est-ce que tu vas l'appeler ? »

Harry faillit s'étouffer alors qu'il répondait : « Peut-être "Celui-Qui-N'a-Pas-Encore-De-Nom" ? »

Elle le fixa pendant un petit moment avant d'éclater de rire, surprenant le chat qui se mit à cracher.

« Non, je ne sais pas, je vais probablement juste l'appeler Chat. » Harry sourit, pensant qu'il était vraiment content de ne pas être le seul à avoir pensé que la blague que Severus avait faite à Lucius était drôle, et aussi au fait que Severus le regarderait certainement de son air sérieux, en affirmant qu'il était ridicule d'avoir appelé le chat miniature de la même manière que Severus appelait Chat-Harry.

« Est-ce que tu penses qu'il vient de ce garçon que tu aimes ? fit-elle en le sortant de ses rêveries. »

Il se figea pendant une seconde. « Chais pas. Peut-être.

— Mais pourquoi un chat, alors ? se demanda-t-elle. »

Harry ne dit rien.

« Est-ce que tu voudrais m'en dire un peu plus sur lui ? » Elle leva les yeux vers Harry. Elle n'essayait pas de le forcer à le faire, il le voyait bien, mais il savait qu'elle savait qu'il aimerait probablement pouvoir en parler avec quelqu'un.

« Je ne sais pas vraiment si je peux. » Il se sentait vraiment désolé pour ça, mais il ne pouvait pas être certain qu'elle n'irait pas se précipiter chez la Directrice pour dénoncer une relation inappropriée entre professeur et étudiant.

« Mais ce n'est pas à propos des ASPICs, n'est-ce pas ? » Elle serra ses lèvres. « La raison pour laquelle vous n'êtes pas officiellement ensemble. »

Harry répondit, défait : « Non, ce n'est pas ça.

— Et c'est ce garçon que tu avais embrassé ? » Elle ne semblait pas le juger, elle était seulement curieuse.

« Ouais, admit Harry.

— Tu l'aimes vraiment, n'est-ce pas ? » Elle lui sourit doucement.

« Je l'aime vraiment. » Harry hocha la tête, reprenant le chat noir pour le ranger dans sa boîte.

« S'il t'aime vraiment, lui aussi, ça doit être dur d'être séparés, présuma-t-elle. »

Tu n'as pas idée, pensa Harry. « Oui, ça l'est. » Il haussa les épaules. « Mais il n'y a rien que je puisse y faire. »

Elle fronça les sourcils.

« Je veux dire, je suppose qu'on pourrait être ensemble secrètement ou quelque chose comme ça, mais il n'en veut pas. Il dit que c'est trop important de rester séparés pour l'instant. Si quelqu'un découvre… » Harry laissa sa phrase en suspens, incertain de ce qu'il pouvait dire d'autre.

« Je pense que je comprends, fit Hermione en hochant la tête. »

Pas vraiment, ricana mentalement Harry.

« Sa famille n'approuverait pas, et il veut attendre jusqu'à après Poudlard pour que vous puissiez vivre par vous-mêmes. » Elle semblait contente d'avoir compris ça toute seule.

Cela donna une autre idée à Harry. « Est-ce que, tu sais, est-ce qu'il y a de l'homophobie dans le monde sorcier ?

— Pas autant que dans le monde Moldu, lui répondit-elle. Principalement dans les cercles des Sangs-Purs, mais même là ça devient rare, maintenant que deux hommes ou deux femmes peuvent donner naissance à un enfant.

— De quoi ? » Harry pensa qu'il l'avait mal entendu.

— En utilisant une potion, expliqua-t-elle. C'est un processus compliqué, mais de base, ça reste deux paires de chromosomes qui s'assemblent, tout comme entre un homme et une femme. »

Harry hocha la tête comme s'il avait compris.

« De toute manière, la plupart des personnes ne font pas attention à l'orientation sexuelle. À moins, bien sûr, qu'ils s'intéressent à toi, et qu'il se trouve que tu ne t'intéresses pas à eux. Mais je suppose que c'est vrai dans tous les cas. »

Il y eut un moment de silence entre eux.

« Si tu changes d'avis, ajouta-t-elle doucement, je serais là pour toi. Tu sais que je ne répéterais à personne de qui il s'agit, et tu sais que je ne te jugerais pas. »

Harry sourit, il aurait aimé pouvoir la croire. « Je te ferais savoir, dit-il plutôt. »

Ron choisit cet instant pour passer la tête dans l'embrasure de la porte. « On va partir pour la gare, annonça-t-il, et il ouvrit la porte pour qu'ils puissent le suivre dehors. »

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