Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé

Chapitre 74 : Nolan et sa rédemption

1112 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 27/01/2026 18:43

Nolan était enfin revenu à Poudlard.


Et pourtant, jamais le château ne lui avait paru aussi écrasant. Chaque pierre, chaque couloir semblait porter le poids de ce qu’il avait fait. Il avançait lentement, comme si le sol pouvait se dérober sous ses pieds à tout instant. Le regard des autres élèves ne le quittait pas, même lorsqu’ils tentaient de se montrer discrets. Nolan les comprenait. Après tout, c’était lui. Lui qui avait ouvert la porte. Lui qui avait presque tout détruit.


Il portait cette responsabilité comme une armure trop lourde, impossible à retirer.


Car tout avait commencé avec lui.

S’il n’avait pas été consumé par son chagrin.

S’il avait accepté la mort de sa mère.

S’il avait écouté ceux qui tentaient de le retenir.

Mais comment accepter l’inacceptable ?


Nolan aimait sa mère d’un amour absolu, viscéral. Elle était son pilier, sa lumière, celle qui savait toujours quoi dire, quoi faire. La perdre aussi brutalement avait fissuré quelque chose en lui. Il n’avait pas seulement perdu une mère : il avait perdu un repère, un monde entier. Malgré la présence de son père, de ses sœurs encore trop jeunes pour comprendre, de ses oncles, de ses tantes, de cette immense famille qui n’avait jamais cessé de l’entourer… le vide était resté.

Un vide trop grand.


Et dans ce vide, les ténèbres s’étaient insinuées.


Il avait refusé d’admettre qu’il allait mal. Il s’était persuadé qu’il pouvait gérer, qu’il était assez fort, assez intelligent, assez déterminé. Il avait lu, cherché, étudié. Chaque page le rapprochait un peu plus de l’idée dangereuse qui allait devenir une obsession : la ramener.


Peu importait le prix.


Il n’avait pas vu qu’il entraînait Liliana et Naomi avec lui. Ou plutôt… il avait vu, mais avait choisi d’ignorer. Leur présence le rassurait. Ensemble, ils se sentaient invincibles. Et quand le rituel avait commencé, Nolan était persuadé d’avoir raison.


Jusqu’à ce que tout bascule.


Le voile s’était ouvert. Les échos avaient traversé la frontière entre les mondes. Trois voix, trois présences qui n’auraient jamais dû exister. Ils les avaient possédés, manipulés, presque engloutis. Nolan frissonna en se rappelant cette sensation : la magie qui brûlait, la douleur, la perte de contrôle.


Ils avaient failli condamner le monde.


Et même s’ils avaient survécu, même si le château, les professeurs et les médecins avaient réussi à les sauver… le prix avait été terrible. Une partie de leur magie s’était éteinte à jamais. Une punition silencieuse, définitive.

Le mois passé chez lui avait été une lente descente en lui-même. Pour la première fois, Nolan n’avait plus fui ses pensées. Il avait pleuré. Beaucoup. Il avait revécu chaque instant, chaque décision, chaque erreur. Il avait compris que le chemin qu’il avait emprunté ne menait nulle part ailleurs qu’à la destruction.


Il ne reverrait jamais sa mère.


Et il devait apprendre à vivre avec ça.


Après l’entretien avec la directrice, chacun des cousins avait pris une direction différente. Nolan n’en avait pas été surpris. Ils avaient tous besoin d’espace. Lui, sans vraiment réfléchir, s’était dirigé vers le terrain de Quidditch. Le lieu était désert, silencieux. Il monta lentement les gradins et s’assit, observant le terrain vide.


Il aimait le Quidditch. Pas au point d’en faire sa vie, mais suffisamment pour apprécier ce que ce sport représentait : la liberté, le souffle du vent, l’oubli temporaire.


Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas tout de suite qu’il n’était plus seul.


— Nolan, on peut te parler ?


Il sursauta légèrement. Trois Serpentard se tenaient devant lui. L’un d’eux portait l’insigne de préfet-en-chef. Nolan sentit son cœur se serrer.


— Oui… répondit-il, la voix hésitante.


— Tu n’as pas à avoir peur, le rassura le préfet avec un sourire sincère. Tu n’as rien fait de mal ici. Nous savons ce qui s’est passé il y a un mois. Et pour être honnêtes… nous sommes surtout tristes.


— Tristes ? répéta Nolan, surpris.


— Oui. Parce que nous ne savions pas. Tu ne nous as jamais parlé de la mort de ta mère. Perdre un parent, c’est une douleur immense. Et plonger dans les ténèbres pour tenter de la ramener… même si c’était dangereux, on comprend pourquoi tu l’as fait.


Nolan baissa la tête.


— Je voulais la revoir. Pour moi… mais aussi pour mes sœurs. Elles sont trop jeunes. Et pour mon père. La créature qui avait son apparence… elle avait quelques souvenirs. Mais ce n’était pas elle. Je le sais maintenant. J’ai compris qu’on ne peut pas défier la mort sans en payer le prix.


— Si le rituel avait fonctionné, reprit doucement le préfet, penses-tu qu’elle aurait vraiment été ta mère ? Ou seulement une illusion construite à partir de ton chagrin ?


La question frappa Nolan de plein fouet.


— Non… souffla-t-il. Elle n’aurait pas été réelle.


— Tu as fait une erreur, oui. Une grave erreur. Mais tu as appris. Et c’est ce qui compte.


— Je ne mérite pas votre aide, murmura Nolan. J’ai causé du tort. À vous. À Serpentard. Je voulais tellement prouver que je n’étais pas enfermé dans l’image de ma famille…


— Et c’est précisément pour ça que tu mérites une seconde chance, répondit le préfet sans hésiter. Tu n’as fait aucun tort à la maison. Nous aurions voulu t’aider plus tôt, si nous avions su. Et pour ce qui est de prouver ta valeur… un nom de famille ne définit rien. C’est ce que tu feras après qui comptera.


Un long silence s’installa.


Nolan sentit quelque chose se fissurer en lui. Pas de douleur cette fois, mais un poids qui s’allégeait légèrement.


— Merci… dit-il enfin. J’accepte votre aide. La directrice m’a dit que je devais travailler avec vous pour rattraper mon retard.


Le préfet esquissa un sourire amusé.


— Oh, ça, ne t’inquiète pas. On va s’en occuper. Mais prépare-toi : tu n’auras plus beaucoup de pauses.


Pour la première fois depuis longtemps, Nolan sourit. Faiblement. Mais sincèrement.



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