Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé
Chapitre 82 : L’entrée de Lavinia à Poudlard
1183 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 17/02/2026 11:05
Lavinia transplana devant les grilles de Poudlard dans un souffle glacé qui lui traversa la poitrine comme une lame fine. Le choc fut si brutal qu’elle eut l’impression que son cœur se contractait pour se protéger. Le sol humide sous ses pieds la fit chanceler, comme si son corps refusait encore d’accepter ce qu’elle venait de faire : quitter sa maison, quitter son fils, quitter la seule vie qu’elle connaissait pour revenir dans un lieu qu’elle avait passé des années à fuir. Le château se dressait devant elle, massif, ancien, presque vivant. Les pierres semblaient respirer, chargées des murmures de ceux qui y avaient vécu, enseigné, souffert. Poudlard observait. Poudlard attendait.
Elle resta immobile quelques secondes, le regard fixé sur les tours sombres qui se découpaient sur un ciel d’un gris lourd. Une pression familière se resserra autour de son cœur : pas seulement de la peur, mais la conscience aiguë de ce qu’elle s’apprêtait à affronter. Elle pensa à Orion, à son rire clair, à ses petites mains agrippées à sa robe, à son souffle chaud contre son cou lorsqu’il dormait. Une douleur brutale lui traversa la poitrine. Elle n’aurait jamais dû le laisser. Mais elle n’avait pas eu le choix. La Rose Noire avait posé ses yeux sur lui, et Lavinia avait senti dans ce regard une menace si absolue qu’elle en avait perdu le sommeil. Elle devait entrer à Poudlard. Elle devait obtenir ce poste. Elle devait comprendre pourquoi. Et surtout, elle devait protéger son fils, même de loin, même si cela signifiait se perdre elle-même.
Elle inspira profondément, comme si l’air froid pouvait la purifier de ce qu’elle avait laissé derrière elle, puis franchit les portes. Le chemin jusqu’au bureau de la directrice lui sembla étrangement long, comme si le château étirait volontairement les couloirs pour la jauger. Chaque pas résonnait dans un silence chargé d’une vigilance sourde. Les portraits la suivaient du regard. Les ombres s’attardaient un peu trop longtemps à ses pieds. Elle n’était pas revenue ici depuis des années, et pourtant, tout semblait la reconnaître. Comme si Poudlard savait qu’elle n’était pas là pour enseigner. Pas vraiment. Elle monta l’escalier en colimaçon menant au bureau de la directrice et frappa.
— Entrez.
Sophia Dalrymple se tenait derrière son bureau, droite comme une lame, les cheveux tirés en un chignon sévère. Son regard, lorsqu’il se posa sur Lavinia, n’était pas hostile. Il était lucide, attentif, presque trop clair.
— Madame Malefoy, dit-elle avec un sourire mesuré. Je vous attendais.
— Merci de me recevoir, Madame la Directrice.
— J’ai reçu votre demande. Vous souhaitez rejoindre notre corps professoral.
— Oui. En tant que professeur de potions.
Un silence lourd s’abattit dans la pièce. Sophia posa ses lunettes sur son bureau et la fixa longuement, comme si elle cherchait à lire au-delà de son visage.
— Le poste n’est pas vacant. Lily Potter-Shacklebolt l’occupe depuis plusieurs années. Et elle le fait très bien.
Lavinia sentit un frisson lui parcourir l’échine. Lily. Bien sûr. Le destin avait un sens de l’ironie cruel.
— Je n’en doute pas, répondit-elle d’une voix calme. Mais c’est le poste que je veux.
La directrice arqua un sourcil.
— Ce n’est pas ainsi que cela fonctionne à Poudlard. Nous ne délogeons pas un professeur compétent simplement parce qu’un candidat le souhaite.
Lavinia soutint son regard sans ciller. Elle avait passé la nuit à répéter cette scène, à peser chaque mot.
— Alors je vous propose un compromis.
Sophia l’invita d’un léger mouvement de tête à poursuivre.
— Une évaluation pratique. Un défi entre Lily Potter-Shacklebolt et moi. Vous jugerez. Le gagnant obtient le poste de potions. Le perdant prendra celui de soins aux créatures magiques, actuellement en transition.
La directrice resta immobile quelques secondes. Lavinia vit dans ses yeux une hésitation, puis une compréhension silencieuse : refuser serait plus compliqué qu’accepter.
— Vous savez que cela va créer des tensions.
— Je suis prête à les assumer.
Sophia la fixa encore un moment, puis hocha la tête.
— Très bien. Je convoquerai Lily. Le défi aura lieu cet après-midi dans la salle de potions. Et je vous préviens, Madame Malefoy : je ne tolérerai aucune tricherie, aucune provocation, aucune mise en danger.
— Je n’ai pas l’intention de provoquer qui que ce soit, Madame la Directrice.
Mais au fond d’elle, Lavinia savait que rien de ce qu’elle faisait n’était innocent. Ce poste n’était pas un simple emploi. Ce défi n’était pas un duel académique. Derrière chaque mot, chaque geste, chaque décision, il y avait Orion. Son fils. Sa vie. Son cœur.
Elle quitta le bureau avec une lenteur calculée. Le couloir semblait plus étroit, les ombres plus longues. Elle descendit les marches, le cœur battant trop vite mais le visage impassible. Elle avait appris à ne jamais laisser transparaître ce qui se passait en elle. À ne jamais offrir la moindre fissure. Le château respirait autour d’elle, un souffle ancien, presque organique. Elle avait la sensation étrange que Poudlard l’observait, qu’il cherchait à comprendre ce qu’elle venait faire ici. Elle se demanda si les murs pouvaient sentir la présence de la Rose Noire comme une odeur de brûlé. Si Poudlard comprenait qu’elle n’était pas là pour enseigner. Qu’elle était là pour survivre.
Elle s’arrêta un instant dans un couloir désert, posa une main contre la pierre froide et ferma les yeux. Elle n’avait pas le droit de faiblir. Pas maintenant. Pas ici. Pas alors que son fils dépendait d’elle. Elle inspira profondément, puis reprit sa marche. Elle passa la matinée à arpenter les couloirs, à observer les salles, à mémoriser les détours. Elle avait besoin de connaître cet endroit. De l’apprivoiser. Ou de s’y cacher, si cela devenait nécessaire.
À l’heure du déjeuner, elle s’assit seule à la table du personnel, sous les regards curieux — parfois méfiants — des professeurs. Elle sentit leurs questions silencieuses. Elle n’y répondit pas. Elle mangea peu. Elle pensa beaucoup. L’après-midi approchait. Le défi aussi. Lily ne la laisserait pas prendre sa place sans se battre. Sophia la surveillerait de près. Le moindre faux pas serait interprété comme une faiblesse. Et la Rose Noire attendait. L’échec n’était pas une option.
Lorsque la cloche sonna, Lavinia se leva. Elle inspira profondément, lissa sa robe et se dirigea vers la salle de potions. Le duel n’avait pas encore commencé, mais déjà, elle en sentait le poids. Elle posa la main sur la poignée de la porte. Le métal était froid.
— Pour toi, Orion, murmura-t-elle.
Puis elle entra.