Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé

Chapitre 96 : Le Serment de Minuit

1026 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 24/03/2026 21:56

Il était très tard. Bien trop tard pour que des enfants soient éveillés, bien trop tard pour que des adultes soient encore debout, mais dans le manoir de la Rose Noire, le temps n’avait plus aucune importance. Ici, la nuit n’était pas une frontière : elle était un terrain de jeu, un voile sous lequel se tissaient les décisions les plus sombres. Ils avaient quelque chose d’essentiel à accomplir, quelque chose qui ne pouvait ni attendre ni être remis au lendemain : un serment inviolable. Et pour éviter toute tentative de fuite, toute hésitation, toute faiblesse, la Rose Noire avait décidé qu’il serait réalisé ici, sous son toit, dans son domaine, là où personne n’oserait désobéir.


La grande salle était éclairée par des chandeliers dont les flammes vacillaient comme si elles craignaient de brûler trop fort. Les murs, recouverts de tapisseries anciennes, semblaient absorber la lumière plutôt que la refléter. L’air était lourd, saturé d’une magie ancienne, presque suffocante. On aurait dit que la pièce retenait son souffle.


La Rose Noire était assise dans son fauteuil, parfaitement droite, parfaitement immobile, comme une statue vivante. À ses pieds, Orion et Ayden grignotaient des bonbons qu’elle leur avait donnés pour les occuper. Elle savait exactement ce qu’elle faisait : rien ne stressait davantage des parents que de voir leurs enfants si proches d’un danger qu’ils ne pouvaient pas nommer. Rien n’était plus amusant pour elle que de les voir lutter pour garder contenance.


— Bien. Nous allons réaliser ce soir le serment inviolable entre Lavinia Malefoy et Sebastian Blackwell. Celui qui scellera le pacte sera Scorpius Malefoy.


Sa voix résonna dans la pièce comme un verdict. Scorpius se raidit. Lavinia pâlit. Sebastian resta impassible, mais son regard se durcit légèrement. Aucun d’eux n’avait le choix. Aucun d’eux n’avait même le droit de protester.

Lavinia et Sebastian s’avancèrent, leurs pas lourds, leurs mains tremblantes malgré eux. Ils se prirent les mains, comme deux condamnés qui s’accrochent l’un à l’autre avant la sentence. Scorpius s’approcha, la baguette levée, le visage fermé. Il n’était pas seulement témoin : il devenait l’instrument de la volonté de la Rose.


La Rose Noire croisa les jambes, un geste lent, calculé, presque sensuel dans sa cruauté. Elle observait la scène avec une satisfaction glacée.


— Sebastian Blackwell, jures‑tu de fournir la potion d’asservissement et d’assister Lavinia lorsque Sophia prendra le thé, afin de t’assurer que tout se déroule selon les plans de notre Maîtresse ?


— Je le jure. Je serai sous le sort d'invisibilité tout le long, je serai ainsi en mesure de pouvoir intervenir au besoin.


Un filament de lumière s’enroula autour de leurs mains jointes, brûlant légèrement la peau. Orion, assis aux pieds de la Rose Noire, sursauta en voyant l’éclat. Ayden, lui, se contenta de serrer son ours en peluche contre lui, les yeux grands ouverts. Ils n'osaient rien dire de peur de se faire réprimander par la Rose Noire.


Scorpius se tourna vers Lavinia. Elle avait les lèvres serrées, les yeux brillants d’une peur qu’elle tentait de masquer. Elle pensa à Orion. Elle pensa à ce qu’elle risquait. Elle pensa à ce qu’elle perdrait si elle refusait.


— Lavinia Malefoy, jures‑tu que lorsque tu inviteras Sophia à prendre le thé, tu glisseras la potion dans sa tasse, et que tu profiteras de la conversation pour restaurer l’inscription d’Elizabeth, de Harry II et de Mylena ?


— Je le jure.


Un second filament s’ajouta au premier, plus serré, plus lumineux, comme une corde magique qui se resserrait autour de leurs poignets. La Rose Noire sourit, un sourire lent, satisfait, presque tendre — mais rien dans ses yeux ne reflétait la moindre douceur.


Elle savourait leur terreur.

Elle savourait leur obéissance.

Elle savourait leur chute.


Le troisième filament apparut, celui qui scellerait le serment pour toujours. Scorpius inspira profondément, puis abaissa sa baguette. La lumière éclata entre leurs mains, les enveloppant d’un éclat doré qui se mua en une brûlure nette, précise, indélébile.


Le serment était fait.


Et aucun d’eux ne pourrait jamais s’en libérer.


Lavinia retira sa main la première, secouée par la douleur, mais surtout par la conscience de ce qu’elle venait de sceller. Sebastian, lui, resta immobile, comme s’il avait accepté depuis longtemps que sa vie ne lui appartenait plus. Scorpius baissa la tête, incapable de supporter la détresse dans les yeux de sa femme.


La Rose Noire se leva lentement, ses mouvements aussi fluides que ceux d’un serpent. Elle s’approcha des deux enfants, posa une main sur la tête d’Orion, puis sur celle de Lysander. Les deux garçons se figèrent, comme si la simple présence de cette femme suffisait à les pétrifier.


— Vous voyez ? dit-elle d’une voix douce. Tout se passe bien quand on obéit.


Lavinia sentit son cœur se briser. Sebastian détourna les yeux. Scorpius serra les dents. La Rose Noire se tourna vers eux.


— Maintenant, écoutez-moi attentivement. Demain, vous agirez. Pas après-demain. Pas dans une semaine. Demain. Sophia doit être entièrement sous notre contrôle avant que le Ministre ne puisse contester quoi que ce soit. Vous n’avez pas le droit à l’erreur.


Elle s’approcha de Lavinia, si près que la jeune femme sentit son souffle froid contre sa joue.


— Si tu échoues… je prendrai Orion.


Elle se tourna vers Sebastian.


— Si tu échoues… je prendrai Ayden.


Puis vers Scorpius.


— Et si tu échoues… je prendrai tout ce que tu aimes.


Elle recula, satisfaite de l’effet produit.


— Maintenant, rentrez chez vous. Et préparez-vous. La partie ne fait que commencer.


Ils repartirent, brisés, silencieux, chacun portant le poids du serment, de la menace, et de la nuit qui venait de sceller leur destin.

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