Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé

Chapitre 97 : L'asservissement

1128 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 24/03/2026 22:17

Lavinia n’avait plus le choix.


Elle était coincée depuis le Serment Inviolable passé avec Sébastien — mais, en vérité, l’avait‑elle seulement eu un jour ? Non. Elle le comprenait enfin : sa place de professeur n’avait jamais été le fruit de ses efforts, ni même d’un concours de circonstances. C’était la volonté de la Rose Noire. Tout avait été orchestré, préparé, verrouillé. Elle n’avait aucune preuve, seulement une intuition qui la rongeait depuis des mois : Sébastien avait dû l’atteindre par l’Imperium. Comment expliquer autrement ce basculement brutal, cette docilité soudaine juste après l’entretien ? Elle s’était fait piéger, et maintenant elle devait réparer l’erreur de la directrice… ou dire adieu à sa famille.

Elle était rentrée vers cinq heures du matin, furtive, vidée. Depuis l’appel de la Rose Noire, elle n’avait pas fermé l’œil. Dans sa chambre, elle tente de se préparer pour ses cours, comme si la routine pouvait la sauver. Mais le Serment, lui, ne l’oubliait pas. Une décharge fulgurante lui traversa la poitrine, rappel brutal de ce qu’elle devait accomplir aujourd’hui. Elle étouffa un soupir. Elle n’avait pas le choix.


Une fois prête, elle fait entrer Sébastien. Il lui tendit la potion qu’elle devait verser dans le thé du matin. Elle avait prévu un véritable petit déjeuner, presque chaleureux, comme pour masquer l’horreur du geste. Quand tout fut en place, elle envoya un hibou à Sophia pour l’inviter à partager ce moment, prétextant un remerciement sincère pour son soutien depuis qu’elle était devenue directrice de Serpentard et professeur de potions.


Sébastien la fixa longuement, un avertissement silencieux dans les yeux, avant de se rendre invisible. Quand on frappa à la porte, Lavinia sentit son cœur se contracter. Elle se hâta de servir le thé… et versa la potion.


— Madame la Directrice, merci d’être venue.


— Je vous en prie, répondit Sophia d’une voix glaciale en s’asseyant sur la chaise qu’on lui présentait. Elle ignorait encore qu’en buvant ce thé, elle ne serait plus tout à fait la même.


— C’est un petit-déjeuner en votre honneur, pour vous remercier de m’avoir fait confiance et de m’avoir acceptée comme professeur de potions et directrice de Serpentard. 


— Si je vous ai choisie à la place de Lily Potter-Shacklebolt, c’est parce que votre niveau est supérieur au sien. Et les résultats le prouvent, même les élèves sont contents de vous avoir en tant que professeur de potion, dit-elle en la fixant avant de porter la tasse à ses lèvres. Du thé froid était inconcevable. Elle le trouva si bon qu’elle en but déjà la moitié sans s’en rendre compte.


Lavinia la regardait boire. C’était fait. Elle pouvait maintenant aborder les sujets sérieux… tout en restant subtile.


— J’ai appris par les fantômes que Lily avait démissionné de Poudlard. C’est incroyable après toutes ces années… J’ai eu tellement de peine pour elle. Je la croyais si heureuse comme assistante en soins aux créatures magiques.


— Oui, malheureusement. Cela m’a fait un drôle d’effet, mais je ne me suis pas laissée attendrir par son mari ni par elle avec ses yeux larmoyants. J’ai exigé, en contrepartie, que tous leurs enfants — ainsi que ceux d’Albus, et la fille de James et Savannah — soient désinscrits de Poudlard.


— Oh… fit Lavinia, feignant la surprise. Mais Elizabeth est l’Élue, la Survivante. Ne pas la voir à Poudlard dans cinq ans ferait beaucoup de bruit. Le Ministère pourrait vouloir vous renvoyer pour ça.


— Vous croyez ? Mais que dois-je faire, mon amie ? Vous êtes toujours de si bon conseil, demanda Sophia en terminant sa tasse. Elle se resservit sans même remarquer Sébastien, invisible, qui ajoutait plusieurs doses de potion.


— Peut-être pourriez-vous autoriser seulement trois enfants à revenir à Poudlard ? suggéra Lavinia avec une douceur parfaitement maîtrisée. Elizabeth, pour James et Savannah. Harry II, pour Lily et Alexis. Et Mylena, pour Albus et Alice. Si vous acceptez, je peux prévenir mon mari de votre décision. Il faut agir vite avant qu’Alexis, le Ministre de la Magie, et Albus, le Commandant des Aurors, ne cherchent à vous faire renvoyer. Je ne veux pas vous mettre la pression… mais je pense avant tout à votre sécurité.


— Vous croyez qu’ils vont vraiment se liguer contre moi ? demanda Sophia, la voix soudain plus fragile. Mais je suis tellement innocente dans cette affaire. Oui… oui, vous avez raison. Autoriser seulement trois enfants serait judicieux. Je ne peux pas me permettre de me mettre le Conseil d’administration à dos, ni le Ministère. Heureusement que je vous ai, Lavinia. Je ne sais pas ce que je ferais sans vous. Mais les autres ? Où iront-ils ? ajouta-t-elle en buvant une nouvelle gorgée de thé.


— Vous n’avez rien fait de mal, vous avez simplement accepté la démission de Lily, répondit Lavinia avec un calme rassurant. Je suis là pour vous aider et vous soutenir. Je préviens aussitôt le Conseil de votre décision. Quant aux autres enfants, il existe d’autres écoles de sorcellerie : Ilvermorny, Beauxbâtons… Je suis certaine qu’ils s’y plairont.


— Attendez, mon amie. Je vais envoyer une lettre depuis mon bureau, avec le cachet officiel de la Directrice. Mais vous pouvez aussi prévenir votre mari, pour qu’il l’ait également. Cela donnera plus de poids. Je vais vous laisser… et encore merci pour ce déjeuner. Cela m’a vraiment détendue.


Lavinia hocha simplement la tête, un sourire poli aux lèvres, et la laissa partir. C’était fait. Elle était tranquille pour un moment.


Sébastien quitte la pièce à son tour, toujours invisible jusqu’à sa propre chambre, où il réapparut enfin.


Pendant ce temps, Sophia, fidèle à sa promesse, rédigeait déjà la lettre destinée au Conseil d’administration, expliquant sa décision et les raisons qui l’avaient motivée dans son choix de désinscrire certains enfants de la famille Potter.


Sauf que Sophia ne saura jamais que tout n’était que stratagème, que tout était prévu et calculé depuis longtemps, qu’elle venait en cet instant d’être la marionnette de la Rose Noire définitivement et qu’elle ne pourrait si facilement briser l’asservissement. Car ceux qui sont au courant de son asservissement sont la clé pour la faire redevenir elle-même et cela ne fait pas partie du plan.

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