Le Corbeau. Saison 1 par

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Side Story / Suspense / Action

36 IV Evaluations

Catégorie: M
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            CHAPITRE IV : EVALUATIONS

 

            La nuit. Une nuit chaude d’été. Errant dans les rues d’une ville dont elle ne connaissait pas le nom, une fragile silhouette vacillait en s’appuyant contre les murs et les poteaux. Les passants qui la croisaient s’écartaient sur son passage, comme par peur d’une quelconque contagion. Un réverbère éclaira son visage. C’était une femme, jeune, visiblement pas plus de vingt ans. Sa peau diaphane reflétait la lumière jaunâtre d’un éclat maladif. Ses yeux brillaient faiblement d’un éclat rouge sans vie. La bouche ouverte haletante, on devinait des canines légèrement plus pointues que la normale.

            Elle sentait une sensation de vide dans son ventre. Un vide douloureux. Elle avait faim. Chaque passant lui semblait si appétissant. Mais elle n’avait pas faim au point d’agir sans réfléchir. Elle ne pouvait attaquer quelqu’un et lui sucer le sang dans une rue aussi fréquentée. Mais la faim avait réveillé ses instincts de chasseur. Elle repéra un clochard disparaissant dans l’ombre rassurante d’une ruelle sombre et sale. La jeune femme sentit ses crocs grandirent dans sa bouche. Elle se traîna jusqu’à la ruelle et y disparut à son tour.

            Le clochard fouillait dans un grand conteneur poubelle à la recherche de nourriture ou d’autre chose. Quelle ironie, ils avaient tous les deux faim. La vampire s’approcha silencieusement dans son dos. La bouche grande ouverte, le visage déformé par la soif de sang, elle était prête à mordre. Ses canines étaient devenues de véritables crocs. Rien ne pouvait plus l’arrêter. Elle attrapa le clochard par la tête avec une force implacable, le bâillonnant d’une main sur sa bouche. Elle sentit l’élasticité de sa peau céder sous le pointu de ses crocs, sa chair n’opposer aucune résistance et finalement son sang chaud et cuivré couler à flots, ruisselant dans sa gorge. La chaleur du fluide redonna de la vie à ses yeux.

 

            Observant la scène du haut du toit, une ombre encapuchonnée semblait se délecter de la scène. Des yeux d’un éclat rouge sang, brillant d’avidité. Sa langue passa sur ses lèvres, enviant le repas de la vampire, découvrant une seconde une canine pointue.

« Bientôt tout sera fini, murmura t-il. Alors mange tant que tu le peux encore, Assya. »

 

            Le matin arriva très vite. Assis à la terrasse d’un café pour prendre son petit-déjeuner tout en lisant un journal moldu, Alastor Moody passait facilement pour quelqu’un d’ordinaire. Il avait opté pour une tenue classique moldue passe-partout. Son chapeau melon enfoncé profondément sur son crâne lui donnait un profil étrange mais au moins personne ne le dévisageait.

            Il étudiait autant les journaux moldus que ceux des sorciers pour tenter de repérer les agissements de la vampire. Il savait que ces êtres de la nuit ne pouvaient se déplacer sans laisser une trace derrière eux. Une trace faite de sang et de gens agressés. Mais le problème de la presse écrite, c’était qu’elle avait toujours un jour de retard sur les évènements. Heureusement, quand on fait un travail comme celui d’auror, on apprend rapidement à écouter les conversations environnantes. Si la plupart ne lui apprirent rien, une discussion attira son attention.

« Je te jure, il avait perdu pas mal de sang mais il n’y avait quasiment aucune trace autour de lui.

-Dément ! Et qu’est-ce que vous avez fait ?

-On l’a transfusé. Heureusement, ses jours n’étaient pas en danger. C’est quand même bizarre. Un moment j’ai cru qu’il avait été mordu par un vampire. D’après les flics, il aurait été agressé par un animal fou. Genre chien d’attaque.

-Ça craint. Et c’était où ? Que je n’y aille pas.

-A Lambersart, une ruelle adjacente de l’avenue Becquart. »

            Moody en avait entendu assez. Il se leva, laissant de quoi payer son petit-déjeuner et se dirigea vers le nord de la ville. Il trouva rapidement l’avenue en question. Le problème, c’était qu’il n’y avait pas qu’une seule ruelle. L’œil magique de l’auror lui fut bien utile pour découvrir des traces de sang presque effacées par les pas des passants. Mis à part ses traces, rien ne pouvait le mener à la vampire. Mais elle ne devait pas être loin, terrée en attendant que le soleil se couche. Durant la journée, il avait l’avantage. Il devait en profiter au maximum. Alastor Moody se mit à fureter dans le quartier.

            Il ne fit qu’à peine une dizaine de mètres en s’enfonçant dans la ruelle que quelque chose attira son œil magique. Une silhouette désarticulée gisait dans un conteneur. Moody l’ouvrit et découvrit une jeune femme d’à peine vingt ans, les yeux exorbités, les veines totalement asséchées, la gorge arrachée d’un coup de crocs. Alors que selon la discussion qu’il avait surpris, l’homme avait simplement été mordu sans aucun risque pour sa vie, cette jeune femme avait été dévorée, son agresseur lui avait sucé tout le sang, jusqu’à la dernière goutte. La morsure démontrait la sauvagerie de l’acte. Un doute commença à s’insinuer dans l’esprit de l’auror. Et s’il y avait non pas un mes deux vampires ?

 

            Les deux amants se réveillèrent dans les bras l’un de l’autre. Ils ne se dirent pas un mot, se contentant de sourire et de s’embrasser. Pierrick attrapa sa baguette sur la table de nuit et l’agita en direction de la porte.

« Le petit-déjeuner est entrain de se préparer, dit-il. Tu préfères du café ou du thé pour ce matin.

-Café s’il te plait. Ça veut dire qu’on a un peu de temps. Parce que tu sais, je suis plutôt du matin. »

Pierrick sourit en se serrant plus prêt de Chun, rabattant le drap sur leurs corps entremêlés.

            Une bonne heure plus tard, ils se levèrent enfin. Après une bonne toilette matinale et un bon petit-déjeuner, Chun remarqua, paniquée, qu’elle allait être en retard au 36 quai des Orfèvres. Pierrick la rassura en l’enlaçant. Chun sentit son corps être comprimée et lorsqu’elle regarda autour d’elle, ils étaient dans un parc non loin de son lieu de travail.

« Je pense pouvoir venir te chercher ce soir, dit-il. Si j’ai une urgence, je te le ferai savoir.

-Alors à ce soir, soupira t-elle en l’embrassant une dernière fois. »

Elle fit à peine quelques pas et entendit derrière elle le claquement de fouet signifiant que le jeune homme avait transplané.

            La jeune femme souriait en entrant dans le quartier général de la police criminelle parisienne. Un sourire si radieux qu’il ne passa pas inaperçu. Jacques était content de la voir ainsi.

« Tu es radieuse aujourd’hui, dit-il. Tu as l’air d’avoir passer une bonne soirée.

-Oui c’est vrai, mais excuse-moi je n’en parlerai pas plus.

-Pas de problème. Le patron de la victime vient aujourd’hui, ainsi que le fils.

-Bien. »

 

            Pierrick se matérialisa dans les bureaux de la section S. Jonas se tourna vers lui en le saluant d’un geste de la main.

« Salut Pierrick, la forme ?

-La forme. Et toi ?

-Ma femme commence à être infernale. Je ne sais pas si je vais survivre. A côté d’elle, les mangemorts ont l’air d’agneaux quelques fois.

-C’est la grossesse, que veux-tu que je te dise ?

-Elle n’est enceinte que de deux mois, je ne te raconte pas la suite. Bref, je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit.

-Moi j’ai très bien dormi.

-Et Chun elle a bien dormi ? fit Jonas avec un regard entendu.

-Tu ne dois pas rejoindre Franck pour les tests des futurs IRIA ?

-J’y vais. Nide doit t’attendre au gymnase. Et au fait, a quoi elle ressemble la nympho dont vous parliez hier ?

-T’es marié.

-Je ne risque pas de l’oublier en ce moment. C’est pas pour ça, c’est juste pour savoir.

-Boucle brune, yeux vert pâle, un mètre soixante-dix, jolie. »

            Pierrick se rendit au gymnase. Un autre agent de la section S et quelques membres de la AI étaient là. Les candidats étaient au nombre de trente. Un homme d’une cinquantaine d’années, le visage bardé de cicatrice et arborant un bras gauche métallique s’approcha de Pierrick pour lui serrer la main. Il s’agissait de Georges Nide, le chef de la section AI, un véritable guerrier. C’est lui qui forma Pierrick à son arrivé aux Chasseurs. Même comme il le disait lui-même, Pierrick n’avait jamais eu vraiment besoin de formation. Nide n’avait jamais vu ça, il connaissait toutes les ficelles du métier comme si il était né en combattant.

« Ce sont eux les candidats ? demanda Pierrick.

-Oui, fit Nide. Tu en connais quelques uns je pense.

-De vu. Je n’avais pas les dernière année dans ma classe. Je vois deux anciens joueurs de quidditch, et quatre membres du club de duel.

-Ils jouaient bien au quidditch ?

-Ça peut aller. »

            Georges Nide s’avança au centre du gymnase. D’un geste, il demanda l’attention de tous.

« Bien, messieurs et mesdemoiselles, vous avez tous été retenu sur dossier pour effectuer les tests de la section Action Intervention des Chasseurs. Je suis Georges Nide, chef de la section AI. Vos évaluateurs seront moi-même, Gaëlle Biron, Jonathan Faridun, Jérémy Quentin, tous trois chefs de groupe à la AI. Pierrick Chaldo et Anton Trida représenteront la section Spéciale. Certains d’entre vous sortent à peine de l’Académie Beauxbâtons. Ne prenez pas ça comme un handicap. Chez nous, plus vous êtes jeunes, mieux c’est. Ainsi vous pourrez enchaînez sur votre période de formation sans encombre. Par contre, si nous vous jugeons inapte pour le type de travail que nous effectuons aux Chasseurs, nous vous le dirons sans détour et vous n’aurez aucun recours pour vous plaindre. Le directeur du Département nous fait totalement confiance pour vous juger. Je le répète, si nous vous jugeons inapte, c’est dehors sans espoir de revenir. Car chez nous, l’erreur d’un seul peut tuer tout un groupe. La remise en question est constante dans notre métier. Et ne croyez pas que ces tests suffiront à faire de vous des Chasseurs à part entière. Ces tests vous donneront le droit de suivre la formation AI pour ensuite, et seulement en cas de succès au cours de cette formation, rejoindre un groupe AI. Cette formation de plusieurs mois est très difficile. Environ 60% abandonne en cours de route. Si on compte les 50% qui ne réussissent pas les tests d’entrer, sur la trentaine qui se tient devant moi, il ne devrait en rester que neuf voir moins à l’arrivée. Quelqu’un veut-il abandonner dés maintenant ? »

Personne ne bougea. Certains avaient un sourire disant qu’il pensait que Nide était idiot de poser cette question alors que rien n’avait commencé.

« Bien. Pour ceux qui souhaiteraient un jour intégrer la section Spéciale, sachez que pour les rejoindre, il faut au minimum deux ans de service dans une des deux autres sections et réussir d’autres tests. S’en suit une autre nouvelle période de formation. Sachez que ces tests et cette formation sont beaucoup plus durs. Peut-être pas sur le plan physique, mais sur le plan psychologique. Les deux agents de la S ici présent, sont là pour faire une première évaluation pour ces tests. Mais étant eux-mêmes des anciens de la AI, j’écouterai leurs avis autant que ceux de mes chefs de groupe. Et maintenant commençons. »

            La première épreuve fut une simple évaluation physique. Les candidats effectuèrent un footing d’une heure, suivi d’une série de pompes, abdominaux, tractions, flexions des membres inférieurs et monté de corde. L’épreuve avait un double objectif : évaluer leur forme physique et les mettre en état de fatigue pour la suite des épreuves. En état de fatigue, l’être humain s’énerve plus vite et ne peut plus analyser une situation comme il faut. Hors, dans ce genre de métier il faut rester calme en toute circonstance et analyser justement. Les anciens joueurs du Championnat Académique de Quidditch n’eurent aucun mal à réussir. Un seul homme était limite physiquement. Alors qu’il n’arrivait pas à monter la deuxième corde, Gaëlle Biron s’approcha.

« Allez grimpe, ordonna t-elle. Grimpe ! C’est pas compliqué !

-A quoi ça rime ? fit-il exténuer en reposant les pieds sur le sol. Quand est-ce qu’on va avoir à grimper à la corde en opération ? »

La chasseuse sortit sa baguette et fit jaillir un jet de flammes qui se répandit aux pieds du candidat. Ce dernier sauta sur la corde pour échapper au feu. Biron leva sa baguette, forçant le candidat à monter pour s’éloigner de la chaleur brûlante.

« Tu vois, tu grimpes, fit-elle. »

Elle cessa, laissant le candidat redescendre. Il parut hors de lui.

« Je suis un sorcier ! hurla t-il. Dans la réalité, je me serais servi de ma baguette !

-Et qui te l’a interdit ? fit la chasseuse. Elle est où ta baguette ? »

Le jeune homme porta sa main à sa hanche et la sentit, elle était glissé dans l’élastique de son pantalon.

« Ici, tout est réel, dit-elle. Tu as beau être sorcier, ton premier réflexe ça a été de grimpé à la force de tes bras. Et en opé, c’est pareil. Je le met échec, annonça t-elle aux autres évaluateurs qui acquiescèrent. »

Sans rien dire, le jeune homme sortit du gymnase.

            Les tests continuèrent avec des épreuves de sortilèges pour évaluer leur maîtrise. Certains ne connaissaient pas ou ne maîtrisaient pas suffisamment des sortilèges élémentaires comme le stupéfix, l’experlliarmus ou le maléfice de saucissonnage. Les tests se compliquèrent ensuite quand les évaluateurs les prirent en duel. Pierrick se montra implacable en propulsant un des candidats contre un mur. Heureusement, il était recouvert de tatamis. Nide l’invita à réessayer en demandant à Pierrick d’être moins dur.

            Après ces trois premières épreuves, il ne restait déjà que vingt volontaires. Pour la dernière épreuve, Nide modifia le gymnase pour qu’il prenne la forme de couloir et de pièces avec des portes et des meubles. Les évaluateurs se cachèrent dans le décor. Nide divisa les candidats en quatre groupes de cinq, ils entreraient chacun leur tour.

            Le premier groupe entra. Il fallut attendre une demi-heure pour entendre des sortilèges fuser. Les jeunes gens sortirent, certains se tenant les côtes, d’autres avec une irrépressible bougeote dans les jambes. Les trois autres groupes ne connurent pas de sorts plus enviables. Le pire fut le troisième groupe qui apparemment fut attaquer par un oiseau qui s’avéra être Pierrick. Il les mit hors combat tout les cinq à lui seul en quelques secondes. Certains craquèrent durant l’épreuve. Les évaluateurs faisaient exprès de faire traîner leur apparition pour voir combien de temps ils supporteraient la pression.

            Georges Nide fut tout de même impressionné de voir qu’il en restait dix-huit à la fin.

« Félicitations à tous pour avoir fini les épreuves, dit-il. Mais avant de vous notifier votre réussite, je vais m’entretenir avec les évaluateurs. Ce dernier tour de table décidera qui sera pris pour la formation AI. »

            Les évaluateurs se retirèrent dans une salle de réunion. A la fin, il fut décider que seize d’entre eux suivraient la formation. A l’annonce des résultats, un des écartés se plaignit.

« J’ai réussi les épreuves comme les autres !

-Vous avez reculé lors de la dernière épreuve, dit Nide.

-C’était pour mieux repartir à l’assaut.

-En opération, on ne laisse pas ses camarades. On ne recule pas quand les autres avancent. On avance tous ensemble.

-Je me plaindrais.

-Ça ne servirait à rien, lança une voix. »

Un homme d’une soixantaine d’année à qui il manquait le bras gauche venait d’entrer.

« Je connais Georges Nide depuis longtemps et je me fierais toujours à son jugement, dit-il. De même qu’à celui de chacun de ses hommes.

-Et vous êtes qui vous ? questionna le candidat refusé.

-Charles Maldieu, directeur des Chasseurs. Maintenant que vous avez été refusé, veuillez vous en allez s’il vous plait. »

Le jeune homme parut sur le point d’exploser mais il décida sagement de sortir.

            Maldieu félicita les nouveaux arrivants à la formation AI. Pierrick allait prendre congé quand un autre agent de la section S entra, le prévenant qu’une lettre venait d’arriver pour lui. En l’ouvrant, Pierrick reconnut l’écriture de Bobby Jagneau, un de ses informateurs, lui annonçant qu’il avait une information urgente à lui donner.

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