Une vie interrompue

Chapitre 3 : Le Cinquième District

Catégorie: T

Dernière mise à jour 08/11/2016 17:10

   Mais j'allais oublier de vous parler de mon quartier ! Connaître la vie dans le district cinq, celui de « L'Energie de la Nation de Panem » est pourtant nécessaire pour me comprendre, s'il est possible de me comprendre...
En réalité, nous l'appelons tous entre nous « la PEN »...Prononcez « peine ». Vous voyez le jeu de mot ? Très subtil, n'est-ce pas. Nous ne devrions pas, pourtant. D'abord parce que c'est indirectement interdit par la loi, qui nous oblige en théorie à prononcer le nom en entier, et d'autre part parce que je pense que nous n'avons pas à nous plaindre. On sait peu de choses sur les autres Districts, puisque « l'Enseignement de l'Histoire et des Coutumes à travers la Nation de Panem » se limite à une intervention par an dans les classes, et encore, faite par un de ces émissaires du Capitole si ridicules qu'on ne fait même pas attention à leurs flots de paroles sûrement volontairement erronées. Mais malgré tout cela, il n'est pas difficile de deviner ce que doit être la vie dans le District de l'agriculture, le numéro onze, et pire encore dans le district douze joliment baptisé « Ressources Minérales », mais qui se constitue en fait de mines. Là-bas, le travail doit être bien plus laborieux que chez nous. Peut-être même qu'ils ne mangent pas toujours à leur faim ! Qui sait. Enfin, c'est peut-être un peu exagéré. Le président Snow laisserait-il mourir des citoyens de faim ?
Claire ! Il laisse bien des enfants mourir ! Il te laisse bien mourir ici. Qu'est-ce que tu as pu être naïve...C'est pathétique.
    Pour faire court, voici la vie d'un citoyen lambda de notre quartier : après l'école primaire qui dispense les connaissances générales, et le collège qui -débutant à l'âge de douze ans oblige...- commence à nous orienter par la « Science de la Survie » aux Hunger Games et par l'« Initiation aux principes de l'Electricité » à nos futurs emplois, nous nous rendons vers les quinze ou quatorze ans, selon nos aptitudes, dans le Haut Institut de Panem, qui, en plus de continuer à nous dispenser les précédents cours, nous oblige à choisir une spécialité qui deviendra, à notre sortie, une des principales constituantes de notre profession. Personnellement, j'ai eu du mal à choisir une voie spéciale ; l'éclectisme m'a toujours semblé nécessaire pour avoir une connaissance globale des choses, et sans me venter je dois dire que j'étais assez à l'aise partout. J'ai fini par prendre « Ingénierie en Recherche d’Énergies Nouvelles », le travail de recherche m'intéressant particulièrement, bien que j'ai hésité avec l'« Étude des Mécanismes Électriques », comme l'a prit mon frère. Mon frère... Arcas, je suis désolée. Je n'ai pas réussi. Je n'aurais jamais mon diplôme d'EGN, je ne gagnerais pas les soixante-quatorzième Jeux de la Faim annuels. Je ne te reverrai jamais.

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