La dernière disciple d'Inu no Taishō

Chapitre 52 : Presque entière

1421 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 09/06/2026 14:16

Le miasme se referma autour d'eux.


Puis le château apparut.


Naraku surgit au centre d'une salle.


Mayoiga vacilla contre lui.


Elle ne tenait debout que parce qu'il la retenait. Sa tête reposait près de son épaule. Ses cheveux noirs collaient à son visage pâle.


Sous ses côtes, le kimono violet était percé.


La lumière verte continuait de ramper autour de la plaie.


Naraku baissa les yeux vers elle.


Il plaça une main près de la blessure.


Puis la chair de sa paume s'ouvrit.


De petites créatures démoniaques émergèrent et se pressèrent contre la plaie. Incomplètes, luisantes, à peine formées, elles glissèrent sous ses doigts comme une matière vivante cherchant à combler le trou.


La première tenta de s'y fondre.


Elle toucha la lumière verte.


Et se désagrégea avant même d'avoir pénétré la chair.


Naraku en envoya une seconde.


Puis une troisième.


Toutes moururent de la même manière.


La plaie demeura ouverte.


Le vert continuait de brûler tout ce qui cherchait à rejoindre le corps de Mayoiga.


Il comprit.


Bakusaiga ne détruisait pas seulement la chair.


Elle refusait la reconstitution.


Elle refusait la fusion.


Tout ce qui était de lui, tout ce qu'il aurait pu y envoyer, se dissolvait au contact de cette lumière. Comme si la lame avait inscrit dans la blessure même une frontière que sa propre nature ne pouvait franchir.


Les doigts de Naraku se crispèrent.


- Cela ne devait pas arriver.


Sa voix était basse.


Presque adressée à lui-même.


Le miasme s'épaissit sous sa main. Il comprima la lumière verte, l'étouffa sans l'éteindre. La destruction ne disparut pas. Elle ralentit seulement.


Il ne pouvait pas la guérir.


Seulement empêcher la blessure de gagner plus loin.


Un silence passa.


- Sesshōmaru n'aurait pas dû pouvoir faire cela.


Naraku baissa les yeux vers le visage de Mayoiga.


- Je croyais qu'il t'aimait.


Sa voix resta calme.


Mais quelque chose, dessous, avait perdu sa certitude.


Mayoiga ouvrit faiblement les yeux.


Son visage était couvert d'une sueur froide. Sa respiration semblait trop courte. Pourtant, son regard trouva le sien.


Elle le fixa un instant. Un sourire presque imperceptible passa sur ses lèvres.


- Tu as peur, Onigumo.


Naraku ne répondit pas.


Il ne bougea pas non plus.


Et ce silence suffit.


Le sourire de Mayoiga demeura encore une seconde.


Puis ses paupières retombèrent.


So1wn corps céda davantage contre lui.


Naraku la retint.


Sa tête glissa près de son cou, lourde, inconsciente. Une mèche noire resta collée à sa tempe humide.


Il la regarda.


Ses yeux clos. La ligne pâle de ses lèvres. Les marques bleues qui barraient encore ses joues.


Ces mêmes marques qui, autrefois, avaient arrêté le regard d'Onigumo la première fois qu'il l'avait vue, avant même qu'il sache son nom.


Naraku la contempla encore.

Son bras se referma davantage autour d'elle.

Comme s'il craignait qu'on puisse la lui arracher.


Un bruit léger troubla la salle.


La porte coulissa.


Kanna se tenait à quelques pas, son miroir serré contre elle.


Naraku ne tourna pas la tête.


- Pas maintenant.


Kanna ne répondit pas.


Mais elle ne bougea pas davantage.


Elle leva légèrement le miroir.


La surface s'y troubla, presque d'elle-même, comme si l'image avait trop d'urgence pour attendre.


Naraku se tut.


Puis son regard glissa vers le miroir.


Une grotte. Des parois sombres. L'ancienne caverne où Onigumo avait jadis reposé.


Kikyō se tenait là, droite et silencieuse, les shinidamachū glissant autour d'elle.


Dans sa main refermée brillait un fragment.


Le dernier.


Naraku demeura immobile un instant.


Ses yeux quittèrent le miroir.


Revinrent à Mayoiga.


La lumière verte brillait sous le tissu déchiré.


Il calcula.


Puis il glissa une main sous les jambes de Mayoiga. L'autre se referma derrière son dos. Il la souleva d'un mouvement lent et précis, comme on déplace quelque chose de fragile.


Son bras inerte retomba contre lui, près de son cou.


La brume violette monta.


Naraku avait disparu. Mayoiga avec lui.


Le miasme se dissipa au pied d'un grand arbre.


La nuit était presque tombée.


Plus bas, au-delà des troncs, quelques lumières tremblaient à la lisière d'un village. Plus loin encore, une colline s'ouvrait sur l'entrée sombre d'une grotte.


Naraku demeura immobile.


Mayoiga était toujours dans ses bras.


Sa tête reposait contre l'armure pâle de son torse, près du col bleu clair de son kimono. L'œil rouge enchâssé dans la plaque demeurait ouvert, fixe, indifférent à ce qu'il portait.


Mayoiga ouvrit les yeux.


Pas entièrement.


Son regard remonta lentement le long du cou de Naraku, puis vers la ligne de sa mâchoire.


Puis l'odeur du miasme lui revint.


La blessure.


Bakusaiga.


Sesshōmaru.


Ses doigts bougèrent à peine contre le tissu bleu.


Naraku baissa les yeux vers elle.


Son regard resta fixé sur son visage un instant.


La grotte d'Onigumo attendait dans l'ombre derrière les arbres.


- Le dernier fragment est là, dit-il.


Mayoiga ferma les yeux de nouveau.


Elle avait compris.

Un sourire faible, sans joie, passa sur ses lèvres.


Naraku regarda la grotte au loin.


---


Dans la grotte, Kikyō leva son arc.


Les shinidamachū glissaient lentement autour d'elle, pâles dans l'ombre froide. Le dernier fragment de la Perle brillait contre sa paume refermée.


Une forme apparut à l'entrée.


L'apparition portait la fourrure blanche et le masque de babouin.


- Tu choisis de m'attendre ici, Kikyō. 


Kikyō ne répondit pas.

La corde de son arc se tendit.


L'apparition inclina légèrement la tête.


- Dans cette grotte.


Sa voix était douce.

Presque légère.


- L'endroit où tu as décidé qu'Onigumo méritait encore de respirer.


Le visage de Kikyō resta immobile.


- Oui.


L'apparition fit un pas.


- Dis-moi.


La voix de Naraku s'abaissa, un sourire plus franc se dessina sous le masque.


- Quand tu regardes ce que je suis devenu, regrettes-tu d'avoir laissé vivre ce brigand ?


- Je ne regrette pas d'avoir soigné un homme blessé.


Le sourire de l'apparition s'effaça à peine.


Kikyō poursuivit, la voix égale :


- Tu es né des désirs d'un homme brisé.


Son regard resta fixé sur le masque.


- Pas de ma pitié.


La fourrure blanche frémit dans le courant froid venu de l'entrée.


L'apparition fit un autre pas.


L'arc de Kikyō se tendit davantage.


- Vas-tu encore me remettre docilement le fragment...


La voix de Naraku glissa dans l'ombre.


- Ou faut-il que je le prenne de force ?


Kikyō le regarda sans colère.


- Je te le donnerai.


L'apparition s'immobilisa.


- À condition que tu viennes toi-même.


Un silence.


Puis un rire très léger passa sous le masque.


- Tu me demandes d'entrer dans la grotte où Onigumo a été dévoré, devant ton arc, pour recevoir le dernier fragment de la Perle.


- Oui.


- Tu comptes sur mon orgueil.


- Sur ton avidité, plutôt.


Kikyō ne baissa pas son arme. Elle poursuivit.


- Je croyais que tu n'avais rien à craindre de moi.


Le silence se fit plus froid.


L'apparition pencha légèrement la tête. Sous le masque, on ne voyait pas ses yeux, mais le sourire disparut.


Kikyō poursuivit :


- Mon corps d'argile peut attendre.


La phrase resta suspendue dans l'air.


Très loin, hors de la grotte, Naraku baissa les yeux.


Mayoiga était immobile contre lui.


Sous le tissu violet déchiré, la lumière verte rongeait encore le trou dans son ventre. Sa respiration était trop courte, trop inégale.


Dans la grotte, l'apparition se tenait toujours face à Kikyō.


Naraku la regarda une seconde encore.


Puis quelque chose se décida en lui, calmement, sans hésitation visible.


Une membrane translucide se forma autour de lui et de Mayoiga, une onde dans l'air nocturne. 


Il avança.


La brume violette glissa jusqu'à l'entrée de la grotte.


Kikyō sentit la présence avant de la voir.


Cette fois, ce n'était plus une ombre.


Naraku apparut devant elle.


Mayoiga était dans ses bras.


Le bouclier ondulait autour d'eux, mince et vivant, traversé de reflets sombres.


Kikyō garda son arc levé.


Naraku la regarda.


Puis son regard descendit vers le fragment qui brillait dans sa main.


La grotte demeura silencieuse.


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