JoJo's Bizarre Adventure : Lost Baby

Chapitre 115 : Crazy on You (partie 3)

1631 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 28/03/2026 20:50


Marseille, 1er décembre, 11h44


Malgré la vingtaine de jours qui la séparait du solstice, cette journée avait paru une des plus longues de sa vie pour Guido Mista, bras droit du boss de la Passione. Il avançait sur le bord du port où les énormes monstres marins venaient vider leurs entrailles métalliques des tonnes de marchandises qu’ils avaient avalées. Le consigliere s’éloigna prudemment des quais et de leurs témoins potentiels, baladant leurs regards accusateurs. Après plusieurs minutes à serpenter entre les titans oxydés, l’italien atteignit un endroit désert. Il sortit un vieux papier de sa poche sur lequel étaient écrits, avec l’écriture toujours élégante du boss, les instructions pour cette mission.


Mista : “Les Bad Boys”... ces gangs de jeunes ont des noms de plus en plus ridicules. 


En dépliant le bas de la feuille, une photographie chiffonnée tomba à terre qu’il ramassa avec précaution. De la même graphie distinguée, des lettres chuchotaient le nom d’une cible : Jean  “Shurik’n” Fragione. Après avoir fourré les documents en sécurité au fond de sa poche, il retira son bonnet fétiche et y cacha son revolver avant de plonger le tout dans sa sacoche. Quelques pas et quelques coups de peigne l’amenèrent devant un gigantesque hangar sous une nouvelle identité. 


Mista : 2 à l’avant et 2 à l’arrière…putain, il fallait qu’il y ait 4 entrées à ce hangar forcément…


Devant une des portes - dont la peinture blanche ne pouvait que se deviner sous les couches de graffiti et d’usures -, un vieil homme en habits de marin rapiécés était en train de fumer une cigarette. Mista prit une inspiration pour parfaire son rôle et s’adressa à son futur informateur.


Mista : Bonjour, Monsieur…excusez-moi de vous déranger. Est-ce-que vous auriez aperçu cet homme ? 


Le vieux loup de mer, visiblement suspicieux, ne prononça aucun mot et se contenta de faire bouger sa cigarette de haut en bas pour faire signe à Mista de déguerpir. Mista s’attendait à ce type de réaction, c’était le signal pour faire parler ses révisions et son jeu d’acteur.


Mista : Ca m’embête de vous demander ça…mais c’est mon beau-frère, il s’est marié il y a deux mois. Je venais le voir parce que c’est son anniversaire demain donc je voulais passer un peu de temps avec ma sœur Giulia et lui.

Au moment de l’évocation du nom “Giulia”, les traits du vieil homme se desserrèrent et sa voix chantante déclama les mots de la langue de Pagnol. 


Vieil homme : Oh mais vous êtes le beauf’ de ce cher Shurik’ ! On l’appelle comme ça parce qu’il a toujours voulu être une star mais qu’il est pas mal tranchant et…que c’est clairement pas une lumière ! 


Le marin poussa un rire gras en se tenant à l’épaule de son interlocuteur, le faisant crouler. Mista conservait les mimiques gênées de son personnage tout en jubilant intérieurement d’avoir réussi à percer la défense ennemie. L’italien suivit son nouveau guide vers l’intérieur du hangar où de gigantesques tapis roulants amenaient des colis uniformes vers des employés en uniforme terne qui les accablaient d’étiquettes impersonnelles. 

Avec un grand sourire, le vieil homme pointa du doigt un jeune homme assis à son poste de travail comme tous les autres travailleurs robotiques. Le fameux “Shurik’n” leva la tête, sourit à la vue du visage familier mais se décomposa à celle du visage de son prétendu beau-frère. La cible abandonna son poste et se précipita en trombe vers la sortie du bâtiment. Mista s’empressa de se lancer à ses trousses, slalomant entre les tapis roulants tout en fouillant son sac pour retrouver ses deux porte-bonheur. Le mafieux en vissa un sur sa tête et empoigna l’autre pour mettre sa cible en joue. 

Le course-poursuite prit fin quand, profitant de l’angle avantageux d’un tas de colis, le fuyard disparut du champ de vision de Mista. Quand le poursuivant atteignit ce même point, il fit face aux deux sorties potentielles que sa cible aurait pu emprunter. Sans prendre le temps d’y réfléchir, il prit celle de gauche et atterrit à l’arrière du bâtiment, débouchant sur un dédale de containers entreposés. Derrière le grillage qui le séparait de l’autre porte, une silhouette reprit sa course, quittant la protection du baril derrière lequel il se dissimulait. 


Mista : Quelle poisse…


Mista fit un geste pour qu’un des Pistols se positionne au-dessus du grillage. Dans un même temps, il tira une salve de trois coups qui rebondirent, comme un laser sur un miroir, vers l’autre côté. Quand il comprit que ça ne servirait à rien, le tireur d’élite plaça son revolver entre ses dents et grimpa avec difficulté en haut du grillage pour se jeter de l’autre côté. 


Mista : Où est-ce-qu’il est passé ?! 


Après quelques secondes d’attention, les yeux de Mista, maintenant habitués à l’obscurité grisâtre des container et du goudron, se tournèrent vers une touche de couleur qui débordait de la fadeur d’un container bleu oxydé. Le consigliere repartit les troupes de son Stand tout autour de sa jeune proie haletante pour lui couper toute voie de fuite. 

Sans que le pauvre “Bad Boy” ne puisse voir la moindre chose venir, la punition de la Passione s’abattit sur lui sous la forme d’une balle transperçant son épaule. Mista n’eut plus qu’à venir cueillir le fruit de son forfait, lui lançant un regard plongeant qui ne laissait aucun doute sur sa supériorité. Il attrapa le blessé au col et le plaqua contre le container.


Mista : J’imagine que, vu la vitesse à laquelle tu t’es enfui, tu sais pourquoi je suis là ?


Mista positionnait stratégiquement son bras contre la pomme d’Adam de l’interrogé afin qu’il ne puisse jamais reprendre son souffle tout en pouvant murmurer ses réponses.


Shurik’n : N-non, j’en sais rien…


La force pressante sur la trachée du jeune homme s’intensifia, signe que la réponse ne plaisait pas à son interlocuteur.


Mista : J’aimerais savoir ce qui a pris à votre petit gang d’ados de se décider à se la jouer solo sans en référer à nous ! T’as de la famille à Naples, pas vrai ? Tu devrais savoir ce qui arrive à ceux qui trahissent la Passione ! Est-ce-que ce foutu Comité qui vous a proposé un arrangement ?! Ils veulent démarrer une guerre ?! 


Shurik’n : J-je vois pas du tout de quoi vous parler…


Mista donna une violente gifle au jeune homme, peignant le container d’une traînée rouge vive. D’un mouvement agile, il fit glisser son téléphone dans sa main libre tout en maintenant son emprise. 


Mista : Colis réceptionné. Tout est en ordre ? OK. 


Le mafieux rangea son téléphone et d’un mouvement de pied poussa le rebelle vers le sol. Il lui prit les deux poignets et les attacha entre eux avec un collier de serrage. Avec difficulté - et sous la menace d’une arme à feu -, le prisonnier arriva à se relever et marcha quelques pas avant de trébucher. 


Mista : Écoute-moi bien… Tu vas commencer par me montrer où toi et tes potes cachent l’argent. Je récupère la part qui revient à la Passione. Je rajoute 200 000 pour mes frais de déplacement.  Demain, vous allez tous gentiment lécher les pompes de notre Capo marseillais et tout le monde s’en tirera en bonne santé avec de chouettes histoires à raconter. 


Dans la panique, Shurik’n hocha rapidement la tête sans se retourner. Il avança prudemment vers un hangar, légèrement à l’écart des autres. Le captif et son geôlier pénétrèrent tous les deux à l’intérieur du bâtiment sombre. Une certaine appréhension se lisait sur le visage de Mista. 


***


Assise en tailleur sur le toit d’un immeuble qui faisait face au vieux port, une silhouette drapée dans une cape noire regardait à travers des jumelles tout en buvant un grand verre de pastis par l’interstice de son masque de chat. Le fantôme prit le téléphone à usage unique qu’elle avait posée sur le sol et composa le numéro.


??? : Baal, est-ce-que tu m’entends..?


Baal : Byleth ? C’est toi ?! Attends, qu’est-ce-que tu fais sur cette fréquence, tu étais censée…


Byleth : C’est exceptionnel. J’avais quelque chose à régler. Ne pose pas de questions inutiles, ça m’agace déjà assez de devoir lui rendre encore service. 


La jeune femme soupira et avala un nouveau verre. Elle se leva et laissa tomber une allumette. Lentement, la faible flamme suivit la traînée d’alcool soigneusement tracée pour former les lettres C.R.A.Z.Y.O.N.Y.O.U. 


Byleth : Je n’ai pas de temps à perdre. Dis-lui simplement que…


À travers ses jumelles, à plusieurs kilomètres de distance, la paisibilité du vieux port fut brisée, dans un ironique silence, quand un hangar, légèrement à l’écart des autres, explosa. 


Byleth : “L’archiduc est décédé.”



Albert Foster,  57 ans - mort 

William Djuna, 45 ans - blessé

Juliette Davies, 27 ans - morte



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