Le Revers de L'Infini - Tome 4 : Infini

Chapitre 4 : Le Silence et la Traînée Blanche

1952 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 03/01/2026 20:15

[ NOTE ]


Avant d’avancer… assure-toi de ne rien avoir laissé derrière toi. Si tu sautes un chapitre, tu perdras plus qu’un détail.

Yuta Okkotsu





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A l’extérieur du domaine, une onde d’énergie a traversé l’atmosphère comme une lame invisible. L’air frémit. Un frisson parcourt le camp tout entier. Les projecteurs tremblent, les câbles vibrent contre les murs, et pendant une fraction de seconde, même les sceaux de protection tracés à la hâte semblent hésiter, comme s’ils cherchaient à se recalibrer.


Jun relève la tête d’un coup, la main déjà crispée.

— Vous avez senti ça ?


Le vent change brutalement de direction. Pas plus fort. Juste… différent. Chargé. Presque lumineux.


Yaga ne répond pas tout de suite. Ses yeux se ferment un instant, comme s’il écoutait quelque chose que les autres ne perçoivent pas encore. Puis un mince sourire fend son visage fatigué.

— Je crois que Gojo est de retour…

Il rouvre les yeux.

— Mais pas seul.


Jun fronce les sourcils, un pas en avant.

— Comment ça, pas seul ?


Avant que Yaga ne réponde, Maki s’avance depuis l’arrière du groupe. Elle s’est figée, les poings serrés, le regard tourné vers l’horizon déformé par la barrière du domaine. Son instinct hurle.

— Ouais… murmure-t-elle.

Elle ferme brièvement les yeux, comme pour caler sa perception, puis les rouvre, plus tranchants.

— Yaga a raison.

C’est pas juste lui.

Elle inspire lentement.

— Cette énergie… elle est plus stable. Plus dense. Mais aussi… amplifiée. Comme si quelqu’un lissait l’Infini de l’intérieur.


Un silence suit. Même Panda cesse de bouger.

— Y’a quelque chose… ou quelqu’un… qui le renforce, conclut-elle. Et c’est pas Sukuna.


Jun déglutit, une lueur mêlée d’espoir et de tension dans le regard.

— Alors faut en profiter, non ? Si la barrière réagit, si le domaine est perturbé… on tente une entrée.


Toge, resté assis jusqu’ici, redresse lentement la tête. Sa main glisse vers sa gorge encore endolorie. Il avale difficilement avant de parler, chaque mot pesé.

— …Épicé…

Il lève les yeux vers Yaga. Son regard est sérieux. Avertisseur.

— Renfort… Puissant.


Yaga hoche lentement la tête. Ses bras restent croisés, mais sa posture a changé. Plus tendue. Plus prête.

— Pas encore.

Il désigne la barrière du menton.

— Chaque vibration. Chaque micro-faille. On les note toutes. On observe. Si Gojo force trop vite, on risque de se faire rejeter… ou broyer.

Il marque une pause.

— Mais si cette amplification continue… Alors oui. Le domaine finira par respirer.


Maki serre la mâchoire, un éclat dur dans les yeux.

— Et à ce moment-là… on sera prêts.


Le vent souffle à nouveau. Plus chaud. Plus clair. Quelque chose, là-dedans, est en train de basculer.


Jun s’approche de Toge, plus lentement que tout à l’heure. Son agitation est retombée, remplacée par une attention presque tendre. Elle se penche légèrement pour être à sa hauteur, scrutant son visage pâle, sa gorge encore marquée.

— Ça va mieux ta voix ?


Toge relève lentement les yeux vers Jun. Son regard est fatigué, mais clair. Un sourire discret, presque timide, traverse son visage avant de disparaître. Il inspire prudemment.

— Algues… salées.

Il hoche doucement la tête, comme pour appuyer ses mots.

— Je… tiens.


Jun laisse échapper un souffle qu’elle ne savait pas retenir. Elle acquiesce, rassurée sans l’être complètement. Elle pose une main légère sur l’avant-bras de Toge. Un geste bref, mais chargé.

— Fais attention à toi… d’accord ?


À quelques pas de là, Jin fait claquer son poing enflammé dans sa paume. Une étincelle fuse, aussitôt étouffée. Son sourire est nerveux, affamé.

— Franchement… ça commence à me chatouiller, cette histoire. Trop de tension, pas assez d’action.


Panda grogne en croisant les bras, massif, ancré dans le sol comme un rempart vivant.

— Si Gojo est là-dedans à pleine puissance, ça va secouer sévère… Le domaine va pas aimer.

Il balaie le groupe du regard, sérieux pour une fois.

— On devra bouger à la seconde près. Pas après. Pas pendant. À l’instant où une brèche s’ouvre.


Jun se redresse, tourne la tête vers son frère. Son sourire revient, plus dur, presque féroce.

— Et quand on rentre… On la massacre.


Maki, jusque-là silencieuse, se redresse d’un coup. Sa posture est déjà celle d’un départ. Elle ajuste son arme, teste son équilibre malgré la douleur encore présente dans son bras.

— Je vais faire un tour. Si quelque chose bouge… je reviens.


Yaga la regarde partir, le visage fermé. Sa voix la rattrape, plus basse qu’un ordre, plus proche d’un aveu.

— Prudence, Maki…


Toge murmure dans son dos, comme un souffle porté par le vent.

— Saumon…


Jun suit Maki du regard tandis qu’elle s’éloigne entre les ruines.

— Elle est solo…


Un soupir échappe à Yaga. Il n’aime pas ça. Pas du tout.

— Panda…


— J’y vais !

Le colosse n’attend pas la fin de la phrase. Il se met en mouvement aussitôt, lourd et rapide à la fois, fonçant dans la direction qu’a prise Maki pour la rattraper.


Le camp retombe dans une tension vibrante. Tous savent que le prochain signal… ne laissera aucune place à l’hésitation.


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A l’intérieur du domaine, Yuta, lui, avance prudemment dans les décombres du domaine fracturé. Chaque pas soulève une poussière pâle, presque lumineuse, vestige d’un espace qui n’aurait jamais dû exister. L’air est instable, encore chargé d’échos résiduels, comme si le lieu hésitait entre s’effondrer pour de bon… ou se recomposer. Puis il la voit.


Aya est assise un peu à l’écart, dos voûté, silhouette minuscule au milieu du chaos. Elle serre sa peluche contre son ventre comme on s’accroche à une dernière ancre. Autour d’elle, la lumière est faible, presque éteinte, réduite à un halo tremblant qui peine à exister. Ce n’est pas une aura défensive. C’est un reste. Une braise.


Yuta ralentit aussitôt. Il s’approche sans bruit, comme s’il craignait de la briser rien qu’en marchant trop fort. Il s’agenouille à côté d’elle, posant un genou au sol, à sa hauteur. Son regard est doux, mais jamais distrait, prêt à réagir à la moindre menace.

— Aya… c’est moi, Yuta.

Sa voix est calme, basse. Ancrée. Il balaie brièvement les alentours du regard, réflexe de survie, puis revient à elle. Toujours elle.

— Tu n’es pas seule. Je suis là pour toi. Tu peux te lever ?


Aya met un instant à réagir. Comme si les mots devaient traverser une couche épaisse avant de l’atteindre. Puis elle lève doucement les yeux vers lui. Ils sont ternes, fatigués, mais encore vivants. Trop vivants pour tout ce qu’elle a encaissé.

— Tu… tu es vraiment là… ?

Sa voix est faible, presque incrédule. Pas une question stratégique. Une question humaine.


Yuta hoche lentement la tête, sans la quitter des yeux.

— Oui. Je suis là. Et on doit bouger, vite. Je te couvre.

Il tend la main vers elle. Pas brusquement. Pas comme un ordre. Une invitation ferme, sûre, impossible à mal interpréter. Une promesse silencieuse.

— Viens. Je dois te protéger.


Aya baisse les yeux vers sa main. Ses doigts tremblent. Puis elle regarde à nouveau son visage. Il n’y a ni panique, ni hésitation chez lui. Juste une détermination tranquille, presque rassurante.

— Me protéger… ? murmure-t-elle. Ma projection… elle est avec Satoru…


Yuta ne détourne pas le regard. Il ne réfléchit pas longtemps. Il répond comme une évidence.

— Alors je protège les deux en te protégeant.

Il referme doucement sa main sur la sienne. Son contact est chaud. Réel. Ancré dans ce monde qui tente encore de les broyer. Il l’aide à se redresser sans la brusquer, soutenant son poids quand elle chancelle.


Aya se lève, vacillante, mais debout. Pour la première fois depuis longtemps, ce n’est pas sa propre force qui la tient droite. Et elle ne tombe pas.

— Où sont les autres ? demande-t-elle en chuchotant. Souta… Megumi… ils vont bien ?…

Sa voix se perd presque dans le souffle instable du domaine. Chaque mot semble lui coûter plus qu’il ne devrait.


Yuta resserre aussitôt son soutien. Un bras ferme autour de ses épaules, l’autre prêt à dégainer. Il l’aide à avancer vers un couloir plus étroit, à moitié effondré, où la lumière se fait plus rare. Les parois vibrent faiblement, comme si l’endroit respirait encore.

— Je les ai pas vus, répond-il à voix basse. J’ai juste croisé Gojo… et son aura…

Il marque une pause, choisit ses mots.

— …C’était immense. Différente. Il a changé.


Aya hoche lentement la tête. Ses paupières sont lourdes, mais son regard reste accroché à quelque chose que lui seul ne voit pas.

— Je le vois… murmure-t-elle. Elle est avec lui… Shirosae… Il affronte Sukuna… et elle l’aide, je crois…

Ses jambes fléchissent légèrement. Yuta ralentit aussitôt, adapte son pas au sien sans jamais lâcher sa prise. Elle semble marcher à vide, comme si une partie d’elle était déjà ailleurs, brûlée par l’effort.

— C’est bien… souffle-t-elle. Ça permet de…


Yuta s’arrête net. Ce geste coupe la parole d’Aya. Son regard se durcit, ses sens s’ouvrent brutalement. L’air vibre. Une pulsation courte. Mauvais signe.

— …Ils arrivent.


À l’instant même, une ombre massive se matérialise derrière lui. Rika. Silencieuse, écrasante, ses yeux brillants fixés sur les ténèbres à venir. Yuta resserre son bras autour d’Aya, protecteur.

— Raku bouge ses pions, lâche-t-il. On dévie.

Sans brusquerie, mais sans discussion, il attrape Aya par le bras et la guide dans un autre passage, plus étroit encore, presque dissimulé par des gravats. Ses pas sont rapides, précis.


— Elle a compris…, souffle Aya. Elle me vise moi.


— Ouais, confirme Yuta sans détour. Pas Gojo. Toi.

Il jette un regard par-dessus son épaule, une fraction de seconde à peine, juste assez pour mesurer la pression qui monte.

— Si elle te tombe dessus, il perd son soutien et Sukuna redevient une menace réelle du domaine. Alors on la devance. Tant qu’on respire, il gagne du temps de son côté.


Aya inspire difficilement. Puis hoche la tête.

— D’accord… Je te fais confiance.

Elle serre sa peluche contre elle, plus fort qu’avant, comme si elle y puisait encore un peu de chaleur.


Yuta ne la regarde pas, mais sa voix est ferme. Ancrée.

— Je te laisserai pas tomber.

Il avance, katana dégainé, Rika flottant derrière lui comme une sentinelle prête à déchaîner l’enfer. Aya suit, vacillante, mais déterminée. Chaque pas est une lutte, mais elle avance quand même.


— Tu sais où sont les autres ? reprend-elle, plus bas. Sho… Rin… Maki ?


Yuta secoue lentement la tête, sans ralentir, les yeux fouillant chaque ombre, chaque vibration suspecte.

— Non. Mais on va les retrouver.


Un battement sourd résonne au loin. Le domaine se resserre autour d’eux. Et pourtant, ils continuent d’avancer…




La suite lundi entre 20h et 22h, si les circonstances me le permettent...

D'ici là... Prenez soin de vous .

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