Kenshi Nomade.
Chapitre 3 : Les leçons du sang et de l’ombre.
846 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 17/02/2026 07:50
Chapitre 3 : Les leçons du sang et de l’ombre.
À Rebirth, on ne parlait pas d’évasion.
Pas à voix haute.
Pas même dans un murmure.
On regardait. On devinait. Et parfois, on comprenait trop tard.
Nomade portait sa charge quand il sentit quelque chose changer dans l’air. Ce n’était pas un bruit. Pas un cri. Juste une tension inhabituelle. Les esclaves ralentissaient à peine. Les gardes, eux, se redressaient.
Il leva les yeux une fraction de seconde.
Trois silhouettes couraient.
Pas vite. Pas assez.
Des esclaves. Deux humains et un Rucheur. Leurs chaînes pendaient, encore attachées, claquant contre leurs chevilles. Ils n’avaient pas fui la nuit. Ils avaient attendu l’aube, croyant naïvement que le chaos du réveil masquerait leur mouvement.
Un sifflement fendit l’air.
Garde de la Nation Sacrée : À terre !
Les gardes se mirent en mouvement. Les arbalètes furent armées presque en même temps. Le premier carreau frappa le rucheur dans le dos. Il tomba en avant, roula sur le sol, tenta de se relever. Le second tir lui traversa la gorge.
Les deux humains hurlèrent. L’un trébucha. L’autre continua de courir, le souffle court, les yeux fous.
Il n’atteignit jamais la porte de sortie.
Quand tout fut terminé, les corps furent laissés là. Bien visibles. Les gardes n’avaient même pas besoin de parler.
Rebirth enseignait toujours par l’exemple.
Nomade reprit son travail sans un mot. Ses mains tremblaient légèrement, mais il contrôla sa respiration. Il avait compté les pas. Le temps de réaction. Les angles morts inexistants en plein jour.
Fuir sans comprendre, c’était mourir devant tout le monde.
Le soir venu, alors que les esclaves étaient entassés dans leurs cages, Surin s’approcha vers la grille de sa cage. Pas trop près. Juste assez pour parler sans bouger les lèvres.
Surin : Ils étaient pressés.
Nomade ne répondit pas tout de suite.
Nomade : Ils étaient morts avant d’avoir franchi dix pas… « Dit-il enfin. »
Surin : « Inclina lentement la tête. » Tu regardais où ils ont échoué.
Nomade : Je regardais pourquoi.
Un silence passa entre eux.
Surin : Quand le moment viendra. « Reprit Surin. » Je veux en être.
Nomade : « Tourna légèrement la tête vers lui, sans le fixer. » Ce moment n’est pas proche.
Surin : Je sais…. C’est pour ça que je te le dis maintenant.
Nomade : « Expira lentement. » Alors écoute. Rebirth ne se force pas. Il se démonte, pièce par pièce.
Les jours suivants, ils ne parlèrent presque pas.
Ils apprenaient.
La discrétion d’abord. Pas celle des ombres héroïques, mais celle des corps fatigués. Nomade montra à Surin comment ralentir sans paraître ralentit. Comment laisser tomber une pierre au bon moment pour couvrir un mouvement. Comment se lever quand un garde regarde ailleurs et surtout, comment savoir quand il regardait ailleurs.
Nomade : Ne bouge pas quand tu en as envie. Bouge quand le monde te couvre.
Surin observa. Imita. Ajusta.
La nuit, ils testaient leurs limites. Quelques centimètres. Une respiration trop forte. Une chaîne mal tenue. Chaque erreur faisait monter le cœur dans la gorge.
Le vol vint après.
D’abord, les morts.
Un chiffon récupéré sur un cadavre traîné hors de la cour. Une lanière oubliée près d’un râtelier. Rien qui manquerait. Rien qui attirerait l’attention.
Surin : Pourquoi pas plus ? « Demanda Surin à voix basse. »
Nomade : Parce que plus, ça se remarque.
Un soir, Nomade tenta autre chose.
Un garde avait laissé tomber une clé. Vieille. Usée. Probablement secondaire. Il la vit briller faiblement dans la poussière, près d’un mur, hors de la lumière.
Il attendit.
Un pas. Puis un autre. Il se pencha, lentement, synchroniser avec un cri lointain. Ses doigts se refermèrent sur le métal froid.
Son cœur battait trop fort.
Il ne partit pas avec.
Il la remit exactement où elle était.
Quand il se redressa, ses jambes tremblaient.
Surin : Pourquoi tu l’as reposée ? « Demanda Surin plus tard. »
Nomade : Parce que je voulais savoir si je pouvais la prendre.
Surin émit un léger cliquetis, équivalent rucheur d’un sourire amer.
Surin : Alors tu peux.
Nomade : Oui. Et maintenant, je sais quand ne pas le faire.
Fin du chapitre 3 : Les leçons du sang et de l’ombre.