Avant que tu ne changes: Akashi X reader
PDV Akashi
La Winter Cup approche.
Chaque jour est un pas de plus vers ce qui doit être une victoire. Pas une option. Pas une ambition. Une certitude.
Le reste n'a pas sa place.
Pas les doutes.
Pas les souvenirs.
Pas elle.
Et pourtant, son visage revient, encore et encore. Son rire avec ce garçon. Ses regards. Cette tension qu'elle fait naître dès qu'elle est là, trop près, trop présente.
C'est une faiblesse.
Et je ne tolère pas la faiblesse.
Je termine mon entraînement en silence, essuyant la sueur sur mon front avec précision, comme si tout pouvait être contrôlé, même ce qui déborde.
Mais ce n'est pas suffisant. Il faut couper court. Maintenant.
Je quitte le gymnase. Traverse les couloirs sans un mot. Je sais où elle est. Toujours dans ce coin du lycée, au calme. Salle de musique. Elle croit que je l'ignore. Elle oublie à quel point je l'ai observée, autrefois.
Je pousse la porte sans frapper. Elle sursaute. Se redresse.
— Seijuro ?
Je ferme la porte derrière moi. Avance de quelques pas. Son regard cherche le mien, inquiet, presque fragile. Elle s'attend à des excuses, à des mots doux, à une main tendue.
Je ne lui offrirai rien de tout ça.
— Tu as un moment ? je demande froidement.
Elle se lève, inquiète. Mais elle hoche la tête.
— Je t'écoute...
— Alors écoute bien, dis-je sans détour. Je ne peux pas me permettre d'être distrait. La Winter Cup est dans quelques semaines. J'ai fait trop de sacrifices pour perdre en route.
Elle fronce les sourcils, surprise.
— Et... c'est moi la distraction, c'est ça ?
Je continue, sans trembler.
— Depuis ton retour, tu occupes trop de place. Dans ma tête, dans mes journées. Ce n'était pas prévu. Et je refuse de compromettre mes objectifs pour... des souvenirs, ou des émotions irrationnelles.
Je vois son regard changer. Se durcir. Mais elle ne parle pas. Alors je continue, tranchant :
— Ce que j'ai ressenti avant n'a plus d'importance. Ce que tu ressens non plus.
Elle encaisse. Un battement de cils. Une inspiration coupée.
— Tu m'as cherchée... pourquoi ? souffle-t-elle. Juste pour me dire de disparaître de ta vie ?
— Pour te remettre à ta place, t/p.
Elle recule d'un pas. C'est léger, mais brutal. Un petit geste qui en dit long.
— Tu te rends compte de ce que tu dis ? Ce que je suis pour toi, ça ne compte plus ?
— Je suis un capitaine. Un meneur. Un gagnant. Je n'ai pas besoin de complications personnelles.
— Donc moi, je suis quoi ? Une complication ?
Elle essaie de garder la tête haute, mais sa voix tremble. Je vois sa gorge se serrer. Son regard se brouiller. Et malgré moi... je ressens quelque chose.
Mais je le piétine.
— Tu es un souvenir, t/p. Rien de plus.
Elle reste figée. Je n'ai jamais vu autant de douleur dans ses yeux. Même quand elle est partie.
Et là, dans le silence qui suit mes mots, elle acquiesce. Lentement. Puis elle recule encore. Ouvre la porte sans un mot. S'arrête juste avant de sortir.
— Tu sais quoi, Seijuro ? Tu peux gagner tous les matchs que tu veux. Mais tu viens de perdre bien plus que ça.
Et elle disparaît.
Je reste seul. Debout au milieu de la pièce. Mon cœur cogne. Pas de colère. Pas de regret.
Juste ce vide glacé que je connais bien.
C'est mieux comme ça.
Pas de faille. Pas de distraction.
Rien ni personne ne doit me faire perdre.