Avant que tu ne changes: Akashi X reader
PDV t/p
— T/p, je te présente Taiga, dit Daisuke avec un sourire. Un ami de longue date.
— Enchantée, dis-je poliment.
Taiga hoche la tête avec un sourire franc.
— Moi aussi. Et voici...
Il s'interrompt en penchant la tête légèrement sur le côté.
— Ah, et voici Kuroko.
Je sursaute, tout comme Daisuke, en voyant un garçon aux cheveux bleu clair apparaître littéralement à côté de Taiga. Je jurerais qu'il n'était pas là une seconde plus tôt.
— Bonjour, dit-il d'une voix posée.
— Bordel, tu m'as fait peur ! lâche Daisuke en riant.
Kuroko se contente d'un léger hochement de tête, comme si c'était une situation courante pour lui.
Après les présentations, nous décidons de profiter de la journée avant de rejoindre l'endroit où nous logerons. Taiga et Daisuke marchent côte à côte, discutant du "bon vieux temps" comme ils disent, visiblement heureux de se retrouver.
Je me retrouve à l'arrière, à la même hauteur que Kuroko. Il marche tranquillement, son regard semblant toujours observer autour de lui, comme s'il repérait des détails que personne ne voit.
— Alors, c'est comment, ton lycée ? J'ai cru comprendre que tu étais à Rakuzan. me demande-t-il soudain.
Je hausse les épaules.
— Pas mal... mais c'est particulier.
Il me lance un regard curieux.
— Tu connais Akashi ? Nous étions amis au collège.
Je fronce légèrement les sourcils à l'entente de ce nom.
— Oui... on se connaît depuis qu'on est tout petits. Mais... il est très différent de l'Akashi que je connaissais.
Kuroko reste silencieux quelques secondes, comme s'il pesait ses mots.
— Il s'est passé quelque chose au collège pour qu'il change autant ? demandé-je finalement, incapable de retenir ma curiosité.
Kuroko ralentit légèrement sa marche, ses yeux fixés devant lui.
— Disons... que oui, répond-il doucement. Mais ce n'est pas une histoire simple.
Ses mots résonnent étrangement, et je sens que ce que je vais apprendre pourrait changer la façon dont je vois Akashi.
Kuroko garde un instant le silence, comme pour décider par où commencer.
Ses pas sont lents, mesurant chaque mot avant qu'il ne sorte.
— Akashi... n'a pas toujours été comme ça. Au début, il était quelqu'un de calme, réfléchi... et surtout, quelqu'un qui veillait sur les autres.
Je baisse les yeux, un pincement au cœur. Oui, c'est exactement comme je me souvenais de lui.
— Mais ensuite, tout a changé, poursuit Kuroko.
Il faisait partie de notre équipe à Teiko, avec ce qu'on a fini par appeler... la Génération Miracles.
Rien que le nom sonne impressionnant.
— On était... imbattables, dit Kuroko, mais il n'y a pas de fierté dans sa voix. Match après match, victoire après victoire... Ça a fini par nous changer. L'ego, la pression... et pour Akashi, c'était encore pire.
Je lève les yeux vers lui, sentant que ses mots vont devenir plus lourds.
— À un moment... quelque chose s'est brisé en lui.
Il a commencé à penser qu'il devait absolument gagner, peu importe le prix... et qu'il devait contrôler tout ce qui l'entourait pour que ça arrive.
Mes poings se serrent malgré moi.
— Donc... ce qu'il m'a dit l'autre jour... cette froideur...
Kuroko acquiesce doucement.
— Il pense que les "distractions" peuvent le rendre plus faible. Et... il ne se permet plus d'être la personne qu'il était avant.
Je sens ma gorge se nouer.
Avant... il ne m'avait jamais considérée comme une distraction. Jamais.
— Mais, ajoute Kuroko en me jetant un coup d'œil, ça ne veut pas dire que la personne que tu as connue a complètement disparu.
Ses mots résonnent en moi, mais je ne sais pas si c'est une lueur d'espoir ou juste une douleur supplémentaire.
Devant nous, Daisuke éclate de rire à une blague de Taiga, complètement inconscient du poids de la conversation que nous venons d'avoir.
La conversation avec Kuroko me trotte encore dans la tête, mais nous arrivons dans un quartier animé de Tokyo et l'ambiance change brusquement.
Des enseignes lumineuses clignotent, des odeurs alléchantes s'échappent des stands de nourriture, et les voix joyeuses des passants se mélangent à la musique de rue.
— Allez, venez, on va vous montrer les meilleurs takoyaki de Tokyo ! lance Kagami, déjà prêt à traverser la rue.
Daisuke lui emboîte le pas en riant.
— Toujours obsédé par la bouffe, à ce que je vois !
Je les suis, un petit sourire forcé sur les lèvres. J'essaie de me laisser porter par la bonne humeur générale, mais mes pensées reviennent sans cesse vers Akashi.
Les mots de Kuroko résonnent dans ma tête : Il pense que les distractions le rendent plus faible...
Autour de moi, le groupe discute avec enthousiasme. Taiga et Daisuke se remémorent leurs matchs d'antan, mimant même certaines actions en pleine rue, ce qui attire les regards amusés des passants.
Kuroko, fidèle à lui-même, marche calmement.
Nous nous arrêtons devant un stand. Taiga commande pour tout le monde, et quelques minutes plus tard, on se retrouve à manger sur un banc, les mains réchauffées par les petites barquettes de takoyaki fumants.
— Alors, c'est pas les meilleurs que t'aies jamais goûtés ? demande Taiga avec un grand sourire.
— J'avoue, ils sont incroyables, répond Daisuke, la bouche pleine.
Je goûte à mon tour et hoche doucement la tête. Oui, c'est bon... mais mon esprit n'y est pas vraiment.
Mon regard se perd dans la foule, et pendant un instant, je me surprends à imaginer Akashi ici, marchant à mes côtés comme avant... souriant comme il le faisait quand on était enfants.
Mais cette image se brise aussitôt, remplacée par celle de son regard froid dans le gymnase.
Je baisse les yeux sur ma nourriture, un mélange amer dans la bouche.
La journée se termine tranquillement dans l'appartement de Kagami.
Installés dans son salon chaleureux, on discute tous les quatre autour de boissons fraîches. Taiga raconte quelques anecdotes de ses années aux États-Unis, Daisuke rebondit avec ses propres souvenirs, et Kuroko, assis discrètement dans un coin, glisse parfois une remarque qui nous fait tous rire.
Mais malgré les éclats de voix et la chaleur ambiante, je sens toujours ce poids en moi.
Un peu plus tôt, les mots de Kuroko sur Akashi ont rouvert quelque chose... et même entourée d'amis, cette petite douleur ne veut pas me quitter.
Au bout d'un moment, je me lève.
— Je reviens... toilettes.
Je traverse le couloir, essayant de me composer un visage neutre.
L'eau froide sur mes mains me fait du bien, mais mon reflet dans le miroir me trahit : mes yeux sont un peu plus sombres que d'habitude.
Je ressors et m'apprête à retourner dans le salon... mais je m'arrête net en entendant mon prénom.
— ...elle a l'air un peu triste, dit la voix grave de Kagami. Tu sais pourquoi ?
C'est Daisuke qui répond, après un court silence :
— Oui... mais disons que c'est compliqué.
Mon cœur se serre. Je sais très bien à qui il fait allusion.
Kagami reprend, direct :
— Il y a quelque chose entre vous deux ?
Un silence.
Je retiens ma respiration, les yeux fixés sur le mur du couloir.
— Honnêtement... je ne sais pas trop, souffle Daisuke.
C'est un peu compliqué, et je ne pense pas que ce soit ce qu'elle veut.
Elle... elle ne va pas très bien en ce moment. Je veux juste être là pour elle. Qu'elle sache qu'elle peut compter sur quelqu'un.
Ses mots me réchauffent et me serrent le cœur à la fois.
Je reste immobile, ne sachant pas si je dois entrer comme si de rien n'était... ou rester encore un peu pour entendre la suite.
Je prends une inspiration discrète avant de franchir la porte du salon.
— Alors, ça va mieux ? demande Kagami avec un sourire.
— Oui, merci.
Je m'installe à ma place, comme si de rien n'était. Les conversations reprennent naturellement, Taiga et Daisuke enchaînent sur une histoire drôle de leur enfance.
Je les écoute à moitié, mon esprit encore accroché à ce que j'ai entendu quelques minutes plus tôt.
Je jette un coup d'œil à Daisuke.
Il rit à une blague de Kagami, le regard brillant, détendu... et je ne peux pas m'empêcher de sourire, doucement, en repensant à ses paroles.
Comme s'il le sentait, il tourne la tête vers moi et m'adresse un petit sourire en retour, presque complice.
La soirée se poursuit dans cette atmosphère détendue. À un moment, Kuroko se lève, saluant tout le monde.
— Merci pour cette soirée, dit-il simplement avant de disparaître, aussi silencieux qu'à son arrivée.
— Bon, il se fait tard, déclare Kagami en s'étirant. Je peux vous installer des futons si vous voulez dormir ici.
— Ça marche pour moi, répond Daisuke.
J'acquiesce aussi.
On aide un peu à ranger, puis Kagami nous installe deux futons côte à côte dans le salon. Les lumières s'éteignent, ne laissant que l'ombre douce de la nuit.
— Hé, murmure Daisuke après quelques minutes.
— Hmm ?
— Pourquoi tu souriais comme ça, tout à l'heure ?
Je me retourne légèrement vers lui, surprise.
— Hein ? Oh... rien de spécial.
Un silence, puis sa voix reprend, hésitante :
— Tu avais entendu... ce que j'ai dit... quand tu étais aux toilettes ?
Je ferme les yeux un instant avant de souffler :
— Oui... et merci.
Il reste silencieux quelques secondes, et même dans l'obscurité, je devine qu'il est gêné.
— ...Bonne nuit, t/p.
— Bonne nuit, Daisuke.
Il s'endort vite, sa respiration devenant régulière.
Moi, je reste éveillée un moment, fixant le plafond invisible.
Je repense à ses paroles, à toutes les fois où il a été là pour moi... et un sentiment étrange me réchauffe la poitrine.
Peut-être que...
Je finis par m'endormir, bercée par cette pensée.
----------------------------------------------------------------
Voilà le chapitre 13, j'espère qu'il vous a plu. Ce chapitre aussi est assez long mais je ne me voyais pas le faire en 2 parties pour des raisons évidente de fluidité et de confort de lecture. Là c'est vraiment une seule et même journée donc je n'aurais même pas sût où couper pour que ce soit logique et que ça s'enchaine bien donc voila!