Avant que tu ne changes: Akashi X reader
Le matin passa presque trop vite, entre un petit déjeuner improvisé et les préparatifs du retour. T/P et Daisuke prirent le train pour rentrer à Kyoto, après que Taïga leur eut lancé une invitation enthousiaste pour la Winter Cup.
— Vous devez venir, leur avait-il dit avec ce grand sourire franc. Ça va être énorme.
T/P avait hoché la tête avec un petit sourire. Daisuke, lui, avait promis d'y réfléchir, mais son regard trahissait déjà qu'il serait de la partie.
Dans le train
L'ambiance entre eux était différente, un peu flottante. Ni tendue, ni totalement détendue : quelque chose de léger, presque fragile, qui planait comme une note suspendue. Daisuke, assis près de la fenêtre, jetait parfois un coup d'œil discret à T/P, sans oser lancer la conversation. Elle, de son côté, se perdait dans ses pensées, le paysage défilant devant ses yeux sans qu'elle le voie vraiment.
Chaque souvenir de la veille revenait en boucle, ses paroles à lui, son sourire maladroit, sa gêne... et tout ce qu'elle avait ressenti en l'écoutant. Elle serra doucement ses mains sur ses genoux, comme pour cacher ce trouble naissant.
Une fois rentrée chez elle, T/P retrouva la solitude familière de son appartement. Pourtant, ses pensées restaient agitées.
Seijuro.
Fallait-il seulement continuer à l'attendre ? À espérer qu'il redevienne ce garçon qu'elle avait connu, celui qui lui avait promis... Il n'est plus le même, se répéta-t-elle, le cœur lourd. Peut-être qu'il ne le serait jamais.
Et pourtant, les mots de Kuroko résonnaient encore dans son esprit. Cet espoir timide qu'il y avait peut-être quelque chose à sauver derrière cette façade glacée. Elle ne pouvait l'ignorer.
Elle inspira profondément.
Non, elle ne renoncerait pas à sa vie pour une promesse brisée. Seijuro avait choisi de changer, mais elle, elle avait le droit de vivre, d'avancer, d'aimer. Pourquoi devrait-elle rester figée dans le passé ?
Son regard glissa malgré elle vers le souvenir de Daisuke, de son sourire franc et maladroit, de sa voix qui résonnait encore.
Elle ferma les yeux.
Elle ne prendrait pas de décision précipitée. Que ce soit avec Seijuro, avec Daisuke, ou seule, elle laisserait les choses suivre leur cours. Mais une chose était certaine : elle refusait désormais de n'être qu'une spectatrice de ses propres sentiments.
Et pour la première fois depuis longtemps, elle sentit une forme de légèreté en elle, comme si un verrou avait sauté.
Le lendemain pdv Akashi
Le soleil filtrait à travers les rideaux tirés de sa chambre. Kyoto s'éveillait doucement, mais Seijuro, lui, était déjà prêt depuis longtemps. Il n'avait pas vraiment dormi, seulement laissé ses yeux se fermer par moments, hanté par des pensées qu'il ne parvenait pas à ordonner.
En traversant les couloirs silencieux de la maison familiale, son pas était droit, presque militaire. Pourtant, une fissure invisible se creusait en lui.
Une fois arrivé en cours, assis à sa place habituelle, impeccable comme toujours, Akashi gardait son masque intact : posture droite, regard assuré, voix mesurée. Pourtant, il ne pouvait empêcher son regard de se poser, fugace, vers la porte d'entrée de la classe. Il le faisait sans même s'en rendre compte, comme si son corps attendait quelque chose que son esprit refusait d'admettre.
Lorsque t/p franchit le seuil, accompagnée de Daisuke, une ombre traversa ses yeux écarlates. Elle riait doucement, un rire discret, mais qui résonna trop fort à ses oreilles.
Il pensa « Pourquoi... ? », pourquoi ce pincement au cœur en la voyant si proche d'un autre ? N'était-ce pas ce qu'il avait voulu, lui qui avait choisi la distance, le contrôle, l'autorité glaciale ?
Son autre voix, celle qu'il croyait avoir enterrée, murmurait au fond de lui.
Elle t'a attendu. Elle a tenu la promesse. Et toi, qu'as tu fais?
Akashi serra son stylo un peu trop fort. La mine se brisa sur la feuille, laissant une trace noire et sèche. Personne ne le remarqua — il se reprit aussitôt, comme si de rien n'était. Mais ses pensées, elles, ne se remettaient pas en place aussi facilement.
Il lui en voulait presque d'être restée la même alors que lui ne l'était plus. Et en même temps, il craignait ce regard clair qui semblait voir derrière son masque, comme autrefois.
Si elle pense pouvoir briser ma nouvelle résolution... elle se trompe. Personne ne m'écartera du chemin que j'ai choisi. Pas même elle.
L'après-midi avançait doucement, le soleil hivernal diffusant une lumière pâle sur la cour extérieure du lycée. T/p et Daisuke marchaient côte à côte, leurs pas tranquilles, leurs rires étouffés se mêlant aux bruits des élèves dispersés. L'air était frais, et leur complicité semblait réchauffer un peu l'atmosphère.
Au détour d'une allée, deux silhouettes familières apparurent : Akashi, impeccable comme toujours, accompagné d'Hayama qui affichait son sourire énergique habituel. Ils se dirigeaient vers le gymnase pour l'entraînement.
Hayama, remarquant T/p et Daisuke, ralentit aussitôt et s'arrêta devant eux.
— Oh, salut vous deux ! lança-t-il avec son ton enjoué. Vous savez que la Winter Cup arrive bientôt ? Ça nous ferait plaisir que vous veniez nous encourager !
T/p échangea un regard rapide avec Daisuke avant de répondre :
— Bien sûr, on viendra.
Daisuke hocha la tête, sourire léger aux lèvres. Hayama semblait ravi de cette réponse et, avant de repartir, il ajouta d'un ton presque taquin :
— Vous êtes mignons, vous deux. Je vous vois souvent ensemble dans le lycée, vous faites un joli couple.
Les mots flottèrent une seconde dans l'air, et T/p, sans hésiter, resserra son bras contre celui de Daisuke. Un sourire tranquille se dessina sur ses lèvres tandis qu'elle regardait Hayama, sans chercher à nier ni à corriger la remarque.
— Merci, répondit-elle simplement.
Hayama, satisfait, se remit en route avec Akashi. Mais alors qu'ils s'éloignaient, il ne put s'empêcher de glisser à mi-voix :
— Avoue, toi aussi tu trouves qu'ils vont bien ensemble, non ?
Aucune réponse. Akashi avançait droit devant, son regard fixé sur le chemin, mais son esprit ailleurs. La scène repassait en boucle dans sa tête. Le sourire de T/p, ce geste presque instinctif d'attraper le bras de Daisuke, cette absence de démenti... Pourquoi ? Pourquoi avait-elle réagi ainsi ? Était ce par jeu ? Par provocation ? Ou simplement... parce qu'elle s'en moquait ?
La voix d'Hayama se perdit derrière lui, mais ses pensées, elles, restèrent obstinées. Un doute amer s'installa au creux de son esprit : et si elle commençait vraiment à tourner la page ?