Avant que tu ne changes: Akashi X reader

Chapitre 15 : L'écho du cœur

702 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 04/02/2026 23:09

Le soir, la maison Akashi baignait dans un calme cérémonieux. La grande salle à manger, éclairée par la lueur diffuse d'un lustre, ne résonnait que du tintement des couverts contre la porcelaine. Seijuro mangeait en silence, dos parfaitement droit, gestes maîtrisés, comme s'il participait à un rituel immuable.


Face à lui, son père, impassible, observait sans mot dire. L'atmosphère pesait, étouffante, jusqu'à ce qu'une voix grave brise enfin ce silence de verre.


— Seijuro... J'ai cru entendre dire que t/p était revenue au Japon. Et qu'elle étudiait à Rakuzan.


La main du garçon resta suspendue un instant au-dessus de son assiette, mais il se reprit aussitôt, imperturbable.


— Oui, répondit-il simplement.


Le regard acéré de son père se plissa légèrement.

— Comment va-t-elle ? Et pourquoi n'est-elle pas passée nous voir ?


Seijuro reposa calmement ses baguettes, son ton mesuré comme s'il récitait une vérité apprise.

— Elle avait l'air d'aller bien. Mais elle n'est pas venue parce que nous avons changé... et que nos chemins se sont séparés.


Un silence. Puis le père esquissa un souffle bref, presque ironique.

— Ta mère, de son vivant, l'adorait. Elle disait qu'elle était une enfant agréable, souriante... pleine de vie. Je me souviens qu'elle disait que tu semblais toujours heureux lorsqu'elle était là.


Le regard de Seijuro resta figé, mais ses doigts crispés trahirent une tension contenue.

— Pour ma part, poursuivit son père, je n'ai jamais compris cet attachement. Elle ne faisait que te distraire, t'éloigner de ta réussite. En vérité, c'est un mal pour un bien qu'elle soit repartie en France.


Sa voix se fit plus tranchante encore :

— Je suis soulagé de savoir que tu n'as pas repris contact avec elle, malgré son retour. Après tout, le véritable bonheur réside dans la réussite et non pas dans des choses futiles comme des amourettes ou que sais-je. 


Le silence revint, plus lourd encore que précédemment. Seijuro baissa légèrement les yeux vers son assiette. À l'intérieur, son cœur battait d'une manière qu'il n'avait pas ressentie depuis longtemps. Mais ses lèvres, elles, ne laissèrent échapper aucun mot.


Le repas avec son père s'était terminé dans le même silence pesant qu'il avait commencé. Les paroles de ce dernier tournaient en boucle dans son esprit, gravées au fer rouge.

"Elle n'a fait que te distraire. C'était un mal pour un bien qu'elle parte."


Seijuro s'allongea sur son lit, mains jointes derrière la tête, les yeux fixés au plafond. Son père avait raison. Il le savait. Le basket et ses cours devaient passer avant tout. La Winter Cup approchait. Il n'avait pas de temps à perdre avec des souvenirs d'enfant, encore moins avec des émotions inutiles.

Il inspira profondément, ferma les yeux, et laissa le sommeil l'emporter.


Mais dans le noir de son esprit, une autre voix s'éleva. La sienne. Ou plutôt... l'autre lui.


— "Tu peux bien jouer au soldat discipliné tant que tu veux, Seijuro. Mais tu sais très bien que tu mens."


Un reflet de lui-même apparut devant ses yeux, son double — celui qu'il s'efforçait de museler depuis longtemps. Ses yeux écarlates luisaient d'une intensité presque douloureuse.


— "Tu crois vraiment que père a raison ? Que T/p n'était qu'une distraction ?"

Seijuro serra les poings, fronça les sourcils.

— "Elle ne compte plus."

— "Mensonges. Tu étais heureux quand elle était là. Tu le sais. Elle te donnait quelque chose que personne n'y rien d'autre ne t'a jamais offert."


Les images affluaient malgré lui : des rires partagés, des regards complices, sa promesse chuchotée avant son départ.

— "Arrête."

— "Tu peux bien m'ignorer, mais un jour tu regretteras. Tu l'as fais souffrir, et toi aussi. Et ce poids-là... ni la victoire, ni l'excellence ne l'effaceront."



Le silence retomba dans son esprit, étouffant. Seijuro tenta de repousser ces mots, de les enfouir au plus profond. Mais même dans son sommeil, il ne pouvait échapper à ce fragment de lui-même qui refusait d'oublier.


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