La nuit où les étoiles se sont rallumées
Anger, Downset
Je saute sur mes pieds, terrorisé, mais dans mon état, je ne peux rien faire. Je me retrouve plaqué au sol, les pieds et les mains emprisonnés par quatre types.
— Lâchez-moi !
Avec un sourire narquois, le frère de Stenson m’observe, puis s’agenouille à côté de moi, une lueur malsaine dans les yeux :
— J’ai jamais pris un mec. Tu seras le premier. Compte sur moi pour raconter tous les détails à mon frangin, susurre-t-il à mon oreille.
Le monde se réduit à une idée : fuir. Je crie, je tente de mordre, de frapper, puis je perds complètement les pédales quand je sens qu’on s’attaque à mon sweat et à mon jean. Je me débats si violemment que j'arrive à dégager mon pied. J’en profite, le balançant à l’aveuglette. Il atterrit dans quelque chose de dur. Un grognement. Une autre prise disparaît. Je m’arrache à mes agresseurs et cours vers la porte, actionnant frénétiquement la poignée.
Mais rien ne se passe.
— C’est ça que tu cherches ? demande le frère de Stenson en agitant une clé.
C’est la dernière chose que j’entends avant qu’un déluge de coups s’abatte sur moi. Les autres s’acharnent histoire d’être sûrs que je ne tenterai plus de m’enfuir. Déjà dans un sale état à cause de Jardine, mon corps devient un paratonnerre pour la douleur. Je n’arrive même plus à résister quand ils m’écartent à nouveau les bras et les jambes.
Alors je commence à chialer comme un gosse. Sur mes joues, les larmes se mêlent à la sueur et tapissent le sol défoncé dans la cave.
— Au secours ! je hurle.
Mais seul un râle sort de ma bouche.
Faites que ce ne soit qu’un cauchemar, que je me réveille, que…
Au moment où je sens qu’on s’attaque à ma braguette, un son strident éclate à l’extérieur. Celui, caractéristique d’une sirène de police.
De l’extérieur, une voix crie :
— Les flics !
Dans la cave, c’est la panique. Seul Poison semble garder son calme. Il donne des ordres, bref, et quelques minutes plus tard, je suis seul, torse nu, le pantalon à moitié défait. Il faut que je me relève, que je m’enfuie moi aussi, parce que si la police me trouve ici, je me ferai coffrer - blessé ou pas.
Me mettre sur les genoux me demande un tel effort que ma vision se brouille. Je roule ensuite sur le côté, et ce simple geste m’arrache un gémissement de douleur. J’attrape mon pull. Allez. Continuer à bouger.
Je dois y arriver.
C’est alors que j’entends une voix à travers la fenêtre :
— Finn, ça va ? Ouvre-moi.
Et là, je me dis que je nage définitivement en plein délire, parce qu’on dirait la voix de Xander. Pourtant, c’est bien son visage qui se découpe derrière la vitre entrouverte, à moitié éclairée par la lueur dansante de l’ampoule.
— Finn ! Ils peuvent revenir à tout moment.
Qui ? Mes agresseurs ? Les flics ?
— Allez ! me presse-t-il d’une voix de plus en plus fébrile.
Ma bouche laisse échapper un croassement rauque qui aurait dû être un rire, parce que là, c’est la meilleure. Xander voudrait me sauver ? Pas question que je gobe ce mensonge. Je préfère encore finir chez les flics.
— Mec ! On n’a pas beaucoup de temps, je te dis ! Le truc de la sirène a marché, mais ils se rendront vite compte de la vérité.
Là, mon cerveau englué rassemble péniblement les pièces du puzzle et comprend enfin ce qui s’est passé. La police n’est pas ici. C’est Xander qui a dû se débrouiller pour déclencher une fausse sirène. Mais comment savait-il où me trouver ? Et pourquoi voudrait-il m’aider ? Après tout, je lui ai foutu mon poing dans la figure, à la fête.
— Magne-toi ! insiste-t-il.
L’idée que les autres se rendent compte de la supercherie me décide. Avec l’impression de me briser de l’intérieur, je réussis à ramper jusqu’au pied de la fenêtre et me remettre sur mes pieds. Mes jambes tremblent, mais tiennent bon. Là, je saisis la poignée de la fenêtre. Comme pour la porte, rien ne se passe. Merde, il n’y a pourtant pas de clé.
— C’est rouillé, jure Xander.
La seconde d’après, j’entends des voix se rapprocher, en provenance du couloir. Ils reviennent. Mes paumes se couvrent de sueur.
— Ok, recule, lance Xander.
Le temps que je le fasse, il a projeté quelque chose dans la vitre, qui se brise sous l’impact.
Les voix sont de plus en plus proches.
Xander jette ses mains en avant.
— Accroche-toi.
Avec un grognement, il me tire à travers la fenêtre. Mon biceps est à la torture, mais c’est encore pire quand des éclats de vitre fendent la peau de mon ventre au passage.
Lorsque la poignée de la porte s’ouvre, je suis déjà quasiment dehors.
J’ai juste le temps de sentir la dureté du béton sous mes mains que Xander me crie de monter. Monter ? J’aperçois alors la voiture, porte passager ouverte, juste devant moi.
Mon cœur rate un battement.
Est-ce que je peux vraiment lui faire confiance ?
Mais j’aperçois déjà la seule gueule d’un de mes agresseurs, en train de passer par la fenêtre.
Je saute sur le siège.
Claque la porte.
Xander démarre en trombe.
Note de l'autrice Un cliffhanger remplacé par un autre cliffhanger... C'est cadeaaau! Il s'agit de la période des fêtes, après tout, mouahaha! Trêve de plaisanterie, j'espère que ce chapitre express vous a (provisoirement) soulagés, même si Finn en bave. Je l'avoue, j'ai cherché à reproduire la descente aux Enfers du roman original, mais en plus condensé, en reprenant les thèmes principaux. J'espère y être (un peu) arrivée :') Allez, courage! On s'accroche jusqu'au prochain chapitre! Encore merci d'être aussi nombreuses et nombreux à me lire. :D Merci aussi à Hellth pour ses fidèles commentaires =)
PS: Je verrai si je fais une pause pour la semaine de Noël (mais reste ouverte aux réclamations).