La nuit où les étoiles se sont rallumées

Chapitre 12 : NATE

1078 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 26/12/2025 18:04


ATTENTION!

Ce chapitre est destiné aux personnes ne connaissant pas le fandom. Pour les autres, rendez-vous au chapitre précédent (qui est une version alternative de celui-ci, pas de panique). ;) Je révèlerai le pourquoi du comment à la fin de la fic.



- 7 ans plus tard –

- Nate -

 

— … Je prendrai le dessert en forme de bite. Oui, exactement, la banana split. Vous en voyez peut-être d’autres ? Quoique la glace, ça peut se manger en suçant.

Je retiens un gloussement en voyant le serveur piquer un fard. Evidemment, Kenna rajoute une couche, dégoulinante de sous-entendus.

— Oh, j’oubliais… Bien grosses, les deux boules de glace ! Et inondez-moi ça de chantilly, OK ?

L’air de ne plus savoir où se mettre, le serveur se tourne vers moi. Je le plaindrais presque si la scène n’était pas si drôle.

Comme si je me préparais à tourner une scène d’amour, je prends ma voix la plus rauque. L’entrée, le plat, le dessert, je détaille tout en faisant rouler les syllabes sur ma langue, le regard plongé dans le sien jusqu’à ce qu’il se mette à rougir de gêne.

Ma dernière phrase est aussi douce qu’un baiser :

— Je veux que chaque bouchée soit un orgasme.

C’est tout juste s’il ne s’enfuit pas en courant.

Mais il trouve le courage de se tourner vers Kurt, et à ce stade, je dois reconnaître que son sang-froid tient de l’admirable. Malheureusement pour lui, il apprend qu’il y a pire que Kenna et moi.

La rafale de mots part sans avertissement. 

— Scandaleux ! C’est vraiment scandaleux ! tonne Kurt en désignant d’un geste théâtral l’aquarium à l’entrée. Une telle barbarie, ici ! Alors que cet établissement est censé être étoilé !

Je dois dire que je suis impressionné, parce que Kurt semble réellement être hors de lui. Même les clients y croient : plusieurs regards surpris, voire courroucés, se tournent vers nous. Finn aurait adoré s’il avait été là.

Finn…

A nouveau, mon cœur se serre.

Le vide semble immense, aussi béant que celui qui troue ma poitrine, mais il faut que j’arrête de me faire du mal comme ça. Je dois me concentrer sur le moment présent. Alors je scotche un sourire sur mon visage. Je le fixe. Non, je le couds carrément.

— Ces homards, là ! poursuit Kurt. Je suis sûr qu’ils ont été cuits anticonstitutionnellement ! Vous les mettez vivants dans l’eau bouillante, c’est ça ?! Mais ça ne passera pas comme ça ! J’ai fait des études de droit, moi ! J’ai des relations ! Et d’abord, est-ce que vous feriez ça à un humain ?

Il s’interrompt, comme s’il n’existait pas de mots capables de définir tant d’horreur. J’en profite pour glisser la réplique suivante.

— Excusez-le, le sujet est très sensible depuis qu’il a perdu son homard domestique, j’affirme en lui tapotant la main. Ils avaient un lien très spécial, tous les deux et…

— Et moi, je prends un jarret de la ferme sur son lit de légumes du potager, avec son écrasé de pommes de terre, me coupe Jaeger. Pour le dessert, ce sera une tarte façon mamie.

Le serveur s’en va sans demander son reste.

Un grand silence s’installe, tandis que Kenna hausse les sourcils.

— Quoi ? lance Jaeger. La moitié du restaurant nous regardait à cause de Kurt. Et je voulais pas qu’on me vire à cause de vous ! Je… Je vous rappelle que j’ai passé l’âge de tout ça, moi ! J’ai une femme, des enfants…

— Et ton mot, alors ? J’ai pas l’impression de l’avoir entendu, lâche Kenna.

— Vraiment, mêle-toi de tes fesses. J’ai jamais accepté de jouer, moi.

Mais à la place de soupirer, Kenna sort une boîte en osier de son sac à main, comme s’il s’agissait du Saint-Graal, puis y plonge la main avec un sourire de conspiratrice. Je sens qu’on n’a pas fini de rigoler, et cette idée suffit à chasser mes dernières idées noires. 

— Tu accepteras bien de jouer à ce défi-ci, alors. Et je te préviens, c’est la seule manière de te faire pardonner.

Pour couper court à toute protestation, elle me tend la boîte, dans laquelle se trouvent des petits bouts de papier.

Voyant où elle veut en venir, j’en tire un, suivi de Kurt.

Je lis :

« Tu dois raconter très fort ta plus grande honte »


Face à nos regards insistants, Jaeger finit par saisir le dernier défi.

Je m’attends à ce qu’il grommelle.

Sauf que non.

C’est même tout le contraire.



Note de l’autrice Pour celles et ceux qui fêtent, j’espère que vous avez passé un chouette Noël ! Coïncidence, ce chapitre colle à l’ambiance festive du moment, tout en rire et en légèreté. Enfin… quasiment, hein. XD Vous commencez à me connaître^^

J’ai un peu modifié les flash forwards après avoir lu Ces promesses qu’on croyait éternelles (dernier tome de la saga, publié en deux parties), mais j’admets que les personnages pourraient être plus matures… Les faire « retomber » à l’époque du lycée, niveau caractère, reste un caprice trèèèès personnel. ^^

Et que j’ai RI en relisant ce chapitre ! XD Pour la petite histoire, j’ai été inspirée par un dessert à la banane dans un resto à Saint-Etienne, qui ressemblait vraiment beaucoup à une bite^^ Quant au homard, sachez que je n’en mange pas pour une question d’éthique. Imaginer la manière dont Kurt placerait le mot « anticonstitutionnellement » a donc été facile, même si cuire ces pauvres bêtes n’est pas interdit dans la constitution.

PS: Les défis figurant dans les flash forwards m'ont été soufflés par des écrivaines et des fanfiqueuses (coucou Enso! coucou Breakfire!), notamment quand j'ai lancé un appel à idées sur Insta. Je me suis inspirée de ce qu'avaient fait les deux autrices pour rédiger La nuit où les étoiles se sont éteintes. :D






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