Léonie Voit _ Les temps sont durs pour les rêveurs
L'appétit de Léonie pour donner un peu de bonheur aux gens ne cessait de grandir. En parallèle de l'enquête Bretodeau pour Clémence et de sa mission épistolaire pour Marcel, elle s'est mise en tête de faire conclure Colette et son voisin Henri. La tâche s'annonce ardue, mais ça ne l'effraie pas. Il faut maintenant qu'elle monte un plan pour qu'ils se retrouvent à deux, fortuitement, tel un petit coup de pouce que l'on donnerait au destin. Autant dire qu'avec ses journées de service aux Deux Moulins, la jeune rêveuse n'a pas le temps de se reposer sur ses lauriers.
Encore une journée automnale qui se lève sur Montmartre. Le ciel est dégagé, de légers rayons de soleil pointent le bout de leur nez et l'air est agréable. Léonie se dit que ce mardi 25 novembre est parfait pour fomenter une romance entre deux septuagénaires. Et quel endroit serait plus approprié que le mur des "je t'aime" ? Les deux voisins du Canal Saint-Martin doivent s'y retrouver, c'est évident !
Avant de partir pour sa journée de travail au café, Léonie retourne son studio de fond en comble avec l'espoir de trouver un objet en cuir à réparer qui pourrait servir d'appât pour Henri. Au bout de dix minutes à fouiller tiroirs, armoires, patère et autres coffres, elle ne trouve absolument rien de crédible à se mettre sous la dent. Bredouille et l'heure avançant, elle se met en route vers la rue Lepic. C'est en voyant Samir qu'elle est traversée par un éclair de génie : des baskets, voilà ce que l'on va porter à réparer au cordonnier retraité !
__ Hello Samir !
__ Salut Léonie, tu as l'air bien enjouée de grand matin.
__ C'est parce que je viens d'avoir L'idée.
__ L'idée ? Qu'est-ce que tu mijotes encore ?
__Trois fois rien. Juste arranger le coup entre deux retraités qui se regardent amoureusement sans se l'avouer depuis des décennies.
__Rien que ça ! Et je peux savoir qui sont les heureux élus de ta nouvelle mission de sauvetage du monde ?
__Sauvetage du monde, tu y vas un peu fort. Je dirais plutôt qu'il m'arrive d'essayer de mettre un peu d'éclat dans la vie de certaines personnes qui en ont bien besoin. Mais bref, là n'est pas la question. Ce qui compte, c'est qu'aujourd'hui ce ne sera pas MA mission mais NOTRE mission.
__Comment ça NOTRE mission ?
__Samir, tu n'as pas envie de contribuer au bonheur de ton prochain ?
__Oh tu ne m'auras pas à la culpabilité, Sherlock Holmes !
__Keep cool, tu n'auras pas à faire grand-chose. Ecoute au moins mon plan avant de refuser.
__Ok mais ça va devoir attendre parce que la table quatre te réclame et moi j'ai deux lattes spéciaux et un cappuccino à envoyer. Je sens que ce suspense va être insoutenable...
__C'est ça, moque-toi, lui répond Léonie en s'en allant vers la quatre.
Le temps de servir trois autres tables, d'en débarrasser d'autres et de commencer à dresser pour le service de midi, la matinée file comme souvent dans ce café de quartier. Mais Léonie garde bien son objectif en ligne de mire. La confiance en elle, doucement retrouvée, va de concert avec sa détermination. Quand elle a une idée en tête, elle ne l'a pas ailleurs. Elle retente sa chance auprès de Samir avec une voix douce :
__Samir, tu as deux minutes maintenant ?
__Allez vas-y, explique-moi en quoi tu veux que je devienne ton Watson ?
__Colette, l'amie d'enfance de Bretodeau sur la photo, est amoureuse de son voisin d'en face, Henri, depuis une éternité sans jamais avoir osé tenter quelque chose. J'ai l'intuition que le fameux voisin ressent la même chose pour elle. Je voudrais donc provoquer une vraie rencontre en les faisant se retrouver seuls au même endroit au même moment.
__Bien, mais qu'est-ce que je viens de faire là-dedans ?
__Henri était cordonnier. Tu vois où je veux en venir ?
__Pas du tout.
__Bon, je vais être plus claire.
__Je veux bien, merci, dit-il sur un ton ironique.
__Ce serait vraiment super si tu pouvais aller lui déposer une de tes vieilles mais néanmoins magnifiques paires de baskets à faire réparer. Avec, tu lui laisserais un mot sur lequel serait inscrit votre lieu et date de rendez-vous pour qu'il te les remette. Bien entendu, tu ne seras pas au rendez-vous et à ta place il y aura Colette. Simple comme bonjour !
__Mouais... Et quel est ce lieu de rendez-vous qui justifie que je sacrifie une paire de ma précieuse collection ?
__Le "Mur des Je t'aime" au square Jehan-Rictus. Et tu ne sacrifieras rien du tout puisque d'après ce que j'ai entendu dire, Henri était un excellent cordonnier.
__ Mmh...
__Allez, tu dois bien avoir une petite paire qui a besoin de se faire bichonner, non?
__Là, tu marques un point. Et j'avoue que le coup du "Mur des Je t'aime" c'est imparable. D'accord, j'en suis !
__Génial ! Merci Samir ! Tu ne le regretteras pas et ne t'inquiètes pas, je m'occupe de tout !
À partir de ce moment-là, Samir n'est plus seulement serveur au Deux Moulins. Il devient officiellement complice d'une conspiration sentimentale classée "top secret". Et pendant que les cafés continuaient de couler au comptoir, quelque part du côté du Canal Saint-Martin, un cordonnier à la retraite ignorait encore qu'une simple paire de baskets allait bousculer sa routine.
Le lendemain après-midi, Samir se présente devant la porte d'Henri avec, sous le bras, la paire de baskets ayant besoin de bons soins. Il a également emporté le petit mot rédigé par Léonie :
"Monsieur Henri,
Je suis désespéré. Comme vous pouvez le constater, mes baskets ont besoin d'un miracle. Malgré différentes réparations et plusieurs années de bons et loyaux services, je n'arrive pas à m'en séparer. Elles ont une valeur sentimentale car elles ont appartenu à mon grand-père, vous comprenez ?
On m'a beaucoup parlé de vos mains d'or. Accepteriez-vous de vous remettre au travail pour leur porter secours une ultime fois ?
Je vous attendrai ce vendredi 28 à 11h11 au square Jehan-Rictus devant le "Mur des Je t'aime", il parait qu'il porte chance aux bricoleurs de l'âme.
Mille mercis,
Le propriétaire de cette incroyable paire de Stan Smith."
Il dépose le tout dans l'entrée de l'immeuble et sonne chez Henri.
__Oui ?
__Bonjour monsieur, on m'a chargé de vous livrer un paquet. Je l'ai déposé dans l'entrée de l'immeuble.
Samir tourne les talons et s'en va à vive allure pour ne pas être démasqué.
De l'autre côté du canal, Léonie attend son complice assise à la terrasse d'un café. Elle porte des lunettes de soleil et un bonnet pour éviter de se faire repérer au cas où Colette passerait par là. Ses doigts pianotent sur la table et son regard ne quitte pas les déplacements de Samir jusqu'à ce qu'il soit assis en face d'elle.
__Comment ça s'est passé ?
__Impec ! À ton tour maintenant.
Léonie se lève, et marche droit vers la boîte aux lettres de Colette. Elle y glisse une jolie enveloppe fleurie contenant le message suivant :
"Chère Colette,
Si vous deviez dire enfin ce que vous n'avez jamais dit, vous le diriez où ?
Square Jehan-Rictus, ce vendredi 28 à 11h11 par exemple.
Une amie qui vous veut du bien."
Quelques minutes plus tard, Henri descend les trois étages qui séparent son appartement du rez-de-chaussée. Dans l'entrée, il découvre le petit paquet, les baskets et la lettre. Ses yeux accrochent d'abord les chaussures, presque par réflexe professionnel, puis les mots "mains d'or".
Henri lit une première fois, une deuxième. On ne parle pas tous les jours de miracle et de "bricoleurs de l'âme" à un cordonnier à la retraite. À "square Jehan-Rictus", son cœur fait un sursaut qu'il n'avouerait à personne. L'invitation finit pliée dans la poche de sa veste, avec ces choses qu'on fait semblant de ne pas prendre au sérieux.
Ce même soir, de l'autre côté du canal, Colette ouvre sa boîte aux lettres en remontant ses sacs de courses. Entre une facture d'électricité et un prospectus de supermarché, une enveloppe fleurie tranche comme une intruse polie.
Elle lit, relit la question, la date, l'heure. Colette n'a jamais mis les pieds au square Jehan-Rictus, mais elle connaît le Mur des Je t'aime de réputation. Elle rougit toute seule sur le palier, comme si quelqu'un l'avait surprise à rêver. La lettre finit rangée dans le tiroir de sa table de nuit, avec ces espoirs qu'on n'ose plus vraiment appeler des projets.
La première partie du plan roula comme sur des roulettes. À Montmartre, le tandem Sherlock–Watson version café de quartier venait de signer sa première collaboration sans la moindre fausse note.
Le projet "Quand Colette rencontre Henri" étant bien engagé, Léonie peut à nouveau reprendre la fin de l'enquête Bretodeau. Elle est plutôt satisfaite des trouvailles et rencontre que celle-ci a permis mais il faut maintenant boucler la boucle en remettant Clémence au centre. Et pour cette étape finale, elle pense avoir la solution mais ça ne dépend pas que d'elle.
__ Gina, tu accepterais que j'organise une rencontre ici avec toutes les personnes dont j'ai fait la connaissance durant l'enquête Bretodeau ?
__ Bien sûr, ce café est ouvert à tout le monde.
__ Oui, mais je pensais à quelque chose d'un peu plus particulier.
__ Ah. Comme quoi ?
__ Une petite soirée d'hommage à Dominique Bretodeau avec peut-être quelques portraits photo accrochés aux murs.
Gina soudainement enthousiaste :
__ Tu t'es remise à la photo ?
__ Disons que ça revient doucement. Les visages que j'ai croisés lors de l'enquête m'ont touchée. Pour certains, ils sont seuls voire invisibles mais tous authentiques. En les photographiant, j'ai parfois eu l'impression de retrouver ce qui me faisait vibrer quand j'ai choisi ce métier.
__ Mais c'est une excellente nouvelle ça ma petite !
__ Je reste encore prudente, mais oui, je crois bien que c'est une bonne nouvelle.
__ Donc c'est acté, tu organises cette soirée ici. Je veux qu'aux Deux Moulins on soit les premiers à exposer ton talent !
__ Oh merci Gina, c'est trop gentil ! J'avais aussi pensé demander à Hipolito d'écrire quelques textes que l'on pourrait exposer aussi. Tu penses que ça lui ferait plaisir ?
__ Plaisir, sans aucun doute mais de-là à ce qu'il accepte... Il peut être borné parfois ce vieux briscard !
Léonie n'est pas étonnée de la réponse de Gina au sujet d'Hipolito mais elle voit plutôt cela comme un excès de pudeur de la part de l'ex écrivain-poète. Il va falloir la jouer fine pour le convaincre pense-t-elle. Elle attend que le service de midi soit complètement terminé et va le retrouver en cuisine.
__ Délicieux ton plat du jour, Hipolito !
__ Content que mon travail soit apprécié.
__ J'imagine. Ca ne doit pas être évident d'être exposé aux jugements des autres dès qu'un plat sort de cette cuisine.
__ Oh,... on finit par s'habituer, comme à tout le reste.
__ J'ai envie de te croire mais je n'en suis pas encore là. À ce propos, j'ai une faveur à te demander.
__ Je t'écoute.
__ J'organise une petite soirée en hommage à Dominique Bretodeau ici dans quelques jours. L'idée est de réunir les personnes que j'ai rencontrées pendant mon "enquête" pour qu'elles partagent leurs souvenirs avec Clémence.
__ C'est une belle idée.
__ Oui, jusque là tout va bien mais là où ça se corse, c'est que j'aimerais exposer les portraits photos que j'ai pris d'elles mais je ne suis pas certaine d'assumer. Accepterais-tu d'exposer avec moi ?
__ Moi ? Exposer quoi ?
__ Tes textes, tes poèmes... Je suis certaine que tes carnets débordent.
Hipolito ne réagit pas. Un silence pesant s'installe dans la cuisine. Si bien que Léonie se demande si elle ne vient pas de faire une bêtise en voulant raviver l'âme de l'artiste cachée dans le corps du cuistot qu'elle a devant elle.
Au bout de longues secondes qui lui ont semblé être des heures, Hipolito esquisse un petit sourire :
__ Si c'est pour te rendre service, j'accepte. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour aider la jeunesse !__ Merci Hipolito ! Ça me rassure de savoir que je ne serai pas seule à me livrer ce soir-là.
L'écrivain-poète déchu venait de dire oui. Il prétendait le faire pour "rendre service", mais certains services ont la délicatesse de réveiller des parties de nous qu'on croyait définitivement rangées au fond d'un tiroir.
Vendredi 28, Léonie se réveille toute excitée. C'est le grand jour pour Colette et Henri ! Elle jette un coup d'œil derrière les rideaux, heureusement, la météo est avec eux. Elle ouvre son appli météo : Il fait froid, certes mais l'on n'annonce pas de pluie. Le temps parfait pour une petite balade dans un square. Les astres ont décidé de s'aligner. À moins que ce ne soit l'esprit de Dalida qui veille ? Cette pensée la fait sourire. À 9h30 elle est déjà prête à quitter son studio alors qu'elle n'a rendez-vous avec Samir qu'à 10h45. Elle ne tient plus en place. Pour passer le temps, elle vérifie pour la troisième fois si elle a bien tout prévu : la grande enveloppe contenant le mot pour Colette et Henri, le scotch pour la fixer à un banc, la pancarte, son appareil photo, ses lunettes de soleil et son bonnet pour passer incognito. Elle fourre l'ensemble dans un grand tote bag, verrouille sa porte et dévale les escaliers de l'immeuble quatre à quatre. D'un pas léger, elle prend la direction des Abbesses pour rejoindre le square Jehan-Rictus. Le scénario tourne en boucle dans sa tête. En bonne entremetteuse, Léonie ne veut laisser aucun détail au hasard.
10h45, Samir retrouve sa complice devant la grille du square.
__ Regarde, j'ai pris des jumelles avec.
__ Bien vu, Watson !
Ils rentrent ensemble dans le petit parc et repèrent les lieux, cherchent le meilleur endroit pour y disposer la grande enveloppe. C'est capital, il faut absolument que les deux futurs tourtereaux tombent dessus. Ils se mettent d'accord sur le premier banc à droite face au mur. Une fois l'enveloppe scotchée à celui-ci, le duo scrute la meilleure planque pour assister à la scène qui, ils l'espèrent tous deux fortement, se jouera devant leurs yeux dans quelques minutes. Léonie et Samir s'installent au fond, côté ancien Jardin des Abbesses, près des plantes médicinales.
11h00, les dés sont jetés, la tension monte. Léonie sent son pouls accélérer, Samir a les mains moites. C'est fou comme on peut se mettre dans des états pour des histoires qui, en fin de compte, ne nous concernent pas vraiment. Mais n'est-ce pas aussi une preuve de notre humanité ? Sherlock sort son réflexe et zoom au maximum. Watson règle ses jumelles. Ils sont prêts pour ne pas en perdre une miette.
C'est Henri qui arrive le premier, le cordonnier a toujours aimé être à l'avance. Il tient un sac contenant les baskets de Samir dans sa main droite. Il consulte sa montre : il est 11h06. Il regarde autour de lui et comme personne n'a l'air de lui faire signe, il va se poster devant le Mur des Je t'aime.
11h10, Colette fait son entrée. Elle ne prête pas directement attention au mur car elle cherche une femme qu'elle pourrait bien connaître. Le mot qu'elle a reçu était signé d'une amie qui vous veut du bien, c'est donc naturellement qu'elle s'attend à trouver une connaissance perdue de vue. Néanmoins, elle se demande ce qu'elle fait là : C'est quand même ridicule à mon âge de croire à ce genre de messages anonymes, pense-t-elle. Elle s'apprête à faire demi-tour quand elle entend une voix dans son dos crier son nom. Surprise, la dame âgée se retourne et son regard se pose sur Henri.
Léonie retient son souffle en agrippant la main de Samir. Le jeune homme, quant à lui, ne lâche pas ses jumelles qu'il tient de sa seule main libre. Le suspense est à son comble pour les deux spectateurs de ce qui pourrait devenir un des instants les plus romantiques auxquels ils aient assisté.
Peu sûre d'elle, Colette s'approche doucement du mur. Son coeur tambourine dans sa poitrine :
__ Henri ? Ça alors ! Que faites-vous ici ?
__ J'allais vous poser la même question. Pour ma part, j'ai un mystérieux rendez-vous avec un propriétaire de baskets désespéré, lui dit-il en lui montrant le sac d'un air penaud.
Colette ne peut pas s'empêcher de laisser filer un petit rire.
__ Vous êtes jolie quand vous riez.
L'ancienne fleuriste est troublée par ce compliment auquel elle ne s'attendait pas. Elle répond d'une petite voix timide :
__ Merci.
Il plonge son regard dans le sien.
__ C'est sincère.
Puis, il essaye de se redonner une contenance et enchaîne :
__ Mais vous ne m'avez toujours pas dit ce qui vous amène ici.
__ Un élan de courage je suppose.
Henri ne répond pas directement. Il laisse passer un instant de silence et se lance enfin en tendant la main vers celle de Colette.
__ Vous permettez ?
__ Avec plaisir.
Colette, les yeux brillants et le cœur battant, glisse sa main dans celle de l'homme qu'elle a tant espéré. Un petit frisson l'envahit.
Henri ne la quitte toujours pas des yeux. Son regard est doux et enveloppant. Il se rapproche de son visage et lui dépose un petit baiser sur la joue.
À nouveau le temps se fige quelques secondes avant que son amoureuse secrète ne reprenne la parole :
__ On s'assoit un moment ?
Au bout du square, Léonie et Samir regrettent de ne pas avoir le son mais les images qu'ils distinguent suffisent amplement à les remplir de joie.
__ Mission accomplie, mon cher Sherlock !
__ Pas si vite mon bon Watson, ils doivent encore trouver l'enveloppe.
Elle croise les doigts pour qu'ils choisissent le bon banc. Les deux tourtereaux, la tête dans les nuages, s'assoient machinalement sur le premier à proximité.
Intrigués par le bruit du papier écrasé, ils se relèvent et découvrent avec étonnement leurs deux prénoms sur la grande enveloppe blanche.
Colette prend l'initiative, arrache le scotch, ouvre l'enveloppe et lit son contenu à haute voix :
"Très chers Colette et Henri,
La vie nous fait parfois de belles surprises qu'il faut savoir saisir car le temps joue contre nous. Le Mur des Je t'aime que vous avez devant vous en est une belle démonstration. N'attendez plus pour dire aux gens qui comptent que vous les aimez car cela n'apporte que des regrets.
C'est pourquoi, vous êtes cordialement invités à venir célébrer la vie et sa magie autour d'une soirée d'hommage dédiée à Dominique Bretodeau ce samedi 12 décembre à 19h au Café des Moulins.
En espérant vivement vous voir tous les deux,
Une amie qui vous veut du bien.
PS : Henri, prenez les baskets avec. Merci. "
En ce vendredi de fin novembre, au square Jehan-Rictus, personne ne remarqua vraiment les deux silhouettes tapies au fond du jardin, ni le petit frisson qui avait traversé la main de Colette dans celle d'Henri. En rentrant chez elle, Léonie aurait pu se dire qu'elle avait simplement aidé deux voisins à se retrouver. En réalité, c'était bien plus que celà. Elle apportait un peu de bonheur aux autres en empilant les petites conspirations bienveillantes, convaincue qu'un cœur remis en route faisait déjà un peu moins de bruit que la solitude.
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