D'Eau et de Feu
Chapitre 3
Sous un autre ciel étoilé, il y a si longtemps. Cendral ne devait pas avoir plus de cinq ans. Il se trouvait, comme à son habitude, devant sa garnison. Cela faisait déjà un an qu’il avait été enrôlé sous la bannière de la reine Scarlet pour la guerre qui secouait le continent.
Il aimait rester là, loin des tumultes de son régiment, savourant la tranquillité provisoire que la nuit générait. Derrière lui, par la fenêtre du baraquement, il pouvait entendre les autres soldats s'amuser et faire la fête.
— Encore à rêver ? Tu devrais demander à Faucon de te remplacer, on part tôt demain matin pour la bataille.
La dragonne qui avait parlé était de son âge, de couleur rouille, et elle portait son attirail réglementaire avec sa lance ainsi que ses sacoches de cuir noir sanglées aux pattes arrière. Une bouffée de bonheur le submergea comme chaque fois qu'il voyait son amie.
Pyra… la meilleure dragonne que je connaisse.
Le dragon rouge lui sourit, ils se connaissaient depuis leur éclosion. Ils avaient grandi ensemble, s’étaient entraînés ensemble. Il n’avait connu qu’elle, si bien qu’elle représentait tout pour lui. Ses parents ne l'avaient pas élevé car son œuf, comme de nombreux autres, avait été réquisitionné par la reine Scarlet pour garnir son armée.
Et demain… demain, ils allaient combattre ensemble pour la première fois…
Si je dois mourir demain, au moins ce sera en présence de celle qui compte le plus pour moi…
— Ah ! Tu sais bien comment il est la veille des batailles, il doit être avec les autres pour tenter de décuver ! répondit le dragonet.
— M’en parle pas ! Entre les ronflements et les jeux bruyants, tu es mieux à l’extérieur crois-moi !
Elle s’assit à côté de lui, et regarda le ciel à son tour. Un moment de paix s’étala entre eux, le temps sembla s'arrêter. Ils restèrent là, sans parler.
Et si je meurs ? Ou si elle meurt ?? Non, personne ne mourra demain. Peut-être que le général nous dira que l’escarmouche est annulée après tout ?
Pyra brisa le silence.
— Comment tu te sens… pour demain je veux dire … ?
Sa voix est plus douce que d’habitude ou c’est moi ? Elle avait toujours eu une voix autoritaire et sûre d’elle.
— J’ai… peur… mais j’ai aussi envie de faire mes preuves… mais surtout peur je crois… Et toi ?
— Moi aussi…
Elle… peur ? Je ne l'imagine pas avoir peur de quoi que ce soit. Elle a toujours eu une grande confiance en la puissance de notre clan, dans le savoir de notre reine et de nos commandants. Suivant toujours les règles à la lettre, et me réprimandant quand je fais un petit écart. Remet-elle en question les ordres pour une fois ?
Elle ne dit rien de plus. Cendral baissa les yeux vers ses propres serres, pensant à la couleur qu’elles auront demain…
Est-ce que je suis capable de prendre une vie ? Je n’en sais rien, je n’ai jamais rien tué de plus gros qu’un sanglier. Tuer un autre dragon ? Oui après tout, ils sont nos ennemis, non ?
Il ne savait même pas pourquoi ils devaient se battre, le conflit sur le continent s'était propagé sur pratiquement tous les clans pour la couronne des Ailes de Sable. Ce n'était pas logique aux yeux du dragonet, tant de vies perdues pour un trône qui n'est pas le leur.
Après un long silence, Pyra prit la patte de Cendral dans les siennes.
— Demain, quoi qu’il se passe, restons ensemble. Nous nous protégerons mutuellement, d’accord ? dit Pyra.
Le dragonnet plongea son regard dans celui de son amie. Un profond sentiment de gratitude et de bonheur le submergea, réussissant à refouler la terreur qui prenait possession de ses muscles et de son esprit depuis l’annonce de l’attaque.
— D’accord, si tu acceptes d’avoir un maître lancier comme moi à tes côtés !
— HAHAHAHA, tu veux dire comme quand tu as manqué d’éborgner notre instructeur ? Je ne croyais pas qu’il pouvait devenir encore plus rouge !
— Mais c’est lui qui est passé devant moi ! Quel genre d’instructeur passe devant un dragonnet après lui avoir crié de lancer sa lance ? J’ai bien cru qu’il allait m’arracher les oreilles !
— Tu n’aurais pas l’air moins benêt sans oreilles, je te rassure ! s’exclama Pyra en riant et lui donnant un petit coup d’aile.
Cendral rit aux éclats.
— Merci, madame je-gueule-après-tout-le-monde !
Reprenant son sérieux, il ajouta :
— Je suis content d’être avec toi demain, pour être honnête, ça me rassure. Tu as toujours été la plus forte de nous deux.
— Ha ça c’est sûr ! … Mais moi aussi, ça me rassure. Je donnerai ma vie pour toi, Cendral.
Cendral regarda dans les yeux de Pyra. Il était fier de combattre à ses côtés, malgré la peur, malgré les doutes.
— Moi aussi, Pyra, sans hésiter.
— Bon, on devrait aller dormir. Pour être frais et dispo. Si on veut avoir une chance contre eux je veux dire.
La dragonne commençait à s'éloigner, le cœur de Cendral s’emballa. Il interpella son amie.
— Pyra ?
Elle se retourna, et le regarda avec des yeux interrogatifs. Le dragonnet réfléchissait à toute vitesse, peinant à trouver ses mots.
— Je… je voulais juste… je…
Ses yeux plongèrent dans ceux de couleur tournesol de la dragonette.
C’est le moment où jamais de lui dire, qui sait ce qui se passera demain.
Mais, il n'arrivait pas à dire ce qu'il ressentait. Il resta là, immobile à la fixer en cherchant ses mots tout en essayant tant bien que mal de reprendre le contrôle de sa respiration.
— Je voulais te dire… Bonne nuit, dit-il en soupirant.
Elle le regarda curieusement, puis lui sourit.
— Merci, toi aussi Cendral.
Puis elle s’éloigna, le laissant seul à regarder le ciel avec des yeux pleins de regrets.
Si seulement j’étais moins lâche…
Le dragon rouge tenta de dormir, mais il en fut incapable. Il resta des heures, à regarder le plafond de leur baraquement, à s’interroger sur la manière dont allait tourner la journée de demain et les conséquences qui en découleraient. Il n’avait jamais été un grand combattant. Il préférait parlementer que frapper, jouant de sa carrure légèrement plus haute que les dragons de son âge pour éteindre les conflits à leur source.
À l’aube, un immense dragon de couleur rouge pâle entra dans la garnison. C’était le général Fumoir, qui dirigerait la bataille d’aujourd’hui.
— DEBOUT BANDE DE SALAMANDRES ! Je vous veux tous équipés et prêts au combat avant les derniers rayons de l’aube. Et plus vite que ça !
En un instant, tous les dragons du baraquement se tenaient sur leurs pattes et s'équipaient en vitesse pour ne pas se faire rôtir la queue par le grand dragon terrifiant qui les commandait.
Une fois équipés et dehors, Cendral repéra Pyra qui arborait une expression déterminée, les mâchoires serrées. Il s’approcha d’elle, se posta à ses côtés en position de décollage en attendant les ordres. Il lui donna un léger coup d’aile, ce qui brisa son air imperturbable pendant quelques battements de cœur. Puis, sur ordre de leur commandant, la vingtaine de dragons décolla d’un seul mouvement, et se dirigea vers l’est en direction du Détroit des Éclats de Diamants.
Pendant toute la durée du vol, aucun dragon ne parla, se contentant de voler comme un seul dragon. Après plusieurs heures, ils aperçurent le détroit au loin et commencèrent à réduire leur altitude pour se positionner en formation de combat.
Tout à coup, le général cria des paroles qui se perdirent dans le vent en désignant quelque chose de la patte. Quand Cendral suivit du regard la direction indiquée, son sang se glaça. Là, volant vers eux à toute vitesse, un escadron d’une quarantaine d’Ailes de Mer… la bataille allait commencer !
Le ciel, pourtant si clair ce matin, s’était obscurci par de gigantesques nuages gris foncé. Une pluie fine mais drue s’écoulait, formant un rideau opaque qui réduisait le champ de vision. Peut-être avait-il entendu un bruit de tonnerre au loin, il n'en était pas sûr. Tout était confus autour de lui. La bataille faisait rage depuis combien de temps, Cendral ne saurait le dire. Tout autour de lui n’était que bleu, mêlé de rouge et de vert comme un tourbillon de couleurs infini.
Il saignait de plusieurs plaies causées par les dragons qu’il avait affrontés et réussi à mettre en déroute. Mais il cherchait Pyra. Il ne l’avait pas vue depuis le premier choc dans les airs avec les forces adverses. Ils étaient deux fois plus nombreux qu’eux, mais étaient désavantagés de par l’environnement. Cendral se tenait là, au milieu du combat, le cœur battant à toute allure, incapable de reprendre complètement son souffle.
Il tentait d’esquiver les coups de griffes et de queue tout en cherchant Pyra désespérément dans la foule compacte qui occupait le ciel et la terre boueuse déjà imbibée de sang et de pluie.
Où est-elle, mais où est-elle ?!!!
— PYRAAA !!!
Mais ses paroles étaient étouffées par les cris de douleur et grognements des combattants.
Partout où il posait les yeux, il voyait des corps, des membres calcinés, de la terre retournée ou des duels à mort.
Par les trois lunes, pourvu qu’elle ne soit pas morte !
Tout près de Cendral, deux combattants en pleine mêlée s’écrasèrent dans la boue, manquant de peu de l’assommer. Le dragon du ciel était sur le dos de son adversaire. D’un geste unique, il tira la tête du dragon de mer en arrière et enfonça ses griffes dans les ouïes de l’ennemi, ce qui lui tira un hurlement de douleur. Puis, dans le même geste, il lui brisa le cou net. Le craquement que cela avait produit résonna dans les oreilles du jeune Cendral.
Sans un mot, le guerrier grogna, puis s’élança à nouveau dans la bataille tandis que le corps flasque de l’Aile de Mer retomba inanimé.
Cendral resta figé à regarder le corps, incapable de bouger. Les yeux du dragon de mer grands ouverts, voilés et fixés sur un point inconnu. Quand il entendit au loin un grognement de colère qu’il aurait reconnu entre mille.
Pyra, enfin !
Par l’adrénaline, ses muscles se débloquèrent et il accourut vers le bruit. Il vit son amie qui était maintenue au sol par un grand dragon de mer, pendant qu’un autre plus petit se tenait à côté.
Une fureur noire, provenant d’au plus profond de lui, prit le contrôle de son esprit. Sa vue se brouilla, et avec un cri rageur, il se précipita vers le grand dragon vert toutes griffes dehors.
D’un violent coup d’épaule, il dégagea le grand dragon de son amie. Il lui porta de puissants coups de griffes, qui entaillèrent le cou de son ennemi qui tituba sous l’assaut féroce. Pyra, libérée du poids de son adversaire, se releva d’un bond, et se jeta sur lui. Elle lui cracha un jet de flammes au museau, ce qui arracha un cri de douleur aiguë au dragon de mer.
Voyant que la dragonne avait repris le dessus, Cendral se retourna d’un geste vif vers le second dragon de mer en grognant férocement. Celui-ci semblait encore plus jeune que lui. Il était bleu azur, et portait quelques marques de bataille fraîches, mais aussi quelques cicatrices plus anciennes.
Il a déjà combattu ?
Refoulant ses émotions, le dragon s’avança d’un pas vif vers l’autre dragon, prêt à en découdre. Mais contre toute attente, au lieu de se préparer au combat, ce dernier, à l’approche de Cendral, recula rapidement et finit par trébucher maladroitement avant de tomber sur le dos.
Le dragon rouge profita de ce moment de faiblesse, sauta sur le dragonnet, le maintint au sol de tout son poids et leva la patte pour lui trancher la gorge.
Mais à cet instant, leur regard se croisa… Et toute la colère qui l’avait submergé retomba brusquement. Car dans le regard du dragon de mer, il y vit les mêmes doutes, et surtout la même peur qu’il ressentait au fond de lui. Il était terrifié. Lui aussi.
Il sentait les battements de cœur paniqués du dragon de mer sous ses griffes, la peur remontait le long de la patte de Cendral qui maintenait au sol le dragon de mer.
Ça pourrait être moi…
Son geste s’arrêta… Ils restèrent immobiles pendant un temps qui sembla durer une éternité, à se regarder et se juger.
Je ne veux pas… je ne PEUX pas…
Alors… Cendral abaissa sa patte… et s’écarta du dragon bleu. Celui-ci sembla hésitant, ne sachant que faire. Puis il se releva.
Le dragon rouge désigna du menton la mer au loin et le dragon de mer sembla comprendre car, après un instant d’hésitation, il s’éloigna à reculons, se tourna, les ailes déployées, prêt à décoller, puis, après un dernier regard en arrière, partit en direction de la mer.
Cendral poussa un profond soupir… se retourna pour voir où en était son amie. Et la vit. Elle le fixait, se tenant au-dessus du corps sans vie du dragon vert. Il lut dans ses yeux une profonde tristesse et de l'effarement.
Pyra s’écarta du corps du dragon vert, ses griffes sanglantes laissaient des sillons lugubres dans la terre.
Elle s’approcha d’un pas rapide, ses yeux allant et venant entre lui et le dragon qui s’éloignait.
— Qu’as-tu fait ?!
La voix de Pyra était dure, remplie de colère. Il ne l’avait jamais vue comme ça. Cendral ne répondit rien. Que pouvait-il répondre ?
— Ce sont nos ENNEMIS, Cendral ! Ils ont tué nombre des nôtres. Rappelle-toi Flèche, Fulgur et Corbeau !
— Oui, je m’en rappelle très bien merci ! C’était mes amis aussi !
— Et tu oses épargner une de ces limaces de mer après ça ??!! Tu es devenu fou ?
Ai-je bien fait de le laisser partir ? Mais… je ne pouvais pas… alors qu’il avait la même peur que moi. Pourquoi combattre ? Au nom d’une reine qui n’est pas la nôtre ? En quoi d'autres morts répareraient ceux déjà partis ?
Comme si Pyra lisait dans ses pensées, son regard ne devint que dégoût.
— Comment… toi ? … Pourquoi ?
Le dragon rouge ne répondit rien, il se contenta de la regarder, les larmes coulant de ses yeux se mêlant à la pluie.
Elle faisait les cent pas, arrachant les plantes, griffant les arbres morts.
— Je te faisais confiance… toi parmi tous les dragons de ce maudit continent. Comment as-tu osé ?
— Et j'aurais dû faire QUOI exactement ? Le massacrer ? Cela aurait apporté quoi à notre monde hormis plus de sang ? explosa Cendral.
— OUI ! ILS SONT NOS ENNEMIS ! ILS VEULENT NOUS TUER, ON DOIT LES TUER EN PREMIER, AINSI EST LA GUERRE ! NOUS AVONS ÉTÉ FORMÉS POUR ÇA !
Sa colère était palpable, ses naseaux crachaient une fumée noire, ses yeux semblaient pouvoir faire fondre la pierre.
— Ils sont comme nous, Pyra ! Ils obéissent à leur reine sans même savoir pourquoi. Je l’ai laissé partir car comme nous, il n’est pas responsable de cette guerre, il ne fait que tenter de survivre dans un monde injuste. Tout n’est que SURVIE, Pyra ! Comme toujours !
Pyra resta immobile, les yeux dans ceux de Cendral. Elle sembla réellement réfléchir à ce qu’il venait de lui jeter au museau. Mais en un instant, son expression se ferma.
— Tu n'es qu’un traître ! cracha Pyra comme si elle avait avalé un morceau de viande avarié.
Cendral prit la réplique comme un coup brutal dans l’estomac. Il recula de quelques pas. La pluie qui lavait ses plaies devint glacée.
L’instant d’après, un rugissement terrible résonna dans l’air. Le dragonnet regarda dans la direction d’où il provenait et vit le général Fumoir au milieu du champ de bataille, tenant une lance ensanglantée vers le ciel sombre pour signifier la victoire de leur clan. Il regarda autour de lui, seulement trois autres dragons hormis Pyra et lui étaient encore debout…
Tant de morts… est-ce cela qu'ils appellent une victoire ?
C’est alors qu’il se sentit propulsé au sol par de puissantes serres. Pyra venait de l’attaquer. Il se retrouva le museau à demi enfoncé dans la terre boueuse et froide.
— Que fais-tu ? cria Cendral, paniqué.
— Je fais comme on nous a enseigné, je m’occupe d’un ennemi ! lui siffla-t-elle à l’oreille. Général !
Il sentit son cœur s'arrêter, comme se briser en éclats. Il tentait de se débattre pour se dégager mais elle le retenait fermement.
Le grand dragon s’approcha d’eux d’un pas lourd, complètement recouvert de sang et de blessures diverses.
— Que se passe-t-il ? gronda-t-il.
— Ce… traître… vient de laisser partir un de nos ennemis.
— Vraiment ? Sa voix était aussi tranchante que le fil d'une épée. Alors tu connais le sort des traîtres. Fais ce qu’il faut, soldate !
Elle va vraiment me tuer ? Comme ça ?
Il sentit les serres de son amie se crisper sur ses écailles… Elle resta immobile. La queue battante.
Elle ne veut pas le faire ? Elle pensait peut-être qu’ils allaient me faire prisonnier. Va-t-elle désobéir ? Mais elle sera considérée comme une traîtresse aussi alors.
— Alors, qu'attends-tu ? s’impatienta le commandant, les yeux plissés.
— Je... Bien, commandant, répondit Pyra d’une voix tendue.
Alors on en est là ? Après tout ce qu'on a vécu ?
Il sentit la dragonne poser ses griffes au niveau de sa gorge. Prête à le tuer.
Non… je ne veux pas mourir, pas comme ça, pas maintenant.
D’un geste vif, Cendral donna un coup net dans la patte arrière droite de celle qui était son amie. Il savait que c’était son point faible, car il s’était entraîné avec elle depuis des années et il s’agissait d’une vieille blessure d'entraînement.
Sous le choc, Pyra tituba en grognant et relâcha son emprise juste suffisamment pour qu’il puisse s’en extraire. Il en profita, et se dégagea rapidement. Mais alors qu’il le faisait, la dragonne se reprit, et lui donna un profond coup de griffe à sa patte arrière.
Il grimaça de douleur mais sans attendre, il déploya ses ailes et s’envola à toute vitesse. Il entendit les grognements furieux et les battements d’aile qui le suivaient.
Elle me suit ? Elle veut vraiment en finir alors ? Je n’arrive pas à y croire.
Il tourna la tête pour regarder ses poursuivants, s’attendant à voir Pyra le rattraper car elle avait toujours été la plus rapide. Mais il vit simplement la mine renfrognée de deux de ses anciens compagnons d’armes qui tentèrent de le rattraper. Au loin, encore au sol, se tenait le général… et Pyra, l’expression indéchiffrable. Alors il accéléra, en direction du sud, loin de son clan, loin des conflits… loin des dragons…