Les Sims: La Famille Duchamps.

Chapitre 6 : Cynthia en prend de la graine.

4371 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 20/12/2025 00:27


Cynthia ouvre les yeux, emmitouflée sous sa couverture, tendant le bras vers son téléphone posé sur la table de chevet.

PAM !

Son téléphone tombe par inadvertance, celle-ci n’ayant pas regardé où elle posait la main.

Poussant un long soupir, Cynthia se lève du lit pour ramasser son téléphone et vérifie que l’écran n’est pas cassé.

Non, tout va bien.

Elle l’allume : « six heures trente du matin ». Encore une heure avant d’aller à la cuisine prendre son petit-déjeuner. Elle baille un grand coup et vérifie son agenda.

« Vérifier les ruches. Choisir les graines pour le jardin... »

Cynthia passe sa main sur sa tête, anticipant la journée à venir, et, mettant ses petits chaussons écureuils, elle s’habille et marche doucement en direction de la cuisine doucement afin de ne pas réveiller ses parents ou sa fratrie.

Mais à sa grande surprise, la lumière est déjà allumée, et,en en entrant dans la cuisine, elle voit son père Éric en train de dessiner un petit plan pour un enclos, profondément concentré. Il s’est réveillé tôt, lui aussi, on dirait.

Cynthia décide de ne pas le déranger et se dirige vers la cafetière.

« Tu cherches quelque chose, ma grande ? »

Elle sursaute et se tourne vers son père, les yeux encore groggy par son réveil.

« Non, pourquoi ? »

« Si, je crois que tu cherches quelque chose. »

Cynthia soupire. « Quoi donc ? »

« Un BONJOUR, peut-être ! » sourit-il devant la réaction désabusée de sa cadette.

« Bonjour, Papa... » Elle passe ses doigts sur ses yeux, et Éric demande : « Comment ça va aujourd’hui ? Tu te lèves bien tôt... »

« Je me suis réveillée plus tôt que prévu... Aujourd’hui, je dois acheter des graines pour embellir le jardin de l’université. »

Éric fronce les sourcils, sceptique, posant son crayon à côté de son plan. « Ce n’est absolument pas la saison des semis. »


« On prépare en avance », explique Cynthia, versant son café dans sa tasse avant s’asseyant en face de son père. Elle boit un grand coup, et la chaleur de la boisson lui apporte un réconfort inattendu.


Jetant un coup d’œil sur le plan d’Éric, elle demande : « Dis, Papa ? C’est quoi, ça ? »

« Le plan de l’enclos pour la licorne. »

Cynthia crache son café sur la table, déclenchant une réaction de râle d’Éric.

« Une... Quoi ? »

« Licorne », souffle Éric, désabusé. « Oui, moi aussi, ça m’a fait bizarre. C’est celle de Madame Gothik, on m’a chargé de dessiner son enclos et l’aménagement de terrain pour elle. »

« C’est... » dit Cynthia, écarquillant les yeux.

« Étrange, je sais », confirme Éric, semblant étrangement lassé. « Mais tu sais ce qu’on dit... » se reprend-il.

« ... Il faut prendre le taureau par les cornes ! »

Cynthia le fixe droit dans les yeux, buvant son café sans lâcher ceux de son père, avec un regard plein de jugement, sans réussir à cacher, malgré tout, un sourire.

« Tu souris derrière ton café. »

« C’est faux ! », proteste-elle fermement.


« Qu’est-ce qui est faux ? »

Une toute petite voix féminine fatiguée les interrompt dans leur conversation. Il s’agit de Maryline, tout juste réveillée, qui se frotte les yeux.

« Que ta sœur me trouve drôle », renchérit Éric, regardant de nouveau son plan et commençant à dessiner des plantes.

« Très intéressant... »


Maryline se dirige, prend la cafetière et s’adresse à Cynthia : « Prête pour la

journée ? »

« Oui, pourquoi ? » Cynthia lève la tête, en direction de Maryline.

« Tu sais qu’aujourd’hui mon groupe visite le jardin, exercice d’écriture en plein air. Je vais peut-être devoir m’inspirer de tes ruches... »

Éric jette des coups d’œil en direction de ses deux filles. Cynthia réplique, surprise : « Tu dis ça comme si c’était une épreuve... »

« C’est dans le cadre d’un sprint. »

« Aïe », lâche Cynthia. « Ils y tiennent à leur sprint. En groupe, en plus. »

Maryline boit une gorgée de son café avant de faire la grimace, s’apercevant qu’elle a oublié de mettre du sucre.

« Je te le fais pas dire. FemmeFik , ils sont vraiment exigeants, mais Monsieur Sprinto dit qu’on a un bon potentiel. »

Cynthia hoche la tête et regarde en direction du plan de son père pour l’enclos de la licorne. « Où est-ce que tu comptes mettre les plantes ? »

« Les plantes ? » Éric répond, sincèrement surpris par la question, et se gratte le coude. « Je compte d’abord planter des fleurs au centre. Je compte d’abord parfumer l’ensemble, mais je n’ai pas encore choisi lesquelles.»

« Je me disais que, pour le jardin de l’université, je pourrais faire pareil. »

Éric répond directement, agréablement surpris par l’intérêt de Cynthia teandis que Maryline,elle, est sur son téléphone, regardant les commentaires de sa fanfiction.

« Il faudrait que tu dessines d’abord les lieux, ma grande, puis tu n’auras pas les mêmes besoins que pour un enclos... »

« Bah, les ruches, c’est un peu pareil... »

« Elles exigent un produit de lavage particulier ? »

« Ça peut arriver. »

Éric secoue la tête, gardant sa bonne humeur. « Je vois que ton apprentissage te plaît, vu que tu te mets à faire de l’agencement. Mais vérifie bien que tu as l’autorisation de ta tutrice et de l’université. »

« J’y penserai, Papa, mais il faut d’abord que j’achète les graines. Après, je verrai bien... Puis Maryline pourra m’aider, comme ça ! »

« Hein ? » Maryline lève la tête de son téléphone.

« Laisse tomber », conclut Cynthia, malicieuse.


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Cynthia entre dans le jardin de l’université, observant le portail d’entrée ainsi que la petite marche… Est-ce que des roses iraient bien ici ? Ou est-ce qu’il vaudrait mieux placer les nouvelles fleurs au fond du jardin ?

Quoi qu’il en soit, sa tutrice est déjà là, en train d’observer les ruches, et a déjà allumé la cafetière. La cadette Duchamps pousse un soupir : au vu des tasses qu’elle a prises avec son père, il ne vaut mieux pas reprendre de café.

Se dirigeant vers la cabane, elle dépose son sac sur le portemanteau et se dirige vers la petite roulotte de Madame Ruche, celle-ci s’étant déjà servi son café.

« Bonjour, Cynthia. Veux-tu du café en ce bon matin ? »

Passant une main dans ses cheveux, Cynthia regarde la boisson avec gourmandise.

« Je ne devrais pas, j’en ai déjà pris... »

Fleure sourit et range la cafetière. « Si tu veux en trouver, tu sais où la trouver ! »

Cynthia commence à pousser la roulotte. « Quel est le programme aujourd’hui ? »

« Cet après-midi, tu iras choisir les graines pour le jardin parmi celles qui sont dans la réserve… Puis tu vérifieras l’état des ruches. Ensuite, tu feras la visite aux élèves de Sprinto... »

« Pourquoi viennent-ils ? » questionne Cynthia, qui pense immédiatement à sa grande sœur. « Ce n’est pas pratique ! »

« Cynthia ! Un jardin est fait pour tout le monde ! » corrige gentiment Fleure. «Ils viennent pour un exercice d’écriture. Le professeur leur fait visiter, puis les fera écrire une histoire en groupe par terre... »

Cynthia pouffe de rire, imaginant Maryline assise dans l’herbe en train de débattre avec son groupe. « Mais ça sert à quoi ? »

« À inspirer les élèves pour l’écriture et les tester dans un nouvel environnement », conclut Fleure, rangeant la roulotte dans la cabane.



Son apprentie roule des yeux. « Décidément, les professeurs ne savent pas quoi faire avec leurs élèves... »

« Jeune fille ! Un peu de respect. Il s’agit d’un exercice ludique. Et puis, cela permet aux futurs écrivains de s’inspirer », corrige Fleure avec une voix douce mais ferme.

« Ma sœur n’a pas besoin de ça pour avoir de l’imagination... » lâche Cynthia, sans faire plus attention à ce qu’elle dit.

« Tiens. Une sœur ? » Madame Ruche fixe Cynthia, curieuse.

« Heu... » Cynthia se met à rougir. « Ma grande sœur est étudiante en première année... Elle sera là cet après-midi. »

« Intéressant. Il y a donc une autre pousse dans ta famille », s’illumine Fleure.

« Deux, à vrai dire : ma grande sœur Maryline et mon petit frère Paul. Il est au lycée. »

Cynthia regarde en direction de la réserve…

« Madame Ruche, est-ce que je pourrais organiser un plan ? J’aimerais en dessiner un dans la cabane pour organiser l’espace végétal afin de ne pas choisir n’importe quelle graine... »



Elle regarde sa tutrice avec anxiété. Ce n’était pas prévu dans le programme, et il faut s’occuper des ruches. Lisant dans les pensées de son apprentie,

Fleure Ruche acquiesce.

« Si tu veux. Mais j’aimerais que tu aies choisi tes graines pour cet après-midi. Et montre-moi ces plans avant, d’accord ? »

« D’accord, je vais faire des repérages dans le jardin. »

Cynthia commence à parcourir le jardin, enjambant le coin des ciboulettes et le sapin planté l’année dernière, comme l’indique le panneau. Elle se retient de courir à travers tout le jardin pour en profiter, chose qu’elle adorait faire petite, en faisant bien sûr attention à ne pas écraser les fleurs !

En parlant de fleurs… Est-ce qu’elle ne pourrait pas en planter à la fois belles et qui pourraient nourrir les abeilles ? Une pierre, deux coups, et cela améliorerait l’environnement.

Tournant son regard vers une parcelle complètement vide contenant de la terre, elle s’en approche, elle plonge sa main dedans, sentant les petits grains glisser entre ses doigts.

Fermant les yeux, elle réalise une projection mentale des fleurs qui pourraient pousser.

« Un perce-neige, comme ça elles auront du nectar en hiver... » murmure-t-elle, visualisant l’ensemble.

« Puis l’hellébore... La couleur irait bien... »

Apercevant les fleurs dans son imagination, elle se met à imaginer les odeurs qui pourraient s’en dégager, et, dans sa petite carte mentale, se met à dessiner à quoi cela ressemblerait.

S’asseyant en face de la parcelle — au risque de se salir le derrière —, elle fixe celle-ci, imaginant les hellébores et perce-neige ici, et puis...

...Un souvenir.

Un vieux souvenir lui revient en mémoire. Un très vieux souvenir. Elle devait être haute comme trois pommes.

Papa lui avait réalisée sa première maison à abeilles.



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Souvenirs de Cynthia

Dans un petit foyer à Little Town où vit la famille Duchamps, la petite Cynthia, quatre ans, deuxième de la famille, est assise devant la télé, empilant ses petits cubes pour réaliser un village. Sur le canapé, sa grande sœur de six ans, Maryline, tourne les pages de son livre pour enfants.

À ses côtés, Hélène, la maman, aide son aînée à lire son petit livre. Sur ses genoux, bébé Paul, à peine six mois, tend ses petits bras vers le livre de Maryline.

Éric, quant à lui, est dehors, en train de travailler dans le jardin.Maryline tente de lire son livre avec l’aide de sa mère,Paul mettant ses petites mains dessus.

Cynthia n’y prête pas attention. Elle reste concentrée.

Elle pousse légèrement avec ses mains un cube violet, terminant le second étage de sa petite maison.

Avec un mouvement de recul, elle se met à rire et à tapoter : « MAISON ! MAISON ! »

« Cynthia, s’il te plaît. J’essaie d’aider ta sœur », gronde doucement Hélène. Paul se met à s’agiter. « Tu veux jouer, Paul ? »



Le bébé agite ses mains, et Hélène pose ce dernier sur un tapis chauffant près de son ours en peluche. Maryline tourne les pages de son livre.

« La maison... » déchiffre-elle.

« MAISON ! » crie Cynthia, pointant sa construction.

Maryline lève la tête, peu intéressée, et retourne vers son livre d’images, à la déception de sa petite sœur. La maman, une fois Paul confortablement installé, vient voir la construction de sa cadette : une maison colorée montée sur deux étages.

« C’est beau, ma chérie. »

Elle sourit, voyant que chaque cube est aligné au millimètre près, et elle se garde bien de perturber cette construction, au risque de provoquer la colère de Cynthia.



Hélène décide d’allumer la télé et s’affale sur le canapé, jetant toujours un coup d’œil en direction de Maryline poursuivant sa lecture.


Cynthia tourne la tête, attirée par la lumière de l’écran, alors qu’elle s’apprêtait à commencer le troisième étage de sa maison.

La télévision diffuse un documentaire consacré aux abeilles et à leurs ruches. La petite laisse tomber le cube de sa main droite, fascinée…

Elle s’assoit, fixant les images de ces insectes dorés et noirs construisant une ruche avec leurs hexagones.Subjuguée, elle ne quitte pas des yeux la télé.

Le documentaire se poursuit avec l’interview d’un apiculteur expliquant son métier et, en particulier, la destruction de l’habitat naturel des abeilles. Une phrase percute la petite Cynthia, qui se met à trembler, émue par les images d’abeilles solitaires — enchantée par la télévision, au contraire de sa mère, qui baille à plusieurs reprises.

« Nous voulons construire une maison pour les abeilles. »

La cadette regarde la télé, puis sa maison en cubes, puis la télé, puis la maison en cubes…


Puis la télé, puis la maison en cubes à nouveau.

Elle se lève brusquement et se met à crier : « MAISON ! MAISON ! »

Hélène est brusquement interpellée : « Mais enfin, Cynthia, ne crie pas... »

Trop tard. La petite court en direction du jardin,, pointant en direction de la télé dans le salon et tire de son autre main le t-shirt de son père.

« PAPA ! PAPA ! MAISON POUR ABEILLE ! FAIRE MAISON POUR ABEILLE ! ELLES ONT BESOIN ! »

« Houla ! Houla ! » Éric pose ses outils, peu surpris de l’intervention de Cynthia — ce comportement n’est pas inhabituel chez elle —, mais il remarque immédiatement l’émotion dans sa voix et lève les yeux en direction d’Hélène, qui passe la porte.

« Elle a vu une émission sur les abeilles », explique-t-elle rapidement et exténuée.

« Ah. »

« PAPA, IL FAUT FAIRE MAISON ! ELLES VONT MOURIR ! » Elle tire frénétiquement son t-shirt.

Éric s’agenouille immédiatement et tapote les joues de sa cadette.

« Doucement, petite furie. Des gens s’occupent des abeilles. Elles ne vont pas mourir. »

« Mais elles ont besoin d’une maison ! » gémit-elle en tendant ses bras vers lui.

« Oui, je sais. Tu veux qu’on fasse une maison pour les abeilles ? »



Elle hoche rapidement la tête, et il tapote son épaule.

« Alors viens, je vais avoir besoin de toi. Il va falloir d’abord dessiner un plan et chercher les graines à la réserve ! »

Un sourire lumineux se dessine sur les lèvres de la petite bâtisseuse, qui se met à sautiller tout en agrippant la main de son père. « Ouais ! »


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Retour au présent


Cynthia aperçoit à la fenêtre de la cabane les groupes de sprint commencer à entrer dans le jardin et remarque rapidement sa sœur Maryline, serrant son carnet contre elle pendant qu’elle aperçoit Madame Ruche, la tutrice de Cynthia les accueillir.


Quand à elle , elle vient de terminer son plan et sait ou placer les fleurs pour ses abeilles. Elle range ses dessins dans son carnet et se dirige vers la réserve tout en écoutant au loin sa grande sœur commencer le sprint avec Madame Ruche.

En entrant dans la réserve doucement afin de ne pas faire de bruit qui perturberai le sprint, un pas après après l’autre à l’intérieur comme si elle était une intruse et allume la lumière.

Les sachets des différentes graines de plantes sont alignés sur l’étagère.

Cynthia repère imédiatemment celles qu’elle cherche,des graines de perces neiges et des héllébores.


 Saisissant celles-ci Cynthia s’apprête à sortir de la réserve quand elle remarque les outils entreposés au fond.


Un marteau, des clous, un tournevis et quelques matériaux.

Fixant ceux-ci pendant une bonne minute, une douce brume envahit ces pensées, une petite sensation de bien-être la bercant légèrement malgré le froid du bâtiment.

Et cette douce brume lui apporte soudain une idée.

Une idée qui pourrait compléter son plan.

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La petite Cynthia regarde le plan dessiné par son père sur la table de jardin gonflant ces joues contrariées.

« Mais ça ressemble pas à ça à la télé ! »

Eric la corrige doucement. « Les abeilles ont des façons bien à elles de construire les ruches,nous n’avons pas le matériel nécessaire.Alors on va construire une maison ou elles pourront chercher de la nourriture et la ramener dans leurs ruches. »



« Elles ont des voitures comme maman quand elle ramène les courses ? »

Le père pouffe de rire. « Oui si tu veux ! »


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Cynthia a commencé la construction de la petite maison à abeilles au sein de la cabane, les petits sachets de graines mis sur le côté, elle compte décorer la parcelle pour que celle-ci ressemble à une maison à nourriture pour les abeilles. « Comme ça, ça sera plus joli », marmonne-t-elle.


« Je mettrai l’hellébore et les perce-neige à l’intérieur, ça décorera la parcelle, ça fera une belle maison. »

Elle pose les premières planches et mesure avec son mètre. « Ça devrait le faire », sourit-elle. Cynthia fixe les clous avec son marteau, frappant frénétiquement à plusieurs reprises.

PAM ! PAM ! PAM !

La porte de la réserve s’ouvre brusquement. Une voix en colère résonne. « Mais enfin, qu’est-ce que c’est que ce bruit ? »

Cynthia lâche son marteau. « Oh, Madame Ruche ! » « Cynthia, mais qu’est-ce que tu fabriques ? » réplique sa tutrice voyant la petite maison commencée et les planches mises sur le côté. « Tu perturbes les autres avec ce bruit ! »

 « J’ai commencé une maison pour décorer la parcelle... » 

« Une maison ? » la tutrice ne décolère pas en regardant ce que son apprentie a commencé.

 « Cynthia, je t’avais dit de me montrer les plans avant ! » 

« Mais... » 

Cynthia tente de protester. « Pas de mais ! Je te l’avais dit ! Qui te dit que ce matériel n’aurait pas dû servir à autre chose ?! »

« Je... » Cynthia baisse honteusement la tête. « Je suis désolée, Madame Ruche, je voulais commencer en avance... » elle pointe nerveusement les plans sur le banc de la cabane.

À travers les vitres, cette dernière aperçoit sa sœur et le reste de sa classe hausser les sourcils, se demandant ce qui se passe, avant d’être rappelés à l’ordre par leur professeur Sprinto. « RETOURNEZ À L’ÉCRITURE ! »

La tutrice pousse un soupir de découragement et s’approche du début de la construction. « Tu as commencé... Alors, explique-moi. Quelle est l’idée ? »


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« Voilà, petite Furie ! »

Eric pose la petite maison en bois au milieu du jardin et se tourne vers sa fille, assise dans l’herbe, tenant le bac à fleurs. « Donne-le moi. »

La petite Cynthia lui donne le bac et Eric glisse celui-ci à l’intérieur de la maisonnette.

« Voilà, comme ça les abeilles pourront chercher leur nourriture à l’intérieur. »

« Alors, ça y est, on a fait une maison ? » demande la petite, regardant émerveillée la construction.

« Un supermarché, plutôt, où elles pourront chercher de la nourriture pour la ramener dans leur maison. »

« Un supermarché ? »

Cynthia se gratte les cheveux puis sourit. « Ouais, c’est bien aussi ! » « Ravi que ça te plaise ! »

Eric se lève et regarde sa fille regarder la maison. « Qu’est-ce que tu fabriques ? » « J’attends les abeilles. »

« Elles ne viendront pas tout de suite... On ira voir demain si tu veux. »

« Promis ? »

« Promis ! »

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Cynthia, les ampoules aux mains, pose la dernière planche de sa maison sur la parcelle. Le soleil commence à se coucher. La classe de Maryline est déjà partie depuis une heure maintenant.

Madame Ruche, les bras croisés, pousse un soupir, surveillant son élève durant toute la durée des travaux, et laisse afficher un petit sourire. « Bien. Tu as fait du bon travail. »

La maison se trouve au milieu de la parcelle, laissant une grande entrée afin de pouvoir laisser les abeilles entrer, comme pour une réserve de nourriture.


S’asseyant sur le sol, Cynthia regarde, émue, son ouvrage. Il est un peu plus gros que prévu, et elle ne pensait pas réussir en une journée.

« Vous croyez qu’une fois les fleurs dedans, les abeilles viendront ? »


Fleure répond immédiatement : « Je pense, oui », regardant la mine exténuée de Cynthia. « En tout cas, tu as inspiré beaucoup d’écrivains aujourd’hui. »

Cynthia tourne la tête, désabusée : « Hein ? »

« Eh bien oui ! Toute la classe a vu une fille travailler sur son ouvrage, ça a inspiré, tu comprends. »

« Je vois… », répond machinalement Cynthia.

« Tu es épuisée, Cynthia. Ta jauge doit être vide. Rentre chez toi, je m’occupe du reste », avertit doucement Madame Ruche en aidant Cynthia à se lever.

Cette dernière regarde une dernière fois le petit ouvrage et ressent une étrange émotion : un mélange de fierté et de joie.

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« Papa ! Papa ! » La petite Cynthia tire le t-shirt de son père, à peine réveillé, et sautille.

« Qu’est-ce qu’il y a, petite furie ? »


« UNE ABEILLE ! UNE ABEILLE FAIT LES COURSES ! » hurle-t-elle, émue, en tirant frénétiquement le t-shirt de son père.

Ce dernier adresse un regard mi-amusé, mi-gêné à sa femme, lui indiquant de la main de suivre Cynthia, et tenant Paul endormi de l’autre bras.

La petite tire Éric par la main jusqu’au jardin. Ce dernier est à peine réveillé et comprend soudain l’émerveillement de sa fille : trois ou quatre abeilles tournent autour de la maison qu’ils ont construite.

« ELLES SONT VENUES ! » Elle sautille de joie et fixe son père, attendant sa réaction.

Ce dernier, se frottant les yeux, les aperçoit. « Je ne m’attendais pas à ça… »« Tu as vu ? Tu as vu ? » Elle continue de tourner. « On a construit une maison pour abeilles ! »

Maryline, tenant son chat en peluche, arrive les cheveux en bataille. « Il se passe quoi ? »

Éric, enchanté, sourit en direction de Cynthia. « Tu vois, petite furie, il y a une chose que tu apprends des abeilles ! »

« Quoi ? » demande-t-elle, s’arrêtant net.

« Prends-en de la graine ! »

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Cynthia rentre à la maison. Elle aperçoit sa grande sœur sur son téléphone, assis à ses côtés, Paul qui regarde un épisode de TrekSims à la télé, la tête posé sur son oreiller.

Au fond de la pièce, sa mère Hélène est sur son ordinateur, sûrement en train de jouer aux échecs.

« Je suis rentrée ! » crie Cynthia à voix haute.

« Tu rentres tard, Cynthia », commente Hélène, toujours accaparée parson écran.

« Je devais finir un ouvrage. »

« Alors, ça y est ? » Maryline l’interpelle. « Tu as déjà fini la maison à abeilles ? »

Cynthia regarde ses mains ampoulées. « Ouais, enfin…… ça m’a pris du temps. Et toi, ton sprint ? » rétorque-elle.

Maryline pousse un soupir mi-amusé, mi-lassé. « Toute la classe a découvert que j’avais une petite sœur qui rendait fou le prof de sprint parce que t’arrêtais pas de bouger dans le jardin. »

« Ravie de t’avoir rendu service ! » ricane Cynthia.

Maryline lui adresse un pouce en l’air, ricanant avec elle.

Cynthia se dirige vers le couloir et demande : « Au fait, où est Papa ? »

« Sûrement dans sa chambre », répond Hélène.

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La petite Cynthia, après avoir couru dans tout le jardin pour célébrer la maison à abeilles et sa réussite, se met soudain devant son père, émue.

« Papa… » Ses yeux plongent dans ceux de son père.

« Qu’est-ce qu’il y a, petite furie ? »

Cynthia balbutie quelques mots, mais n’en trouve pas. Elle regarde derrière son père et aperçoit ses petits cubes.

« Je peux aller jouer ? »

Éric lui donne une petite tape sur l’épaule.

« Oui, vas-y ! »

« Ouais ! » Elle court en direction de ses jouets, manquant de bousculer Maryline.

Éric croise les bras, regardant la maison à abeilles. « Les enfants passent vite à autre chose, c’est fou… »

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Cynthia entre dans la chambre parentale, trouvant son père assis sur le lit en train de lire un livre.

« Bonsoir, Papa. »

Éric lève la tête dans sa direction. « Alors, cette journée ? »


« J’en ai pris de la graine… » explique Cynthia. « Et j’ai décidé de les installer dans une maison à abeilles. »


« Oh. » Éric cligne des yeux. « Bonne idée, ça fait du décor. Tu n’as pas trop d’ampoules aux mains, j’espère. »


Elle regarde ses mains, puis hausse les épaules. « Je crois que si. »

« Il y a une première fois à tout ! » sourit Éric.

Cynthia s’arrête et plonge ses yeux dans ceux d’Éric. Elle commence à balbutier quelques mots.

« Il y a quelque chose que tu veux me dire ? » questionne-t-il, curieux.

Cynthia cherche ces mots; ses pensées se mélangent comme un nuage dans sa tête. Puis, prenant son courage à deux mains, elle serre les poings et déclare, comme un éclair :« Je t’aime, mon Papa. »


Éric ouvre la bouche, puis la referme. Se levant, les yeux humides, il lui donne une tape sur l’épaule et, d’une voix émue, dit :

« Allez, petite furie, va te reposer. Tu l’as mérité. »




























































































































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