Les Sims: La Famille Duchamps.
L’après-midi débute au sein de Sunset Valley, la maison des Duchamps n’a jamais été aussi silencieuse ni bénéficié d’une telle quiétude.
Eric termine de préparer la chambre d’invité, prenant le soin de la parfumer en donnant à plusieurs reprises des coups de parfum à la pêche.
« Voilà, ça devrait l’aider à dormir. »
Dans le salon, Paul et Cynthia passent l’aspirateur, traquant la moindre poussière comme une proie, Cynthia s’amusant même à courir pour rendre le jeu plus amusant.
« Heureusement que je n’ai pas cours aujourd’hui. On va pouvoir passer du temps avec Mamie Nadine. »
« Tu trouves pas que Papa est trop stressé ? » signe Paul.
« Papa ? » Cynthia met le doigt sur sa bouche. « Il n’en a peut-être pas suffisamment rempli sa jauge de bonheur... »
Paul fronce les sourcils.
Cynthia met la main sur l’épaule de Paul. « Ne t’en fais pas, il est toujours comme ça quand mamie arrive. »
Son petit frère hausse les épaules et retourne au ménage sans oublier de pousser un râle qui fait légèrement ricaner Cynthia.
Dans la cuisine, Hélène et Maryline rangent les courses de ce soir pour accueillir la mère d’Eric. Hélène vérifie chaque emballage et jette un léger coup d’œil en direction de la chambre d’invité d’où se dégage l’odeur de parfum.
« Maman. Mamie Nadine arrive à quelle heure ? » demande Maryline terminant de ranger le frigo.
« Elle arrive à la gare à seize heures. » réplique Hélène. « Elle aura sûrement de lourds bagages. vu qu’elle reste quelques jours. »
« De lourds bagages ? » Maryline hausse un sourcil. « Mamie Nadine ?! »
Hélène sourit. « On ne sait jamais, elle a peut-être des cadeaux. »
Eric surgit de la chambre d’invité, pénétrant soudainement dans la cuisine, caressant sa barbe rousse. « Elle viendra avec son BAGAGE intellectuel. »
Hélène exagère sa réaction, levant les yeux au ciel.
Le père tousse et demande, un peu anxieux. « Maryline ? »
« Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ? »
« J’aimerais faire une surprise à Maman. Que dirais-tu que ce soit toi qui ailles la chercher avec ta voiture, ça lui fera très plaisir. »
Hélène, ravie, tape dans ses mains. « C’est une bonne idée ! Qu’en penses-tu, ma chérie ? »
Maryline rougit légèrement, se passant la main dans les cheveux. « Pourquoi pas... Mais avec elle, j’aurais peur d’avoir un accident. »
« Prends ton temps. » dit Hélène. « N’hésite pas à conduire lentement, ta mamie comprendra. »
Maryline tâtonne dans ses poches, cherchant sa voiture miniaturisée. « Heu... »
Elle tourne la tête et crie en direction de la cuisine. « CYNTHIA ! PAUL ! J’AI DÛ LAISSER MA VOITURE SUR LA TABLE ! VOUS POUVEZ ME L’APPORTER ? »
Dans le salon, Cynthia pousse un énorme soupir, elle s’apprêtait à jouer à la simsbox. « Paul, tu ne veux pas apporter sa voiture à Maryline ? »
Il réalise un pouce en l’air et cherche avec ses mains la voiture de Maryline sur la table pendant que sa sœur commence à jouer sur Simsdew Valley.
Il tapote à plusieurs reprises et se met sous la table. Non, la voiture de Maryline n’est pas là…
Cynthia pose la manette. « Elle n’est pas là ? »
Paul se relève, inquiet. « Non. »
« T’en fais pas, elle a dû tomber par… »
Ils écarquillent tous les deux les yeux, se fixant pendant cinq longues secondes. Un silence interrompu uniquement par leur mère.
« Les enfants ! Dépêchez-vous ! »
D’un coup de panique, Cynthia et Paul se mettent à courir dehors vers les poubelles.
Sans le vouloir, ils ont aspiré la voiture de leur grande sœur et mis les sacs poubelle de l’aspirateur dehors !
Paul ouvre brutalement la poubelle, respirant l’odeur nauséabonde de la nourriture d’hier.
« Paul, je t’avais dit de finir les restes ! » peste Cynthia qui plonge la tête la première dans la poubelle.
« C’est… » se plaint-elle. « … Puant. »
Paul frappe sa main sur la tête et se penche vers la poubelle. Il tape dessus avec son pied.
« Tu la vois ? »
Elle hoche la tête pour confirmer.
Cynthia s’enfonce de plus en plus dans la poubelle, touchant la nourriture avariée ou encore les serviettes jetées et l’essuie-tout. Une immense nausée s’empara d’elle.
« Elle est où, cette voiture ? »
Sa gorge se remplit d’un liquide chaud puis soudain… elle la voit ! La voiture miniaturisée a encore les phares allumés. Elle se serait bien moquée de Maryline d’avoir oublié de les éteindre, mais pour une fois, ça lui sauve la santé.
Saisissant la voiture miniaturisée, Cynthia manque de renverser la poubelle et tombe sur le dos.
Paul se précipite au chevet de sa sœur haletante, ravalant son propre vomi et tirant légèrement la langue.
« Paul… Va donner la Simsnaud à Maryline… »
Son frère réalise un salut militaire, Cynthia décide de se remettre de ses émotions en restant sur le sol du jardin, les bras étendus, humant l’odeur des fleurs pour se changer les idées.
Courant vers la cuisine, Paul s’arrête, écœuré par l’odeur nauséabonde de la voiture, et passe en panique aux toilettes, la frottant frénétiquement avec du savon et de l’eau. Cela dure deux minutes, pas plus.
Il reprend sa course vers la cuisine et manque de glisser sur le sol nettoyé avant d’être rapidement rattrapé par sa mère.
« Paul ! Tu n’as pas besoin de courir comme ça ! Fais attention, le sol est trempé ! »
Paul tend la voiture à Maryline, qui écarquille les yeux.
« Paul. Ça va ? »
« Tu avais l’air impatiente », signe Paul, évasif. « Je ne voulais pas te faire attendre ! »
Hélène tapote légèrement l’épaule de son fils. « C’est très gentil, Paul. Tu pourrais nous aider à préparer l’arrivée de ta grand-mère ? Maryline, on va dehors. Elle arrive dans deux heures. »
« Entendu », confirme l’aînée en reniflant sa voiture. « Paul, tu trouves pas qu’il y a une drôle d’odeur ? »
Ce dernier hausse les épaules innocemment, culpabilisant légèrement.
« J’aurais peut-être pas dû la laisser dans ma poche », songe Maryline.
« On la parfumera un petit coup », dit Eric. « Puis c’est miniaturisé, c’est pour ça que tu ne t’en aperçois pas. »
Le reste de la famille sort de la maison, Hélène et Paul portant des tapis à mettre dans le coffre pour l’aménager.
Ils aperçoivent le soleil rayonner à l’horizon. Le manoir Gothik est aussi visible au loin, ce qui n’est pas sans provoquer un pincement au cœur d’Eric, il a bientôt fini son projet d’enclos.
Maryline se poste devant le garage, apercevant Cynthia toujours allongée sur le sol.
« Tu ne t’occupes pas du jardin ? »
Cynthia tousse de gêne. « Je me repose. Tu n’as jamais songé à profiter de l’air frais ? »
« De l’air frais ? En plein milieu de la ville ? » réplique Maryline, interloquée, avant de réaliser. « Une minute, d’habitude c’est toi qui me fais ce genre de réflexion, ça va ? »
« Oh, tu sais… »
Hélène tape dans ses mains, légèrement agacée. « Cynthia, lève-toi s’il te plaît. »
La cadette s’étire. « D’accord, Maman… »
Cynthia se lève péniblement et reçoit un sourire amusé de son père, puis elle se positionne près de Paul en lui murmurant : « J’espère pour Mamie Nadine que la voiture ne sent pas. »
CLIC CLIC !
La voiture miniature reprend sa taille normale, sa couleur orangée directement reflétée dans les yeux de la famille.
« Sacrée couleur tout de même ! Une vraie orange pressée ! » ricane Eric en se cachant les yeux avec son bras. « Au moins elle a du JUS ! » remarque il en apercevant les phares allumés que Maryline s’empresse d’éteindre.
Hélène et Paul s’approchent du coffre – ce dernier anxieux à l’idée de l’odeur qui pourrait s’en dégager – pour que Nadine puisse y entreposer ces affaires.
Ouvrant la porte, Hélène fait une grimace : une étrange odeur de savon et d’ordures émane de la voiture.
« Eric ? »
« Oui ? «
« Il faudra parfumer la voiture », ordonne-t-elle en fermant brutalement le coffre.
Maryline s’approche, sentant elle aussi l’odeur. « Je ne vais pas accueillir Mamie Nadine là-dedans ! Pourquoi ça sent le savon ?! »
Elle adresse un regard noir en direction de sa fratrie qui n’ose pas affronter le sien.
Eric arrive en parfumant la voiture. « Ta grand-mère ne fera pas attention, et tu sais… Elle comprendra. »
Maryline rougit, légèrement honteuse. « J’espère. Mais je n’ai pas envie de l’accueillir dans une poubelle. »
« Ce n’est pas une poubelle », intervient Hélène. « C’est ton véhicule, il faut que tu en prennes soin, comme de tes écrits. »
Maryline tourne la tête vers Cynthia. « Je ne devrais surtout pas les oublier ! »
« Je ne te le fais pas dire ! » lance innocemment Cynthia.
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La gare de Sunset Valley n’est pas très grande et ce n’est pas plus mal, c’est néanmoins ce que pense Nadine Moulin en descendant à peine du wagon avec pour seul compagnon une valise légère et un sac à main contenant des cadeaux pour la famille.
Une par personne.
Elle prend une grande inspiration et regarde en direction des fenêtres où l’on peut déjà apercevoir les vallées verdoyantes de Sunset Valley, bien différentes de son appartement de Little Town et ces étranges objets futuristes au sein de la ville.
Son fils a eu raison de s’installer ici, sa famille y sera beaucoup plus heureuse qu’à Little Town. Est-ce qu’Eric et Hélène ont pu s’insérer ?
Elle chasse ces pensées de son esprit, décidant de profiter pleinement de l’instant présent, et de se laisser emporter par la vallée.
Nadine marche lentement, réajustant ses cheveux blonds grisonnants et tenant les bagages.
BIP ! BIP !
Elle reçoit une notification sur son portable, c’est Eric.
« Mamie, cherche une Simsnaud orange ! On a une belle surprise pour toi ! »
En sortant de la gare, elle se sent légèrement intimidée par la végétation et les rues espacées, elle refuse poliment un taxi et aperçoit l’université « FemmeFik », sobre et majestueuse.
C’est donc ici que sa première petite-fille étudie ? Elle a de la chance !
HONK ! HONK !
Un immense klaxon résonne et Nadine aperçoit la fameuse Simsnaud orange d’une couleur éclatante et Maryline au volant de celle-ci.
« MAMIE ! »
Nadine tourne la tête et aperçoit à sa grande surprise sa première petite-fille sortir de sa voiture et se précipiter vers elle. Elle a bien grandi, c’est une jeune femme qui a bien pris la chevelure de sa mère et les yeux de son père.
« Maryline ? Ma chérie, c’est toi ? »
« Oui Mamie, c’est moi. » rougit Maryline. « Maman et Papa m’ont envoyée te chercher... »
« Oh... » La grand-mère jette un coup d’œil vers la voiture. « Tes parents t’ont acheté une voiture ? »
Elle observe la couleur de la voiture. « Orange... Ce n’est pas ta mère qui l’a achetée, trop voyante et pas assez professionnelle... »
Maryline commence à prendre les (petits) bagages de sa grand-mère, la valise remplie de vêtements de cette dernière.
« ...Pas ton père non plus, il aurait pris du vert... »
Nadine plisse les yeux. « Mais pas toi…. Ce sont ... »
« Mamie Rosa et Papy Charles » confirme Maryline en fermant le coffre. « Ils me l’ont offerte pour fêter mon entrée à l’université à FemmeFik ! Elle peut se miniaturiser... »
Elle s’installe sur le siège conducteur, légèrement angoissée, Nadine s’installe sur le siège passager en poussant un soupir de soulagement.
« Hé bien, allons-y ma petite. C’est un beau cadeau que tu as là. »
Maryline sent ses joues s’empourprer en démarrant la voiture. « Mamie Rosa et Papy Charles sont très gentils... »
« Tes parents doivent être heureux pour toi. Même s’ils doivent payer le carburant. »
« J’essaye d’économiser... Mais les prix sont corrects ici. »
La voiture s’engage dans la rue et la grand-mère, joignant ses deux mains, s’aperçoit du malaise de plus en plus grand de sa fille, remarquant celle-ci chercher un sujet de conversation.
Nadine renifle légèrement, une légère odeur de... poubelle ? d’eau de toilette ? émane de la voiture de Maryline. Elle grince des dents et remarque la boîte à gants légèrement mouillée ;
Bon sang… sa petite-fille ne prend pas bien soin de sa voiture, elle a dû partir en pleine précipitation.
Nadine lui adresse un sourire, un sourire réconfortant. « C’est gentil de venir me chercher, cela me fait très plaisir. Et le véhicule n’est pas trop difficile à prendre en main ? »
Maryline se crispe, s’apercevant que sa grand-mère a probablement senti l’ignoble odeur que le parfum ne parvient pas à couvrir. « Oui... Mais la miniaturisation a... quelques problèmes quand on la laisse dans sa poche. »
La grand-mère se retient de clamer, émettant le début d’un son : « Tu mets ta voiture à la poubelle ? » avant d’immédiatement se raviser pour ne pas blesser sa petite-fille.
À la place, elle décide de continuer à la questionner. « Et tes études ne sont pas trop difficiles ? »
« Si... On s’entraîne régulièrement à l’écriture et on doit analyser énormément d’œuvres littéraires... »
« Tu dois savoir t’organiser... »
« C’est pas ça Mamie, c’est que les moments d’écriture sont en groupe, on appelle ça un sprint, un examen hebdomadaire où l’on doit rédiger une histoire à plusieurs... »
Elle se mord la lèvre, pensant à l’attitude d’Annie toujours aussi désobligeante, puis sourit en pensant aussi à l’attitude noble de Marc Oc et la timidité de Hal.
« Des écrits en collectif ? Toute une épreuve... »
« Oui, ils y tiennent et une fois par mois on doit se faire un défi par mois et cela nous sert d’évaluation, le prochain doit obligatoirement se passer à l’époque médiévale... »
« Hum... Le travail collectif n’est pas trop difficile ? »
Maryline prend un virage et active le GPS pour la mener vers la maison.
« Si, Mamie. Avec ma meilleure amie ça va, mais il y a une peste... »
« Une peste ? »
« Annie. Elle n’arrête pas de vouloir commander et parle mal. »
« Un classique. Au lycée, je détestais les travaux en groupe. »
Maryline se mord légèrement la lèvre. « Ah oui ? Mais là, c’est plus difficile, ce sont des sprints notés... »
« Hé, je trouve que c’est une bonne méthode. » dit Nadine en allumant la musique sur le tableau de bord.
« Une bonne méthode ? Mais comment veux-tu qu’on développe notre écriture si on est dans un sprint toutes les semaines ? Comment développer son imagination » se lâche Maryline, elle enlève pendant un instant ses mains du volant. « Je savais que ça serait difficile, mais je pensais qu’ils nous laisseraient expérimenter pour nous-mêmes. En quoi c’est une bonne méthode ? Le travail d’équipe, on nous l’a bassiné au lycée ! Des activités communes d’accord, mais... »
« C’est normal. Si tu restes à FemmeFik et dans la littérature, tu travailleras avec une maison d’édition et tu auras un éditeur, c’est un bon entraînement. La plupart des arts sont collaboratifs, tu sais. Et ça doit permettre d’échanger... »
« C’est chia... dur. » se lamente sa petite-fille.
« Bienvenue à l’âge adulte. » sourit Nadine.
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Paul et Cynthia attendent sur le perron de la porte, s’écartant à temps pour éviter le journal du soir lancé par la motarde habituelle. Ils se regardent, de plus en plus gênés d’avoir jeté la voiture de Maryline à la poubelle.
« Paul… Qui a eu l’idée de faire des voitures miniatures ? »
Paul détourne le regard en sifflant légèrement.
« Tu es muet, Paul, pas sourd ! » dit Cynthia en lui attrapant l’épaule. « Si on se fait griller, c’est à deux ! »
Paul signe, amusé. « Bravo la solidarité ! »
« Solidaire de mettre la voiture de Maryline à la poubelle ? » dit Cynthia, insistant, mi-amusée, mi-inquiète du retour de sa sœur.
La voix maternelle se fait entendre et ouvre la porte.
« De quoi vous parlez tous les deux ? »
Hélène les fixe ses deux derniers enfants, d’un regard dur et inquiet. A-t-elle deviné pour la voiture ?
Elle se contente de détourner le regard, réajustant sa robe noire, ce qui, aux yeux de Cynthia et Paul, traduit déjà l’importance que leur mère attache à l’accueil de sa belle-mère, bien plus chaleureux qu’avec ses propres parents.
Eric est le dernier à débarquer et prend rapidement la main de sa femme.
« La chambre est prête. »
Un ronronnement de moteur surgit soudain, il est audible de plus en plus et là, une tache orange reflétée par le soleil. Celle-ci se rapproche de la maison.
Et là surgit la Simsnaud, une Maryline plus détendue au volant, se garant très doucement en face de la voiture familiale.
Le reste de la famille s’agglutine autour du véhicule, Cynthia est la première à prendre les bagages de sa grand-mère dans le coffre, sa valise et son sac à main.
Paul, lui, ouvre la porte pour laisser passer sa grand-mère, tandis que Maryline, elle, attend patiemment que tout le monde soit sorti pour s’empresser d’activer la miniaturisation de la voiture, par un bruit qui fait sursauterla famille .
Maryline ouvre sa poche et vérifie que cette dernière est bien propre.
Hélène est la première à saluer Nadine, l’enlaçant longuement. « Bienvenue chez vous, Nadine. Le voyage n’a pas été trop difficile ? »
« À part quelques simflouz, tout est allé. Votre gare est plus petite que celle de Little Town et plus chère aussi. »
Hélène a un sourire légèrement crispé. « Nous pouvons vous rembourser. »
« Vous me rembourserez en jauge de bonheur. »
Elle pose ses yeux sur Cynthia, reprenant sa valise et son sac des mains de cette dernière.
« Cynthia, ma petite, comment avancent tes études d’architecte ? »
Cynthia s’arrête, réfléchissant, hésitant presque à le dire. Comme si, pour une fois, elle avait un peu honte.
« Je... J’ai abandonné mes études d’architecte... Je suis apprentie apicultrice maintenant. »
« Tu ne te piques pas ? »
« Mamie, les abeilles ne piquent pas, uniquement quand elles sont en danger, et encore, elles en meurent si elles font ça. »
Nadine met son doigt sur la bouche. « Ah oui, c’est les guêpes les méchantes. »
« Elles ne sont pas méchantes », grommelle Cynthia. « Si on s’agite et qu’on les menace, c’est sûr, elles répliquent, mais si tu les laisses, elles ne te feront rien. »
« Des gens sont allergiques... » insiste Nadine.
« L’allergie n’excuse pas la connerie », coupe Cynthia.
« Cynthia, ton langage ! » s’agace Hélène en s’approchant de sa cadette.
Nadine agite sa main. « Hélène, voyons, c’est une adulte et j’ai entendu bien pire... C’est bien, tu t’affirmes. »
Cynthia adresse un regard taquin à sa mère, Hélène lève les yeux mais ne peut réprimer son sourire.
La grand-mère entre dans la maison et sent immédiatement l’odeur de parfum neuf et un sol beaucoup trop propre pour correspondre à la vie de quatre personnes.
Elle aperçoit la simsbox rangée en dessous de la télé, et la boîte à outils d’Eric et de Cynthia rangée sur le côté, facilement reconnaissable par les stickers buisson et abeille collés par-dessus.
Nadine s’assoit sur le canapé, posant sa valise sur le côté et ouvrant son sac à main posé sur les genoux.
« J’ai des cadeaux pour chacun d’entre vous. »
Eric proteste en rougissant. « Maman, je t’ai dit de ne pas nous acheter de cadeaux. »
« Et je t’ai déjà dit que je faisais ce que je voulais, alors... »
Elle plonge sa main dans son sac, en sortant le premier objet. Un billet pour un concert orchestral, et le donne à Hélène.
« J’ai entendu dire que vous aimiez l’orchestre. »
« Nadine, vous... »
« Inutile de me remercier. »
La grand-mère prend un deuxième objet dans le sac, il s’agit d’une liseuse qu’elle tend à Maryline.
« Mamie, tu sais combien ça coûte ? »
« Oui. J’ai eu une promotion. Je me suis dit que ça te ferait plaisir. »
Maryline saisit la liseuse, complètement abasourdie par l’objet. « Ça rendrait certaines choses beaucoup plus faciles, Mamie, je ne sais pas quoi dire... »
« Ne dis rien, augmente ta jauge et évite de te laisser affamer », sourit-elle en retour.
Nadine prend l’avant-dernier objet présent dans son sac.
« Cynthia, je suis désolée, je ne savais pas vraiment ce que tu aimais… Alors je t’ai fait une boîte en coquillages. Je sais que ce n’est pas aussi bien que pour Hélène et Maryline, mais… »
Cynthia prend délicatement la boîte des mains de sa grand-mère et fait bien attention à ne pas l’abîmer.
« Ce n’est rien, Mamie. »
Elle regarde la boîte : certains coquillages sont mal placés et certains angles sont assez mal faits.
Cynthia regarde sa grand-mère dans les yeux, elle perçoit une légère honte dans ses yeux.
« C’est très beau, Mamie. »
Nadine ne répond pas et fixe Cynthia pose délicatement la boîte à coquillages sur la table du salon, et plonge pour chercher le dernier objet.
« Pour toi, Paul… »
Paul se penche au-dessus de l’épaule de Nadine.
« Est-ce que tu te rappelles de ça ? »
Nadine tend un Simsdvd, plutôt taché, marqué « TrekSims : La série originale ! »
Paul ouvre la bouche, surpris.
« C’est le DVD original ? » demande Eric.
« Oui, celui que Paul avait trouvé. Je l’ai retrouvé dans mes anciennes affaires et je me suis dit qu’il devait revenir à son véritable propriétaire. »
Ce DVD…
Paul le reconnaîtrait entre mille, c’est le DVD qui a commencé son amour pour TrekSims.
C’était la première fois qu’il rencontrait sa grand-mère…
Quel âge avait-il ?
Six ans ?
Le DVD était dans le grenier de sa grand-mère à Little Town et le benjamin n’avait cessé de sautiller auprès de son père et de sa grand-mère pour regarder cet étrange DVD.
Il regarde à l’arrière du DVD, apercevant une étiquette et un nom arrachés.
Paul hausse un sourcil en direction de sa grand-mère.
« C’était l’ancien propriétaire », dit-elle, évasive. « J’ai arraché l’étiquette. »
« Bizarre... » pense Paul. Il aurait juré se souvenir du nom de l’étiquette.
Il signe, ému : « Merci »
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« Voilà Maman. C’est ta chambre. »
Nadine pose sa valise et son sac sur le lit. La chambre est aménagée pour laisser beaucoup d’espace. Il y a quelques pots de fleurs, un simple lit et une table de chevet accompagnés d’une odeur de parfum. On peut entendre le reste de la famille Duchamps mettre la table.
Elle se tourne vers Eric.
« C’est bon de te revoir. »
Ils s’enlacent longuement, peut-être cinq minutes, peut-être dix ou peut-être que cela ne dure que quelques secondes mais cela n’a aucune importance.
« Comment se passe ton séjour ici, mon petit ? »
Eric déglutit. « Oh bah... Je dois faire un enclos. »
« Vous ne mettez pas trop Hélène sur les nerfs, j’espère. Elle porte trop de choses, tu as vu ses yeux ? »
« Je sais. »
Leur étreinte se termine. Eric se gratte légèrement le bras. « Combien de temps tu comptes rester ? »
« Quelques jours. J’aimerais passer du temps avec vous. »
Eric regarde le sol. « C’est vrai que depuis que Raoul est mort... »
« Je cherche un appartement en dehors de Little Town mais tout est... si cher. »
« Reste ici autant que tu le voudras, Maman. Je... ne savais pas que tu cherchais un nouvel appartement. »
« Rien ne presse, Eric. Ferme les yeux, s’il te plaît. »
« Pourquoi ? »
« Ne discute pas. »
Eric ferme les yeux, il pense indirectement à Hélène en ce bref instant, il ferait mieux de partir l’aider…
« Ouvre-les. »
Il les ouvre.
Il manque de sursauter. Sa mère lui tend un immense canard en peluche, un peu abîmé sur les yeux mais toujours là.
« Canardou ? » murmure Eric.
« Je me suis dit qu’il devait rentrer chez lui. Il a assez veillé sur moi et je me suis dit qu’il pourrait retrouver son ami. »
« Je te l’avais confié... »
« Et il a tenu parole. »
Nadine pose Canardou dans les bras de son fils. « C’est à toi que je l’avais offert, tu te rappelles ? »
« Oui... C’est une bonne peluche... » Eric commence à renifler, des sentiments conflictuels et étranges l’envahissent.
Des souvenirs douloureux remontent à la surface. Ou plutôt les sensations de ceux-ci.Il se rappelle quand il serrait sa peluche, effrayé par les coups que son père leur infligeait.
Il se rappelle de la chaleur de sa peluche lors de la nouvelle maison à Little Town.
Il se rappelle quand Hélène l’avait trouvé dans son sac lors de leur premier rendez-vous avec elle.
Eric regarde sa mère dans les yeux et celle-ci lui sourit tristement.
« Tu as raison, Maman. On aura besoin de lui ici. »
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La nuit était tombée depuis longtemps et tout le monde « dormait ». Cynthia étant probablement en train de ronfler, Maryline sur sa nouvelle liseuse qu’elle n’avait pas arrêtée de regarder durant le repas. Hélène, sûrement en train de jouer aux échecs, Eric, peut-être en train de dormir.
Paul, pour une fois, avait cassé son habitude de rester regarder TrekSims sur son portable ou parler avec Florence sur SimsGram.
Levé au milieu de la nuit, il marche doucement, presque à pas de chat, afin de ne déranger personne, traversant petit à petit un couloir. Il se dirige vers le frigo et prend un colasims à l’intérieur de celui-ci.
« Tu es réveillé à cette heure-là, mon garçon ? »
La voix chuchotée de Nadine manque de le faire sursauter quand il se retourne. Il aperçoit sa grand-mère assise sur le canapé, regardant à travers la vitre.
Paul s’approche d’elle, il regarde ses yeux cernés, elle ne semble pas arriver à trouver le sommeil.
Il ouvre sa canette et commence à boire attentif.
« Toi aussi tu as besoin de te reposer un peu la nuit ? » demande-t-elle.
Paul hausse les épaules.
Nadine passe la main devant son visage. « Tu sais. Il faut savoir prendre son temps quelquefois et en profiter. »
Paul continue de boire son soda, l’air pensif.
« Tu ne sais pas la chance que tu as de pouvoir prendre une décision dans le calme. Quand on comprend ça... On apprend à relativiser et à profiter d’instants comme celui-ci. »
Paul regarde avec elle les étoiles, puis regarde vers elle. Si elle comprenait la langue des signes, il lui aurait demandé si elle allait bien.
Il met la main sur son téléphone pour écrire un message puis... il la regarde de nouveau et se ravise. Peut-être qu’elle n’a pas envie de ça, qu’elle a juste envie du silence comme lui.
Et que le silence en dit parfois plus que n’importe quel langage.