Mon journal intime 2
— Le prince charmant qui nous là ramène. Je ne l’ai jamais vu de près, il est vieux non ?
— Mec, je crois vraiment que tu dois lui pardonner.
Arthur retente de me convaincre. Lola m’a brisé, elle m’a roulé dessus, inspiré par ce qui me sert de meilleur ami. Je ne la reconnais plus, surtout elle est visiblement plus heureuse à embrasser passionnément sans gène.
— Elle nous nargue là ? C’est d’un ridicule intervient Isabelle.
— Elle vient vers nous, tu restes toi-même ou tu proposes de lui pardonner ?
— Charlotte ! Ne te met pas toi aussi bordel !
— Salut, je peux vous parlez les filles ? Et Paul Henri aussi.
Elle ne me regarde pas, tant mieux. Je respire enfin mieux.
— Mec, ce qui me fais très mal, c’est son mensonge, elle m’a manipulée. Toi, tu as été honnête.
— Justement, j’ai fauté, elle aussi. Les amours ça va, ça vient. Elle a eu besoin d’une présence cette été, le temps que tu l’appels, elle a voulu combler un manque avant de tomber amoureuse. Et elle est venu pour repartir sur une autre base. Je sais que tu souffres, ce n’est qu’un passage.
— Lola ne devait pas être comme ça. Enfin, elle…laisse tomber, je vais gérer.
— Comme tu le sens.
La semaine passera entre le pour et le contre. J’ai sans doute moi aussi des torts…
…
— Bon, Lola, on peut refaire un point ?
Ma mère m’attend au tournant, ce samedi matin. Bien réveillée, son café encore fumant, je sais qu’elle a un avis sûr Matthias. Moi, j’étais hyper surprise de son honnêteté, mes parents aussi.
— Tu ne l’aime pas ?
Je m’installe en croisant les bras presque de défis. Son sourire démontre qu’elle n’est pas dupe non plus.
— Je sais que tu vas avoir dans un mois, dix huit ans. Et je ne pourrais pas t’en empêcher d’être avec lui. Je vois bien avec recul que tu t’ouvres au monde, aux différences et tu as même commencé à peindre.
— Et ? Vas où bout maman.
— J’ai eu plaisir de le rencontrer, voir qu’il est capable de reconnaître ses erreurs seulement, avec ton père, on a besoin de temps pour voir s’il est vraiment quelqu’un de vrai ou de faux.
— Ouai, tu veux un sosie de Mael hein ?
— Je veux que ton bonheur, que tu es ton diplôme, tes notes baissent là. Tu m’écoutes là ? Lola ?
Je me disperse quand un sms de Mael s’affiche pour me proposer de se voir comme il le pensait hier soir. J’étais rentrée stressé de la soirée, montait fumée un joint fenêtre ouverte à moitié assise sur le rebord quand il m’a écrit pour reconnaître ses erreurs, me pardonner et me souhaiter du bonheur.
— Lola ? Je sais que vous êtes coller mais je te parle ! Allo ?
— Oui pardon, écoute maman, tu lui as promis de faire un stage de découverte, tu vas voir, il est très motivée, curieux et sérieux ! Je vais me préparer déjeuner avec Charlotte. Je t’aime et aussi, papa ronfle, tu devrais lui dire, ça m’a réveillé.
Je l’embrasse rapidement sur la joue et file comme l’éclair. J’ai de la peine de la surprendre comme ça mais elle finira par comprendre que je ne resterais jamais loin ! Elle commence à couper le cordon depuis l’an dernier, encore des efforts ! Louise et Théo risquent d’être plus surveillé aussi, les pauvres !
Prenne l’air à neuf heure me fait du bien, je prends le temps de calmer mon angoisse pour lui faire face. Il est si mignon à m’attendre dans le café, lui aussi un peu stressé. L’heure de reprendre tout à zéro.
— Salut.
— Salut Lola, je t’ai pris un chocolat comme moi, il fait si froid dehors qu’on a le droit de se réchauffer non ?
Son humour m’a tant manqué ! Je l’ai aimé car il prenait soin de moi, il m’écoutait cependant en tombant sous un autre charme, j’ai changé et compris qu’il me fallait plus. Aventure ? C’est trop simple.
Non, c’est plus, trouver une conviction, choisir quoi combattre. Avec aussi quelqu’un de plus âgé. Et plus me laisser porter, non, j’aime me sentir utile aussi dans notre couple. On s’entraide, on se soutient. Avec Mael, je l’ai peu expérimenté et surtout, c’était juste une amitié en amour et…
— Merci de me comprendre.
Je me raccroche au train et sa main sur les miennes.
— On a pu su communiquer. Tu peux revenir avec les autres et même le présenter.
— Ouai, mes parents l’ont vu hier.
— Et alors, ça c’est bien passé ?
— Oui. Tu vas comment sinon ?
— Rien de particulier, je vais bien tu sais. Tu fais quoi aujourd’hui ?
Discuter des banalités pour ressasser les plaies, c’est horrible.
— Je me suis excusé de t’avoir traité de…
— Passons, on pense à demain hein ?
— Ouai.
J’aimerais aussi lui partager mon avortement et lui demander si je dois arrêter le lycée pour être avec Matthias. Car je me sens bizarrement l’envie de donner naissance. J’étais heureuse d’avoir validé ma première fois avec lui. Or, avoir dû tué un enfant dans l’œuf me rend malade et en voyant la communauté, leur façon de vivre correctement avec peu, j’imagine un monde possible avec une bébé.
Finalement, j’attends plusieurs autres jours avant d’en parler en privée avec mes deux meilleurs amies dans les toilettes du lycée. Leurs avis sont pareil.
« Six mois bientôt avec lui, tu as avorté et tu comptes quand même tout plaquer sans le diplôme pour être mère ? Redescend sur Terre Lola ! «
« Charlotte a raison, tu planes ma Lol ! Regarde ma mère, elle m’a eu à dix huit ans, sans étude ni rien, elle a du mal à m’élever. C’est d’ailleurs pour ça que mon père l’a quitté, l’a rendant dépressive, il en avait marre de rapporter du fric sans qu’elle se bouge. Tu es encore jeune »
Elles ont raison et pourtant, je me sens capable moi ! J’ai su changé les couches de ma sœur et mon frère, ce n’est pas sorcier être mère. De tout temps, tout pays, les mère y arrivent peut importe leurs revenus. Matthias sera un père attentif et ma mère ne voudra pas me laisser seule.