Mon journal intime 2
— Qu’en pensez vous ?
Me voilà folle ! Je refusais de parler à la psy de ma mère et à raison, elle aurait cafté ! Non, je préfère le point de vue de l’école. En effet, en ce début d’année, j’ai une myriade d'angoisses. Je consomme un peu plus de coke pour tenir, m’éloigne du dénis et Matthias me subis. Le pauvre.
Je travaille comme une dingue pour être la meilleure et oblige mon homme à des cours particuliers ! Cela ne me ressemble pas et le pire ? Ma mère ne voit pas que c’est une fuite…Elle est enfin heureuse que je bosse et je n’ose pas dire le fond de mes problèmes. Personne en fait, je tiens enfin tenais…
— Tu es majeur, un âge où tu recherches une indépendance tout en étant proche de ta famille. J’y vois une lourde pression de la mère qui veut le meilleur, ce qui, pour la satisfaire, tu es prête à mettre en danger ta santé en consommant.
Ouai, bon résume Madame Helsenki, sacré capitale de la séance creuse ! Non, la pauvre, elle me connait à peine depuis dix minutes, je ne dois pas l’insulter. Je tapote des pieds, elle repère bien le stress.
— Je pense que le fond du problème c’est, dis-le-moi, si je me trompe, que ce n’est pas la pression de l’examen mais bien ton rapport à la maternité.
— Je suis entre deux oui…
— Parles moi de ton petit ami
— Il a cinq ans enfin bientôt six ans de plus que moi. Vous voulez savoir quoi ? Me juger de mon amour pour lui ?
— Je ne juges jamais. Je suis là pour écouter, conseiller et orienter si nécessaire. Je veux comprendre surtout l’origine de ton avortement. Il était d’accord sur ça ?
— Non, il voulait le garder, il a failli me frapper. En fait, il n’a jamais été violent. Il a regretté d’avoir voulu me forcer à le faire, aujourd’hui, il est en mode, étude et on aura le temps.
— C’est la première que tu as dû le faire ?
— Oui…
— Tu as été seule lors de la consultation ?
— C’était anonyme
— Tu en as parlé à des proches ? Parents ou amis ?
— Je crois que vous avez raison.
— Raison sur quoi ?
— Je travaille à fond alors que ce n’est pas mon profil pour assuré un futur métier une fois mon enfant né.
— J’ai saisi que tout est relié mais le fond Lola, c’est la maternité. Je sous entends que tu veux être mère au foyer puis démarrer des études ou travailler, c’est ça ?
— Je l’ai tué en fait…je me sens coupable et donc pour réparer l’erreur, ce crime, c’est d’être enceinte. J’ai surtout peur d’annoncer à Matthias que je compte ne pas finir mes cours et aussi à ma mère. Je veux être avec lui, quitter mon quartier et qu’on parte en vanne en famille.
— C’est un beau projet Lola cependant, je me dois de conseiller des lieux pour échanger avec des jeunes mères. Car gérer un enfant, ça coûte. Si tu veux élever seule sans tenir compte de l’aide de ta famille, ça sera ton choix et là aussi, il existe des aides financières par exemple pour accompagner. Enfin, j’ai dit seule mais vous êtes deux.
— Je dois commencer par quoi ?
— Avant de poser sur une feuille tes envies, j’aimerais me pencher sur ton début d’addiction qui est le plus urgent et si cela n’est pas réglé, la cocaïne impacte beaucoup la concentration, le sommeil, les prises de décisions.
— Vous ne dite rien à mes parents hein ?
— Le secret médical régit tout.
Elle continue en sortant une feuille de son carnet pour tout me demander :
— Tu es d’accord que je travaille avec Madame Hans ? On pourra se voir tout les jeudi matin à dix heure et elle, par exemple, le mercredi après-midi selon son planning ?
— Je veux juste stopper le train, je n’arrive plus du tout, je fuis, je brûle mon cerveau, m’éloigne à nouveau de ma bande, refait des cauchemars car j’ai trompé mon ex et j’en passe ! Alors oui !
— On va t’aider et tu es venu le plus tôt pour endiguer l’addiction. Consulter est le premier as de la guérison. Tu consommes du coup de la cocaïne ou d’autres substances ?
— Que ça, une fois par jour parfois deux.
Et je dors chez mon mec, car je suis majeur, ma mère me fait confiance car je l’appel ou vient la voir. Consomme aussi de l’alcool que le weekend en festive et oui, je me rappel que je suis dans le bazar depuis deux mois et en fait, je me mens, je travaille ok, mais j’oublie, mes notes chutent et je n’ose rien dire à ma mère…Je mange moyen aussi.
Je sors de mon premier rendez-vous mal en point. Une impression d’avoir stagné…Je me retiens de me cacher dans les toilettes pour me mettre dans un coin et téléphoner à mon amour. Il ne répond pas, je lui laisse un message pour pleurer un bon coup.
Tout est ma faute : je gâche tout, je n’ose pas parler car je sais ce que tous pensent. Me voilà plus consommatrice que mon mec ! Faut que je parte loin de Paris…Pour un break, je ne mérite pas d’être aimer…