Mon journal intime 2
Je travaille dur pour me remettre sur le bon rail. D’ailleurs, je note que j’ai grave évoluer. Chez le psychiatre, j’ai dit que je pense me fixer sur une chose à la fois en plus obsessionnel. D’abord mon homme, puis le bébé puis la honte et désormais les révisions.
J’avais l’ambition de tout donner, partir avec le papier haut la main. Mes proches m’ont rappelé d’aller à mon rythme. Surtout que j’angoisse quelques fois, j’ai peur de l’avenir. Où travailler ? Où vivre ?
Matthias a pris la décision de plus habiter avec sa bande. Ces derniers s’en foutent tant qu’il donne des nouvelles. C’est chouette sauf qu’il dort avec moi. Oui, je devrais m’en réjouir, je le suis, surtout aussi que ma mère qui l’a pris sous son aile pour l’aider dans le monde de l’architecture, voit qu’il est toujours un bon gars.
Non, ce qui me gêne c’est qu’il souffre de loger dans un petit appart. Pour moi il est, pour lui, c’est grand. Il aimerait construire notre foyer mais avec quel argent ? Il passe son temps en cachette à concevoir milles plans sur mon vieil ordinateur, avec un logiciel que ma mère lui a montré.
Ok, je souffre, j’étouffe et ça m’arrive parfois de fumer dans la cour pour me détresser, un joint ou une cigarette. Avant de culpabiliser et me souvenir que je peux compter sur ma boite de calmant si les autres techniques tel que la respiration me suffisent plus.
— Lola ? Tu sais que tu n’as pas besoin de te cacher, je t’observe. Je fais pareil mais au chaud.
Ma mère m’a surprise, je tente de fuir en éteignant ce feu du Diable dans le cendrier devant l’entrée. Elle me suit dans le salon. J’'ai horreur de parler de moi. Je sais qu’on se manque car je n’arrive plus à discuter d’autres sujets plus joyeux comme les fringues, le cinéma ou les vacances…
— Lola, tu as le droit de chuter et je ne fais pas de faire la moral. Je sais que c’est dur d’arriver à ne plus fumer, moi-même j’essaye. Non, tu as le droit de le faire dans le salon, le droit de fuir cependant je reste ta mère. J’ai ce besoin de te dire, que je suis à l’écoute sans forcément de dire quoi faire. Dis-moi ce qu’il se passe ma chérie.
— Je ne le sais pas moi-même maman…peut être que je prends la souffrance de mon mec pour moi autant que savoir où travailler, où habiter…
— Pourquoi tu le penses ?
— Il passe son temps à modifier en simulation notre futur chez nous. Sauf qu’on est loin de l’avoir, il cherche à bosser et moi aussi…
— Lola, je te rappel que je l’ai pris avec moi. Il est hyper motivé, sincère et tu sais quoi ? Il a une vision nouvelle des logements de demain. Il m’a ouvert les yeux car je ne voyais pas forcément les problèmes des autres milieux, ni le changement climatique. Il va t’en parler de son idée d’entreprise.
— Tu serais triste si je pars hein ?
— Bien sûr mais après tu es majeur et l’important c’est votre bonheur.
— Tout le monde est là ? J’ai une idée de génie pour notre nid douillet.
Mon cœur se présente avec un dossier. Il est une heure du mat, le sommeil m’appel tandis que ma mère reste bien éveiller.
— Je sais que ma Lola se cachait, elle m’a vu aussi. Voilà, j’ai pensé à construire notre maison dans un container !
Je reviens à la discussion quand il s’installe entre nous pour embrasser ma joue visiblement, il ne m’en veut pas de fuir. Ma mère reste ébahie des photos, des plans. Je le consulte aussi sans réussir à dire mon avis.
Il en profite pour m’avouer son projet d’entreprise, là aussi, je ne sais quoi dire à part me lever :
— Mon amour, c’est un beau projet pour nous et ton entreprise. Mais, je n’ai rien contre toi, je suis juste fatiguée d’un coup. On en reparle demain ?
— Pas de problème, reposes toi ma belle. Je vais en parler d’abord avec une superbe professionnelle.
Je l’embrasse délicatement et d’un œil en montant l’escalier, je me rends compte que oui, ma mère est plus impliqué pour lui que pour moi. Une jalousie se pointe. Je passe voir mon frère et ma sœur pour les embrasser aussi, chose que je fais rarement. Je les apprécie seulement c’est la différence d’âge qui ne me permet pas de jouer avec eux.
Ok, j’ai mes amis, un petit ami, des parents divorcés, Louise et Théo qui me veulent…je crois que je dois revoir mon rapport avec les autres. Un manque cruel de confiance en moi survient parfois autant que le désir de partager milles moments avec chacun d’entre eux.
Je suis perdu et je me fais la promesse déjà surprenante mais en larme, que tout l’été, je m’amuse avec mon frère et ma sœur, je sais qu’ils ont besoin de moi malgré qu’ils ont dix et huit ans. Je suis aussi leur modèle et l’adolescence puis être adulte m’ont éloigné d’eux, à un âge aussi important pour eux.
Matthias aussi se sent malheureux de voir très peu sa mère sa sœur. Il leur téléphone mais ce n’est pas pareil. J’avais aussi promis de les rencontrer, quand j’irais mieux surtout…