Miraculeux Décembre par

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Continuation / Romance

3 Lundi 2 décembre | Brisure

Catégorie: G , 1885 mots
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 Cher journal,

Aujourd'hui, j'ai vécu la pire journée de ma vie ! 

- « Marinette, tu ne devrais pas répondre aux messages d'Alya ? » S'enquiert mon kwami, installé au beau milieu de ma page.

Je secoue vivement la tête.

- « Non Tikki, tu ne te rends pas compte que c'est la fin du monde ?! »

Dans mon désespoir, je balance mon stylo au loin et me replie sur ma chaise. Les quelques heures qui venaient de s'écouler étaient probablement les pires de cette année. Les vibrations de mon portable provoquent un vacarme au contact de mon bureau. Désolée, Alya. Je décide d'éteindre mon portable et de le jeter négligemment sur mon lit.

- « Mais Marinette...

- Pardonne-moi, Tikki, mais je ne suis pas d'humeur. »

La petite créature rouge soupire doucement tandis que je récupère mon stylo et m'assois confortablement devant mon cahier.

Par où commencer, déjà...

Je raye de plusieurs barres les premiers mots de la page et reprends plus calmement.

 Cher Journal,

Aujourd'hui, j'ai décidé de tirer un trait sur Adrien Agreste. […]

Lundi annonce le début d'une nouvelle semaine. Comme à mon habitude, je me pointe au portail quelques secondes avant le début de mon premier cours. Il faut dire qu'il y a du progrès ! La raison de mon presque retard n'est pas dû à un akuma ou à un quelconque plan du Papillon. Non, c'est plutôt mon réveil qui a décidé de me jouer un mauvais tour !

- « Incroyable, notre Marinette nationale arrive pile à l'heure ! » Se moque ma meilleure amie, d'ores et déjà assise à notre place habituelle.

Je pousse un rire gêné, glissant ma main dans mes cheveux noués en couettes basses. Mon regard se porte directement sur le banc derrière, où Nino et Adrien me saluent joyeusement. Adrien... Je me sens rougir de la tête aux pieds, figée sur place. Soudain, une main se plaque sur mon épaule et me bouscule brusquement.

- « Bouge-toi, j'aimerais bien passer ! »

Cette voix nasillarde appartient à Chloé Bourgeois. Elle me fusille de ses yeux bleus puis jauge l'ensemble de la classe. Tout le monde - ou presque - la dévisage. La trahison de Queen Bee envers Ladybug n'a de secret pour personne. Quand elle s'en aperçoit, Chloé écarquille les yeux et essaie de les ignorer en rejoignant son siège, Sabrina sur ses talons.

- « Elle va rapidement descendre de son petit nuage. » Grogne Alya alors que je débarrasse mon sac de quelques affaires. "Ce qu'elle a fait à Ladybug est inacceptable."

Je me contente d'hocher de la tête. Elle ne sait pas que j'étais aux premières loges de la trahison de Chloé.

- « Ouais, elle nous a tous mis en danger. » Surenchérit Nino à l'arrière.

Nous nous tournons d'un commun accord pour partager nos impressions. Cependant, Adrien semble rester en retrait, ce qui n'échappe pas à notre chère créatrice du Ladyblog.

- « Tu en penses quoi, Adrien ? »

Celui-ci esquisse un mouvement de recul, s'adossant à son siège. On dirait qu'il était dans la lune. Mais qu'est-ce qu'il est si beau quand il pense...

- « M-moi ? » Bafouille-t-il avant de reprendre plus sérieusement. « Je pense que Chloé avait peut-être des raisons. »

Le regard noir que lui lance Alya l'oblige à poursuivre :

- « Je suis du côté de Ladybug et Chat Noir ! Et il est vrai que Chloé n'a pas toujours bien agi envers eux... Mais je suis sûr que ça va s'arranger. »

A sa tête, je comprends que l'explication du merveilleux blond ne satisfait pas entièrement ma meilleure amie. Néanmoins, l'arrivée de notre professeure principale coupe court à notre discussion.

Durant toute la journée, je songe à la remarque d'Adrien concernant Queen Bee. Après tout, elle désirait simplement combattre à nos côtés... Je chasse immédiatement cette pensée de ma tête. Cela ne valait pas le coup de s'allier au Papillon pour récupérer le miraculous de l'abeille, ça non !

Lorsque l'ultime cloche sonne la fin des cours pours aujourd'hui, je m'aperçois que je n'ai absolument rien écouté de la journée. Pourtant, c'est une des périodes les plus importantes de l'année, je devrais faire un effort... Mais comment faire des efforts quand on donne tout son possible pour sauver le monde ?

Enfin le monde... Paris !

- « Marinette, ici la Terre, tu comptes dormir en classe pour ne pas louper ton réveil ? »

Alya saisit mon bras pour me tirer définitivement de mes pensées. Adrien rit doucement face à ma réaction. Je rougis et embarque tous mes affaires dans mon sac. Ce bruit, son rire, je le trouve parfait. Tous les quatre, nous traversons la cour sous les exclamations de ma meilleure amie au sujet de son idole. Elle nourrit l'espoir d'obtenir une nouvelle interview de sa part pour son blog

Noël approche à grands pas, peut-être que je pourrai faire un effort.

- « Je vous laisse ici les amis. » Déclare Adrien.

Nous l'observons tous, surpris.

- « Déjà ? Mais la limousine n'est pas encore arrivée. » Remarque Nino.

Le beau blond affiche un sourire mi-gêné, mi-excité.

- « En vérité, je dois voir Kagami avant notre cours d'escrime. »

Si cette fin d'année prévoit des températures en-dessous de la moyenne habituelle, je sens mon corps se glacer à cette information. Bien sûr, je suis au courant de leur rapprochement, je ne suis pas aveugle à ce point. Mais entre soupçonner et l'entendre de vive voix, il y a un fossé.

- « Eh bien, amusez-vous bien ! » Rétorque son meilleur ami d'une voix équivoque.

Alya lui assène un coup de coude dans le bras et me fixe, dans l'attente d'une quelconque réaction. Vidée, je décide de ne rien ajouter et nous saluons donc notre ami. Je me demande bien ce qu'ils vont bien pouvoir se raconter...

Une fois tout le monde parti, je contourne le collège, plongée dans mes réflexions.

- « Marinette, la maison est de l'autre côté. » Chuchote Tikki, dont la tête s'échappe de sa bourse rose.

- « Je sais... » Je souffle, les yeux rivés sur les grandes portes de l'entrée. « Tikki, il faut absolument que je sache s'ils sortent ensemble.

- Mais Marinette, tu ne dois pas utiliser tes pouvoirs autrement que pour combattre le Papillon ! »

Tant pis, j'ignore vaguement l'avertissement de mon kwami et accourt en direction d'une ruelle proche pour me cacher.

- « Tikki, transforme-moi ! »

Elève au collège Françoise-Dupont, je connais les lieux comme ma poche. Et affublée de mon costume de super-héros, je n'éprouve aucune difficulté à me hisser sur le toit pour m'introduire discrètement dans les vestiaires. Heureusement, il n'y a plus personne dans l'école, si ce n'est Adrien qui patiente dans la cour. Cette vision me serre le cœur. La main sur un pan de la porte, mon instinct me pousse à le rejoindre pour connaitre ses véritables intentions avec Kagami. Après tout, tout le monde aime se confier à Ladybug ! Mais à peine ai-je déplacé la porte de quelques centimètres que la silhouette de Kagami se dessine à l'entrée de l'école.

- « Ils sont peut-être juste amis. » Je marmonne pour me donner du courage.

D'ici, je n'entends rien du tout. Le mieux serait sûrement de me rapprocher. Mon attention se reporte sur les escaliers extérieurs menant aux salles de classe du premier étage. Je pourrais facilement me hisser jusque-là et écouter. Mais avec ce costume rouge criard, je risque de me faire attraper dès ma sortie du vestiaire.

- « Dé-transformation. »

Tikki s'échappe de mes boucles d'oreilles et se poste devant moi.

- « Marinette, c'est une très mauvaise idée ! » Me sermonne-t-elle, les joues gonflées.

- « Je sais Tikki, mais... Oh ! »

De l'autre côté de la bulle vitrée, je discerne Adrien et Kagami, lui se penche vers elle, amusé, si bien que leurs visages ne soient séparés que d'infirmes centimètres. Choquée, je me laisse aller contre la porte qui vacille sous mon poids. Je me retrouve donc allongée sur le sol, entre le vestiaire et la cour.

- « Marinette ? »

J'ai envie de disparaître six pieds sous terre.

Des bruits de pas se précipitent dans ma direction et m'aident à me relever. Adrien et Kagami se trouve juste devant moi. Lui me regarde inquiet, elle légèrement agacée.

- « H-Hé ! Salut ! »

Ma voix atteint des aigus inatteignables par un humain normal.

- « Qu'est-ce que tu faisais ici ? Je t'ai vue partir tout à l'heure avec les autres. »

Je fixe Adrien dans les yeux, prête à me noyer dans l'immensité de ses iris vertes.

- « Marinette ?

- A-Ah ! Hé hé ! Disons que j'ai oublié quelque chose !

- Quoi donc ? » Me demande Kagami, d'un ton inquisiteur.

Je réfléchis à toute berzingue pour trouver un moyen de me sortir de ce mauvais pas.

- « Ma bourse ! » Je m'écrie si fort que ma voix résonne dans la cour.

Les deux adolescents me dévisagent.

- « Mais elle est sur toi. »

Je me redresse sur mes pieds et époussette nerveusement mes vêtements.

- « Oh, bah je l'ai retrouvée ! »

Ma gêne est si grande que je ne peux réprimer des gloussements affreusement faux. Si Kagami manifeste sa méfiante de multiples soupirs, Adrien me gratifie d'une expression réconfortante. Intimidée, je me courbe en avant et bredouille des excuses avant de repartir dans l'autre sens.

- « Marinette ! »

Adrien m'appelle, je m'arrête et fais volte-face.

- Oui ? »

Il lance un regard complice à Kagami qui retrouve soudainement le sourire.

- « Je voulais que tu sois la première à le savoir. »

Je serre les poings, sentant mon cœur sur le point de défaillir.

- « Kagami et moi sortons ensemble depuis peu. »

Pour appuyer ses mots, Adrien glisse sa main dans celle de la principale intéressée. Cette vision m'est insupportable, bien que je m'en doutais. Un long silence s'en suit. Je devrais leur adresser mes meilleurs vœux, mais les mots se bloquent dans ma gorge.

- « Et on est très heureux de t'avoir comme amie. » Ajoute-t-il, visiblement embarrassé devant mon mutisme.

Il ne pense pas à mal en exprimant son amitié, mais cela provoque en moi comme une cassure. Je le savais. Mais cela n'empêche pas le flot d'émotions de comprimer ma poitrine et de remonter dans ma gorge. Je suis sur le point de pleurer, mais je ne veux pas qu'il le voit. Alors je bredouille quelques félicitations et m'empresse de m'enfuir de l'école.

[...] et c'est ainsi que je me suis transformée en Ladybug pour courir cacher ma tristesse. 

Tikki, occupée à lire mon texte en silence, se penche contre moi pour m'adresser toute sa compassion. Pendant mon écriture, les larmes se sont mises à couler. Un voile me masque partiellement la vue, déformant mon écriture au fil des phrases.

- « C'est fini, Tikki. » Je déclare en déposant mon stylo.

Mon poignet souffre de ses longues minutes de contraction. Il fallait que ça sorte.

Et maintenant ?


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