Shadow Protocol : La 21e Ombre
GODS - League of Legends, NewJeans
La poussière retombait à peine sur le terrain Gamma. Akari se tenait droite, mais chaque fibre de son être hurlait. Le froid qu'elle avait canalisé pour stabiliser les décombres s'était transformé en une morsure interne, une lame de glace qui semblait scier ses os. Elle vit Midoriya s'approcher d'elle, son visage encore barbouillé de suie, mais avec un regard plein d'une admiration qui la mettait presque mal à l'aise.
— « Kageyama-san, ton contrôle sur la densité... c'est du génie ! Tu as soutenu trois étages avec une seule colonne d'ombre ! » s'exclama-t-il, les mains tremblantes d'excitation.
Akari esquissa un sourire qui ne parvint pas à ses yeux. Elle sentait le sang chaud couler sous ses bandages, là où la glace avait lacéré sa peau durant l'effort.
— « On a fait une bonne équipe, Midoriya-kun. Mais ne surestime pas ma résistance. »
Elle tourna les talons, cherchant à s'isoler avant que quelqu'un ne remarque la légère fumée froide qui s'échappait de ses poignets. Mais en chemin vers les vestiaires, elle croisa Todoroki. Il ne dit rien, mais son regard s'attarda sur les mains d'Akari qui tremblaient. Il connaissait ce prix à payer. Il connaissait ce froid qui ne vient pas de l'extérieur, mais qui naît dans le sang. Ils passèrent l'un à côté de l'autre sans un mot, deux fantômes liés par des fardeaux similaires.
Une fois dans le calme aseptisé de l'infirmerie, Akari laissa enfin tomber le masque. Elle s'assit lourdement sur le lit, retirant ses gants avec précaution. Ses doigts étaient d'un blanc cadavérique. Recovery Girl soupira en s'approchant avec une pommade chauffante.
— « Ta mère m'a envoyé ton dossier médical complet ce matin, fillette, » commença la vieille dame d'un ton sévère. « Ce qu'elle te fait subir avec ces chambres froides est à la limite de la torture. Tu n'es pas une machine, Akari. »
— « Elle veut que je sois capable de solidifier l'ombre même en plein désert, sous un soleil de plomb. Pour ça, je dois baisser ma température interne à des niveaux critiques, » répondit Akari, les dents serrées alors que la pommade commençait à brûler ses plaies.
C’est à ce moment-là que la porte s'ouvrit sur Momo. Elle n'avait pas frappé. Elle savait. Elle s'arrêta net en voyant les marques sur les bras d'Akari.
— « Akari... ce n'est pas juste l'entraînement de Yuei, n'est-ce pas ? » demanda Momo, sa voix brisée par l'émotion. « Elle t'a encore enfermée hier soir ? »
Akari baissa les yeux.
— « Elle veut que je sois parfaite pour ce qui arrive, Momo. Elle sait ce qu'Aizawa va annoncer aujourd'hui. Elle veut que le nom Kageyama soit gravé sur le trophée. »
Momo s'approcha et prit doucement la main d'Akari, évitant les zones blessées.
— « Tu n'as rien à prouver à une femme qui ne voit en toi qu'un investissement. On est tes amis, Akari. On est là. »
Ce moment de vulnérabilité fut de courte durée. Akari se rhabilla prestement, dissimulant ses blessures sous son uniforme propre. Elle devait retourner en classe. Le silence dans les couloirs était lourd, comme si toute l'académie retenait son souffle.
Lorsqu'elle entra dans la salle 1-A, l'ambiance était électrique. Les élèves parlaient fort, l'excitation était à son comble. Akari s'installa à son bureau, sentant le regard de Bakugo sur elle. Il ne criait pas, il l'observait avec un air de défi nouveau. Pour lui, elle n'était plus une cible, mais un obstacle à abattre.
La porte s'ouvrit brusquement. Shota Aizawa entra, son écharpe de capture flottant légèrement autour de son cou. Le silence fut instantané.
— « J'espère que vous avez bien récupéré de l'exercice au terrain Gamma, » commença-t-il de sa voix monocorde. « Parce que le vrai défi commence maintenant. »
Il fit une pause, balayant la salle de son regard fatigué.
— « Dans deux semaines aura lieu le Championnat Sportif de Yuei. »
Une explosion de joie et de cris retentit dans la classe. — « ENFIN ! » hurla Kirishima en frappant ses poings l'un contre l'autre. — « C'est notre chance de nous faire remarquer par les agences pro ! » s'exclama Denki.
Aizawa calma le jeu d'un geste de la main. — « Ne vous méprenez pas. Ce n'est pas un simple festival. C'est le moment où le monde entier, y compris les vilains, scrutera vos moindres faiblesses. Kageyama, puisque tu es arrivée récemment, sache que les attentes sur toi seront doubles. Le public voudra voir si la 21e élève mérite sa place. »
Akari sentit un poids immense s'abattre sur ses épaules. Elle regarda ses mains, dissimulées sous son bureau. Elle pensa à la limousine noire qui l'attendrait ce soir, à la voix de sa mère qui lui dirait sans doute : "Le championnat n'est pas une option, c'est une obligation de victoire."
— « Vous avez deux semaines pour vous préparer, » conclut Aizawa. « Pas de cours héroïques classiques. Entraînez-vous, affinez vos techniques. Le pays entier vous regardera. Ne me faites pas honte. »
Alors que la cloche sonnait, Akari vit ses camarades se regrouper, discutant de leurs stratégies. Deku notait déjà des idées dans son carnet, Uraraka parlait de ses parents, et Bakugo affichait un sourire carnassier en fixant le tableau.
Momo se tourna vers Akari. — « On va s'entraîner ensemble ? »
Akari hocha la tête, mais son esprit était déjà ailleurs. Elle voyait déjà l'arène, la foule hurlante, et l'ombre qu'elle allait devoir sculpter pour devenir la meilleure. Elle se leva, son sac sur l'épaule, et croisa le regard de Bakugo alors qu'elle sortait de la salle.
— « Ne te fais pas éliminer avant de m'affronter, la nouvelle, » grogna-t-il en passant à côté d'elle.
— « Compte sur moi, Bakugo-san, » répondit-elle d'une voix de fer. « Garde tes explosions pour la finale. Tu en auras besoin. »
Elle sortit de l'école, sa détermination brûlant plus fort que le froid dans ses veines. Le Championnat Sportif n'était pas seulement une compétition. Pour Akari Kageyama, c'était le début de sa rébellion.