LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)
Chapitre 180 : Première tension avec les perturbateurs de Kiri
3458 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 06/02/2026 09:25
Chapitre 180 : Première tension avec les perturbateurs de Kiri
Après mon alerte, Minato survole l’escalier pour monter à la porte d’entrée et nous le suivons tous. Une fois dehors, nous les attendons avec tension, nous fixons en silence les arbres inquiétants, la brume épaisse qui tapisse le sol, la lune qui disparait régulièrement derrière les nuages. Ils finissent par apparaitre entre les troncs sombres pour gagner notre petite clairière, ils approchent en rangs stricts, presque menaçants.
- Et bien pays du feu… En voilà du monde dehors… ça fait beaucoup de gardes, commente l’un d’eux d’une voix sombre.
- Nous sommes sortis vous accueillir, répond calmement Minato.
- Vous étiez dehors avant même que nous n’arrivions, réplique-t-il.
- Nous avons des ninjas aux sens étonnement développés. Nous vous sentons arriver depuis plus d’un kilomètre, rétorque Minato d’un ton sec.
Il place ses pions, il les prévient qu’il ne sert à rien d’essayer de nous surprendre et ça me rassure car ils affichent des têtes surprises et plutôt mécontentes.
Mais ils ne ralentissent pas, ils continuent d’approcher de nos rangs et je n’apprécie pas du tout. Ils nous observent tous, chacun d’entre eux dévisage nos hommes avec un drôle d’air, presque concentré. J’agrippe doucement la hanche d’Hanako pour la passer dans mon dos comme tout à l’heure, gardant une main sur elle tandis qu’elle observe ce qu’il se passe discrètement, coincée derrière moi. Elle ne porte même plus son masque de chat et c’est la seule femme parmi nous, ça me tend outre-mesure, j’ai l’impression qu’ils vont tous tiquer sur elle.
Ils s’arrêtent enfin à quelques mètres de nous, tandis que leur commandant parle avec Minato de notre visite de demain matin, mais le soulagement est de courte durée. Deux ninjas se détachent de leurs rangs pour venir circuler parmi les nôtres, ils font mine de se présenter froidement mais il est clair que c’est une mascarade. Je vois qu’ils viennent plutôt nous jauger de plus près, peut-être pour évaluer nos forces ? Je n’en sais rien, je ne vois pas ce qu’ils pourraient tirer de cette observation mais mon instinct me crie violemment de cacher Hanako de leurs yeux curieux.
Lorsque l’un d’eux approche de nous, je coince Hanako plus fermement contre moi, me redressant un peu pour la dissimuler tandis qu’elle s’agrippe à mon dos une seconde fois, morte de peur de se retrouver face aux perturbateurs qui ont failli la tuer. J’essaie de dissuader de mon regard le plus meurtrier le ninja qui vient vers nous avec assurance, mais il ne me lance même pas un coup d’œil, il a l’air bien plus intéressé par le petit ninja qui se cache derrière moi. Il s’arrête à quelques mètres et lorsqu’il commence à se pencher pour regarder dans mon dos, je gronde doucement, ramenant efficacement son attention sur moi.
- Qui est-ce que tu nous caches toi ? demande-t-il d’une voix moqueuse.
Mon intuition hurle comme une possédée au fond de mon corps, c’est comme si je sentais que c’était elle qu’ils cherchaient, c’est indescriptible.
Je lance un petit coup d’œil à Rinko, qui comprend tout de suite ma demande, comme d’habitude. Il fait mine de venir voir pourquoi je suis en train de monter en pression, mais il récupère discrètement Hanako derrière son dos. Le tour de passe-passe est très bien exécuté, naturellement et discrètement, et me permet enfin de bouger. Je fais donc deux pas vers le ninja de Kiri pour me planter devant lui, le dominant de toute ma hauteur, le fixant sans ciller, et lui faisant enfin perdre son sourire assuré.
- Je ne cache personne, j’aime avoir mon espace et tu es en train de franchir les limites, gronde-je à voix basse. Alors soit tu recules, soit je te recule, j’espère que c’est plus clair.
Il me dévisage enfin avec des yeux inquiets face à mon attitude menaçante et il fait demi-tour lentement pour regagner leur rangs en faisant un signe à son camarade qui passait lui aussi parmi nous pour qu’il l’imite. Je me détends un peu et ça me permet de me reconcentrer sur les échanges entre Minato et leur chef. Ce dernier nous baratine en expliquant avoir voulu voir si nous étions bien installés, et ils repartent tous quelques minutes plus tard. Minato ordonne à nos troupes de rentrer dans la ferme, sauf moi, puisqu’il tient visiblement à me faire la morale :
- Tu aurais pu faire profil bas Kakashi ! Si tu pars à la recherche de Meï, j’aime autant que tous les perturbateurs n’aient pas ton visage en tête à cause de ce que tu viens de faire ! me réprimande-t-il.
- C’est elle qu’ils cherchent, réplique-je sans préambule.
Minato fronce les sourcils :
- Je ne pense pas Kakashi…, tempère-t-il.
- Je n’ai aucune preuve, je le sens, c’est tout. Je voulais vous en faire part, explique-je simplement.
- Ecoute, il est complétement clair désormais que le régime ici a changé, tout ça n’a pas de lien avec Hanako mais avec un tyran au pouvoir qui cherche à se faire craindre de ses ennemis. J’ai remarqué que vous étiez plus proches … ce sont tes sentiments pour elle qui t’influencent, tu crains pour sa vie, c’est normal.
- Vous pensez ? Je ne sais pas… J’en suis convaincu au fond de moi… ils nous dévisagent depuis que nous sommes arrivés, on dirait qu’ils cherchent quelqu’un …, insiste-je un peu.
Il me dévisage longuement, un peu inquiet. Minato m’accorde toujours une confiance aveugle et se fie à moi autant que je me fie à lui, nous ne sommes jamais en désaccord, soit nous sommes d’accord, soit l’un de nous n’a pas d’avis… C’est une première.
- Je ne crois pas, ce n’est pas ce que me dit mon intuition, reprend-il pensivement comme s’il n’en revenait pas. J’ai plutôt l’impression qu’ils nous jaugent… nos forces j’entends…
- Je dois me tromper alors… Pardonnez-moi de m’être fait remarquer…, réponds-je en m’inclinant.
Il hoche la tête pour me libérer, mais il affiche un air travaillé. Je suppose qu’il est aussi perturbé que moi par notre désaccord mais il est clair que mes sentiments peuvent jouer un rôle, je ne dois pas me voiler la face, je suis tellement protecteur avec elle… il vaut mieux que je me raccroche à mon senseï.
Lorsque je rentre, je ne trouve pas Hanako, alors je monte dans les chambres à sa recherche mais je ne la trouve pas non plus, pas même dans la dernière où Rinko est en train de s’installer alors que je sens bien qu’elle est dans le bâtiment.
- Elle est en haut mon lapin, me dit-il avec clin d’œil. Il y a une échelle au bout du couloir.
- Merci, réponds-je en lui souriant.
- Bonne nuit, ajoute-t-il en haussant les sourcils d’un air suggestif.
Je ris un peu puis je file vers la petite échelle en bois que je grimpe. Elle mène aux combles, le plafond est bas et il y a un trou dans le toit, mais c’est sympa comparé aux chambres moisissantes. Le plancher en bois et les murs en bétons ont l’air plus sains et il y a quelques vieilles bottes de paille. Hanako est d’ailleurs en train de s’installer au milieu d’elles, dans une petite alcôve isolée du froid grâce à la paille et elle a allumé une bougie. Son petit coin est chaleureux, il donne même envie de se terrer en son sein alors que les chambres insalubres me donnaient envie de dormir dehors.
- Tu t’isoles ? la taquine-je en la rejoignant entre les bottes.
Elle tourne la tête pour me sourire en continuant de s’installer :
- Tu sais bien que je ne suis pas fan de dormir avec autant de testostérone autour de moi…, réplique-t-elle.
- Je sais, je me rappelle très bien ton placard à balai, dis-je en souriant. Ma testostérone va-t-elle te gêner si je reste avec toi ?
Elle me lance un regard amusé :
- Non, la tienne n’est pas gênante, elle est même recommandée pour passer une bonne nuit ! répond-elle.
Je la rejoins donc joyeusement pour installer mon couchage à côté du sien.
- Tu as trouvé une bougie ici ? m’étonne-je.
- Oui ! Il y en a beaucoup dans la cuisine, j’en ai pris une et Rinko me l’a allumée ! répond-elle joyeusement.
Je me déshabille puis me glisse dans mon duvet tandis qu’elle se met en pyjama. J’en profite pour admirer son dos avec un air appréciateur, puis elle vient se coucher, se trémoussant et se recroquevillant comme un petit asticot sur mon flanc pour poser sa tête sur moi. Notre petit nid est magnifique, les bottes de pailles autour de nous nous tiennent effectivement chaud, isolent le raffut de nos camarades en dessous et répercutent la lumière chaude de la bougie autour de nous. Nous avons même un petit bout du ciel étoilé en visuel, par le trou dans le toit de l’autre côté de la pièce, et cette ambiance me fait soupirer :
- Je ne sais pas comment tu te débrouilles pour tout rendre plus beau Hanako… Déjà ton placard à balai était super, mais alors là… Je me sens bien, c’est chaleureux et confortable, tu crées toujours des petits espaces hors du monde et hors du temps…
- Je te retourne le compliment…, répond-elle en se redressant pour m’observer.
- Tu parles, je nous aurais installés dans une vieille chambre moisie avec cinq autres hommes…, réponds-je en levant les yeux au ciel.
Elle rit doucement en se penchant au-dessus de mon visage :
- Peu importe, c’est de ta simple présence dont j’ai besoin, tu rends mon monde plus beau …, murmure-t-elle.
J’attrape sa nuque pour la tirer contre mes lèvres et nous nous embrassons lentement mais férocement, nous nous dévorons, comme si ça faisait des semaines que nous ne nous étions pas touchés alors que je l’embrassais encore ce matin.
Nous sommes interrompu par le bruit lointain de l’eau qui coule dans la salle de bain d’en bas et des petites exclamations de joie. Nous nous détachons, concentrés sur nos oreilles, et nous comprenons que cette vieille ferme a visiblement l’eau courante, plutôt étonnant mais appréciable.
- Tant mieux, qu’ils se lavent, ils nettoieront la tuyauterie et la baignoire ! lance-t-elle en fronçant le nez.
- Il ne risque pas d’y avoir de l’eau chaude…, commente-je tristement.
- On a déjà de l’eau, c’est une victoire ours grognon ! rit-elle en tapotant mon nez.
- Pardon, j’aime bien ronchonner, réplique-je en souriant.
Elle glousse un peu plus en me lançant un beau regard tendre, l’air pensive :
- Merci de m’avoir protégée comme tu l’as fait Kakashi. Je sais que c’est naturel pour toi et que Minato a dû te tirer les oreilles… mais… tu n’imagines pas le bien que ça m’a fait, à quel point tu m’as rassurée alors que je ne pouvais penser qu’au jour où ces perturbateurs m’ont attaqué…
- Si j’avais eu le courage d’aller contre Rinko ce jour-là, si j’étais resté à côté de toi sur ce pont, tout ça ne te hanterait pas…, chuchote-je tristement en calant une mèche derrière son oreille.
- Ce n’est pas grave, ça fait partie de mon chemin de vie désormais et… c’est tout de même grâce à ça que … que …
- Que ? demande-je.
- Et bien, c’est pendant mon coma que Rinko a réalisé tes sentiments pour moi, et c’est après celui-ci que tu t’es ouvert sur ton passé, que notre relation est devenue plus… sérieuse … c’est tout de même un cap dans toute notre histoire, répond-elle.
- Notre histoire…, soupire-je. Dommage que nous formions un ménage à trois avec Shisui…
Elle glousse mais je suis vraiment agacé par ce constat, alors je détourne la tête pour bouder. Elle ne me laisse pas faire et attrape mon visage pour m’embrasser de force, me remontant plutôt très efficacement le moral. Dur de penser à cet abruti quand elle m’embrasse avec autant de passion et d’émotion à la fois, dur d’y penser lorsque notre relation est redevenue la même qu’avant que je merde, sauf qu’en prime désormais, Rinko nous soutient.
Cette dernière pensée me survolte tellement de bonheur que je me redresse un peu pour reprendre la main de notre baiser. Je l’allonge au sol, me glissant à demi au-dessus d’elle pour l’embrasser avec ardeur en savourant la caresse de ses mains sur mon dos nu et de l’éclat de la bougie sur ses pupilles lorsque nous nous regardons avec tendresse.
- Hanako… je…
Je ne suis pas prêt, je n’y arrive pas, pas avec lui.
- Tu ? demande-t-elle en ouvrant de grands yeux.
- Rien.
- Si, dis-le moi ! insiste-t-elle en posant ses mains sur mes joues.
- Non, oublie, réplique-je en rougissant.
- Je t’en prie Kakashi, murmure-t-elle d’une voix plaintive. Je t’en supplie, dis-le moi.
Je me plonge dans ses beaux yeux où je lis l’espoir le plus ardent et le plus grand désespoir à la fois, c’est très perturbant, on dirait presque qu’elle sait ce que j’allais lui dire et ça me met un coup de pression ahurissant. Comment pourrait-elle s’attendre à ce que je lui dise une chose pareille au vu de notre situation ? Son espoir me fait presque mal, parce que je ne peux pas être sûr qu’elle ait vu juste et qu’elle attende que je lui dise que je l’aime… Mais si elle attendait ces mots avec tant d’espoir, alors il y a fort à parier qu’elle les ressent elle aussi, mais je me plante peut-être et ça me fait tellement peur que je ne trouve pas le courage. Elle sort avec lui bon sang, elle ne peut pas attendre ça.
- Je t’en prie Hanako, laisse tomber, ce que je voulais dire me ferait trop de mal, chuchote-je.
Je ne la laisse pas répondre et je préfère l’embrasser à la place.
*
Le lendemain matin, je me réveille tranquillement, j’ai bien dormi grâce à mon petit ange serré contre moi et je suis de bien meilleure humeur que la veille.
Je descends rapidement sans la réveiller et je retrouve Rinko en bas. Nous discutons tous les deux jusqu’à ce que les autres se réveillent peu à peu et nous rejoignent, il n’y a que Minato qui reste silencieux dans un coin, il réfléchit beaucoup, je suppose qu’il envisage tout un tas d’options possibles pour la rencontre du jour et qu’il évalue les réactions qu’il conviendrait d’avoir selon les possibilités.
Hanako nous rejoint finalement et se chamaille avec Rinko qui tente de lui dérober une part de son petit déjeuner sous mon regard amusé. J’aime bien leur relation, j’avais sincèrement peur d’être jaloux, car ils sont très proches malgré leur rupture, ils sont même bien plus proches que lorsqu’ils étaient ensemble. Mais finalement, je ne le suis pas du tout, je ne peux pas douter ni m’inquiéter lorsque je vois les regards qu’elle pose sur moi et sur lui, je suis même heureux qu’elle ait un aussi bon ami et je suis bien placé pour savoir qu’il est le meilleur.
Hanako attire mon attention en plantant violemment son couteau dans la table en tentant d’embrocher Rinko, ce qui le fait éclater de rire :
- Nullarde ! fanfaronne-t-il.
- Grosse bouffe ! rétorque-t-elle.
- Il faut de l’énergie pour faire fonctionner un corps de rêve comme le mien ! réplique-t-il.
- Dans tes rêves oui ! se moque-t-elle.
Il tente encore de lui prendre à manger et elle feule en piquant sa main avec sa fourchette cette fois.
- Kakashi ! s’insurge-t-elle en me regardant avec une petite moue.
- Arrête de le mettre de ton côté ! C’est mon meilleur ami ! Il est impartial ! rétorque Rinko.
- Il a le droit de choisir un camp ! pouffe Hanako.
- Laissez-moi en dehors de vos âneries, réponds-je en réprimant un rire.
Ils continuent leur cirque jusqu’à ce qu’Hanako engloutisse tout rond la fin de son repas pour mettre fin au duel.