LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)
Chapitre 181 : Rencontre avec le nouveau Mizukage
2916 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 07/02/2026 11:04
Chapitre 181 : Rencontre avec le nouveau Mizukage
En milieu de matinée, nous partons pour Kiri. Les portes du village sont toujours fermées, comme s’ils contrôlaient les allées et venues de leur propre habitants, et nous patientons dix bonnes minutes avant qu’on daigne venir nous ouvrir.
Nous pénétrons enfin dans le village et c’est le choc. Non pas que l’environnement ait changé, mais ce sont les habitants qui me heurtent. Les rues sont pratiquement désertes, les quelques passants sont pressés et ont la tête basse. Je croise plusieurs regards et j’y lis une tristesse et une angoisse infinies. L’ambiance sur le village est tellement lourde qu’elle m’étouffe presque.
Mon angoisse profonde revient et j’attrape le masque de chat d’Hanako que je mets sur sa tête de force. Minato n’a pas donné d’ordre alors elle ne le portait naturellement pas, mais dès qu’elle est camouflée, je me sens plus serein et elle n’émet heureusement pas d’objection. Lorsque mes camarades me voient faire, ils mettent tous leurs masques à leur tour et seuls Minato et moi-même restons à visage découvert.
- Regarde ce qu’il se passe dans la tête des habitants s’il te plait, prie-je Hanako.
- Oui, murmure-t-elle.
J’ai toujours été très sensible, à tout, et la peur ici est si forte qu’elle m’empêche de respirer. Il n’y a pas un rire, pas un murmure dans le village, le silence est assourdissant. Ça me rappelle de très mauvais souvenirs, l’ambiance ici ressemble à celle qu’elle était lors de la dictature du quatrième Mizukage.
Minato me lance un regard tandis que nous marchons et nous communiquons silencieusement nos ressentis. Il n’en pense pas moins que moi tandis que nous nous faisons escorter jusqu’au bâtiment principal par une armée de gardes hostiles.
J’effleure la main d’Hanako, j’ai besoin de savoir, et elle m’explique d’une petite voix tremblante que je suis le seul à entendre :
- Ils sont terrifiés bon sang, c’est horrible... Kakashi c’est… c’est une prise de pouvoir. Ce n’est effectivement plus Meï aux commandes, c’est cet homme atroce… Il y a des mesures… je n’ose même pas les dires à voix haute…
Je serre sa main pour la réconforter, elle a l’air chamboulée, encore à moitié dans la tête des habitants de Kiri où elle perçoit visiblement des horreurs. Lorsqu’un garde vient vers elle en l’ayant vu se pencher vers moi pour me parler, elle se tait et je m’interpose en lançant à ce dernier un regard d’avertissement très clair qui le garde à distance.
Je n’ai pas besoin qu’elle me dise quoi que ce soit, j’ai ma petite idée des mesures qui sont prises, je mettrais ma main au feu que ce sont les même qu’il y a dix ans vu l’état d’Hanako.
Les habitants nous regardent avec des yeux suppliants lorsque nous passons, comme s’ils nous demandaient de les aider et ça commence à faire chauffer mon sang dans mes veines. Plus je croise les visages de ces pauvres gens apeurés et plus je me tends. Ce n’est pas mon village mais c’est mon combat, sur les traces de mon senseï, je me bats pour la paix, et ce n’est pas la paix que je perçois ici.
Nous pénétrons finalement dans le bâtiment principal et sommes emmenés dans une grande pièce où trône en bout de table un homme que je ne connais pas. Son regard est froid comme la mort, il a les cheveux blancs comme neige et porte la tenue officielle des Mizukage. On nous demande de prendre place autour de la table tandis qu’il parcourt tranquillement des yeux chacun de mes camarades et Minato se présente avec respect et diplomatie, une petite tirade courte et efficace.
- Vos masques je vous prie, répond Mizuki froidement, comme si Minato n’avait pas parlé.
Sa voix est légèrement aiguë, presque douce mais complétement vide d’âme, ce qui le rend encore plus terrifiant finalement. Personne ne bouge parmi nos rangs et je me tends encore tandis que le moment se suspend et que la tension monte. Minato quitte sa position amicale, il se redresse, son visage se ferme et il scrute Mizuki quelques minutes dans le silence.
- Enlevez vos masques, dit-il alors d’une voix calme.
Nos troupes obéissent au quart de tour et enlèvent leurs masques d’un même mouvement à l’ordre de Minato. C’est une guerre froide de pouvoir entre les deux kage et Minato vient brillamment de marquer son autorité seule sur ses troupes. Mizuki s’intéresse enfin à lui, posant ses yeux pâles sur notre Hokage :
- Et bien… quel contrôle impeccable, commente-t-il de sa voix morte.
- Le respect entraine une envie de ne pas décevoir, un contrôle rare et puissant. La peur n’engendre que des traitres, répond froidement Minato.
Bon sang, Minato n’y va pas avec le dos de la cuillère et met directement les pieds dans le plat, j’ai rarement vu mon senseï comme ça.
- Tu crois ça Minato ? demande Mizuki en haussant légèrement les sourcils.
- En fait, non, je ne le crois pas, je le sais. Pour l’avoir déjà constaté. Puis-je savoir ce qu’il est advenu de la cinquième du nom ? C’est une amie et je n’ai pas été informé de son souhait de se retirer, enchaine Minato.
Un sourire sournois étire les lèvres de Mizuki :
- Je n’y peux rien si tes amis ne te tiennent pas au courant de leurs décisions... Tu surestimes peut-être trop ton importance dans la vie des gens qui t’entourent... Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’elle devient, j’ai beaucoup de travail désormais.
- C’est donc toi que les anciens ont choisi ? continue Minato.
- Tu vois bien que c’est moi qui ai le poste, réplique-t-il calmement.
- Ce n’est pas la question que je t’ai posé, souligne notre Hokage.
- En fait, les anciens sont… morts, dit-il en souriant.
L’ambiance était déjà froide, mais suite à cette révélation, un vent glacial nous souffle dessus. J’ai du mal à imaginer que ce soit vrai, comment aurait-il pu ordonner d’assassiner les anciens ? Ça me dépasse et je me sens glisser doucement vers l’autre Kakashi, celui des forces spéciales, celui qui est blindé et ne ressent rien… Le plus efficace des deux cela dit.
- Tous ? En même temps ? s’étonne froidement Minato.
- Une très grosse grippe, je le crains, réplique Mizuki en souriant toujours avec cruauté.
Ma colère gronde et j’observe autour de moi. Si je me jetais sur lui pour le tuer en une fraction de seconde, chaque ninja de Konoha aurait deux ou trois gardes à tuer derrière lui, pas plus. C’est quelque chose qui se tente à mon sens et je fixe donc Minato.
Il croise mon regard et nous communiquons une fois de plus silencieusement. Il me connait par cœur, il doit même voir à mon attitude que j’ai activé mon mode létal. Je le vois qui réfléchis à ma proposition une seconde, étudiant les options, mais il effectue finalement un « non » quasiment imperceptible de la tête.
- Pourquoi sommes-nous ici ? demande-t-il alors à notre ennemi.
- Je n’ai signé aucun accord de paix avec Konoha. Je tenais à ce que nous en discutions… Que m’apporterait la paix avec vous ? Pourquoi donc mettre fin à des luttes qui sont inévitables ?
- Inévitables ? demande Minato.
- Bien sûr. Le principe même de l’être humain est la croissance, l’expansion. Nous nous reproduisons et devenons de plus en plus nombreux, les territoires raccourcissent à mesure que les populations grandissent... La lutte pour du territoire est inévitable Minato.
- Nos pays sont loin d’être remplis, nous avons encore quelques centaines d’années avant de devoir trouver des solutions. Pourquoi donc préparer le pire dès maintenant ?
- Le pays du feu est vaste, c’est vrai. Ce n’est pas le cas du pays de l’eau et de ses petites îles déjà surpeuplées, répond-il.
Minato ne répond pas et le blanc plane quelques temps avant que Mizuki ne reprenne :
- Nous envisageons de rompre tous nos accords de paix et de quitter cette grande alliance qui se met en place afin d’étendre notre territoire. Nous vous avons convié pour vous proposer de vous joindre à nous dans cette quête puisque nous sommes des voisins plutôt directs. Si vous refusez, alors nous serons sans doute amenés à nous battre un jour ou l’autre, reprend tranquillement Mizuki.
Que nous nous joignions à eux ?! Ça ne fait pas sens, il cache ses motivations, c’est évident.
- Nous nous battrons donc, réplique Minato sans ciller. Il est hors de question pour nous de rompre nos accords de paix avec nos alliés.
- Je le comprends.
- Il y a peut-être des concessions à faire, je ne parle qu’au nom de Konoha, mais si vous avez besoin de nourriture, nous pourrions augmenter nos échanges commerciaux. Si c’est du territoire, peut-être pourriez-vous vous étendre sur nos terres… Tant que nous formons une alliance, il y a beaucoup d’options envisageables…
- Je ne suis pas friand de devoir rendre des comptes et décider conjointement avec d’autres, répond Mizuki.
- Cela ne m’étonne nullement.
- Ah bon ? ricane Mizuki.
- Oui, va savoir pourquoi.
Minato et Mizuki continue leur discussion tendue et je m’absorbe dans la contemplation de leurs rangs. Je ne connais pas la plupart des ninjas ici présents, ce sont tous des perturbateurs je suppose. Les rares visages connus sont ceux d’hommes que je ne pouvais pas m’encadrer, aux valeurs écœurantes. Il n’y a qu’Ao et Chôjuro que je connais et apprécie, mais ce dernier étant le garde du corps de Meï, je ne comprends pas sa présence ici avec l’homme qui l’a renversée. Il remarque mon regard sur lui et ne quitte plus mes yeux malgré son air neutre. Je tâche de saisir ce qu’il cherche à me faire comprendre sans grande réussite.
La discussion se poursuit une bonne partie de la journée. Minato propose des solutions et Mizuki les détruit les unes après les autres, mais globalement, la journée évolue vers du positif puisque Mizuki dit être prêt à signer des accords de paix s’ils arrivent à un arrangement qui leur convienne à tous les deux, ce qu’Hanako confirme d’un tout petit hochement de tête à Minato.
Il y a quand même quelque chose de louche, je ne vois pas quel arrangement pourrait lui convenir mais je ne vois pas comment il pourrait se mentir à lui-même dans sa tête en ne sachant même pas qu’Hanako peut voir dans ses pensées.
En fin de journée, l’ambiance est moins tendue, Minato et Mizuki conviennent de prendre la soirée et la nuit pour réfléchir chacun à des arrangements possibles et de voir ça ensemble le lendemain. Nous nous faisons bien sûr escorter jusqu’à l’extérieur du village, ce qui nous empêche de communiquer avec les habitants de Kiri.
Nous rentrons rapidement à la ferme avant de nous installer à la grande table pour débriefer et Minato nous rassure en disant que nous trouverons un accord même si ça doit durer des jours. Il me demande ensuite d’aller faire un tour avec lui, et je laisse à contre-cœur Hanako dans la ferme pour m’enfoncer dans les bois avec mon senseï. Lorsque nous sommes assez loin, je l’interroge du regard et il s’explique :
- Je vais passer ma soirée à élaborer des propositions pour Mizuki, si l’une d’elles marche, tant mieux. Mais l’objectif de demain est de perdre un maximum de temps, de rester en réunion le plus longtemps possible pour l’occuper.
- Pour l’occuper ? demande-je.
- Oui, demain tu ne viendras pas avec nous, c’est bien pour ça que je t’ai emmené. Tu iras dans Kiri, à la recherche de Meï, questionne les habitants, fouille le bureau de Mizuki, fais tout ce qu’il est en ton pouvoir pour nous ramener un maximum d’informations demain soir et idéalement, la Mizukage elle-même. Tâche de savoir ce qu’il s’est passé, enfin bon, fais ton travail, conclut-il.
- Bien senseï.
- Ne t’inquiète pas trop pour Hanako, personne ne s’est intéressé à elle aujourd’hui, elle n’a rien vu de particulier et encore moins un affrontement imminent. Demain sera simplement une longue journée de négociations, alors tâche d’être concentré sur ton travail et pas sur elle.
- Oui, vous avez raison, admets-je. Que pensez-vous qu’il cherche au fond ?
- Bonne question, je pense qu’il a une idée précise de ce qu’il veut, sinon il n’aurait jamais ouvert la porte d’un accord. Il ne me le dit pas parce que ce doit être énorme, il préfèrera sans doute me faire sa demande le plus tard possible, en imaginant que j’accepterai plus facilement après avoir constaté que mes arrangements seront tous refusés les uns après les autres.
- Vous pensez à quelque chose ?
- J’ai des idées, notamment un rôle dans la gestion de Konoha, ou bien notre paix en échange de ninjas ou de renseignements… Ce genre de chose. C’est un dictateur, il veut le pouvoir absolu et sur un maximum de terre, comme tous.
Je soupire :
- Pourquoi ne m’avez-vous pas laissé le tuer ? demande-je.
- Parce qu’au cas où tu ne trouves pas Meï dans les jours qui arrivent, nous aurons besoin de lui prendre l’information de force dans la tête. Il est peut-être le seul à le savoir je le crains…, dit-il avec amertume.
- Je la retrouverai.
- Et tu pourras le tuer après ça, confirme-t-il.
- Très bien.
- Bien, répond-il tranquillement.
Il me fait un petit sourire paisible et nous rentrons rejoindre nos camarades.