LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 191 : Inquiétude dévorante

3646 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 22/02/2026 10:58

Chapitre 191 : Inquiétude dévorante


Nous nous réveillons tous tard après notre nuit agitée et Minato nous apprend qu’il a effectivement pu commander un bateau pour le soir même. Hanako s’occupe de Meï depuis qu’elle est levée, lui prodiguant de nouveaux soins qui commencent à vraiment lui redonner des couleurs.

Je suis à table avec mon senseï, dans la cuisine.

-         Comment allez-vous gérer la journée ? demande-je.

-         C’est très simple, je vais lui faire encore quelques propositions, qu’il refusera sans le moindre doute, et je lui annoncerai à la fin de la journée que puisque nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord depuis notre arrivée, nous avons pris la décision de rentrer à Konoha. J’espère que la perspective qu’on s’éloigne d’ici l’apaisera suffisamment pour qu’il ne se pose pas trop de questions.

-         Pas sûr que ça l’apaise, il n’a clairement pas l’air de nous considérer comme une menace…, souligne-je.

-         Non c’est vrai, mais je ne comprends pas pourquoi nous avoir fait venir si c’est simplement pour discuter vainement…

-         Il voulait peut-être nous faire une démonstration de sa puissance ? propose-je.

-         Sans doute, c’est soit ça, soit il crachera le morceau ce soir sur ce qu’il attend vraiment des négociations et nous serons fixés.

-         Si vous ne lui accordez pas ce qu’il veut, il risque de réagir violemment.

-         C’est une forte possibilité. Mais peu importe ce qu’il me demandera, j’accepterai pour qu’ils nous laissent partir. Je lui dirai que je suis d’accord mais qu’il faut que je rentre à Konoha pour confirmer tout ça... Si ce sont des terres qu’il veut ou un contrôle du village, il se doute bien que je ne lui céderai pas sans être rentré en avertir le conseil…

-         Sans doute, chuchote-je.

-         Tu n’es pas d’accord ?

-         Si je suppose… Mais je ne peux pas m’enlever de la tête qu’il y aura des problèmes, je sens une tension dans l’air, c’est étrange. Et je suis inquiet pour Hanako, toujours ce sentiment désagréable qu’on lui en veut.

-         C’est normal Kakashi, surtout maintenant que vous êtes ensemble.

Je relève la tête comme s’il m’insultait :

-         Je ne m’inquiète pas plus pour elle simplement parce que nous sommes ensemble ! Notre couple ne change rien à mes sentiments pour elle depuis que je la connais ! gronde-je.

Minato rit de bon cœur en me couvant des yeux :

-         Oui, pardonne ma maladresse. C’est une façon de parler plus qu’autre chose, pour dire que plus vous êtes devenus proches, plus l’inquiétude a grandi en toi en toute logique, de même que tes sentiments. Mais c’est une erreur, je suppose qu’ils sont déjà au maximum depuis bien longtemps…

-         Sans doute. De toute façon, nous verrons bien tout à l’heure. A quelle heure nous rendons-nous à Kiri ?

-         En début d’après-midi… A ce propos Kakashi…

Je me redresse, me crispant des pieds à la tête lorsque je vois l’air contrit de Minato. Je sais ce qu’il va me dire et c’est insoutenable.

-         Ne me dites pas que je ne viens pas senseï. Ne me dites pas ça.

-         Si, je le crains, confirme-t-il.

-         Je ne peux pas. Vous savez que je suis inquiet au possible, j’ai déjà manqué la journée de hier, vous ne pouvez pas me faire ça…, continue-je, de plus en plus tendu.

-         Calme-toi Kakashi. Il ne se passera rien voyons, il ne s’est rien passé ces derniers jours…

-         Sauf que c’est le jour où vous lui annoncez notre départ ! m’exclame-je.

-         Qu’imagines-tu ? Qu’ils vont nous sauter dessus parce que nous voulons rentrer chez nous ?! Ça n’arrivera pas, tu imagines les risques qu’ils prendraient ? Même s’ils nous tuaient tous, nous pourrions tuer Mizuki ou ses meilleurs commandants ! Ce serait la chose la plus stupide à faire, autant nous faire croire que tout est bon et nous attaquer au port à ce compte-là !

Je serre les mâchoires pour contenir ma colère, mais ce n’est pas très efficace. Il n’a pourtant sans doute pas tort, mais ça me retourne le ventre de ne pas y aller. C’est encore mon intuition, elle me crie d’y aller coûte que coûte.

-         Et pourquoi resterais-je à l’écart ? demande-je entre mes dents serrées.

-         Pour protéger Meï. Nous n’allons pas la laisser ici toute seule Kakashi.

-         Vous avez une vingtaine de vos meilleurs hommes avec vous ! Vous n’avez qu’à en laisser plusieurs ! tente-je avec désespoir.

-         C’est la pire stratégie et tu le sais Kakashi. Je peux laisser dix hommes ici ou toi. Le calcul est vite fait, il vaut mieux qu’un seul homme en valant dix la protège ici tandis que j’emmène ces dix hommes devant Mizuki pour le tenir en respect !

-         Si je vaux dix hommes alors je serai bien plus utile sur place qu’ici à protéger une femme dont ils n’ont même pas la connaissance qu’elle a disparue ! réplique-je.

-         Une femme ?! s’écrie-t-il en se redressant.

Oups.

-         Une femme ?! répète-t-il. Surveille ton langage, c’est la Mizukage Kakashi ! Elle mérite la meilleure protection possible et pas celle que tu as décidé par intérêts égoïstes !!

-         Je n’arriverai pas à me détacher de ce que je ressens, je ne le sens pas. Je crains pour elle, pour sa vie, ne pouvez-vous pas comprendre ? ose-je quand même.

Cette fois, il utilise sa voix de kage, tranchante et autoritaire :

-         Bien sûr que si que je le comprends. Mais ne comprends-tu pas qu’il y a des choses plus grandes que nous ?! Que ta peur illégitime ne vaudra jamais la vie d’une kage ! Ce n’est pas seulement une femme, c’est le symbole de la paix, le visage de l’espoir pour ces pauvres gens de Kiri ! Il n’y a rien de plus important que la paix Kakashi et sûrement pas nos vies ! Tu garderas Meï ici, tout seul, et nous participerons tous au conseil, fin de la discussion ! tonne-t-il.

Je rive mon regard sur la table en bois en inclinant la tête.

-         A vos ordres, grince-je entre mes dents.

-         Tout se passera très bien, dit-il durement.

-         Je l’espère sincèrement, parce que je ne pourrais plus me regarder dans un miroir s’il lui arrivait quelque chose pendant que je jouais les baby-sitter.

-         Kakashi !! Tu passes la ligne du respect pour la Mizukage ! Va-t’en maintenant ! Si tu veux râler et t’énerver tout seul, tu n’as qu’à aller faire un tour. Mais ne passe plus la ligne !

-         Pardonnez-moi, marmonne-je avant de me lever et de partir.

Je remonte en trois sauts l’escalier avant de partir dehors à toute vitesse. Je fonce dans les bois, effectuant un petit tour de surveillance pour me défouler en même temps.

Je m’inquiète sans doute trop, il a raison, je suis en train de me rendre chèvre. Il n’y a quand même pas de raisons que ça se passe mal, même si ce sont des tyrans, ils n’ont pour l’instant pas tenté quoi que ce soit ou été menaçants avec nous… Aucun n’a posé de questions à Hanako, ne lui a même parlé… Minato aurait tout de suite flairé s’il y avait eu quelque chose d’étrange…

Je rentre tranquillement, un peu plus calme au bout d’une quinzaine de minutes, et Hanako m’accueille.

-         Qu’est-ce qu’il s’est passé avec Minato ? On vous a entendu hausser la voix … ? demande-t-elle comme si elle n’y croyait pas.

-         Rien de spécial, il veut que je veille sur Meï ici et que je ne vienne pas avec vous, ça m’a tendu.

-         Mais pourquoi ?

-         Parce que ça me tend, j’ai toujours cette foutue impression que tu es dans leur ligne de mire ! râle-je.

-         Kakashi…, me réprimande-t-elle.

-         Oui, je sais. Il faut que j’arrête.

-         Mais oui, tout va bien aller ! Je vais revenir en un seul morceau et nous rentrerons à Konoha mettre Meï en parfaite sécurité avant de reprendre le pays de l’eau ! dit-elle en frottant gentiment mes avant-bras.

-         Mais imagine que pour une raison x ou y, ils sachent qu’elle a disparu... Nous ferions mieux de ne pas aller les voir et de rentrer au plus tôt, tout ça m’inquiète.

-         Même s’ils s’en rendaient compte, je ne vois pas pourquoi ils nous accuseraient automatiquement alors que nous nous entretenions avec eux tous les jours…

-         Trois de nos ninjas n’étaient pas au conseil hier… Ça peut leur donner la puce à l’oreille… Et Chôjuro a déserté leurs rangs, alors ils pourraient être allé vérifier que tout va bien là où était retenue Meï… En trouvant le massacre, ils pourraient faire un lien avec nous puisque nous sommes le seul endroit qui n’est pas surveillé par les perturbateurs…

-         Et ne crois-tu pas qu’ils seraient déjà ici ? Ils n’attendraient pas bien sagement qu’on les rejoigne, souligne-t-elle.

-         S’il est malin, si. Et il l’est je pense.

-         Mais il est aussi cinglé, il aurait probablement envoyé toutes ses troupes nous décimer dans la seconde Kakashi.

-         Peut-être bien… Je n’en sais rien…

Un bras s’abat alors autour de mon cou pour me câliner brutalement :

-         Tu te fais du mouron mon lapin ? demande Rinko.

-         Un peu, grommèle-je.

-         T’inquiète ! Et puis notre petite sera avec moi, tu sais bien que je ne laisserais jamais rien lui arriver, me rassure-t-il en me secouant un peu les épaules.

-         Veille sur elle, je t’en prie Rinko, supplie-je en lui lançant un regard inquiet.

-         Bien sûr. Elle sera ma priorité en cas de problème, je ne la laisserai pas tomber Kakashi, jamais, m’assure-t-il avec sérieux.

C’est agréable d’avoir Rinko, il est le seul qui ne me dit pas que tout va bien se passer, ce qui n’est pas ce que je veux entendre. Ce que je veux, c’est qu’Hanako soit en sécurité s’il devait y avoir un problème et c’est exactement ce qu’il est en train de me dire. Nous échangeons un long regard entendu lui et moi, un regard où j’essaie de lui transmettre à quel point je compte sur lui et à quel point je sais que je peux compter sur lui.

-         Arrêtez vos bêtises les garçons. Tout ira bien ! tranche Hanako.

-         Merci, vraiment, dis-je à Rinko en ignorant Hanako.

-         Je ne la quitterai pas d’une semelle, c’est promis mon lapin ! assure-t-il.

Je lui souris malgré mon masque puis nous descendons déjeuner tous les trois.

*

L’heure de leur départ approche à grands pas, ils sont plus ou moins tous en train de se préparer à sortir et je prends Hanako à part, dans le creux de l’escalier, pour la câliner.

-         Ne fais rien de stupide, murmure-je en la serrant.

-         Mais oui !

-         Et puis si quelqu’un te cherche, tu le tues ! insiste-je.

Elle éclate de son beau rire :

-         Tu es tellement extrême ! Mais oui, si l’un d’eux menace ma vie ou celle d’un de nos camarades, je le tuerai, ne t’inquiète pas mon amour.

-         Reste bien vers Rinko surtout, continue-je en la relâchant un peu pour la regarder dans les yeux.

-         Kakashi…, soupire-t-elle. Tu es vraiment trop stressé, tu es en train de me contaminer…

-         Je suis désolé.

Elle m’offre un petit sourire pensif en caressant ma joue du bout des doigts :

-         Il faut que tu revoies tes priorités Kakashi… C’est la Mizukage la plus importante, c’est toi qui as la tâche la plus capitale pour la paix et Kiri. Il faut que tu te concentres… Est-ce que tu me vois te harceler, te dire d’être prudent en boucle et j’en passe ? Pourtant il y a bien plus de risques qu’une armée de ninjas débarquent ici pendant notre absence et que tu sois seul face à eux.

-         Tu m’as assez pris la tête hier…, souligne-je en posant mon front contre le sien.

-         Mais hier, c’étaient simplement des recherches, tu prenais des risques pour peut-être rien du tout. Là c’est important, je ne vais pas essayer de t’empêcher d’effectuer une mission aussi importante... Meï est là, bien vivante, il faut qu’elle survive, il faut que nous la ramenions à Konoha, c’est plus important que tout, me dit-elle avec douceur en posant ses deux mains sur mes joues.

-         Pas pour moi…, geins-je.

-         Ça le devrait Kakashi. Tu es un ninja, nous sommes des ninjas, nous avons choisis de faire passer les intérêts du pays du feu avant nos vies et il faut que tu le comprennes. Je ne suis pas une simple médecin, je serai amenée à me battre, amenée à ce que ma vie soit mise en danger, si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera un autre jour… Il faut que tu acceptes que je puisse mourir un jour au combat.

-         Je ne peux pas, souffle-je en fermant les yeux tant ses mots me terrifient.

-         Et pourtant il le faudra, c’est un héritage que nous défendons, une paix, ça nous dépasse tous. Nous sommes heureux et j’espère du plus profond de mon cœur que ça durera jusqu’à ce que nous mourrions naturellement, mais nous ne pouvons pas revenir sur nos choix simplement parce que nous nous sommes trouvé mon amour.

Ses yeux sont doux, son visage compréhensif, mais ses paroles sont dures malgré leur véracité.

-         Je ne crois pas que je supporterais de te perdre…, murmure-je.

-         Tu as tout surmonté, répond-elle gentiment.

-         Pas ça. Pas toi. Je me tuerais dans la seconde.

-         Ne dis pas ça. Ta mort ne rimerait à rien, il faut que tu te battes pour ce pour quoi tu t’es toujours battu. Indépendamment de moi et de ce que je t’apporte.

-         Hanako… je t’en prie arrête, c’est trop dur.

-         Nous reprendrons cette conversation un autre jour, quand je serai rentrée de ce « conseil ».

Elle insiste sur le dernier mot avec humour, prenant une voix de film d’horreur comme pour me souligner le ridicule de mon inquiétude alors qu’elle se rend effectivement à un simple conseil et pas à la guerre. Je l’observe rire de ses bêtises, je grave ses yeux rieurs et son sourire si pur au fond de mon cœur alors que l’angoisse m’engloutit comme un océan sombre.

On dirait qu’elle sent soudain à quel point ma détresse est profonde, car elle arrête de rire et préfère me tirer contre ses lèvres pour m’embrasser avec douceur et tendresse, ce qui est précisément ce dont j’avais un besoin urgent. Elle m’embrasse comme ça jusqu’à ce que le départ soit donné par Minato.

-         Je t’aime, me souffle-t-elle en posant un dernier baiser sur mon nez.  

-         Je t’aime aussi, plus que tout, plus que ma vie mon ange.

Je la regarde partir avec des yeux torturés mais j’ai quand même un faible sourire lorsque Rinko me lance un pouce en l’air et un sourire éclatant. Je ne sais pas ce que je ferais sans mon frère de cœur, car même si Hokuto est un ninja d’exception, il reste un force spéciale. Il défendra le pays du feu avant tout, le pays de l’eau, la paix, les ordres de l’Hokage… Pas Rinko. Quoi qu’il puisse se passer, Rinko agira en mettant Hanako au-dessus de tout le reste, ce qui est la seule raison pour laquelle je les laisse partir.

Le silence tombe sur la vieille ferme, Meï dort à poings fermés et Chôjuro en a profité pour se reposer lui aussi après avoir passé sa nuit à la veiller. Je me glisse dans un fauteuil et je sors mon livre pour me distraire.

L’après-midi risque d’être long…

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