LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 192 : Fureur

5666 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 23/02/2026 14:41

Chapitre 192 : Fureur


La nuit commence à tomber lorsque je sens enfin une grosse quantité de chakras qui nous foncent dessus. J’ai l’impression de respirer à nouveau et je m’avachis un peu sur la table de la cuisine où je me trouve, puisque la Mizukage est descendu pour se nourrir il y a un petit quart d’heure.

Le premier signe qui m’inquiète est l’ambiance de mes camarades. Lorsqu’ils passent la porte, il n’y a pas un rire, pas une discussion. Ils sont calmes, tendus même, si j’en crois ce que je ressens. Jusque-là, je ne m’inquiète pas trop. Vu les deux jours que nous venons de passer et notre future fuite à bord d’un navire, ça me semble plutôt normal.

Le deuxième signe en revanche, est plus étrange :

-         Scellez les portes ! tonne Minato avec autorité.

-         Toutes ? demande un de mes camarades.

-         Toutes les sorties ! confirme Minato.

Je me lève doucement, un peu tendu. Je ne comprends pas, si nous attendons la visite des hommes de Mizuki, autant foncer directement au port sans plus tarder, autant nous disperser dans les bois pour être à notre avantage… Je ne comprends pas ce que Minato veut garder comme ça à l’extérieur. Et puis, bien que tout le monde soit tendu, personne n’est affolé, il n’y a aucune urgence, personne ne court, on dirait même qu’ils sont plus lents que d’habitude.

J’échange un coup d’œil avec Chôjuro, aussi perdu que moi, et je me dirige vers l’escalier.

-         Laissez-moi lui parler, n’intervenez pas ! tonne encore Minato d’une voix tendue.

J’entends quelques ninjas murmurer entre eux, stressés et inquiets visiblement.

-         Ne le laissez pas sortir ! menace Minato.

C’est ce troisième signe qui répand l’angoisse des pieds à ma tête et m’arrête net. C’est précisément cette phrase qui me secoue, lorsque je comprends qu’on n’empêche personne d’entrer mais quelqu’un de sortir, lorsque je comprends que Minato n’a pas dit « la » pour parler de Meï mais « le ». Je ne vois pas exactement ce qui nécessiterait de garder Chôjuro ici, qui de toute façon ne s’éloignerait pour rien au monde de sa kage, alors il n’y a qu’une seule option : moi.

Je n’ose même pas me concentrer sur les chakras en haut, parce que j’ai bien trop peur de découvrir qu’il en manque un, le plus important à mes yeux, celui auquel ma vie est directement reliée.

 Je monte doucement l’escalier tandis que mon cœur tape plus fort que jamais dans ma poitrine et que l’angoisse me sectionne le souffle.

Lorsque je vois leurs expressions, je sors de mon corps. Tout le monde me dévisage avec inquiétude, pitié et crainte. Je m’oblige à regarder Minato, je ne cherche pas le visage qui manque à l’appel, parce que je sais que je vais devenir complétement cinglé.

-         Kakashi, je t’ordonne de rester ici. Tu m’entends ? C’est un ordre ferme et définitif ! aboie Minato d’une voix stressée.

Je ne réponds pas et je le fixe toujours. Je n’ai pour l’instant pas à prendre sur moi pour m’empêcher de sortir, tout simplement parce que mon cerveau n’est pas encore prêt à intégrer l’information. Je crois que je suis en état de choc.

Si elle avait été là, elle serait déjà en train de me tenir la main. Elle n’est pas là, je n’ai même pas à vérifier et je baisse la tête pour fixer le sol alors qu’une chaleur se répand dans mes veines comme du poison.

J’entends vaguement que Minato m’interpelle plusieurs fois, mais c’est comme un brouahah dans mes oreilles. Je n’entends que mon cœur qui bat, qui m’assourdit même tandis que mon souffle se raccourcit de seconde en seconde, soulevant mes épaules avec force. 

J’attends d’être prêt à réagir, et quand je réagirai, je réagirai fort.

-         Hanako est vivante…, m’informe tout de suite Minato.

Cette information me permet de relever la tête pour le regarder à nouveau.

-         Elle est avec eux, de son plein gré, continue-t-il.

De son plein gré ?

-         Venez-en au fait Maitre Hokage, vous voyez bien que c’est de la torture pour lui ! l’accuse Hokuto avec tension. 

Je lui lance un regard. Il n’a pas l’air bien lui non plus, il est tendu comme un arc, il frôle même l’insolence avec notre kage, ce qui ne lui ressemble pas. Je ne l’ai jamais vu aussi tendu et à cran. Minato hoche la tête et se râcle la gorge :

-         Hanako est avec eux, ils… je ne sais pas comment te dire ça Kakashi… C’était elle, sa condition c’était Hanako…, souffle-t-il d’une toute petite voix.

J’accuse le coup tellement fort que j’en ai un petit spasme. Minato me regarde avec le visage le plus désolé que je lui ai vu de ma vie, mais je m’en contre-fous. J’ai l’impression qu’un filtre rouge se glisse devant mes yeux, la haine me consume et je sens la folie qui monte doucement au sein de mon corps alors que mes mains se mettent à trembler.

Je commence à quitter mon état de choc, mon esprit se remet en marche. Je sais déjà que je vais aller la chercher, je ne me pose même pas la question, mais j’ai besoin de savoir un peu mieux ce qu’il se passe.

-         Je vous demande pardon… ? commence-je à gronder en fusillant mon senseï du regard comme je ne l’ai jamais fait.

Minato recule d’un pas, pas peureux mais prudent face à mon attitude.

-         Il a refusé toutes mes propositions et lorsque je lui ai dit que je n’en avais plus à lui faire, que je souhaitais rentrer au village … il a proposé la sienne. Il voulait simplement Hanako, en échange, il nous laissait repartir sans nous tuer et maintenait le traité de paix avec Konoha. Ils étaient des dizaines et des dizaines Kakashi… bien plus nombreux que les autres jours.

Ma colère explose enfin.

-         Comment avez-vous pu la laisser là-bas ?!! hurle-je en faisant trois pas vers lui.

Quelques ninjas sautent devant lui pour le protéger mais Minato les écarte de deux coups de bras efficaces.

-         Parce que tu crois que c’était ma décision ?! crie-t-il à son tour.

-         Comment avez-vous pu la laisser faire ce choix bordel ?! hurle-je encore.

-         Elle a fait ça pour que nous puissions ramener Meï à Konoha ! Elle a fait ça parce qu’elle sait que la paix est plus importante que tout le reste !! Elle a fait ça parce qu’elle est animée par la volonté du feu ! crie-t-il encore.

-         Mais qu’est-ce que c’est que ces conneries ?!! m’époumonne-je.

-         Calme-toi Kakashi !

-         Il est hors de question que je me calme ! vocifère-je. 

Je suis en train de devenir fou, vraiment fou, comme les rares fois où c’est arrivé, à chaque fois à cause d’Hanako. Je fais deux pas rageurs vers la porte et deux de mes camarades se jettent bravement devant pour m’empêcher de passer malgré leurs airs inquiets.

-         Dégagez !! hurle-je.

-         Kakashi je t’ai ordonné de rester ici ! crie Minato avec fermeté.

-         Dégagez de là !! hurle-je encore.

Mes camarades ne savent plus quoi faire et Jin s’approche de moi, comme s’il hésitait à m’attraper pour me garder ici.

-         Ne le touchez pas ! ordonne Minato.

Je tremble comme une feuille sous la fureur alors que le filtre rouge devant mes yeux s’opacifie.

-         Si vous ne me laissez pas sortir …, commence-je à gronder à l’encontre de mes camarades alors que de petits éclairs crépitent sur le bout de mes doigts.

-         Kakashi c’est de la folie !! crie Minato. Tu ne peux pas aller la chercher ! Nous ne pouvons même pas tous aller la chercher ! Ils étaient beaucoup trop nombreux ! Nous devons ramener la Mizukage en sécurité ! Nous reviendrons récupérer Hanako le plus rapidement possible avec des renforts !

-         De la folie ?! m’exclame-je en riant presque, illustrant parfaitement ma folie actuelle.

-         Kakashi, tu restes.

Je refais trois pas vers Minato, me collant presque à lui :

-         Où est-elle ? fulmine-je en détachant chaque mot.

-         Kakashi, tu restes ! insiste-t-il sans me répondre.

Je suis littéralement à deux doigts d’en coller une à Minato, mais heureusement, Hokuto intervient :

-         Elle s’est fait emmener depuis la salle où nous étions… Nous n’en savons pas plus…

Minato le fusille du regard, indiquant clairement qu’Hokuto aura de gros problèmes. Pour ma part, j’ai tout ce qu’il me faut et je me tourne vers la porte :

-         Dégagez ! Dégagez tous avant que je ne vous blesse ! enrage-je.

Certains me barrent encore la porte et mes mains s’allument pour de bon de raiton, faisant bondir la plupart de mes camarades en arrière. Il ne reste que les plus braves, qui vont perdre la vie dans une dizaine de secondes. Je ne suis de toute façon plus moi-même, ce qui doit se voir sur ma tête puisque mon senseï se rend compte de l’urgence :

-         Ecartez-vous !! s’écrie-t-il.

On me libère enfin le passage et je me jette sur la porte pour briser le sceau.

-         Il va mourir !! s’exclame Toru.

-         Et qu’est-ce qu’on peut faire ?! Mourir nous-même en l’empêchant d’y aller ?! rétorque Jin. 

-         On ne peut rien faire, laissez-le partir…, chuchote Minato, vaincu.

J’ouvre enfin cette foutue porte et ce n’est qu’alors que je remarque un énorme détail, des bras qui auraient dû braver le risque de mort pour m’en empêcher. Je fais volte-face vivement, faisant bondir tout le monde de deux pas en arrière.

-         Où est Rinko ?! gronde-je.

-         Avec elle, me répond Hokuto. Il n’a pas voulu la laisser seule, il a dit qu’ils n’avaient qu’à le tuer mais qu’il ne la lâcherait pas.

-         C’est ce que vous auriez dû tous faire bordel !! hurle-je encore.

-         Et nous battre contre les centaines de ses hommes au lieu d‘aller chercher du renfort ?! crie Minato.

-         C’est ce que j’aurais fait moi ! Je me serais battu seul contre leurs centaines d’hommes plutôt que de laisser un seul d’entre vous entre leurs griffes !! hurle-je encore.

Personne ne moufte. Ils savent tous que j’ai raison et leurs regards sont honteux. Mais c’est à Minato que j’en veux, que j’en veux à mourir :

-         Je le savais, je savais qu’il la voulait, je vous l’avais dit et vous n’avez pas voulu me croire, chuchote-je en sombrant définitivement dans la folie.

-         Kakashi, si tu savais comme je suis désolé…

Je me jette en avant dans la nuit, les mains plus électriques que jamais, courant plus vite que je n’ai jamais couru, haletant comme un dingue.

Mon esprit est clair, déterminé. J’ai de toute façon lâché le gros de mes émotions quelque part entre mes hurlements contre Minato et la menace de mort envers mes camarades. Mon cœur est fermé hermétiquement, car je sais que si j’en ouvrais une seule petite partie, je ne serais plus efficace et je m’effondrerais.

J’entends des pas qui me talonnent et Hokuto ne tarde pas à se mettre à ma hauteur, le visage fermé :

-         Je viens avec toi, j’ai accepté de la laisser là-bas avec Rinko uniquement pour être sûr que Minato ne t’empêcherait pas d’aller la chercher en te maitrisant. Tu as un plan ?

-         Pas de plan, je vais les chercher.

-         Et ceux qui nous en empêcheront ?

-         Je les tuerai.

-         Et si nous n’y arrivons pas ?

-         Je mourrai. Rentre à la ferme si tu veux.

Il ne répond pas et nous continuons notre course folle sans ralentir le rythme.

*

Lorsque j’aperçois les portes de Kiri, mes éclairs s’intensifient sur mes mains et je sens Hokuto qui se tend. Je fonce comme un boulet de canon en direction des portes et les gardes s’affolent en me criant de ralentir, ce que je ne fais évidemment pas.

Ils sautent du mur et je leur fonce dessus, me jetant sans la moindre hésitation au combat, ne ressentant pas même une once de pitié alors que je les transperce froidement et méthodiquement. Hokuto m’aide, il élimine ceux qui essaient de me contourner tandis que je tue les autres sans même arrêter ma progression en avant, comme si j’étais une météorite destructrice lancée à pleine vitesse.

En moins d’une minute, leurs quinze cadavres jonchent le sol et je saute sur le mur d’enceinte avant de me jeter dans les rues de Kiri. 

Nous apercevons une première patrouille mais je ne me cache pas, je ne suis pas discret, je suis assoiffé de sang et surtout, je ne veux pas perdre une seule seconde, alors je continue ma course en plein milieu de la rue, Hokuto sur mes talons.

La dizaine d’hommes me foncent dessus et je ne ralentis toujours pas l’allure, je passe à travers eux comme un couteau dans du beurre, les découpant littéralement en deux sur mon passage, recevant un certain nombre de coup de kunaï dont je me fiche royalement. Je ne serre même pas les dents, la douleur de leurs lames n’est même pas dans la même échelle que celle qui brise mon cœur d’imaginer Hanako enfermée dans une pièce glauque dans cette tour sordide. Je préfère ne même pas réfléchir à Rinko, qui n’a aucune utilité à leurs yeux et qui pourrait bien être déjà mort. Je refuse de le perdre, je ne peux pas imaginer qu’il soit mort, alors je me concentre sur ma route, sur ma direction, sur mon objectif.

La deuxième patrouille est bien plus conséquente puisque nous nous approchons dangereusement du bâtiment principal de leur tyran, de nuit qui plus est, et j’enrage de devoir m’arrêter pour les combattre.

Je me bats comme un lion, comme un fou, comme un homme dont l’amour est en danger. Ils n’ont aucune chance, ils pourraient être des centaines autour de moi que je suis convaincu qu’ils n’auraient aucune chance. Je sais que je suis redoutable en règle générale, mais ce soir, c’est encore pire.

Je prends presque du plaisir à leur arracher le cœur, à transpercer leurs abdomens ou à les égorger, je ne me reconnais pas. J’ai complétement vrillé, je le ressens jusque dans mon sharingan, bien que je ne l’explique pas. C’est comme si mes sentiments amoureux étaient liés à mon œil, comme s’il me donnait de la force, beaucoup de force, j’ai l’impression d’être cent fois plus efficace qu’au quotidien, ce qui n’est pas peu dire.

Hokuto, pourtant un de nos meilleurs forces spéciales, n’arrive pas à suivre le dixième de mon rythme macabre. Il se contente donc de surveiller mes arrières, combattant trois fois moins d’ennemis que moi mais l’association est brillante. N’ayant pas à m’occuper de ceux que je ne vois pas, je suis encore plus rapide et efficace, quant à lui, il n’a même pas l’occasion d’en combattre d’autres puisqu’ils ne vivent pas assez longtemps pour que ce soit le cas.

Nous ne sommes plus qu’à une rue ou deux et je repars en quatrième vitesse. Lorsque je vois les portes du bâtiment et le nombre de garde à l’intérieur, un sourire mauvais éclate sur mes lèvres. Je me réjouis déjà du nombre de morts que je vais faire parmi leurs rangs.

-         Hatake ! Tu as vu leur nombre ?! On devrait réfléchir, passer par une fenêtre, la jouer discrète ! tonne Hokuto. 

Je ne lui réponds même pas et je défonce les portes en entrant, révélant ma présence à tout le bâtiment sans la moindre peur, me dressant face à eux avec mon sourire mauvais comme si le diable en personne venait de pénétrer les lieux pour tous les tuer.

Je regarde leurs visages surpris et haineux tandis qu’ils me foncent tous dessus. Ils sont au moins une trentaine à foncer et surgir des portes mais je me lance dans la bagarre avec appétit.

Je ne les bats pas, je les détruits.

Je tournoie, saute, esquive, roule, je me laisse guider par ma haine et ma maitrise sans réfléchir à ce que je fais, savourant chaque regard vide que je créé du bout de mes mains brillantes. La panique que je vois s’abattre sur eux me fait jubiler, je prendrais presque un peu plus mon temps pour mieux les faire souffrir, alors j’affiche le visage d’Hanako dans ma tête pour garder mon objectif et terminer rapidement mon massacre.

Il se passe alors quelque chose au fond de moi, dès le moment où je visualise les doux traits d’Hanako, je sens un changement opérer. Comme plus tôt, c’est comme si mon sharingan réagissait au visage d’Hanako, qu’il bouillonnait au fond de moi, qu’il demandait à sortir, à surgir, à éclater… Je suis mon instinct et je laisse exploser mon chakra autour de moi, plus puissant que jamais dans ma vie. Mes éclairs recouvrent presque la totalité de mes bras et se répandent autour de moi comme la foudre, se divisant en milliers de branches qui les tuent sur le coup. Je n’ai jamais entendu parler d’une chose pareille, je ne l’ai même jamais vu mais bon sang, le timing est parfait.

Un sourire encore plus mauvais fend mon visage, je vois la peur panique qui fige mes ennemis et je ne leur laisse aucune putain de chance. Je les abats les uns après les autres en me mettant à courir vers l’escalier. Tous ceux qui tentent de m’approcher se font immédiatement tuer et Hokuto ne cherche même plus à se battre, il essaie simplement de suivre mon rythme à travers les étages et les dizaines de cadavres que je sème dans ma folie meurtrière. Je monte les escaliers quatre par quatre, chaque nouvel étage dévoile ses ordures, qui me sautent dessus en espérant qu’ils seront ceux qui m’arrêteront mais il n’y a rien à faire, ce soir, je suis inéluctable.

 Et j’atteins enfin le dernier niveau.

Je n’ai pas de temps à perdre, je connais le chemin, je trace jusqu’au bureau de Mizuki sans m’arrêter en anéantissant toujours ses hommes qui se dressent devant moi. Lorsque j’ouvre les portes de ses appartements en grand, illuminant la pièce plongée dans la pénombre de mes éclairs, je vois enfin son visage afficher une foutue émotion.

 Une peur vibrante, viscérale, qui le fige des pieds à la tête alors qu’il me dévisage comme si j’étais le jugement dernier, puisqu’il ne s’attendait sans doute pas à ce qu’un homme puisse pénétrer jusqu’ici.

J’ai juste le temps d’éteindre mes mains avant d’attraper sa gorge et de le plaquer contre le mur avec toute ma violence, lui coupant le souffle sous l’impact. 

-         OU EST-ELLE ?! hurle-je.

J’entends Hokuto dans le couloir, qui garde la porte en se battant difficilement contre les nombreux gardes qui accourent. L’alerte doit être lancée, je manque de temps.

-         Si tu ne me réponds pas dans les deux secondes, je te tue et je fouille tout ton putain de bâtiment !! hurle-je.

J’enfonce violemment un kunaï dans son ventre, puisque je n’ai pas le foutu temps d’attendre que ce connard me prenne au sérieux. Il hurle de douleur, complétement choqué et terrifié par ce qu’il est en train de se passer.

-         Elle est dans … le couloir … la pièce à côté…, articule-t-il entre ses dents serrées par la douleur.

-         Et lui ?!

-         Avec elle…, souffle-t-il, le souffle toujours coupé.

-         Hokuto ! Vérifie la pièce à côté de toi ! vocifère-je.

Hokuto finit de tuer ses assaillants tandis que le sang de Mizuki goutte bruyamment par terre. Je vois au fond de ses yeux la peur de mourir et je m’en régale comme rarement.

-         Ils sont bien là ! confirme Hokuto d’une voix essoufflée.

Mizuki affiche un air soulagé après cette confirmation, lorsqu’il imagine que je vais les sauver et m’en aller puisqu’il m’a donné les informations que je voulais. J’en rirais presque.

-         De la part de tout Kiri…, gronde-je de ma voix la plus sombre.

 Il écarquille les yeux et je tranche sa gorge froidement et profondément, le laissant retomber par terre comme une poupée désarticulée pour qu’il se vide de son sang tandis que je fonce aider Hokuto à se débarrasser des ninjas qui sont arrivés entre temps.

Il se bat visiblement dans la salle où sont retenus prisonniers Rinko et Hanako, mais en retournant dans le couloir, je tombe nez à nez avec une nouvelle salve d’ennemis qui arrive des escaliers. Je rallume donc mon raiton, qui explose encore de puissance et je me jette dans le combat. En quelques minutes, ils sont tous morts et je pénètre enfin dans la pièce où mon petit ange terrestre est retenu prisonnier. 

-         Kakashi ! crie la petite voix d’Hanako, complétement affolée.

Tandis que je tue les derniers ennemis de la pièce, Hokuto libère nos amis et j’ai à peine le temps d’éteindre mes mains et de me retourner qu’elle se jette dans mes bras.

J’enlace son dos et sa nuque de toutes mes forces, la serrant contre moi à lui en couper le souffle, rouvrant la porte de mon cœur qui pleure à chaudes larmes, sous le choc de tout ce qu’il s’est passé alors que je reprends bruyamment ma respiration.

Je détache simplement une main d’elle pour attraper la nuque de Rinko et coller son front au mien alors qu’Hanako est toujours blottie au creux de ma gorge. Je prends quelques respirations, je m’autorise quelques secondes pour réaliser qu’ils sont bien là tous les deux, en bonne santé, mais je sais qu’il faut que nous repartions au plus vite. J’entends déjà des dizaines de pas dans les escaliers, alors je repose vite Hanako par terre.

-         Mais comment as-tu ? Comment avez-vous… ? bafouille-t-elle.

-         Ne cherche même pas ma grande ! répond joyeusement Hokuto qui ne se démonte pas. En revanche, tu ferais peut-être bien de revoir tes goûts en matière d’hommes, parce que celui-là est complétement cinglé !

Je rirais presque de sa plaisanterie, Hanako ne comprend rien et Rinko ne relève pas, attrapant deux kunaï dans ma poche et se concentrant déjà sur le combat à venir :

-         Bordel, ils vont être au moins une centaine avec le foin que vous venez de faire…, grogne-t-il.

-         Je ne crois pas que ça arrêtera Hatake, répond Hokuto.

-         Et puis nous sommes quatre maintenant, réplique Hanako tandis que ses yeux s’illuminent plus vivement que jamais.

J’attrape la main d’Hanako et je la tire en avant, suivis de près par les deux autres. Nous survolons plus que nous ne descendons l’escalier, tuant les ninjas qui y débarquent régulièrement. La surprise est absolue parmi les rangs ennemis qui ne s’attendaient clairement pas à une attaque de cette ampleur, encore moins une attaque aussi discrète. N’étant que deux à l’origine, personne n’avait sonné l’alerte lors de notre arrivée, sûrs de nous avoir facilement, mais nous combattons désormais ceux qui arrivent des quatre coins du village au compte-goutte tandis que l’alarme résonne dans les rues de Kiri.

Lorsque nous sortirons dans la rue, le temps sera précieux puisque tout le monde accourra sur nous, alors mon esprit réfléchit à cent à l’heure pour décider quoi faire.

Je sais qu’un bateau nous attend au port et je mettrais ma main au feu que Minato a sans doute déjà emmené tout le monde là-bas... Que je meurs ou que je vive, il se doit de les ramener en sécurité, surtout Meï. C’est donc là-bas qu’il faut que nous allions, et avec de la chance, nous pourrons sauter à bord avant de mettre les voiles. Avec moins de chance, ils seront déjà partis et il nous faudra improviser.

Nous sortons dans la rue et nous retrouvons face à une quantité ahurissante de ninjas, mais je ne suis effectivement pas seul, je suis même désormais accompagné de deux des meilleurs jônin de Konoha, alors nous nous jetons les quatre dans la bataille pour les exterminer.

Hanako reste collée à moi, elle ne me quitte pas d’une semelle et ça me soulage d’un poids énorme. Elle élimine avec mes shuriken tous les ennemis qui nous attaquent vicieusement, rendant la tâche beaucoup plus simple pour nous trois. Elle n’essaie même pas d’aller au corps à corps, sans doute pour m’éviter d’être distrait et je la bénis de faire ce choix.

Lorsqu’une quinzaine de ninjas me foncent dessus en m’identifiant comme l’élément fort, je hurle sans perdre une seconde :

-         Ecarte-toi Hanako !!

Elle bondit vers Rinko sans même poser de questions et je laisse encore éclater mon chakra particulier qui les cisaille mortellement. Je sens les regards choqués d’Hanako et de Rinko, qui ne comprennent rien à ce qu’il se passe, mais Hokuto les reconcentre rapidement en hurlant tandis que je continue mon macabre chemin parmi nos ennemis. 

Je me prends énormément de coups, mais je ne sens toujours rien, aveuglé par la haine et la vengeance, pour Hanako, pour Kiri, pour tous ces enfants morts injustement de leurs mains. Je me démène, ma colère prend le contrôle de mon corps et je ne cherche plus à nous faire un passage vers le port mais à en tuer le plus possible en tourbillonnant parmi eux comme un fou furieux.

-         Kakashi !! Tu vas finir par en mourir ! hurle alors Hanako avec une voix si blanche qu’elle me ramène à la réalité.

Quoi… ?

Je reviens à moi, réalisant l’ampleur de mes blessures tandis que je suis littéralement submergé d’ennemis qui m’agressent. Je les tue, certes, mais je me fais tuer à petit feu sans même m’en apercevoir. Le cri d’Hanako m’a perturbé, il m’a sorti de ma folie et malheureusement de ma concentration. Mon sharingan analyse très vite que je serai mort dans moins d’une minute, pas à cause de mes blessures, mais à cause de cette seconde d’inattention qui a entrainé une dizaine de coups mortels que je ne pourrai pas éviter.

Mes yeux s’agrandissent sous la surprise alors que je réalise que je vais mourir mais je n’ai pas le temps d’y réfléchir, parce que le hurlement rageur d’Hanako déchire la nuit. Elle donne tout, elle puise visiblement dans toute sa puissance, toute sa haine, toute sa concentration et alors qu’elle hurle, les vingt derniers ninjas autour de nous tombent jusqu’au dernier par terre, comme des marionnettes désarticulées.

Je mets un instant à réaliser ce qu’elle vient de faire, qu’elle vient de tuer par l’esprit autant d’ennemis d’un coup pour la première fois et je lui lance un regard ahuri alors qu’elle vacille sous la faiblesse après avoir tant puisé dans son chakra. Hokuto et Rinko la dévisagent aussi, mais il ne faut pas perdre plus de temps, elle vient de nous créer une fenêtre de tir pour nous en sortir et il ne faut surtout pas la gâcher.

 Je me jette sur elle pour la prendre dans mes bras et elle se laisse aller contre mon torse alors que nous filons tous les trois comme des courants d’airs en direction du port, survolant les pavés humides de sang.

Nous sautons sur le mur d’enceinte et Rinko hurle de joie lorsque nous apercevons le bateau remplit de ninjas de Konoha, encore à quai, prêt à partir. Dès qu’ils nous aperçoivent, le bateau se met en branle pour s’en aller le plus vite possible et nous courons comme des dingues le long des quais, bondissant de toutes nos forces pour atterrir sur le pont du bateau qui s’éloigne déjà de Kiri.

Nous sommes sauvés. Tous.

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