LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 195 : La décision

2939 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 26/02/2026 10:37

Chapitre 195 : La décision


Dès que je m’enfile par la fenêtre de Minato, j’affiche un air froid et dur, toujours en colère après lui, mais ça ne sert à rien puisqu’il n’est pas là. Son assistante m’informe qu’il sera de retour dans peu de temps, qu’il avait simplement une petite affaire à régler dans le bâtiment. Je tourne en rond une petite minute, mais lorsque mes pensées se portent sur Hanako et Shin, ma curiosité s’allume.

Le bureau de Minato est ensevelit sous la paperasse, il a beaucoup d’affaires à traiter en retard à cause de ces dernières semaines inquiétantes et je parcours rapidement les piles de dossiers à la recherche de celui qui m’intéresse. Je le trouve tout en dessous, gentiment posé depuis quelques semaines, à l’endroit exact où je l’avais aperçu en rentrant du pays des sources chaudes. J’attrape le dossier de Shin et je m’installe confortablement sur le rebord de la fenêtre pour le parcourir.

Je dois admettre qu’il est excellent. Ce type n’arrête jamais, il est de toutes les missions, de tous les événements, et aide visiblement le village sur ses temps libres avec du bénévolat. Ajoutons à ça qu’Hanako m’avait déjà précisé qu’il s’entrainait sur le peu de temps libre qu’il avait, qu’il a déjà sauvé ses camarades plusieurs fois en missions et démontré son courage et sa fiabilité… Il manie deux types de chakra, effectue des techniques compliquées, est excellent au corps à corps… Je ne comprends pas bien pourquoi ce type n’est pas encore jônin.

Je parcours rapidement la lettre de recommandation de Nanba, qui est très élogieuse et détaillée, qui souligne le sérieux de Shin lors des entrainements qu’ils ont effectués ensemble pour tester son niveau. Nanba fait partie des services de l’Hokage, il est mon second et sa recommandation est déjà lourde d’impact. Cependant, avec l’affaire Kiri, tout ça a pris du retard et Minato risque de s’en occuper quand tout sera tassé. Il présentera le dossier au conseil, mais il n’aura pas forcément eu le temps de s’y intéresser plus que ça, ce qui pourrait desservir Shin.

Et si le nom de Nanba a beaucoup de poids devant les anciens, je sais quel nom est à tous les coups une assurance de se faire promouvoir. J’attrape donc une feuille vierge qui traine et je rédige rapidement un mot pour appuyer la candidature de Shin en ajoutant notamment qu’il m’a aidé pour une affaire classée secrète, où il risquait beaucoup. Inutile de préciser que ça concerne l’affaire Tao, les anciens ne seraient pas ravis… En tout cas, avec la recommandation de Nanba et la mienne, Shin est désormais assuré d’être jônin, ce n’est plus qu’une question de temps. Je glisse ma lettre dans le dossier, que j’emmène ensuite dans la salle du conseil, où je le pose sur la pile du prochain ordre du jour.

Je retourne dans le bureau de Minato plutôt satisfait.

Je ne l’appréciais pas au premier abord, parce que je le soupçonnais d’être fou amoureux d’Hanako – basse réaction primitive d’homme. Maintenant que je le connais depuis quelques mois, que je constate qu’il n’y a que de l’amitié entre eux et qu’il m’a bien aidé à ses risques et périls, je l’apprécie plutôt bien. Je crois que c’est un homme profondément bien, passionné par son travail, fiable en amitié, droit dans ses bottes et la tête sur les épaules en plus d’être un ninja d’exception. Je ne lui souhaite que le meilleur et je suis donc satisfait de savoir qu’il atteindra enfin le rêve qui l’anime depuis les bancs de l’académie.

*

Minato me rejoint dans son bureau en compagnie de Meï et de Chôjuro, qui l’attendaient visiblement dans le hall, c’est parfait, ça me permettra d’assister en direct aux nouvelles du jour. Mon senseï me lance des coups d’œil alors qu’il s’installe et que nos alliés l’imitent en prenant place sur les deux chaises face à lui. Je me perche sur ma fenêtre, comme à mon habitude puisqu’il n’y a plus de place, en lui rendant ses regards avec hostilité. C’est très bien que nous ne soyons pas seuls, la présence de nos camarades tempèrera les choses entre nous, il n’est pas l’heure de nous disputer ou de nous expliquer, il y a bien plus urgent à régler à l’heure actuelle.

Après quelques discussions chaleureuses – du jamais vu – de la part de la Mizukage, qui me remercie encore de l’avoir sauvée et d’avoir assassiné Mizuki, qui s’enquiert de mon état et de celui de ma « compagne » – un vrai bonheur d’entendre ça – nous nous mettons enfin à parler sérieusement. Depuis le bateau, elle a effectivement pu transmettre un message à la résistance pour les informer de son sauvetage par Konoha, de l’arrivée très prochaine de renforts, et de la mort de Mizuki et d’une partie de ses partisans. Elle a demandé un maximum d’informations sur Kiri, tout ce qu’il s’y passe en temps réel et grâce à Ao, qui était infiltré dans la garde plutôt proche de Mizuki, nous avons toutes les informations. Elle a déjà reçu deux lettres depuis cette nuit, et elle les pose sur le bureau tout en nous les résumant.

Apparemment, c’est le cirque sur place. Le second de Mizuki a pris le commandement du pays de l’eau, mais le gouvernement est affaibli par le massacre que nous avons fait. La résistance s’est soulevée, les enfants de l’académie sont tous réunis au quartier général depuis ce matin sous bonne protection et les ninjas célibataires se battent pour essayer de renverser le pouvoir en place en tuant un maximum de perturbateurs discrètement. Ces derniers arpentent le village à la recherche des enfants, leur meilleur moyen de pression, mais tant qu’ils ne découvrent pas le q.g. de la résistance, il n’y aura pas de drame. Pour l’instant, la peur est encore présente chez les citoyens, ce qui est naturel après le climat de terreur qui a régné sur Kiri et ils ne sont pas assez nombreux à se rebeller contre le pouvoir.

-         Il faut agir, vite, conclut Minato. Nous ne pouvons pas attendre que tu sois entièrement remise Meï, il faut que nous intervenions avant que les enfants ne soient découverts, pendant que la gestion du village reste trouble et que Kiri est en guerre civile.

-         Il a raison, approuve Chôjuro. La petite résistance se bat seule, parce que ce sont des guerriers sans famille… Le reste de nos rangs préfèrent garder le q.g., ils ont bien trop peur que les perturbateurs ne remettent la main sur leurs enfants et c’est compréhensible… Ils ne sont pas assez nombreux pour lutter, il faut que nous allions les aider, il faut que Konoha nous aide à éliminer tous les perturbateurs d’un coup et tout reviendra dans l’ordre.

Meï ferme les yeux, frustrée de ne pas pouvoir agir :

-         Quel genre de dirigeante suis-je si on ne peut pas compter sur moi pour me battre ? Alors que je me suis fait enlever et enfermée en cage comme un animal faible…, chuchote-t-elle.

-         Meï, il faut agir, le plus rapidement possible, insiste Minato.

-         Je le sais ! Mais je veux en être ! réplique-t-elle en rouvrant des yeux vibrants de détermination. Je me moque de mon état, je mourrai en combattant s’il le faut mais je marcherai sur Kiri avec vous tous, je me battrai pour libérer les miens !

Je vois que mon senseï s’apprête à la contredire, mais je trouve ça déraisonnable. La Mizukage est tellement fière, je trouve ça déjà surprenant qu’elle nous laisse l’aider sans se faire influencer par son égo, alors j’interviens avant qu’il ne la contredise :

-         Si je peux me permettre, je pense qu’il serait judicieux de nous mettre en route dès aujourd’hui Maitre Hokage.

Minato tourne la tête vers moi pour me lancer un regard attentif et je m’explique :

-         Si les perturbateurs trouvent les enfants, il pourrait y avoir un massacre, pour se venger de ce soulèvement. Nous reprendrons Kiri, quoi qu’il arrive, même si les perturbateurs soumettent à nouveau le village par la peur… Nous serons assez nombreux c’est vrai… mais autant éviter un bain de sang, la mort d’innocents, la mort des partisans de la résistance… Et pour ça, le meilleur moyen est de foncer droit sur Kiri, dès aujourd’hui, de ne pas leur laisser le temps de faire d’autres victimes.

Minato hoche la tête pensivement, je sais qu’il est d’accord avec moi dans le fond, il ne veut simplement pas que Meï court des dangers inutiles et il sait bien qu’il ne l’empêchera pas de venir avec nous. Je donne donc mon dernier avis :

-         La Mizukage se doit d’être là, de libérer les siens… Sa simple présence donnera de la force aux combattants qui hésitent, du soulagement aux citoyens terrifiés depuis des semaines… Personne ici ne souhaite qu’il lui arrive quoi que ce soit, mais je respecte son sens de l’honneur, sa volonté de mettre sa vie en danger pour les siens, c’est son rôle.

-         C’est mon rôle, répète Meï avec détermination. Si tu veux m’aider Minato, alors prépare des troupes pour partir au coucher du soleil, parce que c’est ce que je ferai, avec ou sans vous.

Il hoche la tête lentement, avant de capituler :

-         Très bien Meï. Nous partirons au coucher du soleil, si tu acceptes de passer le reste de la journée à l’hôpital pour qu’on continue de te renforcer… Il est encore tôt, nous avons de très bons médecins… cette journée fera peut-être la différence pour toi.

-         Je m’y rends de ce pas, accepte-t-elle.

Elle quitte le bureau avec Chôjuro sans perdre une minute, visiblement plus motivée que jamais à la perspective de reprendre le pays de l’eau dès demain matin. Dès que je suis seul avec Minato, un petit malaise est palpable mais il n’aborde pas la situation, soucieux de ne pas me contrarier je suppose.

-         Tu es prêt à repartir Kakashi ? demande-t-il.

-         Je crois, réponds-je.

-         Tu crois ? s’étonne-t-il.

Je n’ai pas particulièrement envie d’en discuter avec lui, mais la crise d’Hanako m’a rendu frileux et il me faut bien l’admettre :

-         Hanako me supplie de ne pas y retourner… Je ne sais pas exactement pourquoi, ni ce qui lui a pris… je n’ai pas eu le temps d’en discuter avec elle mais… cette crise de larmes…

Il fronce automatiquement les sourcils, visiblement surpris :

-         Une crise de larmes ?

-         Oui je ne sais pas, c’était étrange. Je serai là si tout va bien, mais… si elle me suppliait vraiment de ne pas participer à ce combat… je ne suis pas sûr d’aller contre sa volonté, je préfère vous prévenir, avoue-je.

Il est encore plus surpris :

-         Kakashi, je ne peux pas partir à la guerre sans mon meilleur élément…, dit-il d’une voix douce.

Sa remarque me met déjà hors de moi, parce que je lui en veux à mourir malgré nos échanges cordiaux, et je ne peux donc pas m’empêcher d’être insolent.

-         Et bien vous partirez quand même à la guerre sans votre meilleur élément s’il décide de rester au village. Abandonner des camarades n’est pas une pratique qui vous est étrangère depuis peu, alors je ne pense pas que mon refus de venir vous choquera, lâche-je durement.

Il accuse un peu le coup de ce que je lui dis, il est visiblement très peiné par notre froid mais il finit par secouer la tête :

-         Je ne te contredirai pas, car je sais que tu as vu le fait que je laisse Hanako avec les perturbateurs comme un abandon. Je me permets juste de te rappeler que c’était son choix, pour sauver la Mizukage. En revanche, peu importe ce que j’ai fait, ou ce que je n’ai pas fait, ça ne te ressemble pas de laisser tes camarades aller se battre sans toi. C’est la seule chose qui m’interpelle tant ça c’est n’est pas toi… et je te connais plutôt très, très bien Kakashi, que tu le veuilles ou non.

Ses propos m’agacent et je tourne la tête pour observer le village par la fenêtre, afin de fuir ces yeux bleus qui me scannent toujours avec justesse.

-         Je vais tirer ça au clair, il faut simplement que je comprenne le fond du problème, marmonne-je.

-         Elle te laissera y aller, elle panique sans doute mais s’il y a une chose dont Hanako a fait preuve récemment, c’est qu’elle place les intérêts du village au-dessus des siens. Je n’ai donc pas le moindre doute que je te trouverai ce soir aux portes du village.

J’hoche la tête et je me lève pour ouvrir la fenêtre.

-         Kakashi…, commence Minato.

-         Non.

Je me tourne vers lui en secouant la tête :

-         Je vous en prie senseï, non. Ça me passera, mais à raison ou non, je vous en veux terriblement. En discuter n’améliorera en rien les choses, il faut que je digère ce qu’il s’est passé, que je retrouve la raison, que j’intègre que c’était son choix et ce n’est clairement pas encore le cas.

-         Je peux l’entendre Kakashi, mais j’ai horreur que tu me fasses la tête, ce n’est pas vraiment dans tes habitudes, je me retrouve un peu … démuni, répond-il en me souriant timidement.

J’en rirais presque maintenant qu’il souligne que « je lui fais la tête » pour la première fois en plus de dix ans. Il est déjà en train de m’amadouer, c’est terrible, je suis vraiment trop sensible, quoi qu’en pensent les gens. Il doit voir mon trouble, et il préfère visiblement me donner une porte de sortie :

-         Autre chose Kakashi ?

-         Oui. J’ai appuyé le dossier de Shin Nibai en plus de Nanba, pour une promotion au titre de jônin. J’ai mis le dossier à l’ordre du jour du prochain conseil, il mérite largement d’être promu, il est même incompréhensible qu’il ne le soit pas déjà.

-         J’ai été distrait ces derniers mois, beaucoup d’affaires politiques comme tu le sais… Si tu le recommandes, alors il n’y a pas à douter que le conseil te suivra, conclut-il en souriant.

J’hoche la tête et je file par la fenêtre.

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