LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 196 : Le plan de Kakashi

3182 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 27/02/2026 14:41

Chapitre 196 : Le plan de Kakashi


Je survole le village, et lorsque j’arrive à proximité de la terrasse d’Hanako, je constate qu’elle discute avec Shin dehors, en prenant le soleil. Il fait terriblement bon, on sent que l’hiver touche à sa fin, les premières journées plus douces alternent avec les jours glacials, l’hétérogénéité du printemps commence à se dessiner.

Ils sont assis sur le banc, sous le cerisier, et je ne peux pas résister. Je me laisse planer en direction de Shin, et je suis agréablement surpris lorsqu’à la dernière seconde avant l’impact, il se lève d’un mouvement rapide en attrapant Hanako qui crie évidemment comme une souris. Il arrive à l’écarter pour la mettre en sécurité et à me faire face, kunaï à la main, en un temps très acceptable. Il a effectivement fait de beaux progrès, ces réflexes sont dignes de nos meilleurs combattants puisque je ne faisais pas le moindre bruit mise à part un léger bruissement d’air, c’est excellent.

Je ne le laisse même pas réaliser que c’est moi que je l’attaque déjà, tout kunaï sortis. Je l’agresse rapidement, férocement, sans ménagement et Hanako se met à hurler en tentant de s’interposer :

-         Bon sang Kakashi mais tu es fou ?!

J’évite en riant ses petites mains qui tentent de m’attraper, ce qui détend considérablement Shin qui continue notre duel en étant beaucoup plus serein maintenant qu’il a compris que je ne cherchais pas véritablement à le tuer. Notre lutte dure quelques minutes, je suis impressionné par son niveau et lorsque je finis par le jeter par terre, il s’y écrase en riant :

-         Mais qu’est-ce que je t’ai fait Kakashi ?! s’amuse-t-il.

Je lui tends une main en répondant :

-         Rien de particulier, disons que je m’assurais que je ne venais pas de mettre ton dossier à l’ordre du jour du prochain conseil et d’y glisser ma recommandation pour rien.

Sa mâchoire se décroche alors que je le relève d’un geste et Hanako plaque ses mains sur ses lèvres :

-         Quoi ?! couine-t-elle.

-         Vous… vous êtes sérieux ? bafouille Shin.

-         Tu ne me tutoies plus ? le taquine-je.

-         Euh je … si, je suis simplement tellement ahuri que… Je ne sais même plus comment je m’appelle ! rit-il nerveusement.

-         Je suis sérieux Shin, cette fois ce n’est plus un dossier en attente. Il sera traité dans les jours qui arrivent et avec deux recommandations parmi les plus hauts postes de Konoha… tu seras assurément promu dans quelques jours.

-         Ce n’est pas vrai…, souffle-t-il en se laissant tomber sur le banc.

-         Tu vas être jônin ! s’écrie Hanako en bondissant avec excitation.

-         Je vais être jônin…, répète-t-il lentement en la dévisageant.

-         Depuis le temps que tu en rêves ! Merci Kakashi ! couine-t-elle en me sautant dans les bras.

Elle m’embrasse avec fougue quelques secondes et arbore un visage rayonnant de bonheur. Shin réalise enfin qu’il ne m’a pas remercié et il s’exécute avec zèle en se flagellant. Je ne lui en tiens pas rigueur, j’ai bien compris à force qu’Hanako me le répète que cette promotion était son rêve absolu et qu’il lui fallait le temps d’intégrer l’information.

En tout cas, c’est un plus grand bonheur encore de lui avoir rendu ce service lorsque je constate que je lui ai laissé Hanako toute perturbée et en pleurs pour la retrouver heureuse et souriante. Je m’en veux même d’avoir été si jaloux de lui et je maudis mon foutu sale caractère.

Hanako l’invite à manger avec nous pour le féliciter, ce qui ne me pose pas de problème particulier puisque je découvre que lorsqu’on ne le considère pas comme un ennemi public, Shin est plutôt d’agréable compagnie. Il parle énormément boulot, ce qui n’est pas la tasse de thé d’Hanako, mais voilà au moins un sujet sur lequel je peux aisément échanger avec lui et c’est ce que nous faisons. Mon petit ange est de toute façon tellement heureuse de nous voir discuter qu’elle affiche un immense sourire en cuisinant, nous couvant régulièrement de ses yeux fiers alors que nous ne faisons rien de particulier. Je découvre d’autres qualités à Shin, il est serviable, gentil et il la fait rire autant qu’il l’agace, ce qui est le juste équilibre entre la faire passer un bon moment et me rassurer qu’elle ne tombe pas dans ses bras un jour.

En milieu d’après-midi, il repart et je l’observe pensivement quitter la terrasse alors qu’Hanako est calée au creux de mon bras.

-         Alors ? demande-t-elle.

-         Alors quoi ? bougonne-je.

-         Shin, qu’est-ce que tu en penses ? C’est la première fois que vous passez du temps tous les deux sans que tu ne fasses ta mauvaise tête ! rit-elle.

-         J’en passe que je ne suis qu’un « ours grognon » … Tu as raison…, soupire-je.  

Elle éclate de rire en me tirant à l’intérieur, où elle tapote les coussins du canapé pour les remettre en ordre :

-         Ça je le savais Kakashi, ce n’est pas un scoop. Alors, qu’est-ce que tu veux faire aujourd’hui ? Tu aimerais te promener ? On pourrait aller faire un tour dans les bois ! Et prendre des ramen sur le chemin du retour ! s’excite-t-elle.

Je suis appuyé sur le mur, les bras croisés, et je l’observe silencieusement. Je n’arrive pas à lui dire que je pars ce soir, mais je sais que mon silence et mon air grave lui diront pour moi. Elle m’interroge deux ou trois fois du regard en continuant de ranger le salon, et elle perd soudain son sourire en se redressant, les yeux tristes :

-         Quand ? chuchote-t-elle.

-         Ce soir… au coucher du soleil…

Elle hoche la tête et se réabsorbe dans sa tâche en pliant compulsivement les plaids qui étaient pourtant déjà impeccables. Je vois d’ici qu’elle mord sa joue, elle s’empêche de pleurer ou de paniquer, au choix, mais vu la tristesse dans ses yeux, je parierais sur les larmes. Je me laisse tomber dans le canapé en ouvrant un bras et elle s’y réfugie en moins d’une seconde pour se caler contre moi, la tête au creux de mon épaule et sa petite main serrée autour de mon haut, comme pour me retenir.

-         Il ne m’arrivera rien mon ange, nous serons bien plus nombreux, ce n’est qu’une formalité, la rassure-je.

-         Alors pourquoi y vas-tu ? demande-t-elle d’une voix boudeuse.

-         Minato m’a ordonné d’y aller, et il faut que j’y aille, c’est comme ça.

Elle hoche la tête contre mon épaule, sans répondre, bien plus docile que tout à l’heure.

-         Vas-tu me dire ce qu’il t’est arrivé ce matin ? demande-je doucement.

Elle me lance un petit regard hésitant par-dessous ses cils, puis observe quelques longues secondes dans le vague avant de répondre :

-         Est-ce que je dois venir ? A Kiri… ? chuchote-t-elle.

-         Non, en tout cas Minato n’a rien dit de particulier à ton sujet… Pourquoi ?

Je suis très étonné par sa question, encore plus lorsqu’elle se redresse pour s’assoir en tailleur, ce qui signifie que nous allons avoir une conversation sérieuse. Je me redresse donc pour m’assoir correctement et elle attrape une de mes mains entre les siennes pour jouer avec :

-         J’ai beaucoup discuté avec Shin après ton départ… Je lui ai raconté ma crise de larmes et nous avons creusé un peu… pour savoir ce qui m’avait rendu aussi… extrême…, souffle-t-elle.

-         Et vous en êtes arrivés à une conclusion ?

-         Oui… C’est un peu honteux mais… si j’ai aussi mal réagi … bien sûr je m’inquiète pour toi mais… Mais au fond, j’avais surtout peur qu’on me demande d’y retourner, avoue-t-elle.

Elle me lance un petit regard honteux et je serre mes doigts autour de ses mains qui jouaient toujours avec la mienne.

-         Tu n’iras pas si tu n’as pas envie d’y aller, affirme-je.

-         C’est tout le problème, j’ai réagi comme ça parce que je ne supporte pas de te laisser aller là-bas sans moi Kakashi. J’ai besoin d’être avec toi, de pouvoir voir en direct que tout va bien… Le problème, c’est que ça commence à faire beaucoup pour moi. Entre la première fois où ils ont failli me tuer et la seconde où j’ai été retenue prisonnière… Je sais que c’était mon choix et je l’ai fait pour de justes raisons, mais ça n’empêche que tout ça n’a fait qu’accentuer mon traumatisme de ce pays… Je n’arrive pas à envisager d’y remettre les pieds, je ne supporte plus la mention même des perturbateurs, je…

-         Hanako, tu n’iras pas si tu n’as pas envie d’y aller, glisse-je encore.

-         Mais je n’ai pas envie de te laisser y aller tout seul ! Ça m’inquiète aussi ! Je ne sais plus quoi penser de tout ça, je ne veux pas retourner à Kiri, je ne m’en sens pas capable, mais je ne supporte pas d’être lâche au point de te laisser y aller tout seul ! gémit-elle. Ça me rend folle d’être face à mon propre traumatisme, cette incapacité à me décider d’y aller tout en n’acceptant pas que tu y ailles sans moi ! C’est… tout ça me perturbe trop, tout ça n’est pas sain et je ne sais pas comment me comporter.

J’hoche la tête lentement :

-         Que t’as conseillé Shin ? demande-je.

Elle m’offre un petit sourire en me lançant ses yeux amusés malgré ses traits inquiets :

-         Il m’a remonté les bretelles, il m’a fait un monologue de vingt minutes pour me vanter tes mérites et ton niveau… il m’a juré que ces perturbateurs ne te feraient jamais de mal, que tu les écraserais sans aucun problème… Je crois qu’il t’admire beaucoup, conclut-elle en riant doucement.

-         Et il a raison, affirme-je.

-         En disant que tu vas les écraser ? demande-t-elle d’une petite voix pleine d’espoir.

-         Non, de m’admirer, plaisante-je.

Elle glousse enfin pour de bon et je ris avec elle jusqu’à ce que son sourire fane pour laisser place à l’inquiétude. Je me tourne vers elle pour attraper ses joues et planter mes yeux dans les siens avec tout mon sérieux :

-         Hanako, écoute-moi bien. Tu ne viendras pas à Kiri, Minato n’a rien dit de spécial à ce sujet et tu n’as pas de mots sur ta porte pour t’annoncer le départ… Tu vas rester tranquillement à la maison, loin de cette île de malheur, et tu m’attendras sereinement. Parce que je te jure qu’il ne m’arrivera rien, c’est une promesse que je te fais, à laquelle tu peux te raccrocher. Les rares fois où je suis en danger, c’est lorsque tu es là, que je dois te protéger et que je fais passer ta vie avant la mienne. Ça n’arrivera pas si tu n’es pas là, tu n’as rien à craindre pour moi, ce sera un jeu d’enfant avec les troupes que nous emmenons et la résistance qui se ralliera à nous sur place. Nous tuerons tous les perturbateurs en un claquement de doigts, tout ira très bien, une vraie promenade de santé.

Elle hoche la tête lentement, visiblement rassurée, mais son petit air boudeur s’installe rapidement sur ses traits :

-         Si c’est si facile, alors pourquoi y vas-tu ? Ils n’ont pas fondamentalement besoin de toi, si ? insiste-t-elle.  

-         Je veux y aller parce qu’il y a quelque chose que j’aimerais vérifier, ou plutôt comprendre.

-         C’est-à-dire ?

-         Le second de Mizuki a pris les commandes, il était son bras droit mais selon Chôjuro, c’est le seul ninja haut placé que nous n’avons jamais vu. Je trouve ça étrange, je ne comprends pas pourquoi il s’est caché de nous… Je ne peux pas m’empêcher de me dire que ça a un lien avec toi et je veux tirer ça au clair.

-         Un lien avec moi ? Tu plaisantes Kakashi, tu ne vas quand même pas recommencer ? s’étonne-t-elle.

-         J’avais raison je te signale ! me défends-je. Tout ça était bien lié à toi ! Mizuki te voulait !

Elle fronce les sourcils en réfléchissant visiblement à cent à l’heure :

-         Mais… c’est vrai… nous n’avons pas vraiment eu le temps d’y réfléchir avec tout ce remue-ménage…, souffle-t-elle. Pourtant je n’avais rien vu dans l’esprit de Mizuki, rien

J’hoche la tête avec gravité :

-         Exactement et c’est tout ce qui me questionne. J’ai besoin de savoir ce qu’il s’est passé, savoir comment ils ont su pour toi, comment ils ont pu nous leurrer, quel était le plan, s’il y a d’autres documents que je dois faire disparaitre… Et ce second me semble être la clé.

-         Ah bon ? Quelle est ta théorie ?

-         Je pense que le second était au courant pour toi, et que c’est précisément pour ça qu’il ne t’a pas approché, pour que tu ne lises pas dans son esprit. Je pourrais sans doute ne pas y aller Hanako, Minato finirait par accepter ma décision, mais j’ai besoin de m’y rendre…

-         Tu veux capturer ce second et lui tirer les informations…, souffle-t-elle en comprenant mon intention.

-         Oui, et je veux le faire discrètement, sans la Mizukage, sans ninja de Konoha… Je veux un tête à tête avec ce type sans personne pour nous écouter. Je veux qu’il me dise qui était au courant pour toi, comment ils ont été au courant… J’ai brûlé un document te concernant mais ce n’est peut-être même pas comme ça qu’ils l’ont su, il faut que je le sache. Je ne laisserai pas un seul ninja au courant vivant, je veux éradiquer tous ceux qui peuvent avoir une petite idée de tes capacités, tous les documents ou indices qui leurs ont permis de savoir. Quand je repartirai de Kiri, tu seras en sécurité, plus personne sur cette foutue île ne saura que tu possèdes des capacités extraordinaires.

Elle m’observe longuement, et son visage passe de l’inquiétude à la douceur, ses yeux glissent sur mon visage alors qu’un sourire se glisse sur ses lèvres :

-         Tu y retournes pour me protéger…, murmure-t-elle.  

-         Evidemment, je crois que depuis que je t’ai rencontré, tous mes choix ont été guidés par cette unique objectif, confirme-je à voix basse.

-         Je t’aime… tellement…, chuchote-t-elle alors que ses yeux se remplissent de larmes.

Je tire son visage contre le mien pour l’embrasser et nous y passons un petit moment.

Laisser un commentaire ?