LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)
Chapitre 197 : Tenir tête à l’Hokage
Après nos quelques embrassades, j’ai réussi à convaincre Hanako qu’une promenade dans les bois comme elle voulait initialement le faire lui ferait du bien et nous passons donc la fin d’après-midi à marcher tranquillement dans la forêt. J’adore le moment, lui tenir la main et l’observer filer avec des yeux émerveillés vers des petites cascades, des écureuils ou de jolies pierres moussues.
Un rien la rend heureuse, elle trouve tout magnifique et formidable, elle me fait découvrir un monde merveilleux de détails alors que j’ai passé toute ma vie à fouler ces terres en étant aveugle à tout ça. J’avais des objectifs, des missions, des hommes à assassiner, des guerres à mener et des informations à récupérer. Avec Hanako, j’ai des cascades à observer, des écureuils à essayer de caresser et des foutus cailloux à complimenter… et pourtant, je n’ai jamais été si heureux de marcher dans les bois.
C’est un temps calme, de qualité, qui me repose et me détend. Un temps où je savoure d’être avec elle, d’être enfin officiellement avec elle, et comme je le soupçonnais depuis des mois, ma vie est désormais parfaite maintenant que je la partage pour de bon avec elle. Je ne peux m’empêcher de repenser à tout ce que nous avons traversé, du jour où j’ai passé toute la nuit avec elle sur sa terrasse à faire connaissance, à l’annonce de son couple avec Rinko, au déchirement que j’ai ressenti, à la quasi dépersonnalisation que j’ai subi lorsqu’elle a été gravement blessée… Et puis nos premiers moments chez elle, cette double vie secrète que nous menions, loin des yeux de Rinko… Toute la dégringolade qui a suivi, ses accusations à Yu, Shisui… J’ai souffert, j’ai pleuré, j’ai hurlé… mais tout ça n’était pas vain, je le savais au fond de moi. Parce que me voilà désormais à ma place, à tenir la main de ce petit ange qui a croisé ma route pour ne plus jamais en sortir. Je resserre mes doigts autour des siens et elle me lance un sourire éblouissant alors que nous gagnons la lisière des bois où je l’arrête :
- Tu te rends compte qu’on a réussi mon ange ? demande-je en l’enlaçant.
- Oui, et je n’ai jamais été aussi heureuse, souffle-t-elle en se hissant sur la pointe des pieds en direction de mes lèvres.
Nous nous embrassons doucement, en nous serrant tendrement l’un contre l’autre, pour profiter du moment et de nous.
*
Lorsque nous arrivons au pied de sa terrasse, je sens une présence féminine en haut.
- Il faut croire que tous tes amis sont venus vérifier comment tu allais suite à cette mission… Les nouvelles vont drôlement vite…, m’amuse-je.
- Ah bon … ?
- Ton amie Mei, réponds-je simplement.
Dès que nous atteignons le haut de l’escalier, sa grande sœur de cœur se jette sur elle pour la serrer de toutes ses forces. Je jurerais qu’elle est à deux doigt de pleurer, ce qui me semble rarissime pour Mei, qui est toujours si calme et apaisante. Hanako glousse en la rassurant tandis que Mei lui passe presque un savon pour lui avoir fait peur et ne pas l’avoir prévenu de la situation.
Je les couve du regard jusqu’à ce que mes yeux soient attirés par une petite feuille de papier, plantée dans la porte d’Hanako. Mon sang ne fait qu’un tour, et après avoir vérifié que cette dernière ne l’avait pas encore aperçu, je file discrètement le décrocher. C’est bien un mot de Minato, sans doute déposé pendant notre balade, qui indique à Hanako le départ au coucher du soleil. Je n’y réfléchis pas deux fois et je le froisse avant de le fourrer dans ma poche et de retourner vers les deux amies qui se serrent toujours dans leurs bras, sans rien avoir vu de mon intervention. Il y a peu de chance que Mei fasse un commentaire, je ne vois pas bien pourquoi elle imaginerait que je cacherais le mot à Hanako et elle ne se posera pas de question en voyant que je l’ai détaché, en considérant déjà qu’elle le remarque.
En tout cas, elles se relâchent et Mei ne commente pas, elle préfère m’observer avec curiosité :
- Mais que fait-il là celui-là ? demande-t-elle en haussant un sourcil et en retenant un sourire.
Hanako rougit automatiquement en affichant son air le plus timide et je vais donc me planter à côté d’elle pour l’attraper par la taille, histoire de confirmer les doutes de Mei :
- « Celui-là » risque d’être drôlement plus présent désormais, annonce-je simplement.
- Ça y est ? Pour de bon ? demande gentiment Mei.
- Pour de bon, confirme Hanako.
- Tu ne cafouilleras plus ? me demande ensuite Mei en plissant les yeux.
- Non, plus jamais, affirme-je.
- Bon, alors je suis très heureuse pour vous. Mais attention Kakashi, je t’aurai à l’œil, me menace-t-elle tout de même avec le plus grand sérieux.
- Tu peux ! m’amuse-je.
Elle secoue la tête en observant Hanako avec des yeux malicieux :
- Tu vois, je te l’avais bien dit Hana… Je t’avais bien dit que tu finirais par l’avoir « ton Kakashi » …
Mon petit amour devient encore plus rouge alors que je lui lance un regard en haussant un sourcil et elle bafouille en virant Mei pour l’avoir « grillée. » Cette dernière comprend surtout que nous n’avons plus beaucoup de temps avant mon départ et elle s’en va donc en sommant Hanako de passer la voir bientôt pour qu’elles discutent plus amplement.
Dès que nous passons la porte de chez elle, je ne peux pas m’en empêcher :
- Alors ? J’apprends que tu parlais de moi avec Mei ? Que tu voulais « ton Kakashi » ? Puis-je savoir depuis combien de temps tu es obsédée par moi ? Je devrais peut-être me méfier, tu es peut-être comme une sorte de fan complétement givrée…, l’embête-je.
Elle rougit encore mais la flamme de l’humour s’allume au fond de ses yeux alors qu’elle me met un k.o. complet :
- Tu peux me chambrer autant que tu veux Kakashi… Mais moi, au moins, je n’ai pas un « sharingan de l’amouuur » ! rétorque-t-elle en prenant une voix moqueuse et en mimant les guillemets avec ses doigts.
Ma mâchoire se décroche et j’affiche mon air le plus indigné alors qu’elle file en gloussant à l’autre bout du salon. C’est peine perdue, je l’attrape en moins d’une seconde pour la plaquer contre le canapé en la faisant couiner comme une souris. Nous ne perdons même pas une seconde de plus à nous taquiner, elle glisse mon masque dans mon cou et je l’embrasse avec férocité l’instant d’après.
Je ne connais pas meilleur moyen de nous dire au revoir que de sentir tout son corps sous le mien, ses mains qui serrent mes habits pour me tirer plus près d’elle et nos baisers aussi agressifs qu’amoureux alors que nous savons que ce sont les derniers avant un petit temps. Nous n’avons pas exactement le temps d’aller plus loin, ce qui les rends plus vibrants, plus intenses, plus gourmands… comme si nous hésitions à craquer alors que nous ne devrions pas, l’interdit plane, le temps presse, la passion explose.
Il est donc bien évident que ce petit démon tire sur mon haut pour essayer de le retirer. Je la laisse faire en envisageant la chose, en pesant le pour et le contre de coucher avec elle alors que j’ai littéralement quinze minutes avant mon départ. Plus j’essaie de trouver des contres, plus elle avance des pours… En attrapant ma tête pour la glisser dans son cou par exemple, en haletant plus fort dans mon oreille, en agitant doucement son bassin sous le mien.
- Mon ange…, gronde-je contre sa peau.
- Chut, obéis.
Sa voix autoritaire me tue, son ordre me retourne et je vrille en un claquement de doigts à sa demande.
*
Après nos bêtises, je ne suis plus vraiment dans les temps, je prends une douche rapide pendant qu’Hanako fait mon sac et je l’entends glousser d’ici. Je me sèche en deux temps trois mouvements avant d’enfiler une tenue de combat et lorsque je sors, elle passe mon sac dans mon dos avant d’ébouriffer mes cheveux encore humides.
- Tu seras prudent, dit-elle.
- Bien sûr, je ne risque rien, et puis comme tu l’as déjà si bien dit… j’ai choisi la voie des ninjas, il faut que tu l’acceptes, la cite-je.
- Tu crois vraiment que je te laisserais partir si je ne l’acceptais pas ? soupire-t-elle.
- Tout ira très bien.
- Je sais, tu es invincible…
Je file ensuite au point de rendez-vous, où je n’ai que cinq minutes de retard, ce qui est largement acceptable puisque je suis loin d’être le dernier. Ce sont les risques lorsqu’on prévient des ninjas qu’ils partent en mission dans quelques heures, ces départs sont souvent ceux avec le plus de retardataires puisque la mission est complétement imprévue et que les hommes s’organisent comme ils peuvent pour être au plus rapides. Il n’y a de toute façon même pas encore la Mizukage et Chôjuro, ce qui me pousse à regretter de ne pas avoir passé cinq minutes de plus avec Hanako plutôt que de poireauter ici.
Je me plante à l’écart du groupe, parce qu’il faut admettre que je plane un peu, je suis encore plongé dans mon moment avec mon petit ange et je ne suis donc clairement pas d’humeur à faire la conversation avec qui que ce soit. Et pourtant, Minato fronce les sourcils en me regardant et ne tarde pas à se diriger vers moi.
Mes poils se hérissent déjà, je ne décolère pas envers mon senseï et j’ai bien du mal à avaler qu’il vienne encore m’embêter malgré nos rapports froids actuels. Qu’il essaie, qu’il ose donc me faire une remarque.
- Hanako est en retard ? Je pensais que tu serais avec elle… ? demande-t-il.
- Hanako ne viendra pas, réponds-je tranquillement.
- Comment ça ?
Je tourne la tête pour le regarder :
- Elle ne viendra pas.
- Je lui ai pourtant mis un mot pour lui donner rendez-vous… Tu as réussi à l’empêcher de venir malgré mon mot ? s’étonne-t-il.
- Elle ne l’a pas vu, je l’ai décroché avant qu’elle ne le remarque. Elle ne sait même pas qu’elle devrait être là.
- Kakashi…, gronde-t-il. Ce n’est pas à toi de décider pour elle, il fallait lui laisser le choix.
- Le choix ? demande-je en riant froidement. Ce n’est pas un choix que d’avoir un mot de l’Hokage sur sa porte, c’est un ordre.
- Et tu décides donc de contrer mes ordres ? Voilà qui est nouveau. Deux fois en peu de temps…
- Il faut croire.
- Kakashi…, commence-t-il à s’agacer. Sa présence est précieuse, il n’est pas question de ses capacités mais de ses talents de médecin !
- Ses talents de médecin ?! C’est nouveau alors, parce qu’Hanako est cloitrée à l’hôpital depuis des années maitre Hokage. Vous êtes allés la rechercher pour les missions diplomatiques à l’origine, parce que ses capacités sont précieuses pour ratifier des accords de paix, mais ça fait bien longtemps qu’elle n’a plus un rôle de ninja médecin sur les missions ! me hérisse-je.
- Elle a justement repris ses fonctions de ninja récemment ! tonne-t-il. Elle est de retour sur le terrain et je n’accepte pas que tu ne lui donnes pas le choix en contrant ainsi mes ordres !
Il ne fallait pas m’en dire plus et je m’enflamme :
- Je commence simplement à en avoir marre qu’on lui demande sans cesse d’aller sur cette île de malheur ! Elle est traumatisée, elle ne voulait pas y aller, elle en pleurait d’inquiétude ! Il va falloir vous rendre compte que ce n’est plus une ninja, ça fait des mois que j’essaie de vous signaler qu’elle est devenue une foutue civile ! Qu’elle ne sait plus se battre et qu’elle risque sa vie sur le terrain, mais personne n’a l’air de le comprendre ! Elle n’a plus l’entrainement qu’il faut, ça fait des années qu’elle n’en suit plus, qu’elle ne se bat plus, et elle a été blessée si gravement qu’elle a failli en mourir ! Evidemment qu’elle a perdu toute confiance, qu’elle s’inquiète à l’idée d’y retourner ! J’ai l’impression qu’il n’y a que moi que ça choque ! Elle n’a rien à faire sur un champ de bataille, et si vous preniez le temps d’y réfléchir une minute, vous vous en rendriez compte. Mais non, vous vous leurrez en vous basant sur son statut de ninja, simplement parce qu’il est bien plus confortable d’imaginer que votre meilleure médecin sera sur le champ de bataille pour soigner vos hommes, pendant que votre meilleur guerrier veillera sur elle !
Je le décontenance complétement, parce qu’il sait que j’ai raison, il sait très bien qu’il compte sur elle pour soigner ses troupes tout en comptant sur moi pour la protéger.
- Peut-être bien que… il se pourrait que…, commence-t-il avec hésitation.
- Et bien j’en ai marre qu’on ne la prenne pas un minimum en compte ! aboie-je. Marre que vous vous focalisiez sur ses capacités psychiques extraordinaires ou sur ses talents de médecins qui frôlent la perfection, marre que vous ne la voyiez que par ce qu’elle peut vous apporter et pas en tant qu’être humain ! Elle a peur, elle est terrifiée, elle craint pour sa vie à chaque seconde lors des combats, elle ne peut plus prendre un bateau sans que je ne la serre dans mes bras pour la rassurer, elle ne peut plus voir une tenue sombre de ces perturbateurs sans s’accrocher à mon dos et frôler l’arrêt cardiaque ! Mais c’est Hanako, et lorsqu’on lui donne un ordre, elle y obéit envers et contre tout. Elle va contre sa peur, contre les risques pour servir le village, alors j’ai décidé de la soulager. De lui ôter cette contrainte pour qu’elle puisse souffler un peu, qu’elle reste tranquillement ici à faire ce qu’elle sait faire le mieux, à savoir sauver des vies sans risquer de perdre la sienne. Je ne regrette pas une seconde d’avoir arraché votre foutu mot, je m’en félicite et je le referais dix fois s’il le fallait. J’assumerai toutes les conséquences de mes actes, de mon irrespect actuel, j’encaisserai tout pour la simple et bonne raison que j’aurai l’esprit tranquille de me dire que je lui ai épargné une angoisse déchirante et un risque de mort certain. Hanako est une civile maitre Hokage, et si vous voulez la revoir sur le terrain, vous devriez commencer par la remettre dans les plannings d’entrainements avant de l’envoyer au front comme une biche apeurée qui ne sait pas dire non.
Nous nous toisons quelques longues secondes dans un silence assourdissant. Quelques forces spéciales ont tourné la tête dans notre direction, alertés par ma voix vive mais Minato ne détache pas ses yeux des miens. Je suppose qu’il hésite, entre me punir pour mon irrespect ou me laisser tranquille, mais je vois dans son regard qu’il a au moins compris ce que je lui ai dit et qu’il est d’accord avec moi.
Il a de toute façon bien en tête qu’elle ne sait plus se battre, il comptait sur moi. En revanche, j’estime qu’il vient de prendre l’ampleur de la peur viscérale du terrain d’Hanako, qu’il n’avait pas soupçonné, et c’est ce facteur qui le fait hésiter à me punir.
Meï et Chôjuro arrivent au loin et Minato leur lance un coup d’œil avant de se pencher vers moi pour me parler à voix basse :
- Kakashi, j’entends ce que tu me dis mais il est hors de question que tu continues à agir ainsi. Tu aurais pu m’en parler calmement dans mon bureau, sans avoir à contrer mes ordres et déclencher une scène pareille devant nos rangs. Je ne tolèrerai plus ce comportement, c’était la dernière fois. Je sais que tu m’en veux, mais il va falloir que tu passes au-dessus tout seul ou que tu acceptes d’en discuter avec moi. Pour aujourd’hui, je laisse passer parce que je reconnais que j’ai commis une erreur en ne considérant pas assez les sentiments d’Hanako. C’est un cas particulier et je l’ai trop mis de côté, mais la prochaine fois que tu me fais quelque chose dans ce goût-là, tu perds ta place. Je ne peux pas prendre le risque que mon second nous fasse sa crise d’adolescence avec dix ans de retard, j’espère que je suis clair.
- Très clair, je vous remercie, articule-je en m’inclinant.
Il hoche la tête d’un air entendu avant d’aller accueillir la Mizukage et nous partons quelques minutes plus tard.