LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)
Chapitre 198 : La reprise de Kiri
Nous nous faufilons comme des courants d’airs à travers les bois pour contourner le village, rasant le sol comme le voile de la mort qui s’apprête à s’abattre sur Kiri. Nous sommes à la suite de la Mizukage, qui connait les points forts et les points faibles du village, qui sait exactement par où nous faire passer pour être le moins repérables et foncer avec le moins d’encombre possible jusqu’au bâtiment principal. La résistance sait que nous arrivons, ils nous attendent, sans doute excités et galvanisés par l’arrivée de leur kage.
Je suis concentré, mais je n’ai qu’un objectif en tête : attraper le nouveau tyran pour comprendre ce qu’il s’est passé.
Alors que nous filons entre les branches, je me rapproche de Minato, car si tout se déroule comme je le pense, il va lui-même m’ordonner d’aller assassiner cet homme et mon plan pourra se dérouler sans accrocs, sans même que je n’ai à devoir gérer la bataille à côté de mes projets.
- Maitre Hokage, suis-je libre de mes combats ou ai-je des ordres ? demande-je.
- Bien sûr que tu as des ordres, répond-il sèchement en me lançant un regard dur.
Il est visiblement drôlement remonté par mon affront d’hier soir, la nuit sur le bateau ne l’aura pas calmé mais je dois dire que je suis moi-même toujours en colère après lui. Je lui lance un regard neutre, pour attendre ses ordres, et son visage s’adoucit légèrement alors qu’il me regarde :
- Tu t’occupes de leur nouveau dirigeant Kakashi, il se peut qu’il soit caché quelque part, voire hors du village… après le meurtre de Mizuki, il y a fort à parier qu’ils ne referont pas les mêmes erreurs et leur nouveau chef ne risque donc pas de trôner au sommet du bâtiment principal. La bataille sera aisée, le vrai problème est d’être bien sûr d’éliminer leurs commandants pour éviter qu’un autre ne reprenne les rênes des perturbateurs. Ce n’est pas du guerrier dont j’ai besoin aujourd’hui, mais de l’espion, de l’assassin qui saura trouver la cachette des hauts fonctionnaires des perturbateurs. Tu les trouve et tu les élimines.
- C’est entendu.
C’est surtout parfait.
Minato jette un coup d’œil autour de nous et repose ses yeux sur moi :
- Sois prudent Kakashi, ils risquent d’être nombreux à le protéger.
- La routine, réplique-je.
Nous arrivons à la lisière de la forêt, où Meï nous arrête d’un geste avant de se tourner vers Minato :
- Nous sommes encore à couverts, annonce-t-elle. Et cet endroit est le plus stratégique puisqu’il n’y a pas de tour de garde directe, ce qui nous laissera un peu de temps. Mais nous finirons par être repérés par les tours plus lointaines, une armée comme la nôtre ne passera pas inaperçue. Nous aurons un peu de temps en plus pour créer la surprise, mais l’alarme résonnera rapidement, il faut que nous ayons un plan, pour que ton second trouve leur nouveau chef.
- Il faut qu’on fonce jusqu’au bâtiment principal, juste pour vérifier qu’il ne s’y trouve pas. S’il n’y est pas, il faut attraper les plus fidèles partisans sans les tuer, jusqu’à ce que l’un d’eux crache le morceau, répond pensivement Minato.
- Et comment reconnait-on ces fameux fidèles ? demande-t-elle.
- D’après mon analyse, interviens-je. Plus la tenue est sombre, plus ils sont gradés dans leur système.
Meï tourne la tête pour m’observer une seconde en silence avant de poser la question qui lui brûle les lèvres :
- Es-tu sûr de réussir à le trouver ? Il pourrait être caché, se faire évacuer du village dès les premiers sons de l’alarme… Il pourrait être entouré d’une centaine de gardes… Nous n’en savons rien. Si tu ne coupes pas la tête du serpent Kakashi, tout ça pourra recommencer…
- J’en suis certain, réponds-je tranquillement.
- Nous n’aurons même pas de moyens de savoir si tu es mort ou si tu as mené ta mission à bien…, soupire-t-elle avec inquiétude.
Minato a un petit rire, qui lui vaut un regard interrogateur de la Mizukage.
- Kakashi réussira, il t’a bien trouvé au milieu des bois Meï, comment peux-tu douter de lui ?
- Je n’avais que six gardes, souligne-t-elle.
- Il a combattu une armée entière le soir où il est allé chercher Hanako, glisse Chôjuro.
Elle hoche la tête et repose ses yeux sur moi :
- Reste près de moi Kakashi, je te jure que j’attraperai moi-même la première ordure en tenue très sombre que je croiserai, et je me ferai un plaisir de lui enfoncer mon kunaï dans le ventre pour qu’il me dise où trouver le nouvel usurpateur.
- Maitre Mizukage ! s’indigne Chôjuro. Vous êtes encore faible, bien loin de votre niveau habituel !
Il est tout inquiet mais elle balaie sa remarque d’un geste avant de me lancer un regard entendu. J’hoche la tête discrètement et elle lève une main pour lancer l’assaut.
La vague déferle et le chaos est atteint en quelques minutes.
Les trois quarts de nos troupes sont déjà dans le village lorsque l’alarme se met à résonner. Je reste sur les talons de la Mizukage, comme elle vient de me le demander, et nous filons dans les rues de Kiri jusqu’à la ruelle de la résistance. Dès que nous y pénétrons, une vague de ninja se joint à nous, profitant de l’agitation pour se mêler avec nous sans que les perturbateurs qui arrivent ne puissent comprendre d’où ils sortent, et donc de là où sont gardés les enfants du village. Nos rangs s’épaississent, les combats commencent, les perturbateurs s’hurlent des indications les uns aux autres.
Je vois bien que Meï tente de foncer vers ceux qui ont les tenues les plus sombres, mais je n’en ai même pas besoin grâce à mon sharingan. D’un œil simple, c’est le chaos, mais mon œil rouge me souligne des détails, les hauts fonctionnaires n’ont pas la même attitude que le reste des perturbateurs, la plupart d’entre eux filent vers l’ouest tandis que les autres se placent stratégiquement entre l’ouest et nous, pour nous empêcher d’y aller. Cette chorégraphie passe inaperçue pour mes alliés mais pas pour moi, et je devine aisément que leur chef se cache à l’Ouest. Meï est de toute façon faible comparé à son niveau habituel, et je décide de la décharger du poids qu’elle s’est mise sur les épaules en décrétant qu’elle serait celle qui tirerait l’emplacement du nouveau tyran.
- Je vous laisse Maitre Mizukage, annonce-je. Nos adversaires me dessinent pratiquement la voie !
- Quoi ?!
Je ne prends pas le temps de m’expliquer et je m’élance à toute vitesse vers l’ouest en commençant à me battre contre les ninjas qui tentent de m’arrêter. Meï tente de me suivre quelques minutes, mais je suis comme une flèche, je me faufile en ligne droite en abattant tous ceux qui se dressent sur ma route, je passe entre les gouttes tant que c’est encore possible et que le gros des troupes ennemies n’est pas encore arrivée ici.
Je sens bien qu’elle se fait retenir par des combats en arrière mais je continue ma course contre la montre. Plus je m’enfonce vers l’ouest, plus ça laisse le temps aux perturbateurs d’atteindre le gros de nos effectifs et plus ils laissent vides les ruelles dans lesquelles je m’enfile. Je suis quelques hommes, qui courent ventre à terre sur les pavés, qui foncent protéger leur nouveau Maitre sans se douter qu’ils sont en train de me dessiner la voie. A quelques rues des hostilités, ils n’ont déjà plus aucune chance de me repérer. Je suis seul, une ombre silencieuse qui les suit sans un bruit, et ils ne se doutent visiblement de rien.
Les hommes me conduisent à l’ouest extrême de la ville, où ils s’enfilent tous dans une tour de garde abandonnée que je ne connais que trop bien puisque nous y avions résidé lors de notre passage à Kiri avant tout ce cirque. Je me tapis au sommet d’un bâtiment, pour observer ce qu’il s’y passe. J’aurais pu deviner qu’il irait se terrer ici, j’en suis de toute façon pratiquement sûr depuis le moment où ils ont commencé à filer vers l’ouest.
Cet endroit est parfait, il est en bord de village, à la rencontre de la forêt et de la mer. Le nouveau tyran peut se sauver en bateau ou dans les bois, au choix, et ce bâtiment étant une tour de garde, il offre une vue exceptionnelle sur les alentours pour voir venir les dangers. De plus, connaissant le bâtiment, je sais qu’il n’est pas très grand et je peux donc aisément deviner que dès l’instant où l’alarme a résonnée, le tyran s’est enfuit. Cette tour n’a pas la capacité de le garder en sécurité, elle est facilement prenable, ne contient pas suffisamment de place pour qu’une armée y tienne… Tout ça était réfléchi. Ils savaient que nous allions revenir, ils se préparaient pour cet assaut et ont donc eu le temps de réfléchir à des options pour protéger le nouveau chef.
C’est un jeu d’enfant pour moi, tout ce que je sais faire de mieux : Suivre, observer, analyser, réfléchir, deviner et agir.
Ils se sont placés dans cette tour pour fuir rapidement en cas de problème, mais que le chef soit quand même sur place le temps que l’attaque ait lieu. Ça signifie deux choses, la première, que le tyran avait besoin d’être sur place pour assoir son autorité sur le village. Ça confirme que la mort de Mizuki a bien créée le cirque ici, que le chef ne pouvait pas partir se mettre en sécurité sans que son gouvernement ne s’effondre… La deuxième, c’est qu’ils ont dû prévoir une solution de repli, puisqu’ils étaient prêt à déserter le village en un claquement de doigts, c’est qu’ils doivent avoir un endroit en tête, sans doute caché au milieu des bois puisque je ne vois aucun navire qui met les voiles sur la mer. Ils me facilitent encore le travail, les forêts sont le domaine de prédilection des ninjas de Konoha.
Alors que je reste en place pour observer, j’obtiens une troisième information. Les quelques ninjas qui ont foncé ici pour protéger leur chef ressortent du bâtiment avec des visages inquiets et se crient dessus avec tension, ils n’étaient donc absolument pas au courant que leur Maitre s’enfuirait dans les bois. C’est plutôt malin, moins d’hommes sont au courant, moins il y a de risques qu’ils donnent l’information sous la torture, ce qui me mène à une quatrième information : Ils ne doivent pas être beaucoup à veiller sur leur chef, où qu’il soit caché. En effet, plus il y a d’hommes pour garder un secret et moins ce secret a de chance de perdurer, or à en juger par la surprise et l’inquiétude que je lis sur leurs traits, aucun de cette dizaine d’hommes n’a la moindre idée de ce qu’il se passe.
Le nouveau tyran ne compte pas sur une protection nombreuse, il compte sur sa cachette, il mise sur l’emplacement perdu dans les bois qu’il a trouvé plutôt que sur la quantité de gardes qui peuvent le protéger. C’est un choix, malheureusement pour eux, ils ont fait le mauvais face à moi. Je suis capable d’affronter une armée pour les beaux yeux d’Hanako, beaucoup moins pour quoi que ce soit d’autre et mon « sharingan de l’amour » ne m’apporterait sans doute pas son aide pour simplement aller assassiner un homme, alors je me réjouis qu’ils aient choisi l’autre option, celle où mes talents de pisteurs les débusqueront sans le moindre doute.
J’ai assez d’information alors je me redresse, une poignée de shuriken à la main, que je lance avec précision sur quelques hommes au sol. Ils étaient déjà complétement perturbés par la situation, mais lorsque les corps commencent à tomber, ils paniquent un peu plus sans comprendre ce qu’il se passe, et le rapace que je suis fond sur ses victimes sans leur laisser la moindre chance. Le combat est rapide, efficace, je les découpe facilement jusqu’au dernier dans une tornade de coups de kunaï discrète, plutôt qu’avec des techniques qui pourraient ameuter du renfort.
Dès que le dernier tombe au sol, je saute agilement sur le mur d’enceinte et je me laisse tomber de l’autre côté, où je retire mon masque pour sentir l’air frais de la forêt. Un sourire se glisse sur mes lèvres lorsque je sens la piste plus que fraiche de leur départ, qui empeste la peur et la sueur à plein nez. Je ne suis plus très loin d’avoir mes réponses, de comprendre comment Hanako est-elle devenue la cible de Mizuki et comment ils ont fait pour la leurrer.
Je m’élance dans les bois, kunaï à la main.
*
La piste serpente un long moment entre les arbres, elle reste claire comme de l’eau de roche, mais je ne m’attendais pas à ce qu’ils s’enfuient aussi loin. Ils auront essayé, ils auront mis toutes les chances de leurs côtés en s’enfonçant à ce point dans les bois. Je vois d’ailleurs leurs tentatives de déjouer d’éventuel pisteurs, je vois lorsqu’ils se séparent en plusieurs groupes, lorsqu’ils laissent des traces évidentes de passages sur les mauvaises pistes… La plupart des pisteurs suivraient ces traces de passages, les branches cassés, l’herbe piétinée, les légères traces de terres sur les branches… mais je ne suis pas n’importe quel pisteur et nous ne devons pas être beaucoup à le faire à l’odorat comme des limiers.
Je m’entête donc à suivre l’odeur la plus marquée par l’inquiétude, toujours cette sueur abondante, cette hormone de peur qui s’accrochent à l’air comme de la brume. Je choisis de croire que le tyran est la personne la plus angoissée du groupe, ce qui fait sens et qui se confirme de toute façon à mesure de ma progression, lorsque je constate que les ninjas qui s’étaient séparés du groupe pour créer de fausses pistes finissent inévitablement tous par rejoindre cette fragrance que je suis. Dès que j’ai cette confirmation que c’est bien ma cible que je suis à la trace, j’accélère la cadence.
Et enfin, au bout d’une longue course poursuite, j’aperçois entre les arbres au loin une cabane miteuse. Je ralentis l’allure pour approcher en toute discrétion, et dès que je suis perché dans un arbre avec une bonne vue, je constate qu’ils ont réitéré leur technique du moulin. C’est une vieille cabane de chasse, abandonnée depuis bien longtemps, et encore une fois, rien ne laisse comprendre qu’il y a du monde à l’intérieur. Il n’y a pas un bruit, pas un mouvement aux fenêtres et il ne faut pas être un génie pour comprendre qu’ils se terrent probablement tous dans la remise accolée à la maison, qui ne possède pas de fenêtre.
J’en rirais presque d’imaginer que ce type entend diriger Kiri d’une main de maitre, alors qu’il est probablement prostré par terre dans le silence, dans une vieille cabane au milieu des bois. Quel charisme… Il doit se sentir drôlement impuissant et il n’a encore rien vu.
Ils sont une douzaine avec lui, c’est peu pour sa protection mais c’est déjà bien suffisant pour garder le secret de sa fuite, ça ne devrait pas me poser trop de problèmes mais je préfère largement les affronter sur mon terrain que dans une cabane exiguë. J’attrape donc un de mes shuriken, que je lance à travers l’une des petites fenêtres de la cabane pour les faire sortir de leur trou.
Dire que ça les terrifie est un euphémisme, je sens leur agitation jusqu’ici, cette tension qui crève des plafond en moins d’une seconde, le bruit de leurs sursauts, l’agitation de leur chakra… Décidemment, sans Mizuki, ces hommes sont perdus et terrifiés, tous autant qu’ils sont, et je me félicite de l’avoir abattu.
Quelques secondes plus tard, le tyran leur ordonne violemment d’aller voir ce qu’il se passe à l’extérieur et la moitié d’entre eux quittent la remise pour rôder dans la maison. Je les observe toujours depuis ma branche à l’extérieur, je les vois épier par les fenêtres sans m’apercevoir, l’un d’eux ramasser mon shuriken et le montrer aux autres alors que leur tension monte encore d’un cran. Je suis pour ma part détendu comme un jour de repos et je me demande comment ils imaginent qu’ils vont pouvoir se battre convenablement en étant aussi tendus. Ils mettent d’ailleurs un peu trop de temps à sortir à mon goût, alors je lance un deuxième shuriken qui les secoue d’autant plus mais qui cette fois, les fait réagir. Les six hommes sortent de la cabane, toutes armes sorties et les yeux concentrés alors qu’ils scrutent les bois alentour :
- Amenez-vous ! vocifère l’un d’eux.
- On sait que vous êtes là…, gronde un second d’une voix sombre.
Ils m’amusent presque. Je lance une poignée de shuriken sur l’un d’eux, qui s’écroule, donnant ainsi ma position à mes adversaires qui réagissent au quart de tour. Ils jettent tous des armes dans ma direction, que j’évite agilement, puis ils se mettent à foncer tous les six en direction de ma cachette en voyant qu’aucun cadavre ne tombe des branches.
- Montrez-vous ! aboie furieusement l’homme en tête.
- Vous allez tous crever de toute façon ! hurle un autre.
Je me laisse tomber de ma branche, atterrissant accroupis face aux six hommes qui courent toujours à pleine vitesse sur moi. Dès que je relève la tête, que nos regards se croisent, ils freinent tous des quatre fers et la terreur la plus vibrante déforme leurs visages alors que certains vacillent sur les jambes et que d’autres reculent de deux pas.
- Non… non ! s’affole le plus petit.
- Pas lui…, souffle le plus proche.
- C’EST LUI, L’ASSASSIN A L’ŒIL ROUGE !! hurle le plus courageux en direction de la cabane.
Tiens donc… il faut croire que ma dernière visite dans leur village a laissé quelques petits traumatismes. J’aurais pu m’en douter, s’ils font partie des plus hauts fonctionnaires du gouvernement tyrannique, c’est qu’ils n’ont pas pu passer à côté de ma descente dans la tour de Mizuki. J’ai donc face à moi les pleutres qui ont préféré s’enfuir pour sauver leur peau plutôt que de tenter de m’arrêter ce soir-là.
En tout cas, ma présence est annoncée, ils sont désormais au courant que l’heure est grave pour eux et je ne suis donc pas étonné d’entendre les six autres gardes se précipiter pour venir en renfort des premiers, qui vacillent toujours sur leurs jambes sous la terreur.
Je n’attends pas sagement qu’ils se remettent de leurs émotions et je saute directement dans le tas, soucieux d’en finir au plus vite et d’en tuer un maximum avant même que les renforts n’aient passé la porte. Dès que je disparais de leur vue, à cause de ma rapidité ahurissante, ils sont encore secoué de terreur et l’un d’eux file déjà dans les bois, préférant abandonner le navire une seconde fois. Trois autres envisagent la fuite alors que j’abats mes deux premières victimes, et ça ne m’étonne pas… Comme Minato l’avait souligné, la peur n’engendre que des traitres.
Si ces hommes avaient un respect et une admiration pour leur dirigeant, alors ils se jetteraient sans hésiter devant mes armes pour le protéger, comme tout homme de Konoha le ferait pour Minato, parce qu’il le mérite, parce qu’il est bon et juste, parce qu’il prône la paix et lutte pour le bien des habitants du village. Ici, ce ne sont que des couards, sous les ordres d’un salop, simplement pour se sentir puissants de faire partie des lieutenants… Le salop en question est d’ailleurs en train de s’enfuir, il part visiblement en courant dans les bois alors que je me bats contre ses hommes et il serait temps que je passe la seconde.
J’active le mode létal et je deviens inarrêtable. Je roule, je saute, je tranche des gorges et je pare leurs coups avec aisance. Ils tombent les uns après les autres, ils s’effondrent aussi sûrement que la dictature est en train de tomber à Kiri et dès que je tue le dernier, je me lance dans la foulée sur les traces de l’homme qui m’intéresse, celui que je torturerai s’il le faut pour avoir les informations qui m’intéressent.
Je le rattrape vite, bien qu’il détale comme un lapin. Je ne tarde pas à entendre son souffle erratique, à voir sa silhouette et les coups d’œil qu’il lance par-dessus son épaule pour vérifier que je ne suis pas dans son dos. Et pourtant, je le suis.
Dès que je suis assez proche, je me propulse avec force de ma branche pour lui filer dessus comme un kunaï, en silence. Je vise simplement ses jambes, pour le tacler sans le blesser et il courait tellement vite que mon geste le propulse quelques mètres en avant où il s’écrase violemment par terre en se brisant sans doute un os ou deux. Il est visiblement complétement sonné, il se redresse péniblement, son esprit se réveille peu à peu alors qu’il essaie de comprendre ce qu’il a bien pu se passer.
- Non… non… ! NON ! NOON !! crie-t-il à mesure qu’il comprend.
Son hurlement rageur déchire le calme des bois, son écho résonne sur des centaines de mètres alors qu’il rampe pour essayer de se relever, de se sauver de moi, de la mort qui l’attend, qui approche même doucement de lui, pas à pas alors que je le rejoins.
- Oh si, lâche-je simplement.
Il hurle encore en entendant ma voix et il se débat plus vivement pour se remettre debout malgré ses os brisés, ce qui ne mène pas à grand-chose. Dès que j’arrive à son niveau, j’attrape son col et je le soulève d’un bras alors qu’il s’agite en me fixant de ses yeux terrifiés. Je fais demi-tour et je le traine par la peau du cou en direction de la cabane qu’il vient de quitter.
Ce type a intérêt à me dire ce que je veux savoir, ou il risque de passer un très, très mauvais moment.