LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 199 : La face sombre de Kakashi

5683 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 03/03/2026 10:03

Chapitre 199 : La face sombre de Kakashi


Je l’ai assommé à mi-chemin, lorsque ses cris me perçaient trop les tympans. Je l’ai ramené dans la cabane de chasse abandonnée, où il est assis sur une chaise, ligoté, et que je suis assis sur une autre en face de lui, un kunaï à la main.

Je joue avec ma lame en attendant qu’il se réveille, je fais le tour des questions qui m’intéressent pour être sûr de ne rien oublier. Je sens bien que je ne suis pas moi-même, que je suis « l’ancien Kakashi » depuis le moment où j’ai quitté mes camarades au centre de Kiri. Je sens mon cœur fermé, mes émotions quasi inexistantes, je ne sens que la détermination et la soif de sang. Ce type en face de moi ne représente rien à mes yeux, rien de plus qu’un morceau de viande dont je dois extraire les informations qui m’intéressent. En ce moment, je n’ai aucune miséricorde, aucune empathie, je ne vaux pas mieux que l’homme que je suis à deux doigts de torturer.

Il est étrange de me dire que j’étais comme ça lors de chacune de mes missions, étrange de me dire qu’Hanako n’a pas la moindre idée de la sombreur qui m’habite par moment, du monstre que je peux devenir parfois. Elle qui dit que je suis sensible et adorable, elle ne peut pas imaginer comme je peux facilement retomber dans mes travers, dans ce double que j’ai créé au fil de mes années à assassiner, ce double qui protège mon vrai moi de sombrer dans la folie, ce double qui m’a aidé à affronter les épreuves de ma vie.

Je ne suis pas fier de reprendre ce rôle, de me laisser glisser vers ce Kakashi. Mais il faut que je sache, que je sache tout ce qu’il s’est passé pour les perturbateurs, mais que je sache surtout comment ils ont su pour elle, pour ses capacités. Il faut que je comprenne si elle est hors de danger, que je m’assure que l’information ne se diffusera pas, qu’on ne tentera pas de venir l’enlever à Konoha pour la retenir captive.

Bon sang, cet homme ne peut pas se rendre compte d’à quel point je serais prêt à aller loin pour qu’il me réponde.

Je tourne doucement ma lame sur la paume de ma main, je sens la morsure piquante de l’acier à deux doigts de déchirer ma peau, je pense au calvaire que cet homme va subir d’ici peu et ça n’allume même pas une étincelle de culpabilité en moi. Je m’en moque, comme si je coupais une herbe ou cassais une roche en deux, tout ça ne m’impacte pas.

J’ai souvent eu peur de retomber de ce côté sombre. J’ai mis du temps à m’en éloigner, à m’en soigner, et j’ai bien failli y retomber il y a quelques mois, lorsqu’Hanako a manqué de mourir. Mais sans le savoir, elle a créé un monstre un peu plus terrifiant que le précédant ce jour-là.

Sans le savoir, lorsqu’elle est venue me chercher dans les abysses où je me terrais, lorsqu’elle a réussi à m’en sortir, lorsqu’elle m’a promis qu’elle viendrait toujours me rechercher si je sombrais… Elle a créé une sorte de brèche. Une brèche entre l’ancien et le nouveau moi, une brèche par laquelle je peux désormais m’enfiler comme bon me semble, car il est très facile de glisser dans mes ténèbres et j’ai désormais Hanako pour remonter dans la lumière en un instant. Cette brèche m’est apparue il y a deux jours, lorsque j’ai compris qu’elle n’était pas rentrée avec les autres à la ferme, lorsque j’ai glissé en quelques minutes dans ma peau d’assassin sans âme et que dès l’instant où elle s’est jetée dans mes bras, tout était fini et j’étais redevenu moi-même.

Grâce à cette brèche, ma dualité ne connait plus de limites puisque je peux désormais passer d’un Kakashi à un autre. Mais heureusement pour le monde, je n’autoriserai mon mauvais côté que pour la protéger elle, gardienne de ma lumière.

Je relève le regard et je plante mon kunaï dans la cuisse de mon ennemi, estimant que j’ai bien assez attendu qu’il se réveille comme ça. Il revient à lui en hurlant de douleur, les dents serrées et la tête rejetée en arrière.

Il n’y a rien de pire que la torture, que la douleur brute comme celle-là. Un coup de kunaï sur le champ de bataille peut pratiquement passer inaperçu grâce à l’adrénaline, mais un coup comme celui-là, alors qu’il est attaché sur sa foutue chaise, dans le calme et le silence… Il n’y a rien de pire, il ne peut se concentrer sur rien d’autre que sur sa douleur. Et plus il tardera à parler, plus je le blesserai, plus son corps sera usé d’envoyer des hormones pour le soulager, plus il sentira crûment ce que je lui ferai…

Je l’observe calmement alors qu’il halète comme un bœuf pour gérer la douleur qui lui déchire sans doute la cuisse. Lorsqu’il s’y habitue, que son corps envoie sans doute ce qu’il faut pour le calmer, il redresse la tête pour me regarder avec des yeux meurtriers, les dents serrées sous la douleur :

-         Qu’est-ce que tu attends assassin ?! Tranche-moi la gorge ! Vas-y ! Je suis prêt ! hurle-t-il agressivement.

-         Je ne vais pas te trancher la gorge.

Les muscles de son visage tressaillent légèrement sous la surprise, mais il reprend vite ses grimaces pour encaisser la douleur de sa plaie, dont le sang goutte par terre et forme une petite auréole pourpre.

-         Qu’est-ce que tu me veux ? articule-t-il entre ses dents.

-         Des réponses. Tu étais le second de Mizuki et il te gardait loin de nous, j’ai donc toutes les raisons de penser que tu sais tout ce qui m’intéresse.

-         Je ne te dirai rien ! grogne-t-il en essayant de me cracher dessus.

J’évite bien évidemment sa salive et il me toise. Je lis qu’il a peur, terriblement peur, mais il tient bon :

-         Tu me tueras de toute façon espèce de connard, alors tu peux crever pour que je te dise quoi que ce soit avant ! lance-t-il bravement.

-         Oui, je te tuerai. Parler ne te garantit pas de vivre, ça te garantit de moins souffrir.

Je pose la pointe de mon kunaï sur son autre cuisse et je place simplement un doigt au sommet de mon arme, pour appuyer tout doucement dessus, pour enfoncer à peine la pointe de ma lame dans sa peau. Il fixe sa cuisse avec des yeux exorbités et son cœur qui avait fini par ralentir un peu repart dans les tours.

-         Tu vois toute cette douleur que tu viens de ressentir lorsque je t’ai mis un coup dans la cuisse… Imagine maintenant que je fasse trainer les choses, la même blessure, la même douleur, mais beaucoup plus lente…

J’appuie crescendo sur ma lame, pour qu’elle s’enfonce millimètre par millimètre dans sa cuisse, pour qu’il comprenne bien le calvaire qu’il va subir s’il ne parle pas très vite. Dès que ma lame atteint le muscle, il se remet à hurler. Je ne cille même pas, je me concentre simplement pour appuyer lentement sur mon arme et ne pas accélérer mon rythme, bien que ses cris me vrillent les oreilles désagréablement.

-         QU’EST-CE QUE TU VEUX SAVOIR ?! crie-t-il.

Je retire immédiatement mon kunaï de sa cuisse, lui laissant une sacrée entaille, mais moindre comparé à la première.

-         La femme…, commence-je.

-         Bordel mais c’est pas vrai !! C’est pas vrai que c’est encore à cause d’elle !! Je ne la retiens pas ici ! Elle n’est pas à Kiri bordel ! Je ne sais pas où est ta précieuse femme, assassin !! Je te le jure !

J’abat avec légèreté mon kunaï sur son bras, pour le couper un peu, juste pour le rappeler à l’ordre :

-         Tu la fermes quand je parle. Evidemment qu’elle n’est pas à Kiri. Je veux savoir comment Mizuki a su pour elle, pour ce qu’elle peut faire… Qui est au courant ? Et comment avez-vous pu nous leurrer ?

-         VA AU DIABLE !! hurle-t-il.

Il m’agace.

Je me lève subitement de ma chaise et il se tortille comme un dément pour tenter de fuir ses liens, ce qui ne donne rien mais lui confère visiblement de l’espoir puisqu’il n’arrête pas. Il frétille comme un poisson sorti de l’eau tandis que je me dirige vers l’autre bout de la pièce, où je détache mes sacoches de shuriken et de kunaï pour les poser sur une table. J’en vide lentement le contenu, je laisse tinter les armes entre elles alors qu’elles se déversent. Je sais que la torture psychologique peut être plus efficace encore que la douleur, je sais que certains hommes ne supportent pas d’attendre la peine, la pression qui écrase le corps en attendant de savoir à quelle sauce nous allons être mangé.  

-         Nous allons jouer à un petit jeu, annonce-je.

-         Va te faire mettre ! hurle-t-il en déraillant dans les aigus.

-         Kunaï ou shuriken ?

-         Va te faire mettre !!

J’attrape un shuriken en une fraction de seconde et je le lance plus vite qu’un cobra pour qu’il se plante dans le mur derrière mon otage, à quelques centimètres de sa tête. Ça a le mérite de l’immobiliser net alors qu’il m’observe avec de grands yeux.

-         Kunaï ou shuriken ? répète-je en passant ma main dans mes armes, qui tintent encore.

-         Tu es vraiment une ordure…, murmure-t-il.

-         Oui. Reprenons donc, je vais m’amuser à lancer mes armes, parfois dans le mur, parfois dans ton corps… Je ne toucherai pas de points vitaux bien sûr, juste les plus douloureux qui me permettront de te garder en vie un maximum de temps.

-         Je t’en supplie…, tente-t-il alors.

-         Inutile de me supplier, ça ne marchera pas. Je ne suis pas en mesure d’éprouver quoi que ce soit à l’heure actuelle et même si c’était le cas, je n’aurais jamais pitié d’un tueur d’enfants. Alors… Kunaï ou shuriken ?

-         Tu es un malade… un grand malade… comment … que …, gémit-il.

Il est aussi rouge de colère que vert de peur, les larmes roulent sur ses joues mais son visage est tordu par la haine.

-         Tu peux aussi choisir de simplement répondre à mes questions et ta mort sera rapide.

Il affiche presque un air étonné, c’est souvent le moment où les hommes craquent. Le moment où ils sortent la tête de l’eau et se rendent compte que tout ça n’est pas inéluctable, qu’ils peuvent simplement me répondre. Je vois l’hésitation quelques secondes sur ses traits, mais il choisit de garder son « honneur » :

-         Je ne trahirais jamais Mizuki ! J’honorerai sa mémoire ! Je ne te dirai rien ! Tu n’auras rien ! Je mourrai sans lâcher la moindre information !

-         On va voir ça.

J’abandonne mon petit jeu psychologique, j’attrape un kunaï et je me dirige calmement vers lui pour lui montrer la pire facette de ma personne.

*

Il tient plus longtemps que je ne l’aurais pensé, une dizaine de minutes, ce qui est plutôt impressionnant car rares sont ceux qui m’ont laissé agir aussi longtemps.

En tout cas, il craque, il me hurle d’arrêter, il me promet qu’il répondra à toutes mes questions, absolument toutes, tant que je n’approche plus une seule lame de sa peau.

Je vais donc reposer mon kunaï sur la table, avec le reste de mes armes, et je me rassois face à lui, mains levées :

-         Plus de lame. C’est tout ce que j’attendais de toi, rien de plus simple que de parler dans le fond, drôle d’idée de subir tout ça en mémoire d’un dictateur complétement givré qui n’est plus de ce monde.

A la vision de mes mains nues, il laisse tomber sa tête en avant, pour respirer un peu et se remettre de ses émotions. Nous sommes bercés par les gouttes de son sang qui clapotent en tombant mais j’attends un peu, je le laisse vraiment se remettre et lorsqu’il relève des yeux épuisés sur moi, je sais qu’il est à point, qu’il me dira tout ce que je veux pour ne plus que ça recommence. 

-         Raconte-moi, et donne-moi des détails. Qui est au courant pour les capacités de la fille ? demande-je.

-         Seulement Mizuki et moi, je le jure…, souffle-t-il d’une voix geignarde.

Je suis rassuré, car je le crois amplement, il ne mentirait jamais dans l’état dans lequel il est. Je vois qu’il a abandonné l’idée même de me contrarier, ce qui illustre bien mes talents de bourreau.

-         Des détails…, gronde-je simplement.

-         J’ai lu un document, un document dans le bureau de l’ancienne Mizukage, qui parlait de cette fille, de ses pouvoirs psychiques… Ce n’étaient que des théories mais quand on lit le rapport… Il parait évident que c’est la réalité…

-         Pourquoi avoir lu ce document ? Pourquoi as-tu fichu le nez dans ces papiers ? En fait, raconte-moi tout dans l’ordre, depuis le début. Qui est Mizuki ? Qui es-tu ?

-         Tu as dû connaitre l’ancien Mizukage… il était aux commandes ici il y a une dizaine d’années…

-         Je sais, il a été renversé par le peuple, mené par Meï, qui a ensuite été élue à la tête du village.

-         Mizuki était un de ses fidèles, au quatrième du nom, et moi aussi… je n’étais personne, mais j’étais proche de Mizuki… je sentais qu’il serait haut placé un jour, je sentais tout son potentiel… Je me suis donc rapproché de lui à l’époque, parce que j’étais certain que ce serait lui qui serait un jour kage, comme une intuition... Lorsque le quatrième du nom a été destitué par le peuple, ses meilleurs lieutenants se sont sauvés dans les îles au nord de Kiri, pour se cacher. C’est là-bas que nous avons préparé ce coup d’état… Ça n’a pas été si compliqué, il y avait pas mal de monde qui soutenait le quatrième du nom, qui n’acceptait pas qu’on puisse décider de destituer un kage comme ça…

-         Votre armée a grandi au fil des années, sous la direction de Mizuki, qui comptait reprendre le pouvoir… Toutes ces attaques contre les ninjas de Kiri avant le coup d’état, c’était pour affaiblir le village ?

-         Oui… Plus on en tuait, moins il y en avait à combattre le jour j… on ne faisait aucune revendication car nous ne voulions évidemment pas qu’on nous voie venir….

-         Alors, après la prise de pouvoir, vous avez mis Meï en dehors du village… c’était pour avoir un moyen de pression en cas de problème ?

-         Oui, Mizuki avait peur de votre réaction… Déjà que nous allions tenter d’obtenir un de vos ninjas…

-         Nous en revenons à ce rapport que tu as trouvé, souligne-je.

-         Quand Mizuki est devenu kage, il m’a nommé comme second. J’étais là depuis si longtemps, je l’avais toujours soutenu… Dès qu’il a pris le poste, il m’a demandé de fouiller le bureau de l’ancienne occupante.

-         Mais comment es-tu tombé sur ce rapport aussi rapidement ? C’est invraisemblable, tu as tout lu ? Chaque document ?

-         Non… J’ai procédé méthodiquement. Nous venions de réussir un coup d’état, j’ai donc voulu commencer par lire les rapports qui traitaient des autres pays, pour voir un peu, nous n’avions aucune idée des relations entre le pays de l’eau et les autres. Alors j’ai estimé qu’il valait mieux commencer par les dossiers interpays. Puis j’ai commencé par le pays du feu, car vous êtes le gros pays le plus proche du notre géographiquement et donc le plus inquiétant selon moi. A partir de là, j’ai procédé chronologiquement, des rapports les plus récents aux plus anciens.

-         Et tu es évidemment tout de suite tombé sur l’information puisque le rapport date de notre dernière venue à Kiri…, réalise-je.

-         Exactement, ce papier était peut-être un parmi des milliers, mais il est finalement le premier dans lequel j’ai mis le nez avec ma logique. Le lendemain de la prise de pouvoir, j’avais l’information et j’en ai tout de suite averti Mizuki. Il est devenu complétement euphorique, autant qu’il pouvait l’être … il a décrété que si c’était vrai, si une ninja avait vraiment cette capacité, alors il nous la fallait. L’ancienne Mizukage n’est pas du genre à faire des hypothèses dans le vent, c’est une femme dure et fière, elle ne s’amuserait pas à écrire une chose pareille si elle n’avait pas de très bonne raison de le soupçonner… ajoutons à ça que l’Hokage emmenait cette fameuse ninja à chacune de ses interventions interpays et bingo. L’hypothèse était sans nul doute la réalité. A partir de là, Mizuki m’a ordonné de remettre tout le bureau en ordre, comme si je n’avais rien touché… Il ne voulait surtout pas risquer qu’un de nos lieutenants tombe sur l’information en fouinant et il préférait donc que personne ne sache qu’il avait eu l’idée de lire les documents de l’ancienne Mizukage. J’ai tout remis en place et nous avons fait comme si ces papiers ne nous intéressaient pas.

-         Pourquoi ? Il n’avait pas confiance en ses troupes ? demande-je.

-         Si, mais cette femme peut lire dans les esprits…, répond-il en fronçant les sourcils. Mizuki a vite compris qu’il était impossible que cette information soit divulguée, nous aurions pris trop de risques, nous ne pouvons pas contrôler l’esprit de nos soldats. Il a dit qu’il fallait que personne ne soit au courant sauf nous deux, qu’il était à peu près sûr de réussi à contrôler son esprit mais n’avait pas confiance en ma capacité à le faire, alors nous avons convenu que je me tiendrais loin de vous lorsqu’il vous inviterait. Pour éviter que je dévoile le plan.

-         Et il a réussi… il a réussi à contrôler ses pensées…, souffle-je.

-         Mizuki m’a dit qu’il était sûr de lui, qu’il avait un esprit très froid, qu’il savait se concentrer sur ses objectifs, que c’est de toute façon comme ça qu’il avait réussi à en être où il en était.

Il est difficile d’admettre que Mizuki a réussi à contrôler son esprit mais ça ne m’étonne finalement pas tant. A l’heure actuelle, je suis tellement déconnecté de mes émotions que je parierais presque que je pourrais ne penser à rien en présence d’Hanako, me concentrer sur le présent… Mizuki était un tel psychopathe, sans sentiment, rien ne l’animait… et il n’était donc sans doute pas si difficile que ça pour lui que de ne penser à rien de précis. J’hoche la tête :

-         Et vous nous avez invité à venir à ce moment-là ?

-         Nous avons mis un peu de temps, deux ou trois semaines, pendant lesquelles Mizuki s’entrainait vingt-quatre heure sur vingt-quatre à contrôler son esprit. Dès qu’il s’est senti suffisamment serein, nous vous avons convié. Nous savions que ça risquait d’être tendu, très tendu… L’ancienne Mizukage était maintenue en vie depuis, pour avoir un moyen de pression sur vous, il craignait que dès votre arrivée, vous ne tentiez de renverser le pouvoir. Il était déchiré entre la garder en vie pour vous tenir en respect en cas de problème, et la tuer pour éteindre l’espoir des habitants de Kiri. Il disait que si les citoyens apprenaient que leur chef bien aimée était en vie, ils se soulèveraient pour le renverser, comme à l’époque du quatrième du nom… Elle est un symbole puissant de rébellion puisqu’elle a mené la première.

-         Je vois. Et donc, nous sommes arrivés. Si personne n’était au courant, pourquoi vos hommes dévisageaient-ils nos rangs comme ça ? Au point de nous rendre visite le soir à la ferme ? On aurait dit qu’ils cherchaient quelqu’un ? Qu’ils la cherchaient selon moi.

-         Mizuki contrôlait son esprit au mieux, certes, mais il ne pouvait pas prendre le risque d’être surpris par la présence de la femme. Il savait que ça lui ferait une émotion forte de la voir débarquer au conseil, elle était devenue son obsession en un claquement de doigts et il avait ensuite dû passer de longues semaines à éradiquer cette obsession de sa tête… Avoir la confirmation de sa présence en temps réel l’aurait trop excité, il fallait qu’il ait l’information avant. Alors il a ordonné à nos hommes de vous observer, pour lui décrire chaque membre de vos rangs, sans autre explication. Ils n’ont pas cherché midi à quatorze heures, ils ont obéi.

J’hoche encore la tête alors que je revois mentalement les perturbateurs nous dévisager les uns après les autres. Je revois cet homme qui m’avait demandé qui je cachais dans mon dos… Si son ordre était de décrire tous les ninjas de Konoha, peu étonnant qu’il ait tenté par tous les moyens d’apercevoir Hanako.

-         Et ils l’ont vu…, soupire-je.

-         Oui, ils ont décrit vos effectifs, dont cette petite brune aux yeux roses, la fameuse. Mizuki a pris la nuit pour intégrer la nouvelle, il s’est laissé le temps de célébrer sa victoire quelques minutes avant de passer la nuit entière à calmer son esprit. Il était prêt, il ne serait plus surpris par sa présence, tout était en place. Le jeu des négociations a commencé, il s’appliquait à décliner toutes les propositions de votre Hokage pour vous montrer que rien ne marcherait, sauf une chose, qu’il demanderait en dernier. Mais vous avez voulu partir plus précipitamment que prévu, alors il a dû menacer vos rangs de tous les tuer si elle n’acceptait pas de « venir avec nous ».

-         Et Meï ? Pourquoi avoir ordonné sa mise à mort juste après notre arrivée ?

-         Vous n’étiez pas hostiles, vous aviez l’air de chercher des compromis pour nous satisfaire, de ne pas chercher les ennuis… tout portait à croire que vous étiez dociles… Mizuki a donc ordonné de la tuer pour éteindre l’espoir de Kiri.  

-         Erreur, nous n’étions pas si dociles, commente-je.

Il m’observe quelques secondes en silence, il assemble les pièces du puzzle une à une visiblement et il hausse faiblement les sourcils :

-         Ce n’est pas vrai…, souffle-t-il. C’était déjà toi n’est-ce pas ? C’est toi qui as libéré l’ancienne Mizukage… ?

Je confirme d’un hochement de tête et il soupire longuement, comme s’il se résignait face à la situation, qu’il réalisait à quel point ils avaient perdu d’avance malgré ce qu’ils imaginaient et je lui confirme :

-         Nous étions dociles uniquement pour vous faire perdre du temps, pendant que je la cherchais. Il était absolument évident que nous libèrerions Kiri de vos mains pleines de sang… J’avais déjà la Mizukage avec moi quand vous avez eu la mauvaise idée de retenir prisonnière la fille, cet acte aura simplement précipité la mort de Mizuki et le début de votre chute puisque j’ai assassiné beaucoup de vos hommes ce soir-là. Mais que vous l’ayez « enlevée » ou non, nous serions revenu de la même façon reprendre Kiri aujourd’hui.

-         Nous avions perdu d’avance…, murmure-t-il en fixant dans le vague.

-         Oui et j’ai fini mes questions, le préviens-je.

Il hoche la tête lentement, malheureux à l’idée de voir la mort en face et il tente sa dernière carte :

-         Tu dis que nous avons les mains pleines de sang… Qu’en est-il de toi assassin ? Tu possèdes à toi seul le sang de la moitié de nos hommes sur les mains… Laisse-moi la vie sauve et tu auras une mort de moins sur la conscience.

-         C’est vrai, j’ai du sang sur les mains moi aussi. Mais le mien est celui d’hommes mauvais et cruels… Vos mains sont souillées par le sang d’enfants innocents, que vous abattiez simplement pour faire régner la discipline… Comment pouvez-vous vivre avec ça ? Comment pouviez-vous commettre de tels actes ? Sans vomir face à votre reflet ? 

Il fronce encore les sourcils, mais il a l’air de trouver un certain apaisement face à la mort :

-         Je ne sais pas, admet-il dans un souffle. J’avais peur de perdre ma place, peur que tout s’effondre… J’agissais sans réfléchir, j’obéissais aux ordres… C’est fini maintenant… Libère-moi sans souffrance je te prie, j’ai répondu à toutes tes questions.

-         Un dernier mot ? Un regret à partager ?

-         Oui… les enfants. Je crois que je regrette d’avoir tué ces enfants par soif de pouvoir.

Je ne saurai jamais s’il disait vrai mais je l’achève rapidement avec mon raiton.

*

Je trottine tranquillement en direction de Kiri, en me laissant envahir par l’amour qui baigne ma vie, par Hanako et ses sourires éblouissants, histoire de redevenir moi-même. Le sale boulot a été fait, j’ai toutes les réponses à mes questions et plus aucun perturbateur n’a connaissance de ce qui fait de mon ange un ange utile. Le combat doit être terminé à Kiri, je suis parti un long moment et j’estime que tout doit être fini au village, qu’ils n’attendent plus que la confirmation que j’ai bien tué le second tyran et ses hommes de mains.

Lorsque j’approche du village, tout parait calme, je n’entends plus de bruits de combat alors j’approche sans me presser particulièrement. Et pourtant, un cri attire mon attention la seconde d’après. Le cri d’un homme que je ne connais pas, en colère et menaçant :

-         Si vous nous laissez partir, je ne lui ferai aucun mal ! Laissez-nous simplement partir d’ici tranquillement !

-         Laisse tomber Aku, ces enfoirés nous tueront tous ! Quoi qu’il arrive ! Ils nous retrouveront ! Tue-le !

-         Tue-le ! Nous n’avons plus rien à perdre Aku ! Emporte-le dans notre mort pour les ravager !

Les voix sont toutes proches, juste derrière le mur en face de moi et un coup d’électricité me secoue puisque je suis en train de comprendre qu’ils tiennent quelqu’un en otage pour qu’on les laisse s’enfuir. Sauf que, vu la conversation, les perturbateurs comprennent bien que nous les auront quoi qu’il arrive, et la vie d’un des nôtres est donc en grand danger. J’active mon mode furtif et je cours à toute vitesse en direction du mur.

Je n’aime pas ce qu’il se passe, je n’aime pas le silence de mort qui règne parmi mes alliés, le nuage d’angoisse intense qui s’échappe de la situation alors que tous mes camarades retiennent leurs souffles et j’entends même beaucoup de gens pleurer maintenant que je suis proche. Je bondis de toutes mes forces en direction du mur lorsque le preneur d’otage reprend la parole :

-         Vous avez raison les gars… nous ne pourrons jamais nous en sortir …

J’arrive enfin sur le mur et dès que j’ai le visuel sur ce qu’il se passe, il me glace le sang.

 Il reste une dizaine de perturbateurs, tous ameutés les uns contre les autres face aux ninjas de Kiri et de Konoha qui les observent avec des airs horrifiés. La scène est comme l’un de mes cauchemars, puisque le fameux Aku, au centre des perturbateurs, tient un kunaï enfoncé de quelques millimètres dans la gorge de Minato.

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