LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 200 : Minato en danger

2700 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 04/03/2026 12:29

Chapitre 200 : Minato en danger


Je reste figé en haut du mur alors que je découvre la situation, alors que j’essaie de comprendre comment il est simplement possible que ces ordures aient réussi à mettre la main sur l’homme le plus rapide du pays du feu. Mais j’analyse vite le pourquoi : une femme au sol, qui se tient le cou en toussotant alors que du sang en coule légèrement. Je comprends rapidement que mon senseï y est allé de son plein gré, pour échanger sa place avec l’otage précédente, une civile de Kiri qui s’étrangle entre ses pleurs et ses crachotements. Meï est au sol, en piteux état après la bataille, sans doute puisqu’elle était encore faible. Elle est soutenue par ses hommes alors qu’elle vrille ses yeux les plus sauvages et mauvais sur les perturbateurs.

La situation devient aussi claire que de l’eau de roche. Si l’un de mes alliés esquisse le moindre mouvement, Minato est un homme mort. Le problème, c’est que ces foutus perturbateurs sont en train de comprendre qu’ils ne s’en sortiront pas, même si on les laissait s’enfuir dans les bois, ils devinent qu’ils seraient traqués et tués dans les heures qui arrivent et ça change la donne.

Nos ennemis échangent des coups d’œil rageurs, ils savent que la fin est proche, qu’ils vivent leurs dernières minutes, et je sens la détermination qui monte en eux, la détermination d’emporter un dernier ninja de Konoha avec eux, l’Hokage, une figure emblématique, un symbole …

Je jette mes mains à mes sacoches pour saisir des armes, pour tous les descendre avant que le drame ne se produise, mais je réalise avec horreur que j’ai laissé mes deux sacoches dans la cabane abandonnée où j’ai torturé ma victime. Mon sang se glace un peu plus, mon cerveau s’embrume alors que je réalise que je suis le seul à pouvoir les éliminer à distance puisqu’ils ne me voient pas, et que je ne peux pourtant rien faire.

-         Vous connaitrez notre deuil ! Dites adieu à votre précieux Hokage !! hurle alors Aku.

Heureusement pour moi, le temps ralenti grâce à mon sharingan et mon esprit vif. Je suis encore complétement sous le choc, je vois les muscles de l’avant-bras d’Aku qui se contractent alors qu’il entame le mouvement rageur qui tuera Minato. La foule en face de moi, mes alliés, entament à peine leur sursaut, leurs visages commencent à grimacer alors qu’ils savent qu’ils vont assister à la mise à mort de Minato sous leurs yeux. Mon senseï a l’air calme, il a les yeux fermés et le menton haut, il attend la mort fièrement, sans doute apaisé d’avoir sauvé une innocente.

Heureusement pour le gamin terrifié au fond de mon corps, l’homme efficace est déjà en action et je suis en train de planer en direction des perturbateurs. J’ai les mains tendues, je n’ai qu’un seul objectif, atterrir sur ce bras, ce foutu bras qui est en train de monter au ralenti en direction de la gorge de Minato pour lui trancher.

Je ne peux pas déclencher mon raiton, je risquerais de blesser Minato, mais je peux atterrir à temps, juste à temps pour abattre mes deux mains sur l’avant-bras du bourreau et l’empêcher de trancher la gorge de mon senseï. J’atterrirai sans armes au milieu de dix adversaires, qui auront tous le loisir de me planter leurs kunaï dans la foulée, mais j’aurai au moins fait tout ce que je pouvais pour sauver mon père de cœur.

Je plane toujours, chaque instant me rapproche de ma cible et peut-être de ma mort, j’observe quelques visages, ceux de mes alliés les plus dégourdis qui m’aperçoivent malgré ma vitesse, je lis l’espoir qui s’allume dans leurs yeux, je vois leurs bouches qui s’entrouvrent sous la surprise.

La pointe s’enfonce doucement dans la gorge de Minato, un millimètre, deux millimètres, trois millimètres… J’y suis bientôt, j’y suis presque. Je tends les bras plus fort que jamais, je serre les dents sous l’inquiétude pour mon senseï, je prie tous les dieux pour réussir à retirer cette lame à temps.

Et j’y arrive enfin, j’atterris sur l’avant-bras d’Aku, sur lequel tout mon poids s’abat, ce qui éloigne naturellement la lame de Minato qui ouvre les yeux sous la surprise. Je n’ai pas particulièrement le temps de bien me réceptionner puisque j’atterris dans un chaos total, mais dès que la lame est abaissée, j’arrive à attraper le col de Minato pour le jeter de toutes mes forces en direction de nos alliés.

En un instant, tout a changé.

Minato est saint et sauf vers nos rangs et je suis étalé par terre devant les perturbateurs, qui lèvent tous leurs armes pour m’abattre d’un même geste. J’allume mon raiton, je bande mes muscles, je sais que j’en emporterai la plupart avec moi mais que je ne m’en sortirai pas.

 J’ai envie d’arracher mon sharingan de mon orbite, il me vrille la tête en m’assommant d’informations, en me signalant tous les coups mortels qui sont en train de me pleuvoir dessus et je grogne en relevant ma main électrique face à moi pour éliminer un maximum de mes assassins.

Au moment où je pensais être perdu, un kunaï se plante dans le torse de l’homme qui allait me tuer en premier. Un kunaï particulier, que je connais foutrement bien, avec ses trois lames caractéristiques. L’espoir envahit chacune de mes cellules et la seconde d’après, Minato senseï apparait à mes côtés. Plus rapide que jamais, il virevolte entre les perturbateurs pour les tuer les uns après les autres alors que je ne suis même pas encore capable de réagir.

Je saute enfin sur mes pieds, mais c’est inutile face à l’éclair jaune de Konoha, puisque les hommes qui nous menaçaient ne sont déjà plus que des souvenirs, des cadavres qui jonchent le sol alors que Minato se retourne face à moi avec un air encore inquiet. Sans autre forme de procès, il me prend dans ses bras et je referme les miens autour de lui pour le serrer, sans doute aussi perturbé que lui puisque nous avons cru tous les deux que nous allions perdre l’autre dans les quelques cinq secondes qui viennent de s’écouler. Nous nous serrons fort l’un contre l’autre alors que les cris de joie résonnent enfin derrière nous.

-         Je suis sincèrement désolé Kakashi, pour Hanako, je te jure que…, chuchote-t-il à mon oreille.

-         Non senseï, le coupe-je. C’est moi qui suis désolé, rien n’est de votre faute, vous avez fait au mieux, vous faites toujours au mieux et je le sais très bien.  Vous ne pouvez pas non plus décider pour elle, c’était son choix. Mais j’ai eu tellement peur pour elle… Je suis navré de vous avoir fait la tête comme un gamin.

-         Quelques jours de crise d’adolescence ne sont pas cher payé pour avoir un combattant aussi extraordinaire comme second depuis tant d’années…, plaisante-t-il.

Nous rions en nous serrant un peu plus fort, bercés par les rires et les exclamations des uns et des autres. Tout le monde célèbre autour de nous, notre survie, la victoire de Kiri, la fin de la tyrannie. Les braves civils qui étaient déjà dehors tapent sur les portes des autres pour les inviter à célébrer, les parents foncent en riant chercher leurs enfants au quartier général de la résistance, le reste des ninjas de Kiri se rattroupent autour de la Mizukage pour la porter à bout de bras et ceux de Konoha célèbrent avec zèle le sauvetage in extremis de leur Hokage et de leur commandant.

 Lorsque nous nous relâchons, Minato pose une main sur mon épaule :

-         Sache que je t’ai entendu cette fois Kakashi, j’ai compris. Hanako n’est plus assez qualifiée pour être appelée « ninja », elle n’aime pas la violence et se battre, elle n’a jamais aimé le terrain et se sentait très bien à l’hôpital, où elle est devenue une médecin extraordinaire. Je ne l’embêterai plus, je ne l’emmènerai que sur mes missions diplomatiques et je la remettrai sur des entrainements, pour qu’elle puisse réapprendre à se battre et se défendre uniquement au cas où l’on rencontre des problèmes sur les missions interpays.

-         Où je serai, glisse-je.

-         Evidemment, et c’est toi qui l’entraineras si tu en as envie.

-         J’en ai envie.

-         Voilà qui est réglé alors, conclut-il en souriant.

Nous sommes alors assaillis par quelques ninjas de Konoha qui célèbrent notre survie en mettant fin à notre conversation.

*

Après de longues célébrations, des discours de Meï et de Minato, des serrages de main à n’en plus finir et une allégresse intarissable, nos deux kage et leurs meilleurs hommes se rendent dans le bâtiment principal de Kiri. Nous nous installons tous en salle du conseil où Meï et Minato discutent de tout ce qui doit être mis en place. La Mizukage est encore un peu sonnée, elle était déjà faible et a tout donné durant cette petite bataille pour se battre avec son peuple. Elle est entourée de quelques médecins qui la soignent alors que Minato l’aide à réfléchir à tout ce qu’elle doit faire, les ordres qu’elle doit donner et tout le toutim, dans cette perspective de reprendre ses marques. Elle fait vider les affaires de Mizuki et de ses hommes en premier, et un grand feu sur la place en bas du bâtiment principal les détruit tandis que les habitants continuent de célébrer autour du brasier, leurs rires résonnant jusqu’en haut du bâtiment où nous sommes.

Une fois que la Mizukage a distribué ses ordres pour que tout retourne à la normale, je leur relate les informations que j’ai pu obtenir de mon prisonnier avant de le tuer, histoire que tout le monde sache ce qu’il s’est passé et pourquoi. J’évite tout de même ce qui concerne Hanako, car je ne suis pas sûr de rester très poli en expliquant que c’est la note de Meï qui a mené à « l’enlèvement » de mon petit ange et que je ne veux pas divulguer l’information devant des ninjas de Kiri au cas où. Après mes explications, nos deux kage se lancent dans de longues discussions qui me semblent durer des heures.

Je prends mon mal en patience, parce que j’imaginais que nous rentrerions à Konoha dans la foulée de la reprise de Kiri en connaissant le caractère de la Mizukage qui aime gérer ses affaires seule. Mais c’était sans compter sur tout ce qu’il vient de se passer entre l’eau et le feu, car visiblement, nous sommes désormais les meilleurs amis de Kiri et j’ai bien l’impression que Meï n’a pas du tout envie de nous mettre dehors, au contraire.

Mes doutes se confirment malheureusement au cours de l’après-midi, lorsque Meï déclare que nous sommes tous invités à célébrer avec eux, à passer la soirée et la nuit à Kiri. Je manque de m’étrangler lorsqu’elle nous convie à rester plus longtemps mais Minato décline poliment, en rappelant à la Mizukage qu’il a un village à gérer lui aussi. Elle est un peu déçue mais enchantée que nous restions quand même ce soir. 

Nous sommes bien loin de la femme quasi sauvage qu’elle était jusqu’à présent et elle nous invite à dormir au sein même de son bâtiment, désormais en confiance totale avec nous. Pour ma part, je fais rapidement les calculs et en partant de Kiri demain matin, je ne serai pas à Konoha avant demain soir.

-         Puis-je disposer ? demande-je.

-         Evidemment, tu veux célébrer avec les autres habitants ? s’étonne Minato.

Il faut dire qu’il a l’habitude que je reste collé à lui quelle que soit la situation, aussi ennuyeuse soit-elle, plutôt que d’aller me mêler à une foule.

-         Non, j’aimerais simplement envoyer un message à Hanako, la prévenir que je ne rentrerai que demain soir… elle était plutôt inquiète que je vienne ici alors j’aimerais la rassurer au plus vite, réponds-je.

-         Ta petite médecin ?! s’enthousiasme Meï.

Minato affiche un sourire jusqu’aux oreilles que j’essaie d’ignorer. Je sais qu’il est fier comme un paon qu’elle soit associée à moi, fier que j’ai désormais quelqu’un et surtout quelqu’un d’aussi bien qu’Hanako, qui a largement Meï dans sa poche depuis qu’elle lui a sauvé la vie.

-         Oui, confirme-je.

-         Envoie le message d’ici, propose Meï. Il sera transmis bien plus rapidement de mon bureau au bureau de Minato plutôt qu’en passant par la voie classique !

-         Je vous remercie, réponds-je en m’inclinant.

-         Remercie la encore pour moi, pour tout, ajoute-t-elle.

-         Je n’y manquerai pas.

-         Et fais un petit rapport pour Konoha dans la foulée, intervient Minato. Tant qu’à envoyer un message à mon bureau, envoie-en deux pour tenir Nanba au courant de ce qu’il s’est passé ici… ça t’occupera…

Il m’offre un petit sourire contrit, parce qu’il sait bien que je ne suis pas ravi de rester et que je risque de m’ennuyer à mourir si les prochaines douze heures sont consacrées à faire la fête. J’hoche la tête en lui souriant à mon tour, tentative ratée de le rassurer car il est encore plus inquiet en voyant la grimace que je viens sans doute de faire malgré moi.

En tout cas, je me rends au bureau de Meï et après avoir envoyé un message à Hanako, je prends le temps de rédiger un rapport complet pour Konoha. Ce rapport leur apprend tout ce qu’il s’est passé, mais il servira aussi de rapport de mission tout court, une bonne chose de faite en avance pour Minato et qui me permet effectivement de m’occuper tranquillement plutôt que de compter les nuages dans la salle du conseil en attendant que le temps passe.

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