NUIT NOIRE
Le soleil était au zénith. Shikamaru, victime de sa pleine puissance, suait à grosses gouttes. Ses bras et son visage étaient recouverts de poussière. Dos à son bourreau, il fixait le chantier que lui et quelques hommes avaient créé. Sur le plus grand mur à l'Est de la Ville, ils avaient installé de nouvelles fortifications. Un travail de près de 15 jours. Avec des machines et des outils plus conformes, Shikamaru savait que 3 auraient suffit à fournir le même rendu. Le nouveau monde demandait de sacrés efforts.
— Je vois que ça avance. Constata Gai.
— Il nous reste encore quelques jours de labeur, mais le plus gros est fait. Le mur résistera aux bourrasques, affirma Sasori.
Ensemble, ils faisaient office de représentant de la toute petite section qu'Ino avait renommé "les intellos". Dirigée par Mary et Gai, leur groupe ne comptait que six membres. Architecte, ingénieur civil, ingénieur mécanique... Les plus grosses têtes de la communauté avaient uni leur savoir et leur belles idées pour créer une ligue aussi barbante qu'indispensable. Sur le chantier des murs à l'Est, Gai et Sasori représentaient leur section avec fierté. Gai dirigeait d'ailleurs les travaux avec enthousiasme.
— Encore un peu de patience ! S'exclama-t-il joyeusement. Nous arrivons au bout du chemin ! Anko pourra venir installer ses panneaux solaires d'ici quelques jours.
À leurs côtés, Ava, May et Robb soupiraient, fatigués par leur bonne humeur presque autant que par la chaleur. Ils étaient sur le chantier pratiquement 10h par jour, avec une courte pause déjeuner à midi. Après deux semaines de sueurs et de poussières, ils n'attendaient qu'une chose : la fin du calvaire.
— Aller du nerfs ! Si nous redoublons d'effort, nous pourrons boucler les travaux dès demain ! Chantonna Gai.
Aussi lisse qu'une carpe, les regards noirs et râles de fatigue glissaient sur sa peau comme l'eau sur les écailles. Sa grande faculté à ignorer les messages silencieux et critiques muettes faisait de lui un maître incontesté du positivisme. Faculté qui -il fallait bien l'avouer- avait sa place dans les pires des situations.
— Comment tu te sens Shikamaru ? Murmura une voix dans son dos.
Surpris, il se retrouva nez-à-nez avec Ino et son panier de fruits et de conserves. Réglée comme une horloge, elle apportait le repas à leur groupe. Seulement cette fois, elle n'était pas venue seule.
— Je vais te remplacer Shikamaru. L'informa Loïc, l'une des sentinelles affectée habituellement au mur Est.
— Ton père te demande immédiatement.
Ino lui lança un regard qui en disait long. Il n'y déchiffra ni tristesse, ni douleur. À priori, personne n'était mort.
— Il t'a dit pourquoi ?
Elle secoua la tête.
— Il veut juste que tu te dépêches. D'après moi, c'est important.
Shikamaru enfonça sa pelle dans le sol avant de faire un bref signe à Gai. Pour une fois, les affaires de la Ville lui seraient profitables. Au moins temporairement.
...
Naruto lui faisait face, ses cernes presque aussi bleus que ses yeux. Malgré sa fatigue flagrante, il se tenait droit, charismatique, les pieds ancrés au sol. Tel un roc, il tenait à bout de bras l'équipe d'éclaireur qu'il avait montée des mois plus tôt. Face à eux, tout le conseil s'était rassemblé. Ensemble il formait une ombre dont Shikamaru se détachait à peine.
— Vous êtes rentré, souffla le brun en avançant d'un pas.
Il fût stoppé par son père. Son regard perçant alerta ses sens.
— Ils ne sont pas seuls, se contenta-t-il de dire.
Derrière le trio, deux silhouettes se dessinaient. Une grande, presque aussi imposante que celle du blond. Puis une plus fluette, enfantine et frêle... Presque tremblante. Shikamaru ne discernait pas bien leur visage et pourtant, il comprit d'instinct qu'ils n'avaient rien de familier. Le geste de son père appuyait d'ailleurs sa première déduction.
— Qui sont-ils ? Lança finalement John. Voilà bien longtemps que nous n'avions pas eu la chance d'accueillir de nouveaux membres... Depuis...
Il hésita.
— Depuis l'installation des Kobalts. Fini par déclarer Inoichi.
Le rouquin placé derrière Naruto sembla tilter à ce nom. Le manque de visibilité empêcha pourtant Shikamaru d'analyser plus en détail sa réaction.
— Je comprends votre surprise.
La voix du blond était rauque. Il manquait de sommeil, certainement volé par l'adrénaline du terrain.
— Nous sommes tombés sur eux en chemin. Ils n'étaient pas seuls. Et ils essayaient d'échapper aux membres des Kobalts.
Une nuée de mots s'échappaient déjà des lèvres des membres du conseil, chuchotées aux quatre coins de la salle. La peur, la colère ou encore la curiosité prenaient la forme de phrases glissées en toute discrétion entre les membres de l'assemblée. De tous, seuls Shikamaru et son père restaient silencieux. L'un ayant toute confiance au jugement de son ami, là où l'autre pesait en son intérieur le pour et le contre des décisions qui se profilaient.
— Nous les avons secourus en connaissance de cause. Continua Naruto.
Face aux regards empreints de colère de certains, le blond levait le menton plus haut encore, une lueur de défi dans les yeux.
— Et je me porte garant. Tonnât-t-il.
Shikamaru l'interrogea du regard, peu habitué à ce genre de démonstration "d'affection".
— Naruto, les Kobalts sont des personnes avec qui nous cohabitons pour le moment. Mais tu sais autant que moi que cette paix est fragile. Ne penses-tu pas que se mêler de leurs affaires nous mettrait en péril ?
— Ils ne sont, pour le moment, pas au fait de notre implication. Le défendit Tenten en s'avançant. J'ai confiance en Naruto. Et je pense que des bras en plus sont une bonne chose pour la communauté.
— Ce sont d'abord des bouches à nourrir. Tempéra Inoichi, fidèle à lui-même.
Une approbation générale finit de sceller l'avenir du duo encore masqué par les silhouettes du trio. Shikamaru lançait une œillade à son père. Il était visiblement encore pris dans le tourment de ses réflexions.
— Écoutez... Les Kobalts semblent avoir encore étendu leur zone de chasse. S'enquit Naruto. Ils sont plus nombreux, mais aussi plus rusés et plus cruels. Nous en avons déjà subi les conséquences. Et aujourd'hui il ne sont qu'à 35 kilomètres de nos frontières. Tu l'as dit toi-même Shikaku, insista-t-il en se tournant vers le leader de la Ville. Les Kobalts entretiennent avec nous des relations fragiles et incertaines. Nous ne connaissons ni leurs dessins, ni leurs positions véritables... Mais aujourd'hui c'est une enfant qu'ils poursuivaient. Et Dieu m'en témoigne, je ne laisserai pas mourir une petite fille parce que vous avez peur.
Derrière lui, une voix fluette s'éleva.
— Je ne suis pas une enfant. J'ai 13 ans.
Surpris, les regards se tournaient déjà vers la tête brune qui se détachait de son binôme. Sa silhouette enfantine apparaissait finalement aux côtés de son sauveur. Son visage dur et froid contrastait avec la jeunesse de ses traits.
— Et je ne sais pas ce que vous avez contre nous, mais on ne comptait pas rester. Assura-t-elle. On veut juste retrouver notre sœur. Elle a promis de nous rejoindre ici.
— Nous partirons dès qu'elle nous aura trouvé. Approuva une voix dans le fond.
— Votre soeur ? S'enquit Shikamaru.
— Nous aurons de la chance si les hommes des Kobalts ne la suivent pas, paniqua aussitôt Anko.
— Elle bien trop maligne pour ça, la défendit le rouquin. Elle a échappé à bien pire.
— J'imagine...
La voix de Shikaku fit taire les autres. Le silence s'installait alors qu'il s'avançait encore, jaugeant les deux personnages que Naruto avait visiblement pris sous son aile.
— Connaissiez-vous les hommes qui vous poursuivaient ?
— Non.
— Étaient-ils armés ?
— Oui.
— Étaient-ils-
— Menaçants ? Oui.
Naruto lança un regard au rouquin. Shikamaru remarqua le tatouage qu'il arborait sur le front. Une écriture chinoise.
— D'où venez-vous ? Lança Gai l'air de rien.
Sa question avait empêché Inoichi de protester davantage à l'attitude défensive qu'arborait l'inconnu.
— De loin. S'enquit son vis-à-vis.
— C'est-à-dire ? Quelle région ? Quel état ?
Inoichi s'avançait pour venir se placer aux côtés de Shikamaru, irrité par les réponses qu'il n'obtenait pas.
— Charleston en Caroline, avoua finalement le rouquin.
Il avait hésité, méfiant face aux dizaines de regards qui s'attardaient sur son visage. Témoin de sa gêne et de son appréhension, Shikamaru devinait qu'il n'avait pas côtoyé de congénère depuis un certain temps. Tout comme Tania et Jake lors de leur arrivée, un an plus tôt, il maintenait de la distance, aussi bien physiquement que mentalement, entre lui et le reste du monde. Sous cette armure invisible, seule sa jeune disciple semblait pouvoir s'y glisser sans risque de rejet.
— Ça fait une trotte, constata Shikaku.
— Nous bougeons sans arrêt depuis deux ans, répliqua-t-il. Nous sommes nomades.
Il semblait déjà regretter son aveu.
— Et vous êtes seulement 3 ?
Le silence scella ses lèvres alors que la plus petite hochait la tête. Il n'avait pas besoin de lire dans les pensées pour comprendre leur envie de détaler. Il suffisait de savoir lire le langage corporel pour le comprendre. Aux côtés de son père, Shikamaru avait acquis cette faculté non sans difficulté. Ces années de pratiques portaient aujourd'hui leurs fruits tandis qu'il lisait le malaise imprimé sur le faciès du rouquin.
— Et si votre sœur parvient à vous rejoindre...
— Elle nous trouvera, le coupa le brun. Temari n'est peut-être pas parfaite, mais elle a appris à survivre. Peut-être mieux que chacun des membres présents ici.
Ce que d'aucun aurait pu traduire comme un excès de confiance s'apparentait davantage à de l'espoir dans les yeux de Shikamaru. Qu'importe qui elle était réellement, il savait que son frère louait ses capacités pour ne pas sombrer dans un côté plus sombre de sa réalité. Dans le côté du désespoir.
— Et comme je vous l'ai déjà dit... Souffla-t-il face au nouveau murmure de l'assemblée, nous partirons quand elle nous rejoindra.
— Et pourquoi ne pas rester ?
La question de Shikaku posa un froid. Shikamaru savait que son père risquait gros en proposant une place dans la Ville sans en débattre d'abord avec le conseil. Chaque choix important devait l'être, sauf en cas de situation dramatique, bien entendu.
— Parce qu'on ne se connait pas, répondit son vis-à-vis de but en blanc. Et parce que nous n'avons pas le besoin, ni l'envie d'intégrer un groupe. La première et dernière fois que nous l'avons fait, nous l'avons amèrement regretté.
Shikamaru fronça les sourcils. La douleur et la colère passaient tour à tour dans les traits du rouquin. Vives et temporaires, elles se glissaient dans l'ombre de ses rictus et dans les lit de ses yeux clairs. Ils avaient, comme nombre d'entre eux, vécu le cauchemars des années noires. Beaucoup témoignaient de la cruauté et de l'anarchie bestiale qui régnaient parfois dans certains groupes de survivants. Au fil des mois, la fin du monde avait fait ressortir le meilleur comme le pire chez les Hommes. Beaucoup semblaient encore touchés par les souvenirs amers et les marques froides laissés par certains évènements.
— Attends Gaara... Murmura la petite brune qui se tenait à ses côtés. Peut-être que Temari serait d'accord.
Il prit le temps de la dévisager, s'efforçant d'oublier les regards insistants qui les entouraient. À cet instant, Shikamaru eut l'impression malheureuse d'assister à l'examination de "bêtes de foire", exhibées contre leur gré devant la foule.
— Je t'assure que non, Miraï. Elle ne le serait pas.
— Puis-je vous demander pourquoi ? S'enquit Shikaku, l'œil habile.
Shikamaru savait qu'il décryptait, tout comme lui, chaque parole que son corps aurait pu chuchoter par mégarde. Face à ses muscles tendus et sa mâchoire serrée, Shikamaru devina qu'il lui était complexe de faire plus de révélations qu'il ne le devait.
— Parce que c'est elle qui a le plus perdu.
...
Adossé contre une vieille clôture naguère blanche, Naruto faisait face à l'étendue du chantier qu'avait quitté Shikamaru quelques heures plus tôt. Il avait revêtu une chemise propre et un pantalon plus léger, laissant aux mains habiles de Ino ses affaires d'expédition. Malgré sa tenue plus détendue, Shikamaru devinait la présence d'une arme à sa ceinture et d'une autre dans sa botte. Même entre les murs de la Ville, Naruto se protégeait. Bien souvent du danger, mais parfois aussi de ses propres peurs.
Depuis une dizaine de minutes, il méditait, les yeux rivés sur les remparts du mur Est. La longue chevelure auburn d'Hinata flottait au gré des bourrasques, son arme sagement calée dans ses bras fins. Même de dos, les yeux perdus dans le décor d'horreur qu'était leur univers, Naruto ne pouvait s'empêcher de l'admirer. De la désirer aussi... À son plus grand dam.
— Elle finira bien par savoir que tu es rentré tu sais.
— Je sais.
Il soupira, ses orbes bleus pourtant incapables de dévier pour accorder quelques moments de répit à son cœur tourmenté.
— Comment va-t-elle ? S'enquit-il tandis que la belle entamait une discussion avec Sasuke.
— Bien. Fidèle à elle-même, rapporta Shikamaru. Toujours d'humeur égale et avenante. Elle fait des jalouses depuis qu'elle a été désignée comme partenaire de Sasuke.
Naruto sourit en coin. Sasuke était connu pour sa beauté et faisait craquer la plupart des membres de la gente féminine. Sauf une...
— Bon après... Elle se fait harceler par Josh matin et soir depuis quelques semaines.
Son sourire céda la place à des traits repeints d'une brève animosité. Pour la première fois depuis son arrivée sur les lieux, il se détacha de la silhouette d'Hinata pour fixer Shikamaru. Face à sa colère sourde, le brun ne put s'empêcher d'ajouter quelques détails opportuns.
— Il veut à tout prix la former. Josh pense qu'avoir d'autres médecins est essentiel. Or Hinata a de solides connaissances en herbologie et en plantes médicinales. Tout comme Neji en médecine animale. Il essaie de les recruter depuis un moment.
— Il n'a pas complètement faux, finit par marmonner Naruto.
Shikamaru sourit brièvement en voyant son meilleur-ami reprendre sa contemplation.
— Certes, mais on a besoin d'elle sur le mur. C'est l'une de nos meilleures tireuses.
Bien sûr qu'elle l'était. Naruto lui avait tout appris. Où du moins, toutes ses meilleures techniques. Des instants de bonheur volés qu'il n'oublierait jamais.
— Dis-moi...
La voix de Shikamaru se fit soudainement plus hésitante. À son timbre, Naruto compris que le sujet de conversation s'apprêtait à devenir bien moins léger.
— Pourquoi avoir pris ces deux inconnus sous ton aile ? Demanda finalement le brun. Je veux dire... Ce n'est pas vraiment ton genre.
Effectivement, ça ne l'était pas.
— Je ne me suis pas vraiment fait d'avis sur eux bien-sûr mais je ne peux m'empêcher de me questionner. Continua-t-il. Qu'est ce que tu as pu voir en eux qui te semblait si... Enfin. Est-ce vraiment à cause de cette gamine ? Miraï, si mes souvenirs sont exacts.
Le blond baissa brièvement les yeux. Tenten et Kiba avaient posé les mêmes questions quelques heures plus tôt.
— Je ne sais pas, Shika'. Je n'ai pas vraiment réfléchi. Je les ai vus tous les trois et... Cette gamine n'a que 13 ans et sa fratrie... Je ne sais pas. Sur le moment, j'ai su que c'est ce qu'il y avait de mieux à faire.
Bien sûr, Naruto avait agi d'abord par instinct. Ce n'était pas les premiers qu'ils ramenaient en de missions bien sûr. La Ville n'avait pas été aussi animée et peuplée à ses débuts. Au fil des missions, des mois et des saisons, Naruto avait ramené des membres et la communauté avait grandi. Seulement après plusieurs altercations avec les Kobalts, les Hommes avaient revêtus des masques moins avenants. La méfiances avait galvanisé davantage que la générosité et les portes de la Villes s'étaient fermées aux étrangers. Du moins, jusqu'à aujourd'hui.
— Je pense qu'ils sont sur la même longueur d'onde que nous. Et puis cette fille... Elle n'a pas hésité une seconde à se sacrifier pour sa famille. Comme je n'hésiterai pas à le faire pour vous tous.
Ses yeux balayèrent les environs, s'arrêtant brièvement sur la silhouette d'Hinata. Il revit la jeune femme blonde de la veille. Ses traits décidés et ses gestes assurés. Ses yeux brillaient d'une lueur si intense, si forte. Naruto n'avait pu s'empêcher de se voir en elle. Elle reflétait ce qu'il était. Ce qu'il était prêt à faire pour ses compagnons.
— J'ai retrouvé en eux ce qui nous lie tous, ici. C'est peut-être pour ça que j'ai pensé qu'ils avaient leur place dans la Ville.
Shikamaru hocha la tête.
— Si tu as raison, alors j'espère qu'ils resteront. Comme l'a dit Tenten, quelques bras en plus ne peuvent que faire du bien à la communauté.
Naruto s'abstint de lui répondre. Leur dernière confrontation avec les Kobalts lui trottait encore dans la tête. Ils se rapprochaient trop rapidement de la ville. Leur progression, tout comme leur obstination à faire régner la mort et la cruauté dans leurs rangs n'auguraient rien de bon en cas de nouvelle confrontation. Et si Shikamaru pouvait se réjouir d'agrandir un peu plus la communauté, Naruto, quant à lui, n'avait pour seul réconfort que la certitude qu'au moins l'une des deux nouvelles recrues savaient tenir une arme et, si besoin, tirer.
...
La nuit tombait sur les rues encore préservées de la Ville. La pénombre emmenait avec elle le calme et le repos, laissant glisser entre les murs des maisons une atmosphère paisible. Gaara appréciait le moment, assis sur le porche de l'une des plus grandes bâtisses de l'endroit. Avec Miraï, ils avaient élu domicile ici, hébergés par le leader en personne. On leur avait aménagé une chambre pour deux, dans laquelle deux lits confortables trônaient. L'un d'eux avait immédiatement capturé le cœur fragile et sensible de Miraï qui dormait à point fermé depuis leur rencontre fortuite. Gaara quant à lui, observait le ciel, priant pour y déceler un signe, un miracle. Entre ses mains, il triturait une vieille photo de Temari et lui, seule rescapée de leur vie d'avant. Il l'a faisait glisser entre ses doigts tel un grigri qui pouvait exaucer ses souhaits. À chaque tour complet, il formulait silencieusement la même demande : que sa sœur survive et trouve son chemin jusqu'à eux.
Il fallait qu'elle s'en sorte. Qu'elle revienne. Il le fallait. Pour son bien et celui de Miraï. Et pour la promesse qu'ils avaient tout deux faites à Kankurô.
Dans ses pensées, il ne vit pas l'ombre qui observait la scène à quelques pas de lui, observant la photo avec attention, puis son détenteur l'instant suivant. À peine avait-il eu le temps de se lever pour rentrer qu'elle s'était envolée, comme volatilisée dans l'ombre de la nuit.
🅰 🆂🆄🅸🆅🆁🅴